PALI. A ATHENES
commonl par le péché il est devenu esclave de la nature, comment par l'incarnation du Verbe il a été réconcilié à Dieu, de sorte qu’il peut désormais obtenir la purification
dont il a besoin, non plus seulement d’une manière figurée dans les deux degrés d'initiation aux mystères, mais d’une manière véritable et réelle , par le moyen des sept sacrements. Ces mystères n’étaient qu’une école préparatoire pour un petit nombre d’hommes d’élite parmi les païens, comme le mosaïsme pour les enfants d’Israël. C’est pour cela que le pontife d’Éleusis portait le nom de mystagogue, et exerçait, de l’aveu des anciens philosophes païens, les fonctions d’un pédagogue, nom que saint Paul ne craint pas de donner à Moïse. Car le mosaïsme lui -meme n’était non plus qu’une école préparatoire, et la loi était dans la main du législateur comme une verge dont il devait châ-
tier le peuple confié à scs soins. Mais aujourd’hui tous, Juifs et païens, pouvaient reconnaître dans le Christ le type et l’idéal de l’homme parfait et leur véritable vocation. Us pouvaient cultiver à son service toutes les puissances de leur âme, et recevoir de lui, parle moyen des sacrements, le germe de la vie éternelle.
Déjà les Pers&s voyaient dans le pain semé par le laboureur et dans ses transformations l’image non-seulement de la genèse du monde, mais encore de la paningénésie des âmes et de notre résurrection; et ils se servaient de cette image dans les enseignements qu’ils donnaient aux parfaits, comme nous le voyons dans le Zencl-Avesta, n, p. 422. L’Apôtre paraissait donc au milieu d’un peuple et d’une époque qui, à leur plus haut degré de développement, n’avaient pu s’élever au delà du système panthéiste des émanations divines. Il apportait de Tarse une doctrine bien
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plus sublime, une semence bien plus pure. Aussi les anciens Pères de l'Église, plus initiés aux mystères du paganisme, ne font nulle ditiieulté de l'appeler un nouveau Triptolèrne. Saint Isidore de Péluse, entre autres, écrit dans sa troisième Épîlre que Paul parcourut toute la terre, semblable au laboureur sur son char ailé, et qu'il répandit la bonne nouvelle parmi les ignorants. Et ce n’est pas sans raison que l’Apdlre inspiré de Dieu prêcha tout d'abord aux Athéniens le Dieu inconnu. Carie grand secret qui est au fond de tous les mystères, c’est que l'homme est ici -bas dans un temps d’épreuve; mais qu’il arrivera un jour ou le voile tombera, où un Dieu descendant du ciel révélera le sens des mystères les plus obscurs. C’était là le Dieu de l’avenir, le Dieu inconnu. Mais, comme nul ne pouvait révéler ce secret sous peine de mort , il n'était connu que d'un petit nombre d’adeptes, et ne troublait point dans sa foi la multitude, esclave partout du culte national qn'elle trouvait établi.