‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 467 sur 589 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Conversion de Saul.

Saul cependant respirait la haine et le meurtre contre les disciples du Seigneur, qui commençaient à se répandre parmi les Gentils. 11 était Juif de la tribu de Benjamin, mais né en Cilicie, à Tarse, la ville de Persée et de Bellérophon. Tarse était, dès les temps les plus anciens, célèbre par sa civilisation et par les mythes qui se rattachaient à elle. Elle passait pour avoir été fondée par Triptolème lorsqu’il allait d’Argos chercher lo. D’aulres lui donnaient pour fondateur Sardanapale , l’Hercule assyrien. D’autres encore Persée, qui y était honoré comme dieu. C’était à Tarse que, d’après la mythologie, le Pégase de Bellérophon s’était brisé le pied. On y honorait d’un culte particulier le soleil, la lune et Gérés; et, d’après le témoignage de Strabon, la science, la philosophie et les beaux-arts y étaient cultivés à cette époque plus encore qu’à Athènes, à Alexandrie ou dans toute autre ville du monde. C’est pour cela que le réformateur du paganisme, Apollonius de Tyane, y établit son école. C’est là que Saul avait pris des leçons de philosophie et d’éloquence ; de sorte que Longin, auteur païen, put le comparer à Démosthène, à Lysias, à Jsocrate, à Xénophon, aux plus grands orateurs de l’antiquité. Nous trouvons dans ses épitres et dans ses discours des citations d’Épiménide, d’Aratus son compatriote, et de Ménandre; et ils trahissent de temps en temps des reflets de Philon, son contemporain, qui font penser involontairement à cette parole : Aut Plato philonisat , aut Philo platonisat.

no LA VIE DE N. -S. JÉSUS-CHRIST.

Peu de temps après la mort de Jésus-Christ, il était venu à Jérusalem pour assister comme pharisien aux leçons de Gamaliel dans la grande académie des rabbins, qui réunissait à cette époque mille jeunes gens, dont la moitié étaient instruits dans la loi et dans les ouvrages des Grecs. Elevé ainsi dès sa jeunesse dans la science des païens et des Juifs, il se crut appelé par son talent à combattre la doctrine du Messie et à soutenir T honneur du mosaïsme avec toute la puissance dont il pouvait disposer. 11 avait la nature impétueuse de Benjamin, son ancêtre ; il entrait dans les maisons, jetait en prison les hommes et les femmes, les faisait châtier, à quelque synagogue qu'ils appartinssent; car il avait reçu pour cela les pleins pouvoirs des grands prêtres r et il les forçait à maudire le Christ, comme il l’avoue lui-même. (Act., xvi , iO) Il n’avait point connu personnellement Jésus -Christ, ni étudié sa doctrine. Son zèle n était donc qu'une fureur aveugle, par laquelle il espérait peut-être se ménager une haute position parmi ses compatriotes ; d’autant plus qu’il était sans contredit le disciple le plus distingué de Gauialiel. Dans son zèle il alla jusqu’à persécuter les chrétiens dans les villes étrangères. Il avait même obtenu du grand conseil des pleins pouvoirs et des lettres pour les synagogues de Damas. Mais Dieu avait d’autres desseins sur lui. C’est précisément dans ce voyage à Damas, le 23 janvier de l’an 33, en plein midi, que Saul, frappé tout à coup par un rayon de la grâce, fut renversé par terre et se releva chrétien. Le Sauveur lui avait apparu ; et cette manifestation surnaturelle du Christ avait tout à la fois frappé de cécité son œil extérieur, et allumé dans son intérieur une lumière céleste, par suite de laquelle il put

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