CHAPITRE XXXVI
Los deux grand» apôtres Pierre et Paul partagent leur zèle
entre Rome et Jérusalem.
Bientôt après que saint Paul eut écrit sa lettre aux Romains, et déjà sons le règne de Néron, Pierre revint à
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Home de son grand voyage en Asie. D’après les Hévoynifions de saint Clément, il était venu à Antioche par Césarée ; puis il s’était embarqué pour Rome à Antarade. Lactance nous indique l’époque précise de l’arrivée de saint Pierre dans la ville éternelle; puis il ajoute que les apôtres avaient déjà annoncé l'Évangile pendant vingt-cinq ans lorsque Néron commença à régner, c’est-à-dire le 1 3 octobre 807. Or c’est ici une nouvelle preuve que le Christ est mort l’an 782, ou 29 d'après notre chronologie, et non pas, comme nous comptons ordinairement. Pan 33 ou 7S6.
Cependant Paul avait recueilli en Macédoine et en Achaie les aumônes qu’il voulait porter à Jérusalem. C’était déjà une coutume chez les Juifs de faire une collecte pour les rabbins indigents parmi les Juifs de la gentilité. Encore aujourd’hui, on quête dans toutes les synagogues pour l’entretien des Juifs de Jérusalem. Saint Paul recueillit donc aussi les aumônes des fidèles pour les chrétiens indigents de celle ville, en ayant bien soin d’avertir, comme il le fait dans sa lettre aux Corinthiens, que nous devons subvenir avec nos biens spirituels et temporels aux besoins de ceux à qui nous devons nos biens spirituels; et c’est celte meme pensée qui a servi de nos jours de base à l'établissement des aumônes de prières pour l’Angleterre et l’Irlande. L’Apôtre lui-même ordonna qu’au premier jour de la semaine , qui déjà à celte époque était fêlé par tous les chrétiens, chaque tidèle mît de côté quelque chose pour les frères soutirants de Jérusalem, à peu près comme cela se pratique aujourd’hui pour la propagation de la foi. Mais, pour échapper à la calomnie, il s’était associé volontairement quelques personnes chargées de contrôler
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les recolles et les dons, ce qui indique que les sommes qu’il avait recueillies étaient considérables.
Paul voulait aller de Corinthe en Syrie. Mais comme les Juifs lui tendaient des pièges, il retourna par terre en Macédoine , passa les fêtes de Pâques à Philippe , du 30 mars au 6 avril 5d , puis tit en cinq jours la traversée entre Philippe et Troade. Le voyage fut pénible; car les vents étaient contraires, et l’Apôtre souffrit une seconde fois les incommodités d’une mer orageuse. 11 était accompagné de saint Luc, et trouva à Troade ses autres compagnons de voyage, qui l’y avaient précédé, il y resta sept jours; et comme ils étaient tous réunis le dimanche pour la fraction du pain, il leur parla jusqu’à minuit, c’està-dire jusqu’au commencement du jour, afin de prendre à jeun l’eucharistie. Un jeune homme nommé Hutychus, qui, n’étant point accoutumé à veiller longtemps, s’était endormi assis sur l’appui d’une fenêtre, tomba dans la rue, du troisième étage delà maison d’un nommé Carpus, chez qui se tenait l’assemblée. On le releva mort; mais saint Paul le ressuscita aussitôt.
Le lendemain, c’est-à-dire le lundi, il partit de Troade, laissant son sac de voyage avec ses papiers et ses livres, avec l’intention de revenir bientôt de Jérusalem; mais Dieu en avait disposé autrement. 11 alla à pied jusqu’à Assou : là ses compagnons le prirent sur leur vaisseau , firent voile pour Mitylène, dans l’ile de Lesbos, jetèrent l’ancre le lendemain devant File de Chios, abordèrent le troisième jour à Samos, passèrent la nuit à Trogvllium, et arrivèrent le jeudi à Milet. 11 y avait là, de temps immémorial , une famille sacerdotale chez qui le sacerdoce était héréditaire : c’étaient les Bronchides. Us étaient char-
gés d’interpréter les oracles d’Apollon Didyme; et, chose remarquable , on les appelait prophètes et meme e'vangélistes. C’est là qu’il convoqua les chefs et les docteurs de l’Eglise d’Éphèse, afin de les fortifier dans leurs devoirs. Puis il prit congé d’eux avec un douloureux pressentiment qu’il ne les verrait plus. Saint Paul et ses compagnons firent voile directement pour l’ile de Cos, et le lendemain pour Rhodes. De là ils abordèrent sur le eontitinent et allèrent à Patare , oii se trouvait un temple d’Apollon dont l’oracle était regardé comme le plus célèbre de toute l’Asie avec celui de Delphes. Un croyait que la meilleure époque pour consulter l’oracle de Delphes était l’été, et l’hiver pour consulter celui de Patare. Aussi il y avait là dans celte saison de l’année une multitude immense de peuple. Ils y rencontrèrent un navire phénicien, et firent voile pour Tvr, laissant à gauche l’ile de Chypre. Ils y trouvèrent une communauté déjà nombreuse, et y restèrent sept jours. Le Sauveur lui-même, lors de son sermon sur la montagne, avait eu parmi ses auditeurs desTyriens et des Sidoniens. Et lorsque, après avoir maudit Capharnaüm et Belhsaïda , il avait donné la préférence à Tyr et à Sidon , la Cananéenne témoigna alors le désir de pouvoir manger au moins les miettes qui tombaient de la table du Seigneur; car elle voyait que les Juifs ne savaient point assez apprécier la multiplication miraculeuse des sept pains, image des sept sacrements, que le Seigneur venait de faire en faveur des païens.
Paul alla par mer de Tyr à Ptolémaïs; et, après y être resté quelques jours, il se rendit par terre à Césarée. Là ils descendirent chez P évangéliste Philippe, et demeurèrent plusieurs jours dans sa famille. Ln témoin oculaire