‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 539 sur 589 · DE L’AGE DU MONDE · texte numérisé non relu

DE L’AGE DU MONDE

rieur est remplacé tous les sept mille ans par un nouveau monde; et qu’après cinquante mille ans les deux font place à un ciel nouveau. C’est là, disent- ils, ce qu’Adam a transmis à Seth , et qui de Seth est parvenu aux patriarches des Hébreux. Cette tradition a été plus tard confirmée par Moïse, elr nous est indiquée par les six jours de la création, qui signifient six mille ans, selon la parole du Psalmisle : « Mille ans sont un jour du Seigneur. » Et de môme que la création s’est accomplie en sept jours, et que la rédemption s’accomplira en sept périodes; ainsi, selon les anciens et quelques mystiques du xme siècle, sept eons ou âges partageront le règne futur du Saint- Esprit, jusqu’à ce que les sept sceaux de l’Apocalypse nous soient ouverts. (Euthimius, Bibl.f p.xix, p. 213. — Joachim Abbas, Liber concordiarum , 3. — Rhenferd, deStèculo futuro disserté 2*)

La terre elle-même présente dans sa forme une ellipse, et tous les corps célestes décrivent dans leurs mouvements la môme figure. Or le temps et l’espace sont des notions corrélatives. Il n’est donc pas étonnant que le temps aussi trace comme une ellipse, et que, partant de l’éternité, il forme comme une spirale composée de sept anneaux immenses, jusqu’à ce qu’il aboutisse à l’éternité, d’où il est parti. Les anciens aussi partageaient la terre en sept îles, ou en sept zones correspondant aux cercles des planètes. Les Pères de l’Église eux-mômes, surtout ceux des premiers siècles, avaient presque tous, après les Juifs, adopté cette opinion, que la terre doit durer six mille ans, qui seront suivis d’un grand sabbat ou d’une époque de paix et de bonheur; et l’on était persuadé alors que Moïse avait consigné cette révélation dans un livre intitulé : La Petite

Genèse . C'est ainsi que s’expliquent entre autres saint Justin, ou l’auteur des Questions , et saint Irénée, qui écrit dans son livre des Hérésies (v. 28 ) que le monde a été créé en six jours, et qu’il atteindra sa perfection en six autres jours, c’est-à-dire en six mille ans. L’épitre attribuée à saint Barnabe, saint Hippcflvte, Victoria, vers la fin du iiic siècle, et Lactance surtout, sont trèsexplicites sur ce point. Saint Hilaire de Poitiers et saint Jérôme comparent le monde à lin grand jour où une heure est cinq siècles. Saint Justin, dans son dialogue avec Triphon (81), et les Rabbins, dans le livre B^rcschitk rabba (xix, 14), rapportant le passage du Psaîmiste, qui compare un jour à mille ans, le confirment par un autre passage du livre de la Genèse (ch. h, vers. 17), où Dieu dit à Adam : « Le jour où tu mangeras de cet arbre, « tu mourras de mort. » Or Adam mourut âgé de 930 ans. Et David ne chante- 1 -il pas aussi : « Un jour passe « sous vos portiques, Seigneur, vaut mieux que mille « autres jours. » La tradition chrétienne des premiers siècles ne diffère de celle des Juifs qu’en ce qu’elle place l’apparition du Christ non dans le cours du quatrième millénaire, mais dans le cours du sixième. De même que les apôtres, du vivant de Notre -Seigneur, étaient persuadés qu’il allait se manifester bientôt dans sa gloire, et le pressaient souvent de fonder son royaume tel qu'ils se le représentaient, ainsi les chrétiens venus du judaïsme . après la mort de Jésus- Christ, se consolaient de l’ctat et de l'abjection où l’Église était réduite par l’espoir que le Messie reparaîtrait bientôt dans tout l’éclat de sa majesté , porté par les nuages du ciel, pour vaincre l’Antéchrist, c’est-à-dire le paganisme, fonder son royaume de mille

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