‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 503 sur 589 · FAUX MYSTICISME A CORINTHE · texte numérisé non relu

FAUX MYSTICISME A CORINTHE

canon Lehusch Hilcoth Gerim, prescriptions pour les prosélytes, de Mardochée Japhe, qui mourut en 16 H, les paroles suivantes , pour expression de la tradition des rabbins : a Nos maîtres, bénie soit leur mémoire ! ont ensei- « gné qu’un prosélyte qui a pris sur lui le joug de la loi « est animé d’un nouvel esprit. 11 reçoit une nouvelle « àme, il est devenu un autre homme, et semblable à un « nouveau -né. Le temps qu’il a vécu auparavant n’est a donc plus rien pour lui. Les parents qu’il avait lorsqu’il « était encore infidèle ne sont plus ses parents, et il n’y a « plus pour lui de degrés de parenté défendus dans le ma- « riage ; car il n’a plus au monde ni parents ni amis; mais « il est seul comme le premier homme. Sa mère et ses u sœurs ne sont donc plus pour lui ce qu’elles étaient aupa- « ravant. Si elles restent dans le paganisme, et qu’il se « marie avec l’une d’elles, c’est comme s’il épousait une « étrangère. Que si elles sont devenues prosélytes comme « lui, la loi lui permet, à bien plus forte raison encore, de « se marier avec elles. Car remarquez-le bien , elles aussi u sont comme des enfants nouveau -nés, et n'ont avec lui a aucun rapport de parenté. »

Les pharisiens, animés de cet esprit, cherchaient partout des prosélytes, et en faisaient ainsi, selon la parole du Sauveur, des enfants de Béiial. Ce désordre en était venu à un tel point que le Talmud crut devoir en arrêter les progrès, afin, dit-il, u qu’il ne semble pas que les nouveaux et croyants ont passé d'une loi sainte à une autre loi qui u l’est moins. » Si le prosélyte, pendant qu’il était païen, avait épousé sa mère ou sa sœur charnelle, il devait se séparer d’elle. Mais si, après sa conversion, il avait épousé sa mère et sa fille, ou ses deux sœurs charnelles, et que

celles-ci se fussent converties comme lui, il devait ni congédier une. 11 pouvait, d’ailleurs, épouser la mère aa la fille de sa femme lorsque celle-ci était morte. Il pouviit aussi épouser sa nièce ou sa grand’mère du côté maternel si elles étaient converties. Quant à la parenté du crié du père, il n’y avait point pour lui de degré prohibé, pourvu que l’autre partie se convertît comme lui.

Tels étaient les privilèges que le mosalsme acco niait aux prosélytes. De plus, tous les enfants qui naissaient d’un Juif et d’une païenne appartenaient de droit à l'alliance de la circoncision, Aussi les Juifs se plaignaient dans le Jalkut Schimoni, f. lxiv, 1, qu’il y a trois sortes de convertis, mais qu’une partie seulement embrasse la foi par amour de Dieu, les autres le faisant ou pour avoir de quoi vivre, ou pour se marier selon leurs caprices. L'incestueux de Corinthe avait donc contracté un de ces mariages autorisés par le judaïsme, croyant que les prosélytes du christianisme avaient hérité des privilèges que la loi accordait aux Juifs convertis, Cet exemple pouvait avoir 1» suites les plus funestes, surtout à une époque et dans une ville où les esprits étaient tellement surexcités. Les Corinthiens envoyèrent donc à Corinthe, au grand Apôtre , une députation, à la tète de laquelle étaient Sosthène et Apollon. Saint Paul avait besoin, en cette circonstance, d’une grande prudence et d'une grande sévérité en même temps. C’est la première fois qu’il fit usage de l’excommunication. Quant aux faveurs spirituelles dont plusieurs se vantaient à Corinthe, comme le don prétendu de prophétiser ou de parler de nouvelles langues, etc., il crut devoir garder plus de ménagements. C’est donc dans ce sens qu’il écrivit, au commencement de l’an 54, sa seconde

PAUL QUITTE ÊPHÊSE. 231

Kpître aux Corinthiens, qui se trouve la première dans le canon des Écritures, et qui devait arriver pour la Pâque prochaine. Il donna pour compagnons à ceux qui la portaient Tite et Timothée, qui se trouvaient avec lui. Ils partirent d’Éphèse vers l’équinoxe du printemps. Paul pensait alors à rester jusqu’à la Pentecôte, pour aller ensuite en Macédoine.

Page 1