‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 519 sur 589 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Paul parmi les prétoriens.

Dès que le brave officier qui avait été chargé d’amener Paul fut arrivé h Home avec ses prisonniers, il remit l’Apôtre au stratopédarque ou préfet du prétoire. C’était alors le noble Burrhus Afranius. On était à cette époque du règne de Néron oh le tigre ne s’était pas encore réveillé en lui. Ce temps dura cinq ans, de 807 h 812. Plus tard saint Paul n’aurait point été traité avec les ménagements qu’on eut pour lui, et n’aurait point fini par être délivré. On lui donna la custodia militans , la garde militaire;

ccst-à-dire qu’au lieu d’ôire jeté dans un cachot il fut attaché à un soldai qui l’accompagnait partout ; et il convertit à la foi plusieurs de ceux qu’on lui donna ainsi pour gardiens. Sénèque fait mention de celte coutume d’attacher à des légionnaires les prisonnière, même lorsqu'ils étaient citoyens romains, comme saint Paul. L’Apôtre eut cependant ce qu’on appelait l&ùor custodia , la garde la plus douce ; car il y en avait une autre bien plus sévère, qui consistait à attacher le prisonnier au milieu de deux soldats, non dans sa propre demeure, mais dans une prison. Deux ans se passèrent avant que son affaire fût décidée par l'empereur Néron. U profita de ce temps pour annoncer l’Évangile dans tout le prétoire. Le prétoire n’est pas ici le palais de l’empereur, quoique Paul fut le prisonnier de celui-ci, et que de son propre aveu il ait converti plusieurs personnes de la maison de César : mais c’est le quartier ou la caserne de la garde impériale des prétoriens, que Tibère venait de bâtir; de sorte que Paul demeurait au milieu de gens de toutes les nations , et que son zèle trouva un large champ jusqu’à l’an 59, où il fut mis en liberté.

Le christianisme était, comme il l’écrit lui -même à Timothée (II, îv, 17), devenu par son triomphe une véritable puissance dans la ville qui s’appelait elle -même la ville du monde. Tacite fait mention d’une grande dame romaine, Pomponia Græcina, qui embrassa à cette époque une superstition étrangère. Cette superstition ne peut être que le christianisme ou le mosaïsme , dont le culte se propagea tellement alors parmi les païens, et surtout parmi les dames romaines, qu’il n’est presque aucun écrivain de ce temps- là ni aucune inscription où il ne soit fait

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