‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 538 sur 589 · DE L’AGE DU MONDE · texte numérisé non relu

DE L’AGE DU MONDE

même le remarque (i, 14). Les jours dont parle Moïse sont des époques plus considérables; ce sont des jours, non d’un monde particulier, comme le nôtre par exemple, mais de l’univers entier; des jours comme les entendaient les anciens Perses, qui partageaient la création du monde en six époques de mille ans chacune, comme les entendaient encore les Étrusques, d’après Suidas. En effet, d’après la cosmogonie de ces derniers, de même qu’en celle de Bérose , le ciel et la terre furent créés le premier jour ; le firmament au second jour, la mer et les fleuves au troisième; le soleil et la lune au quatrième; au cinquième , tous les animaux qui peuplent l’air, la terre et l’eau ; et l’homme enfin au sixième. Et la durée de la terre doit être aussi partagée en sept grandes périodes, formant une semaine de l’univers; ou, d’après la cosmogonie des Indiens, des Perses et des Étrusques, en six époques de mille ans, dans le cours desquelles doit s’accomplir la rédemption. « Car devant Dieu mille ans sont comme « le jour d’hier, » dit le prophète. Ou, pour parler comme les brahmes : « Un jour de Brahma fait dix mille « grandes années, et une de ses nuits en fait autant. »

En souvenir de ces six époques de la création se répétant dans la durée du monde, Dschemschid avait institué six fêles dans l’année, connues sous le nom de Gahanbars. Et les Indiens, les Chinois, les Chaldéens et les Hébreux partageaient, d’après le même principe, l’année en six périodes. Les anciens Germains, comme nous le voyons dans l’Edda, reconnaissaient aussi sept époques dans la création. Six hivers devaient précéder la fin de toutes choses; au septième le monde devait finir par un grand incendie, et les dieux devaient apparaître; de sorte que,

T. III

dans la doctrine des peuples du Nord, sept vous ou sept périodes doivent remplir tout le cercle de l’ histoire.

( Notkcr , vi). Les Abyssiniens prétendent aussi que le inonde durera 6000 ans, et c’est ce qu’ils appellent le sabbat d’Énoch. Et d’après la légende des Mongols, le monde parcourra six révolutions, pendant lesquelles la vie des hommes doit aller toujours en diminuant. Dans ces divers systèmes, la grande semaine du monde est un reflet de la semaine ordinaire ou du ciel planétaire, et chaque peuple doit régner à son tour pendant l’un des jours de cette semaine. Peut-être aussi que les deux périodes des Perses et des Etrusques, composées chacune de 6000 ans, où Orniuzd règne pendant trois mille ans, et Abriman pendant trois mille autres, ne sont qu’un reflet des douze mois de l’année ou des signes du zodiaque. Mais il ne faut pas oublier qu’en ce point les lois de la nature ont pour fondement des lois spirituelles d’un ordre bien plus élevé.

Les poètes orphiques enseignaient qu'il y a six âges du monde, et que chacun de ces âges a un chef ou un souverain qui lui est propre, à savoir Phanès, Nyr, Uranus, Chronos, Zeus et Dionysus. Les Juifs croyaient que le monde durerait 6000 ans, qui lserait 2000 ans sans lois, ou plutôt sous la loi de nature ; 2000 ans sous la loi écrite et 2000 ansentin sous le gouvernement du Messie. [Swihédrin, fol. 97. — Sofa, xlix, 2. — Avoda~Sara , ix , i.) Puis doit venir le grand sabbat ou le royaume de 1000 ans, qui remplit le septième millénaire , et dont la croyance se retrouve chez tous les peuples. Telle est l'origine et la substance du millénarisme. Menasse ben Israël enseigne comme une tradition des patriarches, que le monde iufé-

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