‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 476 sur 589 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Fondation du siège d’Antioche. Paul et Barnabe.

Vers ce temps- là, Paul, après un séjour de trois ans dans l’Arabie Pctrée, \int à Jérusalem pour la première lois depuis sa conversion, afin d'y voir Pierre, le chef de l'Église, et de conférer avec les apôtres, dont il ne trouva cependant qu'un seul, Jacques, frère du Seigneur. 11 y resta quinze jours sans réussir entièrement dans les projets qui l’y avaient amené. Car tous les frères, comme il nous le dit lui-mème, le craignaient, quoiqu’il trouvât cependant un appui dans Barnabe. C’est lui qui l'introduisit auprès des lidèles, et qui lui procura l’hospitalité chez sa sœur, la mère de Marc. Il prêcha néanmoins courageusement le Christ, et il eut une discussion avec les Grecs juifs, ses anciens compagnons de foi et de synagogue; de sorte que, le considérant comme un apostat, ils cherchèrent par vengeance à se défaire de lui. Mais comme un jour il priait dans le temple , il fut ravi en esprit , et le Seigneur lui commanda de soi tir de Jérusalem, parce que les Juifs n’accepteraient point son témoignage. 11 lui dit qu’il >oulait l’envoyer au loin vers les païens. 11 se rendit donc dans sa patrie, en passant par Césarée, muni d’un sauf- conduit que les frères lui avaient donné pour cette ville; et il rapporta à Tarse, sa ville natale, plus de science et de sagesse que n'en avaient appris tous les philosophes.

Cependant l’Église faisait toujours de nouveaux progrès parmi les Gentils. Celle d’Antioche se distinguait partLu-

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lièremcnt sous ce rapport; car un grand nombre s’y étaient convertis au Seigneur. Des Cypriotes et des Cyrénéens chassés par la persécution y axaient fondé la première communauté chrétienne. 11 v avait entre autres,

parmi les fidèles, Alexandre et Rufus, fils de Simon le Cyrcncen , avec leur mère, chez laquelle saint Paul re çut l’hospitalité pendant le séjour de plusieurs années qu'il lit en celle ville. Sous l'administration douce et tolérante de Yitcllius, gouverneur de Syrie et résidant à Antioche, le christianisme pouvait se répandre de ce coté sans obstacles. Un fait entre autres nous montre combien ce gouverneur était tolérant. Lorsque, après la destitution de Pilate, marchant avec son armée contre les Arabes, il voulut passer par la Judée, les Juifs le prièrent de* ne point souiller la terre sainte en y portant des étendards païens. Celte simple demande suffit pour le décider à faire prendre un autre chemin à ses troupes. Les frères de Jérusalem, apprenant tes progrès que faisait l’Cglise à Antioche, y envoyèrent Barnabe le Cypriote, qui était en correspondance avec ses compatriotes établis dans celte ville, et qui pouvait à cause de cela donner aux apôtres des nouvelles plus certaines sur la conversion du célèbre disciple de Gamaliel. C'est ainsi que fut fondé le premier évêché après celui de Jérusalem, cl le siège patriarchal de l'Asie.

L’antiquité chrétienne attribue unanimement cette fondation à saint Pierre, et le considère comme ayant été le premier évêque d'Antioche, même avant qu’il y fût venu. Car, en sa qualité de chef de l'Église, il avait, comme le font encore aujourd'hui ses successeurs, fondé de Jérusalem ce siège illustre ; et de la ville de ison d

lu.Nbvm» lit sik<;l b aîstiochl.

gouvernait l'Église d’Antioche. C'est ainsi que Ton voit apparaître, dès les premières années de l'Eglise, la primatie de Pierre. Quand même donc le prince des apôtres ne fût jamais allé à Home, il n'en aurait pas moins pu pour cela y établir le saint-siège, et gouverner cette Église. Eusèbe rapporte dans sa Chronique que Pierre fonda le siège d'Antioche la dernière année de Tibère, qui mourut le 13 mars 37. El non-seulement lui, mais encore saint Ignace, second successeur de Pierre dans le patriarcat d’Antioche ; Origène, saint Jérôme, et saint Chrysostome, qui était piètre à Antioche, affirment qu'il gouverna cette Église sept ans, c’cst-à-dirc jusqu'à ce que, persécuté par llérodc Agrippa, il allât fonder le saint-siège à Home. Or la chrétienté célèbre le 22 février la fondation de l’Église d’Antioche, et le 18 janvier de l’an 42 l’élablissemcnt de la chaire de Pierre à Rome. I)c l’an 37 à Pan 4 2 inclusivement, il y a six années. Si donc nous voulons suivre la tradition, nous devons placer la fondation du siège d'Antioche dans l’année 30 , et faire aller jusqu’à l’an 42 les sept ans pendant lesquels saint Pierre gouverna celte Eglise.

Barnabé alla d’Antioche à Tarse pour y ramener a^>c lui Paul, comme coopérateur à l’œuvre delà prédication de l'Evangile. Ils demeurèrent d’abord une année entière à Antioche, puis, avec quelques interruptions, huit autres années , pendant lesquelles ils convertirent un si grand nombre d'hommes, que c’est là que les partisans du nouveau culte reçurent le nom général de chrétiens. Les progrès du christianisme y furent dus probablement en grande partie au zèle de Paul, qui put y manifester sa tendance grecque cl catholique à lu fois, à rencontre des

LA MK DK N.- S. JESl'S-CHUIsT.

fidèles qui étaient venus du judaïsme. Jusqu’ici ces derniers avaient porté le nom de Nazaréens, nom qu’ils portent encore chez les Arabes, mais qui ne tarda pas a devenir un nom de secte. Saint Épiphane nous apprend qu’ils avaient été d'abord appelés pendant quelque temps Yesséens. Peut-être ce nom leur venait -il d’une certaine combinaison du christianisme avec la doctrine desEsséens. Il vint aussi dans ces jours à Antioche des prophètes de Jérusalem , où résidait encore avec Pierre la primatie de toute l’Église; et l’uu deux, nommé Agab , prédit une grande famine qui devait affliger toute la terre, ce qui arriva en effet sous l’empereur Claude.

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