CHAPITRE XVI
Baptême du centurion Corneille.
Le père des croyants comprit alors par cette vision qu’il
ne devait plus tarder à introduire les païens dans le
rovaume de Dieu. 11 fit entrer les trois envovés de Cor- • *
neilie, et les reçut chez Simon, son hôte. Puis il partit avec eux le lendemain de Joppé, accompagné de six frères, et arriva, après deux jours de marche, dans la ville de Césarée , située à quarante-quatre milles de Joppé. Celui donc à qui le Seigneur avait confié les clefs du royaume des cieux en ouvrit le premier les portes aux païens ; et le centurion de Césarée , de l’ancienne famille italienne des Cornélius, fut le premier qui reçut cette faveur. On a objecté que le diacre Philippe avait déjà baptisé , sans aucun avertissement particulier d’en haut, le trésorier de la reine Candace. Mais celui-ci n’était plus païen; il était prosélyte de justice, comme l’officier de Capharnaiim. C’est pour cela que l’Écriture appelle Corneille un homme craignant Dieu (<po€oôj*ivo;) , ce qui signifie tout au plus un
prosélyte de la porte, c'est-à-dire un païen vivant parmi les Juifs et croyant comme eux en un seul Dieu , tandis que (Tiwjyayo ; désigne un homme pieux , c'est - à - dire converti tout à fait. Quant aux chrétiens, l'Écriture les appelle ôr/tot, les saints, ce qui exprime un degré de plus encore. Alors se renouvela d'une autre manière, dans la maison de Corneille , la grande merveille de la Pentecôte ; car, pendant que Pierre leur prêchait Jésus-Christ , ils reçurent aussitôt le baptême du Saint-Esprit , avant même d'avoir reçu celui de l'eau ; et au grand étonnement de tous ils se mirent à parler en langues étrangères. Ce phénomène se produisit plus tard encore à Éphèse et dans l'église de Corinthe, comme le Seigneur l'avait prédit avant son ascension. Alors s'accomplit ce que, d'après la tradition orale des Juifs, Dieu avait dit à Moïse, lorsque celui-ci imposa les mains à Josué, à savoir que dans l'ancienne alliance il n’y avait que quelques croyants et prophètes, mais que dans la nouvelle tous prophétiseraient. C’est, selon toute apparence, l’an 35 que Pierre admit les païens dans l’Église de Jésus-Christ. Il resta encore quelques jours dans la patrie du diacre Philippe, et retourna à Jérusalem, où sa première affaire fut de se justifier devant les autres frères à propos du baptême qu i! venait d'administrer aux païens. Quelques-uns regardent Corneille comme l’officier qui assista au crucifiement de Notre-Seigneur; car on faisait toujours venir à Jérusalem, aux grandes fêtes, des troupes de Césarée, où résidait le gouverneur.
FONDATION Üli .SIÈGE l>’ ANTIOCHE.