‹ La vie de N.-S. Jésus-Christ (volume 2)Chapitre 88 sur 589 · CAPHARNAÜM · texte numérisé non relu

CAPHARNAÜM

« lumière s'est levée pour ceux qui étaient assis dans la a région et l’ombre de la mort. » ( Matthieu , iv; Jean , n. ) L'évangéliste dit que Jésus descendit : c’est que Capharnaüm était à 1350 pieds plus bas que Nazareth , dont elle n était séparée que par une petite journée de marche. La pente, on le voit, était assez considérable. Capharnaüm, ville maritime aux confins de Zabulon et de Nephthali , mais appartenant probablement à la première de ces tribus, s’appelait d’un nom qui signifie beau village ou, d'après saint Jérôme , village abondant en fruits . Les rabbins écrivent Capharnachum , c’est-à-dire village de la ronsolation. La ville était située près d’une rivière du même nom, qui, d’après une légende du pays, prenait par des conduits souterrains sa source du Nil, dont elle n’était qu’un bras.

La ville était au milieu de la contrée délicieuse de Gennésar, dont le nom signifie jardin d'abondance , et près du lac de Gennésareth, qui anciennement s’appelait Ciunereth ou Harpe, à cause de sa forme. Les Romains des légions de Titus, qui, à leur retour de la guerre de Judée, établirent leurs quartiers dans l’Helvétie, comparaient ce lac à celui de Neuenburg. Capharnaüm n’était qu’à 10 milles de Nazareth, au milieu d’un pays ravissant, de 30 stades à peu près de longueur, et de 20 stades de largeur. Aussi les Juifs donnaient le nom de Porte du paradis à la ville de Bethsan, c’est-à-dire ville de repos, l’ancienne Scythopolis, au sud du lac de Gennésareth. On respirait l’air le plus pur en ces lieux. La vigne s’y mariait avec le figuier pendant dix mois de l’année sans interruption, et étendait ses rameaux chargés de fruits jusqu’à une hauteur de trente pieds, cou-

vrant les maisons de son feuillage et ployant sous le poids des raisins, qui atleignaient quelquefois jusqu’à douze livres; car les vignes de la Palestine ne le cèdent à aucune autre, ni pour la grosseur, ni pour la quantité des fruits, dont les grains atteignent souvent le volume des prunes. Les figues et les fruits les plus délicieux se cueillaient pendant toute l’année sous ce climat bienfaisant ; et les produits de Gennésareth passaient pour les meilleurs sur le marché de Jérusalem, où des tentes étaient dressées exprès pour les recevoir. C’est là qu’étaient les maisons de plaisance des riches Galiléens, qui venaient y chercher la fraîcheur pendant l’été.

Là, entre les villas et les jardins, au milieu de coteaux ravissauts, croissaient à la fois et le noyer, produit du nord, sous le feuillage duquel venait gazouiller la fauvette de Galilée, et le palmier, dont les fruits ne mûrissent ordinairement que sous les ardeurs d’un ciel embrasé. La contrée tout entière était comme encadrée par des forets de mûriers, de figuiers et d’oliviers, qui aiment un climat tempéré. En un mot, dit l’historien Josèphe dans l’endroit où il nous dépeint les charmes de cette contrée, il semble que la nature se soit fait violence pour créer dans ces régions un printemps éternel. Les myrtes, les amandiers, les pommiers, les grenadiers, les orangers et les pistachiers, dont les fruits servaient déjà à nourrir les patriarches (Genèse, xxxxiu, il), remplissaient le vallon. Les tièdes rayons du soleil, en pénétrant dans ce large bassin, développaient les parfums les plus odorants; les melons y mûrissaient un mois plus tut que dans les plaines d’Acre et de Damas. On y recueillait en abondance les dalles, les citrons et les oranges, et même l’in-

CAPHARWIM.

digo et les autres produits du midi. Les oliviers do Gennésareth l'emportaient sur tous les autres, et leurs fruits avaient uo goût et un arôme tout particulier. Aujourd'hui encore, au rapport des voyageurs, il n’v a point dans la Palestine de contrée qui puisse être comparée à celle-ci. Ce qui la rend si fertile c’est que le lac de Tibériade est à 535 pieds au-dessous du niveau de la mer Méditerranée, ce qui donne à ce pays les mêmes avantages que s’il était situé 5 degrés plus au sud. Des ruisseaux de sources chaudes se jettent tout autour dans le lac, et Gennésareth, garantie à l'est et au nord par ses hautes montagnes , était comme une serre naturelle pour les produits de l’Égypte et de l’Arabie.

C’est cet Éden que l’Homme- Dieu choisit pour son séjour de prédilection pendant le temps de sa vie publique.

■ J’ai créé sept iners.dans le pays de Canaan, » font dire au Seigneur les rabbins, « mais je m’en suis réservé • une parmi elles, celle de Gennésareth. » Là il était en sûreté: une barque légère le transportait de l’autre côté du lac dans la télrarchie d'iturée; en passant le Jourdain sur un pont qui était proche, il arrivait en Syrie. Il lui suffisait de traverser une montagne pour être en Phénicie, dans le pays de Tyr et de Sidon. Ainsi, Capharnaüm était au milieu de ces trois contrées , comme la Palestine au centre des trois parties du monde , et formait, comme nous le verrons plus tard , un point de réunion pour plusieurs peuples, bien favorable au développement d’une religion qui devait embrasser le monde entier. Mais ce qui engagea davantage encore Notre -Seigneur à se fixer dans ce paradis terrestre, c’est que Simon -Pierre demeurait à Capharnaüm , et que Jésus -Christ voulut demeurer

dans la maison de cet apôtre, Capharnaiim était, au rapport de Josèphe, une ville de 15 à 20 mille habitants, et avait alors une garnison dont le commandant est devenu célèbre dans l’histoire évangélique.

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