ATTENTE DU VERBE
de l’homme et au jugement qui la suivit dans le paradis terrestre. Le second jour embrasse l’histoire des premiers hommes jusqu’au jugement dont le déluge fut l’accomplissement. Le troisième embrasse tout le temps qui sest écoulé depuis le déluge jusqu’au jugement bien plus terrible et plus mystérieux encore qui s'accomplit sur le Calvaire dans la personne même de l’Homme-Dieu ; de sorte que nous vivons au milieu des temps, dans le quatrième jour de l’histoire. Et comme, d’un autre côté, les sept planètes de notre système solaire n’étaient pour les anciens que le symbole matériel de ces diverses époques, ilsexpri-
nièrent d'une manière prophétique ce mystère en donnant les noms des planètes aux jours de la semaine ordinaire, comme nous le voyons déjà chez les Babyloniens et les Égyptiens. En effet , le quatrième jour de notre semaine était consacré à Hermès, qui, chez les Égyptiens, était l'image du Verbe divin manifesté dans la chair. Son nom dérive du verbe erô , ermènenô , parler, et exprime bien la fonction du Messie, qui devait apporter sur la terre la révélation divine. Et cet Hermès, nous le retrouvons dans Mercure ou dans Asclépias, le dieu de la santé, portant le caducée comme symbole de la victoire sur le serpent. Nous le retrouvons encore dans Syrius Anubis ou dans le Nebo des Chaldéens , qui dans les constellations du firma- ! meut est placé comme un chien prêt au combat, en face * du serpent flamboyant, et qui, à l'époque où est né Notre- Seigneur, accomplissant sa troisième période, remontait I de nouveau vers l’orient et annonçait le quatrième âge du inonde.
Hermès, qui préside aux arts et aux inventions de toute sorte, et dont le nom, d’après Zoëga, savant danois, signifie
Digitizsd
LA YIE DE N. -S. JÉSVS-CUKlbT.
Père de la sagesse ; Hermès est leSoth ou le Toth des Égyptiens, le Taut ou T&autès des Phéniciens, ou le Teut des peuples du Nord. C’est celui qui le premier apporta icibas les révélations divines, et qui les rendit sensibles dans les lettres du langage humain. Aussi était- il honoré par tous les peuples comme l’inventeur de l’écriture. Semblable au Buddha des Indiens, à l’Odin des Scandinaves , à qui était aussi consacré le quatrième jour de la semaine, Hermès n’est que le Logos ou le Verbe personnifié, le docteur de la vérité, le législateur de tous les temps, celui qui conduit les âmes au ciel et qui juge les morts. C’est l’intelligence créatrice, donnant aux Babyloniens et aux Égyptiens leurs livres hermétiques, oie sont contenues la théogonie et la cosmogonie de ces peuples, et qui, selon Bérose (p. 83), annoncent que le monde finira par le feu, lorsque toutes les étoiles se montreront dans le signe du Cancer. Il règne dans l’empire des morts. 11 porte à la main le calice des grâces, et quiconque a bu de ce calice n’a plus de désirs ni pour le temps ni pour l’éternité. Quiconque suit sa lumière marche en plein jour, et celui qui regarde son miroir aperçoit en lui toutes les substances et toutes les créatures. C’est Anubis ou Cneph, l’esprit de la lumière et de la vérité chez les Égyptiens. C’est lui qui a tracé d’avance, dans les étoiles du firmament, le cours de la nature et des destins du monde. C’est lui qui donne la fertilité atix champs et distribue le pain aux mortels. Et comme il est la sagesse incarnée, on lui consacre dans les sacrifices la langue des victimes, comme symbole de la parole. Or, de meme que le quatrième jour de la semaine lui était dédié, ainsi le Christ, dont il était le sy mbole, a paru au milieu des temps, c’est-à-dire au quatrième jour de l’his-
ATTESTE DU VERliE.
toire du monde. Mais Moïse, chez les Hébreux, est, d’une manière bien plus parfaite encore , la figure du Messie: Moïse , que Dieu a chargé de conduire son peuple à travers le désert; Moïse, qui, frappant le rocher de sa baguette, en fit jaillir une eau vive ; Moïse , le véritable Esculape et le Mercure céleste, dont la baguette toujours fleurie guérissait les blessures faites par les serpents enflammés.
Tel est le fondement de la chronologie de l’histoire universelle chez les anciens. Nous vivons dans le quatrième Age du monde; mais l’ensemble de cette grande semaine de l’histoire ne nous apparaîtra qu’à la fin des temps. Le calcul du temps était autrefois une partie essentielle de la religion. Cette fonction, confiée exclusivement aux prêtres, était d’une telle importance, qu’en Chine, par exemple, chaque nouvelle période était annoncée par l’enlpereur
lui-même. C’était aux prêtres qu’était confié le mystère sacré des nombres, et avec ce mystère la clef qui leur servait à ouvrir, en quelque sorte, l’avenir, pour y lire l’époqué ou devait paraître le rédempteur promis. Le cours de leurs cycles prophétiques leur indiquait l’époque où le diviii médiateur devait descendre sur la terre. Aussi tenaient-ils à ces cycles sacrés comme les Juifs tenaient à leurs généalogies. Tous les systèmes chronologiques de l’antiquité ne sont que les reflets de cette sainte période , que le monde entier attendait avec anxiété. Mais pour bien se reconnaître dans leurs calculs, il ne faut pas oublier qu’ils comptaient le temps par années lunaires. L’année lunaire, en effet, est l’année ecclésiastique et sacerdotale de l’antiquité, et c’est d’après elle aussi que l’Église a ordonné ses fêtes*