‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 586 sur 589 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Du Taureau et du Bélier dans l’antiquité, et du signe des Poissons au commencement du notre époque.

Le firmament nous annonce que nous sommes nousmômes à une grande époque ; et je m’étonne qu’aucun astronome n’ait fait encore cette observation. Si la terre a 6000 ans, ceci suppose qu’au commencement de sa rotation autour du soleil celui-ci était dans le signe des

gémeaux. En effet, d'après cette loi que le colore des équinoxes, qui 2470 ans avant Jésus -Christ quittait le Taureau, avait mis 2150 ans à s’avancer d’un signe, le soleil devait être dans le signe des gémeaux 4620 ans avant Jésus- Christ, c'est-à-dire 430 ans avant Tannée 4190; mais aucun souvenir historique ne remonte jusquelà. Le Zend-Avesta toutefois nous donne sur cette première époque de Thistoire des notions intéressantes. ï! fait commencer la création avec le signe du Taureau , parce que c'est sous ce signe qu'a commencé, 50 ans après le déluge, le printemps de l'année universelle. C'est l’époque où le paganisme a pris naissance, lorsque les premières familles du genre humain, réunies dans les plaines de Sennahar, bâtirent celte tour fameuse composée de sept étages, représentant les sept planètes, et portant à son sommet le temple de Bel, créateur du ciel et de la terre. Hérodote nous apprend que de son temps une vierge seule pouvait passer la nuit comme prêtresse dans le temple de ce dieu, tant les hommes de celle époque portaient déjà profondément empreinte en leur cœur la promesse faite à nos premiers parents que d’une vierge bénie de Dieu naîtrait le Rédempteur du monde.

C’est dans cet esprit que les fils de Sem et de Japhet avaient pris part à cette œuvre gigantesque. Mais les fils de Chain avaient bien d'autres vues, ils confondirent le Créateur avec l’astre qu’il avait placé au firmament pour éclairer la terre ; et comme le soleil ouvrait la nouvelle année en entrant dans le signe du Taureau , il apparut à leur imagination sous la forme de cet animal. Depuis ce temps, le soleil du printemps, le principe universel de la fécondité, est représenté par un taureau dont la queue se

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termine à cause de cela par une gerbe d’épis. C'est lui qui ouvre les temps; et c’est de là que vienneut les sacrifices bachiques où Ton immolait un taureau , de même que les combats de taureaux qui se célébraient chaque année aux fêtes d'Eleusis. Mais ce dieu, image du soleil, avait aussi son représentant sur la terre dans la personne des rois qui gouvernaient les peuples. Les Chamites placèrent donc sur la tête de leurs Pharaons la couronne ou le nimbe de la divinité, et firent de Babel, c’est-à-dire de la tour de Bel, une forteresse contre leurs frères. Nernrod, issu de Cham, premier né de Noé, avait, en cette qualité de représentant du soleil, établi sa demeure sur le sommet de cette tour, et pris pour son palais le temple qu’elle portait. Aux sept élages de la tour, semblables aux sept chambres des pyramides, dont chacuue portait le nom d’une planète, correspondaient autant de castes, dont chacune dominait sur celle qui était placée immédiatement au-dessous d’elle. De cette sorte chacune régnait et servait à la fois, à l’exception de la plus élevée, qui commandait à toutes les autres. Cette constitution de l’État devint, au rapport du même Hérodote, la forme normale de l’empire assyrio-babvlonien , où les différents peuples, entrant toujours successivement dans un cercle plus restreint, dominaient ceux qui les avaieut précédés, et servaient tous en même temps le peuple central et souverain. Aussi les rabbins disaient que les Babyloniens avaient voulu escalader le ciel , et en arracher Dieu , puisqu’ils s’étalent emparés du sommet de la tour, et qu’ils s’y élaieut établis. Les fils de Cham voulurent soutenir et garder leur droit de primogénilure, en s'attribuant ce qui concerne le culte de Dieu et la domination sur leurs

frères. Bien plus, ils voulurent s’assujettir ceux-ci et vi\r@ de leur travail, oubliant la malédiction que Noé, leur père, avait prononcée contre eux.

Ce premier obscurcissement de la révélation amena bientôt une extase formelle dans la nature , pendant laquelle, comme pendant un songe , se déroula cette longue série d’images et de symboles mythologiques, dont se berça l’humanité. Les idées une fois altérées , le langage qui les exprime ne tarda pas à se corrompre. De là cette confusion des langues qui sépara l’humanilé en autant de peuples qu’il y avait de systèmes mythologiques différents. Les diverses familles ne s’entendaient plus, parce qu’elles avaient perdu cet amour mutuel et cette unité spirituelle qui rapproche les hommes entre eux. Ceux-ci, ayant en quelque sorte perdu leur centre de gravité , furent dispersés sur toute la terre ; et l’œuvre gigantesque par laquelle ils avaient voulu se faire un nom devint le monument de leur humiliation et de leur décadence. Dieu , qui, selon la sainte Écriture (Genèse, iv, 20), avait été d'abord honoré sans nom, reçut des noms divers, selon le caractère de chaque nation. L’Éternel fut considéré comme le dieu de l’année ou le soleil; et parce que celui-ci entrait alors dans le signe du Taureau, il fut représenté sous cette image. On peut conclure de là que l’origine du paganisme , la confusion des langues et la séparation des peuples ne remontent pas au delà de l’an 2i70 avant Jésus- Christ.

Toute mythologie, si on la considère dans sa base naturelle, repose plus ou moins sur l'observation du ciel et du temps, sur la succession des saisons et des années , sur les rapports du soleil avec les planètes. Le cours du soleil à

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travers les différents signes du zodiaque, son lever, son coucher fournissent des rapports généthliaques, spirituels et moraux. L’écriture, chez les plus anciens peuples, sc compose de caractères runniques ou d'hiéroglyphes symboliques , qui , interprétés diversement par les prêtres, produisirent celte variété infinie d’histoires attribuées aux dieux. C’est pour cela que Mithras , la puissance créatrice du soleil , est représenté dans les anciens monuments assis sur un taureau. C’est pour cela qu’on l’immolait sous la forme du taureau Abudad, symbole du soleil, qui chaque année dans l’hiver semble descendre dans la nuit de la tombe. C’est pour cela que chez les Egyptiens le dieu s’incarne dans le taureau Apis. Mais comme tous les 25 ans s’accomplit une période solaire, le dieu est après chacune de ces périodes engendré de nouveau ; et son nom seul indique déjà qu’il est le père de toute la nature , qui reçoit de lui sa fécondité. Boswa et Darmada jouent chez les Indiens le même rôle que Mithras chez les Chaldéens et les Perses*

C’est pour cela aussi que les Israélites demandaient à Aurou qu’il leur permit d’adorer Jéhovah sous l’image d’un jeune taureau. Leur penchant à employer des symboles matériels était si fort, que sous leurs rois encore ils l’adoraient comme dieu de l’année à Dan et a Bethel sous cette forme. Et cette malheureuse disposition ne se perdit chez eux qu’après leur exila Babylone. Encore aujourd’hui les Perses, quand ils comptent les signes du zodiaque, désignent le Taureau par la lettre A. Cette lettre, la première de l’alphabet, a chez les Hébreux et les Phéniciens la figure d’une tête de taureau. Dans la langue allemande le mot radical «r, taureau , sert à expri-

ir

mer en général les rapports de principes ou d'origine. Les montagnes les plus hautes, telles que les Alpes, de même que les principaux fleuves, comme l'Alphée, sont représentés sous celte image; et l’Océan, père des dieu* et des hommes, est appelé par Euripide dans Oreste Tau rokranos. Ainsi, dans la mythologie gréco-romaine Jupiter s’approche sous la forme d’un taureau d'Europe ou de la terre, qui pour cela, chez presque tous les peuples, est représentée par une génisse; et c'est sous cette forme qu’elle apparut à Pharaon dans son songe. L'époque mythologique est si fortement empreinte de cette symbolique mystérieuse que la fondation de Home et de presque toutes les villes importantes de l’antiquité, telles que Memphis, Mycènes, Thèbes, Athènes, etc., est célébrée dans le signe du Taureau , le 2 1 avril , et que sou nom a été donné à des contrées entières, comme la Bcotie et l’Ilalie.

Le temps approchait où le héros du ciel, le soleil, sous le nom d’ Hercule ou de Thésée, allait, parcourant k terre, bannir le taureau sauvage, e’est-à dire abolir le culte sanglant de Molocb. Car, par suite de la précession des équinoxes, le soleil, après 2000 ans, passa dans un autre signe du zodiaque, dans celui du Bélier : et les héros du dieu partirent pour aller chercher la toison d’or. De même qu’auparavaut Pasiphaé avait attiré le taureau de Crète ? ainsi Luna, cette fille de la lune et des planètes, attire et séduit le Pan d’Arcadie, cacbé sous la forme d’un bélier. Là le soleil engendre dans le Taureau , ici dans le Bélier. Désormais celui-ci, remplaçant le taureau, devieut le symbole des conquérants et des guerriers , non - seulement chez les Perses et les autres peuples de l’Orient, mais

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encore chez les Macédoniens et les nations occidentales. C'est alors que les princes apparaissent comme image de Dieu; et même chez les Indiens le monarque s’appelle simplement deva, dieu. C’est ainsi que le schah d'Iran est le représentant d’Ormuzd et le dieu de la terre, et que les Sassanidcs portaient sur les monnaies et dans les inscriptions le nom de Dieu. L’empereur de la Chine s’appelle le tils du ciel, et le Dalai-Lama au Tibet est considéré comme une incarnation de Buddha. La corne est dans toutes les langues le symbole de l’abondance et de la puissance à la fois. C’est ainsi qu’elle nous apparaît dans le langage prophétique do Daniel et de saint Jean, et sur le front de Moïse lui -même.

Le Bélier est en même temps et la représentation de la Divinité et la victime expiatoire dans les sacrifices; et déjà dans celui d’ Abraham sur le mont Moria il remplaçait le tils de ce patriarche. Le mythe égyptien raconte, à propos de ce changement des signes, qu’Hercule désira un jour de contempler la Divinité. Jupiter refusa au héros cette faveur : mais enün , vaincu par ses instances, il prit la tête et la toison d’un bélier /et lui apparut ainsi. C’est depuis ce temps que les Égyptiens représentent leur Jupiler-Ammon avec une tête de bélier; que sa statue porte les cornes et la toison de cet animal, et que chaque année on immole un bélier en son honneur.

L’Égypte comptait, à proprement parler, trois taureaux sacrés. Le premier était Apis ou Épaphus, à Memphis, qui avait le triangle blanc sur le front et le croissant à la main droite. Le second était le taureau noir honoré sous le nom de Mnevis à Héliopoiis, ou la ville de Mithrn , oïi Notre- Soigneur Jésus -Christ vécut deux années pou-

ciant son enfance. Le troisième était le taureau noir hérissé, de Thèbes, appelé Onuphis, dont la tête, d'après les bas-reliefs de Medinatabu , porte le disque du soleil. Mais lorsque, peu de temps avant Alexandre le Grand, qui se croyait lui-même une incarnation d'Ammon, le bélier divin parait sur la scène, le mythe représente le taureau Apophis poursuivant, sous le nom de Typhon, Jupiter aux cornes de bélier. C’est par suite de la même idée que Plutarque, dans la Vie de Thésée, nous représente la victime se changeant en bouc dans les mains du héros.

Les anciens Germains attachaient à leur héros Siegfrid, portant les cornes sur sa tète, les mêmes idées que les Égyptiens à leur dieu Ammon. Et dans le combat qu'il livre avec ses douze compagnons pour enlever le trésor des Nibelungen, combat où tous les guerriers périssent, on reconnaît le voyage des Argonautes partant pour aller chercher la toison d’or. Le taureau est le svmbole de cette époque terrible , marquée par la prédominance des fiîs de Cham et par le culte sauvage de Baal ou Moloch, à qui l’on immolait des enfants; il est le symbole affreux de Chronos ou Saturne dévorant ses propres enfants, c’est-àdire les jours, à l’exception seulement du jeune Horus, le fils de la nouvelle époque, qui naît le 25 décembre, au commencement de l’année. Le bélier, au contraire , symbole de Jupiter, caractérise Page héroïque de Japhet avec les apothéoses de ses héros. Enfin , lorsque le soleil passa dans le signe des Poissons, un élément inconnu apparut dans le monde. Le nouveau Melchisedcch, le Christ, rétablit le royaume de la paix sur la terre. Mais ce dernier principe ne pouvait triompher qu’après avoir vaincu Tan-

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cien; c’est pour cela que l’Homme- Dieu, dont les premiers chrétiens exprimaient le nom sacré sous le symbole mystérieux du mot grec IXQïl, poisson , à cause du signe sous lequel il était né , dut porter nos péchés sur la croix , et mourir pour nous comme agneau de la nouvelle alliance, après avoir été immolé déjà pour nous d’une manière symbolique dans les sacrifices de l'Ancien Testament.

L’histoire raconte de Cambyse qu’après avoir conquis Memphis, il tua le taureau Apis dans son temple. 11 voulait exprimer par là qu’une nouvelle époque et un nouveau culte allaient commencer. Le bélier était le symbole du royaume des Perses : c’est pour cela qu’ils célébraient sa fête au temps où le soleil entre dans l’équinoxe de printemps, de môme que les Indiens célébraient leur fête de Huli lorsque le soleil passait par le signe du Bélier. Dans la loi de Moïse elle-même, un agneau était immolé, d’après l’ordre de Dieu, tous les ans au printemps, et tous les jours dans les sacrifices, comme symbole du Sauveur, soleil de justice , qui devait nous racheter et ouvrir une nouvelle époque.

320 ans avant Jésus-Christ, le point de l’équinoxe du printemps tombait entre le Bélier et les Poissons. Le 4e signe où le soleil est entré depuis la création est donc celui des Poissons. C’était le symbole du peuple de Dieu ; et c’est sous ce signe que l’antiquité tout entière attendait la venue du Sauveur du monde. Aussi Jésus -Christ naquit sous la grande constellation de presque toutes les planètes dans le signe des Poissons. Or si nous comptons la précession des signes dans le cours de chaque douzième mois d’une grande année des étoiles fixes de 25920 ans,

LA ME DE N. -S* JÊSUS-C.flRïST.

c’est précisément de nos jours, de \ 830 à \ 840, que l'équinoxe s’est trouvé entre les Poissons et le Verseau. Une nouvelle époque a donc commencé de nos jours pour le monde chrétien sous le signe céleste de son Rédempteur ; et une nouvelle époque commencera avec un nouveau signe, l’an 4000 après Jésus-Christ.

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