LA RENCONTRE DANS LE TEMPLE
couvraient toujours la tête. Ceci se rapporte évidemment an fait dont il est question dans ce chapitre.
Or voici que Joseph et Marie s’avancent au milieu du peuple qui se tenait derrière les chaires des docteurs et les sièges de leurs disciples. C’était le troisième jour après la Pâque : c’est pour cela que Marie dit à Jésus : « Mon fils, « qu’avez-vous fait? Votre père et moi nous vous avons « cherché avec beaucoup de peine. Mais il leur répondit : a Ne savez-vous pas que je dois être dans la maison de a mon Père ? » Puis l’évangéliste continue : « 11 sortit « avec eux, et leur fut soumis pendant toute sa jeunesse; « et il croissait en âge et en sagesse. » Il retourna donc à Nazareth, et accomplit ainsi la parole du prophète que la tradition orale nous a conservée : a II sera appelé « Nazaréen. » 11 y vécut encore 19 ans, jusqu’au commencement de sa vie publique, et ne revint plus en Judée pendant tout ce temps. Car lorsqu’il apparut de nouveau à Jérusalem, après son baptême, la manière imposante dont il purifia le temple prouve qu’il se montrait pour la première fois, après un long éloignement, dans la maison de son Père. Et ceci n’est point simplement une réponse négative contre ceux qui prétendent que Jésus -Christ, allant trois fois par an à Jérusalem, pour les solennités prescrites par la loi, avait eu l’occasion d’y fréquenter des hommes distingués et d’y échanger avec eux ses idées, et que c’était ainsi qu’il avait acquis peu à peu la persuasion que Dieu l’avait choisi comme le Messie promis. Le récit évangélique suffit pour nous convaincre que Jésus ne vint point à Jérusalem entre ce premier voyage, fait à l’âge de douze ans, et celui où il chassa les vendeurs du temple. Au reste, comme législateur suprême, il était au-dessus
de la loi qui commandait ces pèlerinages à Jérusalem. Si les évangélistes ne nous ont rien dit de toute cette époque de sa vie, ce n'est pas qu’ils n’en aient rien su; mais c’est uniquement parce que, pendant tout ce temps, il ne s’est rien passé de particulier dans la vie de Jésus, si ce n’est qu’il était souvent en extase en priant devant son Père céleste, comme nous l’indique saint Marc, ch. ut, v. 21.