CHRONOLOGIE DES ÉTRUSQUES
de Censorin, s'accomplissait la troisième grande période des Perses de 1440 années solaires, ou Tannée de Dieu 4320. Or 1440 et 4320 années solaires sont égales à 1460 et 3180 années de 3G0 jours, comme les comptaient les
anciens. Ainsi, Tannée 138 après Jésus-Christ coïncide avec la fin du troisième cycle caniculaire de 4380 ans adopté par les Égyptiens. D'un autre côté, la tin de la période sacrée de 4320 ans tombe dans Tannée 78 après Jésus-Christ, qui est précisément celle où finit Tère indienne de Salivahana.
La semaine des Étrusques, composée de huit jours, était un reflet de la grande et sainte semaine de la rédemption. Chaque huitième jour, le roi, représentant visible de la Divinité, paraissait publiquement comme juge; et le
huitième jour, nommé chez les Romains nundinœ , c’est-
il- dire le neuvième jour, était en même temps le jour de marché, et celui où s’arrangeaient toutes les affaires. Or, d’après Solin (ch. 36), huit périodes de Phénix de 640 années lunaires donnent la grande semaine jubilaire de la rédemption de 4320 ans, à la fin de laquelle le souverain juge était attendu sur la terre. Et Juvénal déclare en effet, dans sa treizième satire, que le huitième
ûge du monde, nommé i’àge de fer, était déjà écoulé, et que le neuvième avait commencé.
L’année étrusque, de 10 mois ou 304 jours, était composée de deu* fois le nombre d'or 19 ou de 38 nundinœ , et leur siècle se composait de 110 années solaires, ou 22 lustres; de sorte que Tannée était un reflet de Cette sainte période. En effet, 38 de ces semaines séculaires ou de ces siècles donnaient 4180 ans. Or chacun de ces siècles, considéré comme une semaine, cl partagé comme celle-ci en
huit parties, dormait pour chacune 3022,03 jours ; desoi te que chaque jour de cette semaine séculaire nfétait encore qu’un reflet de cette année prophétique de la rédemption. Car 5022,05 années cycliques ou de £ d’années ordinaires fout 4180 années solaires.
Cette grande période de 540 années lunaires , ou de 7000 révolutions tropiques, que Chaeremon et Strabon (17) considèrent comme 7000 années, était déplus une image de la durée du monde, qui devait comprendre 7000 ans. Mais outre celte période les Étrusques en reconnaissaient une autre de 8 fois 8 fois 8 ou de o 1 2 ans. Et Hérodote attribue aux anciens une année de Phénix de 300 ans, qui n’est que le jubilé juif de 49 années solaires, ou de 30 1/2 années lunaires, pris dix fois. Or cette période est égale à la période d’ Apis des Égyptiens, répétée vingt fois. « Une semaine de huit jours, disaient-ils, a été donnée à « la race humaine qui vit maintenant sur la terre; et « après chaque jour de celte semaine, un nouveau peuple « reçoit le sceptre du monde. » Vers le temps de Marius, les prêtres étrusques déclarèrent que le jour de leur nation touchait à sa fin; et qu’une nouvelle époque allait commencer. Or Marius fut consul pour la première fois l'an de Rome 047, juste 100 ans avant la naissance de Jésus- Chrisl; et depuis la création jusqu'à celle époque, huit semaines de Phénix, ou 409G ans s’étalent réellement écoulées. Aussi le peuple étrusque succomba à sa destinée.
Mais cette prophétie avait encore une autre signification. Chaque jour de cette semaine mystérieuse comprenait huit siècles étrusques, ou 880 ans. Huit jours, par conséquent, ou 7000 ans, composaient celle semaine, qui.
( HRONOLCH.IE DLS ÉTRUSQUES.
dans l’opinion des peuples de l’antiquité, avait été accordée à la terre, et devait finir avec le sabbat ou le règne de 1000 ans. Mais chaque prophétie aune triple signification, je dirais presque une triple perspective : l’une plus rapprochée, l’autre qui se perd dans le lointain , et une troisième qui est comme intermédiaire. Cette prophétie des Étrusques , relativement à la grande semaine du monde, indiquait donc la grande cre jubilaire de la rédemption, composée de huit périodes de 340 ans chacune, et se terminant à l’année 4320. Or ces années font, comme nous l’avons dit, environ i 1 80 années solaires : et c’est juste le nombre d’années qui, au dire des prêtres indiens, s’était écoulé l'an 62 avant Jésus-Christ, en même temps que 1ère de Vicramadilya.
Ainsi, d’après la mythologie et la chronologie des Égyptiens, la troisième époque caniculaire finissait l’an du monde 4380, l’an 891 de Home et 138 après Jésus-Christ; de sorte que les 4180 années solaires des Étrusques nous conduisent à l’an de Rome 691. Or voici ce qui arriva dans cette ville cette année même, le 23 septembre, sous le consulat de Cicéron et d’Antoine. Le sénat s’était assemblé pour délibérer sur les dangers qui menaçaient la république. Caius Octave, père d’Auguste, qui fut plus tard empereur, étant entré plus tard que de coutume, donna pour excuse que sa femme venait de mettre au monde un (ils. Parmi les sénateurs se trouvait Nigidius Figulus, pythagoricien et initié à la science des Chaldéens et des Thusciens, qui, au rapport de Lydus, dans son traité des tremblements de terre, avait exposé de bouche et en prose les oracles de Tagès, composés originairement en vers. Ce Nigidius était un intime ami de Cicéron : il était con-
sidéré par ses contemporains comme un prophète, iuitiéà tous les îuystèresde la science sacrée. U avait aussi la réputation d’un mathématicien et d’un astronome consommé, et le peuple le regardait comme un magicien. 11 se leva donc au milieu du sénat; puis d’une voix inspirée, s’adressant à Octave devant toute l’assemblée, il lui dit : « Eh bien! « tu viens donc d’avoir un üls, qui doit être notre maître « et notre roi à tous.» Là-dessus un grand tumulte s’éleva dans l’assemblée, d’autant plus que depuis quelques mois déjà un bruit sourd circulait dans la ville, annonçant que la nature allait bientôt enfanter le roi que la sibylle avait annoncé dans ses prophéties. Pour conjurer ce malheur, quelques sénateurs proposèrent une mesure semblable à celle que prit Hérode dans le massacre des innocents. Mais cette proposition fut rejetée par l’influence des sénateurs qui se trouvaient dans la même position qu'Octave , et qui pouvaient par conséquent espérer que ces prophéties se rapportaient à l’enfant qu’ils venaient d’avoir. (Suétone, Vie d'Auguste, c. 94. — Dion Cassius, lit. 45. — Joh. Freinsliemii Siqyplem. Livian., lib. 67, in ioco libri 102, cap. 89.) Ceci s’accorde parfaitement avec ce que nous dit Servius (Virgile, Egl.f 9,47) de la prophétie que fit Vulcatius, aruspice étrusque, pendant les jeux qu’ Auguste célébra en l'honneur de César. Vulcatius, eu effet, annonça qu’en ce moment l’étoile de César se levait et qu’un nouvel âge avait commencé.
Auguste fut donc salué le premier à Rome comme le sauveur promis depuis longtemps au monde, pendant que. d’un autre côté et à la même époque, Marc -Antoine était reçu des Égyptiens comme une nouvelle apparition de leur dieu Osiris. Bientôt après Auguste était encensé par Ho-