‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 65 sur 589 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

La Rencontre dans le temple.

Nous avons nommé dans le chapitre précédent les plus remarquables d’entre les grands prêtres de cette époque. Ils tenaient leurs séances dans la partie du temple située vers l’orient, sous la porte de Nicanor, à l’entrée du vestibule des Juifs. Du même côté de la montagne sur laquelle s’élevait le temple, mais à la porte extérieure, à l’entrée du vestibule des païens, se tenait, dans une autre salle, rassemblée des docteurs de la loi ou des juges d’Israël. Cette salle s’appelait Susan, ainsi que la porte orientale, parce que la ville païenne de Suse y avait été représentée en bas-relief, comme souvenir de l’exil.

Dans l’intérieur du temple, près de l’atrium des femmes, se trouvait la grande école de la synagogue, où les membres du sanhédrin donnaient leurs leçons, particulièrement les jours de sabbat et de fête, devant une grande multitude d’auditeurs, et distribuaient l’enseignement au peuple. Il y avait là, depuis le temps de Gamaliel, 300 sièges pour les disciples des sages, sans compter ceux qui se tenaient debout derrière. Jusqu’à Jésus -Christ, les pères seuls, ou les maîtres, étaient assis : les disciples se tenaient debout, ou étaient assis par terre aux pieds des docteurs, comme saint Paul le raconte de lui-même. Cependant Jésus s’étant montré, dans la connaissance de la loi, supérieur aux docteurs et aux pharisiens, on lui présenta par honneur un siège au milieu d’eux , pour qu’il pût résoudre les questions qu’on lui proposait, ou en pro-

poser d’autres lui-même. « Ils le trouvèrent assis au milieu « des docteurs. » En effet, ceux qui n’avaient pas ce titre pouvaient quelquefois, pour certains motifs, s’asseoir sur les sièges réservés aux docteurs : il n’y avait d’exception absolue, sous ce rapport, que pour les femmes, a Et voici « que tous ceux qui le voyaient s’étonnaient, et ceux qui « l’entendaient admiraient la sagesse de ses paroles. » Car son visage était illuminé par l’éclat de sa divinité, et de sa bouche adorable coulaient à grands flots des paroles pleines d’onction. Tel est l’effet que produisit le Verbe incarné, à l’àge de douze ans , lorsqu’il parut pour la première fois parmi les hommes.

L’historien Josèphe nous offre un exemple analogue d’une sagesse précoce, s’il est permis de mettre en comparaison un homme avec un Dieu. Il nous raconte luimême, dans sa Vie, qu’étant à peine âgé de 14 ans, il reçut la visite des prêtres et des chefs de la ville, qui vinrent lui proposer des questions sur les mystères et le vrai sens de la loi. Il en fut de même de R. Èliezer ben Azaria, qui descendait d’Esdras à la dixième génération , et qui, à l’àge de seize ans, fut tiré par acclamation de la foule des auditeurs, et élevé à la chaire suprême. El deux siècles plus tard R. Aschil, le premier rédacteur du Talmud de Babylone, parvint à la même dignité dans sa quatorzième année. Nous ne citons ici ces exemples que parce qu’ils nous indiquent d’une certaine manière ce qui arriva lorsque Jésus, âgé de douze ans, enseigna dans le temple. Dans un vieux livre juif intitulé V Histoire du crucifié, on lit que l’enfant Jésus se présenta la tête découverte dans le temple devant l’assemblée des Septante, et que Hillel et Schammée le lui reprochèrent, parce que les Juifs se

Page 1