‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 543 sur 589 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la période sacrée des Indiens.

Les Indiens attendaient la venue d'un dieu qui devait écraser le serpent. Ce dieu, ils l’appelaient de différents noms. Us ne placent pas toujours sa naissance à la même époque; ils le font même apparaître plusieurs fois dans le monde. Mais, malgré toutesces divergences, la naissance de ce dieu se trouve toujours, dans tous les systèmes, placée à la fin d’une période de 4320 ans. Nous ne tenons point compte ici des zéros en nombre quelconque, qui, placés à la droite, tenaient la place des décimales, et ne changeaient point par conséquent la valeur du nombre. Le dieu incarné, ou l’Avatar, porte chez les Indiens le nom de Sakesvara, où seigneur de la période sacrée. Toutes les autres périodes renfermées dans celle-ci n’en sont que des divisions et des fragments; et c’est là un principe qu’il ne faut pas perdre de vue; car il est la règle et la base de toutes les anciennes chronologies. Ainsi, dans l'un des systèmes admis chez les Indiens, les temps anciens sont partagés en quatre yug ou figes du monde, nommés satya, treta, dwapar et kali-yug. Le premier âge comprend 4 728 ans, le second 4296, le troisième 86 i et le quatrième 4 32, c’est-à-dire une durée de quatre fois, trois fois, deu\ fois et une fois 432 ans, c’est-à-dire encore dix fois ce nombre d’années, ce qui remplit la période de 4320 années lunaires. A chacune de ces dix périodes correspond un Avatar, c’est-à-dire une incarnation de Wishnu; et

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ces dix incarnations se reflètent, en quelque sorte, dans les dix patriarches du monde primitif, il est remarquable encore que la société civile, chez les Indiens, porte l’empreinte de ces relations et de ces divisions du temps. En effet, elle se composait de quatre castes: les brahmes ou prêtres., les guerriers, les commerçants, et les sudra ou agriculteurs. Or la loi permettait quatre femmes dans la première de ces castes, trois dans la seconde, deux dans la troisième, et une seule dans la dernière. Ces nombres décroissants indiquent, dans la pensée des anciens, que le monde devait empirer en vieillissant; et, placés l’un après l’autre, ils donnent la proportion suivante: 4. 3. 2. 1, et désignent en même temps l’époque oii devait paraître le dieu qu’on attendait, c’est-à-dire l’an 4320.

Les Indiens ont encore une autre manière de partager ce cycle jubilaire. Ils le divisent en huit périodes de Phénix de 540 ans chacune ; de sorte que chaque yud comprend deux de ces périodes, ou 1080 ans. Or il est remarquable que nous retrouvons cette division du temps chez les anciens Étrusques. Les Indiens placent à la fin de chaque âge une nouvelle incarnation de la Divinité; de sorte qu’ils comptent quatre Buddba et quatre Vicramaditya. Chacun de ces âges finit aussi par une conjonction générale des planètes et par un grand cataclysme, ou déluge universel, dont l’un est réel et historique, comme tout le démontre aux plus incrédules, et dont les trois autres indiquent seulement une graude lutte, un jugement de Dieu se manifestant par quelque événement considérable et terrible à la fois. A chacun de ces cataclysmes succède un renouvellementde toutes choses. Au commencement de chaque âge parait un nouvel Adim et une nouvelle Iva ; et à la

fin de chaque âge aussi un nouveau Menu se sauve avec les siens, et devient la tige, le législateur et le docteur d’une race nouvelle sur la terre régénérée par celle sorte de baptême.

La fin de la première période et le déluge qui la termine tombent dans l’année 1728, ou 1080, ou 1656 après la création, selon la différence des systèmes chronologiques admis par les Indiens. Le dernier chiffre, toutefois, se rapproche bien plus que les deux autres de celui qui est assigné par la Bible. Or 1728 années lunaires équivalent à 1676 années solaires. La lin de la période sacrée, ou l’apparition du Dieu sauveur sur la terre, tombe donc Lan 2505, ou 3101 , ou 2525 après le grand déluge. Chacune de ces trois époques sera donc signalée, dans les systèmes religieux des Indiens, par une incarnation du rédempteur promis; et c’est ce que nous trouvons en effet. Prenons d’abord le dernier de ces nombres. Voici ce que nous lisons dans un texte de la Varaha-Sanhita cité par Wilford {Recherches asiatiques , vol. 9) : « Salivahana, le dieu-serpent, « c’est-à-dire celui qui devait écraser le serpent, paraîtra u lorsque 2526 ans de l’ère de Yudhishtiras, le Noédeslu- « diens, seront écoulés. » Les Indiens, en effet, font naître Salivahana ou Saca à la fin de la sainte période de 4320 années lunaires. Or cette époque coïncide avec l’année de la naissance de Jésus-Christ. Les Juifs , pour affermir leurs espérances, rejetaient dans un avenir éloigné la venue du Messie. Les Indiens la plaçaient à la fois et dans ravenir comme espérance, et dans le passé comme mythe et comme souvenir. Ils se distinguaient encore des Juifs en ce qu’ils ne faisaient pas commencer la sainte période après la création, mais seulement après le commencement du

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Cali-Yug, et qu’ils ajoutaient ensuite à leurs chiffres un nombre indéterminé de zéros.

Melech- Avatar Salivahana, ou le dieu incarné, qui n’est autre que Cbrishna, dernière incarnation de Vischnu, vécut, d’après la chronologie des Indiens, 72 ou 84 ans. A sa mort commence l’ère de Salivahana ou deSaca. Or cette époque coïncide avec l’an du monde 4320, ou 79 après Jésus-Christ. Buddha est le môme personnage dans la mythologie indienne ; et lui aussi nous est représenté comme avant vécu 79 ans. Pour mieux comprendre ces choses, rappelons-nous la période caniculaire des Égyptiens, dont nous avons parlé plus haut. L’an 4380 de celte période, composée de trois fois 1 460 ans, finissait l’an 138 de notre ère; de sorte que l’an 78 après Jésus-Christ coïncide avec l’année 4320 de la grande période de Phénix des Égyptiens. Or si au chiffre de 4181, année de la naissance de Salivahana, nous ajoutons les 78 ans qu’il a vécu, nous obtenons un total de 4238 ans. Et comme ce nombre d'années solaires équivaut à 4320 années de 300 jours chacune, telles que les comptait l’antiquité , il résulte que , d’après ce calcul aussi, l’an du monde 4320 est précisément la date de l’ère de Saca, quoique au fond cette ère , chez les Indiens , soit une période solaire.

Les Chalias, ou bouddhistes de file de Ceylati, placent aussi l’apparition de Yishnu ou de Salivahana dans l’année 79 de notre ère, ou 4320 après la création de l’homme. Salivahana est le Sala ou le Schilo, c'est-à-dire le Roi- Messie des Indiens, et son nom signille celui qui est porté par la croix . S’il a accompli sa quatre-vingt-quatrième année l’an 78 de notre ère, il suit de là que les prêtres indiens eux-mêmes, dans leur chronologie , ont placé la

naissance du rédempteur promis six ans avant l’époque adoptée par la notre, et que leur chronologie est plus exacte sous ce rapport que la nôtre.

Viera Madvtia demanda un jour, nous racontent les Remuas, à la déesse Cali, que sa puissance durât sans tm. Cali lui répondit qu’il vivrait encore paisible pendant 1 000 ans, et qu’alors un enfant divin, né d’une vierge et fils du grand architecte, viendrait l'an 3 i 0 1 du Cali-Yug, rt le priverait à la fois de son royaume et de la vie. L’enfant divin parut en effet l’an du monde 4181. Nous trouvons

encore chez les Indiens d’autres calculs et d’autres svslèmes

chronologiques; mais le nombre sacré de 4320 est la base et le fond de tous ces divers systèmes, et le résultat en est toujours le même : la naissance du grand Hoi tombe toujours l’an 4184 après le déluge ou l’an 4184 après la création du monde. Et si l’on considère le Cali-Yug, ou le quatrième âge, comme le commencement d’une nouvelle création qui existe encore aujourd’hui, c’est l'an 1080 après Jésus -Christ que s’est accomplie la période sacrée de 4181 ans. Or c’est l'année 1079 de notre ère. où l’équinoxe de printemps tombait le 13 mars, au commencement du jour, que le grand empereur seldjoucide Malec-Schah a choisi pour date de l’ère qui porte son nom. Cette ère, il ne l’a pas datée de la première année de son règne, mais de la septième, où s’accomplissait le Cali-Yug. Et, aidé des lumières des huit astronomes les plus illustres de son temps , il introduisit dans le calendrier une nouvelle forme qui ne le cède guère en perfection au calendrier grégorien.

Il n’est pas moins remarquable qu’à cette même époque les prophètes indiens attendaient avec impatience l’accom-

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plissement des anciennes prophéties relativement au rédempteur. Et de meme que les sages du grand conseil avaient été convoqués par Hérode afin de donner leur avis sur le lieu où devait naître le Messie, ainsi ces sages de Tlndc s’assemblèrent pour déterminer l’époque de l’apparition de celui qui devait fouler aux pieds le serpent ; et ils convinrent unanimement qu’il devait avoir paru déjà dans la personne de cet ancien Buddha ou Chrishna Salivahana dont il était parlé dans leurs livres les plus anciens. Ils réunirent donc les débris de celte antique science astronomique; et prenant leurs Yug pour point de départ de leurs investigations, ils cherchèrent à calculer d’après leur nombre sacré la venue de cet homme-Dieu , que tous leurs mythes rappelaient à l'esprit. Et après bien des combinaisons et des calculs, l’époque de son incarnation revenait toujours à la fin de la période prophétique des 4320 années lunaires, ou 4181 jusqu’à 4191 années solaires. Or comme Notre-Seigneur Jésus-Christ avait paru vraiment à cette époque, et que, dès les premiers siècles du christianisme, les idées chrétiennes avaient pénétré dans l’Inde , et y avaient modifié jusqu’à un certain point les systèmes mythologiques relativement aux incarnations de Vishnu , ils crurent que les peuples de l’Occident avaient emprunté leur Christ aux Indiens, en lui attribuant tous les caractères de Chrishna Buddha; à peu près comme les peuples païens du Nord, qui , trompés par la ressemblance des noms, ne voyaient dans ce Jésus qu’on venait leur prêcher que le Hésus qu’ils adoraient depuis longtemps comme dieu de la guerre.

C’est du xie siècle de notre ère que datent les ouvrages astronomiques les plus célèbres des Indiens. C’est alors

que Varaha et Sotamund, son disciple, recueillirent *b trésors de cette science des nombres , sacrée chez les anciens, et qu'ils lui donnèrent sa forme actuelle. Au reste, ce qui prouve jusqu’à quel point les Indiens tenaient à leur période sacrée, c’est quil s’est élevé parmi eux fe sectes astronomiques. Les uns, en effet, comme le grand astronome Aryabhatta , font commencer au lever du soleil le cycle des Yug ou des âges; les autres le font commencer avec Pulisas à minuit, d’autres enfin à midi, h cette seule différence a suffi pour former trois sectes opposées les unes aux autres. Bien plus , pour avoir toujocn devant les yeux la sainte année de Dieu, les Indien;, d'après un ancien usage , gravaient sur les monnaies le? signes du zodiaque. Plus tard, les brahmanes faîsifièrenî la chronologie, afin de faire coïncider la mort du Bhoji Baja, le grand empereur des Indes, avec Pan 4320 da Cali-Yug, c’est-à-dire l'an 1084 après notre ère, voulant ainsi lui appliquer les prophéties qui annonçaient le grand dominateur du monde, lequel devait paraître à la fin de cette période sacrée. Ainsi, malgré les différences apparentes des systèmes chronologiques, et quoique l’époque des principaux événements de l’histoire soit incertaine, tous néanmoins concourent au même but, et semblent montrer du doigt cette grande année de Dieu qui domine toute la chronologie, et cet événement mémorable qui domine toute l’histoire.

Au reste, les Indiens ont eu quatre Buddha ou quatie incarnations du Vishnu ; et c’est là ce qui complique leur chronologie et ce qui rend les époques incertaines. Le premier Buddha vivait 1080 ans après la création ou 3101 ans avant Jésus- Christ. Il était contemporain et

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gendre de Yudhishtiras, le NToé indien. Le second vivait l’an du monde 2095, et 2100 avant Jésus-Christ, c’està-dirc précisément au milieu de la sainte période de 4181 années solaires ou de 4320 années lunaires. Il était contemporain d’ Abraham. Le troisième apparut sous le nom de Chrishna, l’an du monde 3240, c’est-à-dire trois fois 1080, et l’an 1080 avant Jésus-Christ. Il était contemporain de Salomon. Le quatrième enfin est Salivahana lui-même, celui qui écrase le serpent, et qui a dû naître l’année même de la naissance de Jésus - Christ , c’està-dire dans l’année lunaire 4320 après la création. Et de meme que ces quatre âges ne sont que des reflets de la grande période de la rédemption , ainsi les quatre Avatars ou incarnations, qui marquent la fin de chacun de ces âges, ne sont que les symboles ou les signes précurseurs de Celui qui devait paraître dans la chair, comme Dieu et homme à la fois, à la fin de la sainte période. Ceci nous conduit aux quatre ères de Vicramaditya.

Les brahmes comptent quatre rois du ciel portant ce nom. Le premier est celui de qui cette ère a pris son origine et son nom. Le second, semblable à Salivahana, nous est présenté par la tradition comme une incarnation de Brahma, de Vishnu et de Schiva, par conséquent de la trinité indienne tout entière , et comme l’adversaire de Vicrama. Le troisième Vicramaditva est Bhoia Raja, dont la légende place à dessein le règne 1080 après Jésus-Christ, et l’an 4181 du Cali-Yug. Le quatrième enfin est selon les uns un fils de Bhoia-Raja, et selon d’autres Jaia Chandra ou Prithivira Raja, qui est mort en héros l’an 1192 après Jésus-Christ dans une bataille contre les mahométans. Cette année est l’an 4292 du Cnli-Yug, qui,

LA. VllC Dt N. -S. JKSUS-CHRIST.

d’après le Talmud, était désignée aussi dans les archives des Perses comme Tannée de la rédemption. Et il est remarquable que les Juifs eux -mêmes attendaient leur messie Tan du monde 4292, période qui, réduite en années lunaires, donne 83 jubilés. Or 83 jubilés 1/2 donnent à peu près 4191 années solaires ou 4320 années lunaires. Nous voyons par tout ce qui vient d’être dit que les Indiens, s’appuyant sur une ancienne prophétie , s'accordaient , malgré la différence de leurs systèmes chronologiques, à placer la naissance du Dieu qu'ils attendaient à la fin de la période sacrée de 4 3 20 ans. Buddha forma le dessein de se faire homme 432,000 ans avant de paraître sur la terre; et Ton voit encore reparaître ici le nombre mystérieux de 4320.

Nous lisons dans les Padma-Puranas que Buli, c'est-àdire Bel, qui régnait dans les temps primitifs, et qui est probablement le même personnage qu’Hénoch, pria un jourVishnu, le dieu des dieux, de le tuer de sa propre main, et de l’admettre aussitôt en son paradis. Vishnu lui répond qu’il lui accorde ce qu’il demande; mais qu’il ne peut encore le recevoir dans son. vrai paradis, qu’il le fera entrer toutefois dans un autre, situé sur une Ile blanche du lac Ykshu ; puis, qu’après une année des dieux, c’est-à-dire une période de 4,320,000, il prendrait la forme d’un sanglier, renouvellerait le monde, et lui ouvrirait enfin son paradis. Les Indiens placent encore le jugement dernier, la fin des temps, la dissolution de l’univers, qui doit avoir lieu parle feu selon les uns, et selon les autres par l’eau, après une période de 4320 millions d’années , tant ce nombre prophétique et symbolique à la fois est sacré pour eux.

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