CHRONOLOGIE DES ÉTRUSQUES
race comme le sauveur du monde; on lui dressait des temples, on lui immolait des victimes. Ce mensonge continua longtemps encore après lui dans l’apothéose de ses successeurs; et les Césars devinrent pour le monde romain ce que furent pour les Juifs leurs faux messies, une calamité et une malédiction. Ceci arriva dans le meme temps à peu près que le sage Néhémie déclara en présence du sanhédrin qu’un jubilé plein ne se passerait pas avant que le Rédempteur fût venu. En etlèt, cette prophétie contenue dans les livres de la sibylle, que Nigidius essayait d’interpréter devant le sénat, s’adressait à Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et si les Indiens commençaient l’an CO ou 36 ans avant lui 1ère de Vicramaditya, qui était pour eux ce qu’était Auguste pour les Romains, c’est qu’ils se trompaient aussi bien que les Romains dans la manière dont ils entendaient les 4320 ou 4180 années de la période sacrée.
Les Romains avaient encore dans leur lustre de cinq ans un autre reflet, et comme une miniature de cette période prophétique. En effet, d’après le témoignage irrécusable de Censorin, l’année romaine se composait de dix mois ou 304 jours, et le lustre comprenait par conséquent cinquante mois; de sorte que celui-ci n’était qu’un reflet de la période jubilaire de 49 années solaires, ou de 50 années lunaires, établie chez les Juifs par Dieu lui-même. Il en était ainsi relativement de la période d’Apis des Égyptiens, composée de 23 ans, après lesquels la Divinité devait reparaître chaque fois dans la chair. Le lustre était pour les Romains ce qu’était pour les Grecs leur olympiade, et pour les Égyptiens leur petit cycle sothiaque de 4 ans, avec ses 49 mois solaires, ou sept fois sept pleines
3 I G l.A VIF. DF. N. -S. JÊSl'S-CHMëT.
lunes ; de même que la période qui nous sert à mettre en rapport le cours du soleil et celui de la lune par une intercalation tous les quatre ans ou tous les 1461 jours (car 365 J **, X 4 = 1461) nous offre une image du cycle caniculaire des Égyptiens également composé de quatre ans. Six de ces années cycliques, de 304 jours chacune, sont à un jour près égales à 3 années de Nabonassar, et 60 mois synodiques comprennent 1771 jours. Si l’on considère ces 1771 jours comme une semaine étrusque, et qu’on la divise en huit parties, chacune d’elles donne 22 ! jours. Or le cycle lunaire de 19 années solaires dont se servaient aussi les Hyperboréens pour calculer la venue du dieu qu’ils attendaient, s’est accompli 221 fois jusqu’à la fio de la grande période de 4320 années lunaires.