CHAPITRE M
I/aveuglo mondianl. Jisus-Chnst vient ù Jo!*i(;ho.
Pendant qu’ils descendaient la vallée d’Achor ou de rAlïliction , ils furent rejoints par les caravanes qui arrivaient des bourgs, des villes et des montagnes de la Galilée pour aller à la fête. Beaucoup ayant reconnu Jésus se réunirent à lui, et lui formèrent ainsi une nombreuse escorte. « Et comme il approchait de Jéiicho avec ses dis- « ciples, il SC trouva qu’il y avait là sur le chemin un « aveugle nommé Bartimée , qui mendiait. Entendant U passer la foule du peuple, il demanda ce que cela si** « gnifiait, et on lui dit que c’était Jésus de Nazareth qui « passait. Il se mit à crier bien haut : Seigneur, üls de <( David , ayez pitié de moi. Et comme ceux qui passaient a voulaient lui imposer silence, il se mit à crier encore <c plus haut: Ayez pitié de moi. Jésus alors s’aiTcta, et « ordonna de le lui amener. On annonça cette nouvelle « à l’aveugle en lui disant: Ayez bon espoir, et levezu vous; il vous demande. Il jeta son manteau, sauta et
« vint à lui. Jésus lui dit : Que veux-tu que je te fasse ? H
« dit; Maître, que mes yeux soient ouverts. Jésus eut « pitié de lui, toucha ses yeux, et lui dit : Vois; ta foi t’a « sauvé; et aussitôt il vit, loua Dieu, et le suivit dans « le chemin. Et tout le peuple qui vit cela rendit grâces « à Dieu, plein de joie. »
« Jésus vint à Jéricho , où la route le conduisait. » Jéricho, la ville des parfums, était, après Jérusalem, le lieu le plus considérable de la Judée, C’était la capitale do
LA VIE DE N.*S. JÉSUS-CHRlST.
la tribu de Benjamin ; et elle avait vingt stades de circonférence. Elle avait été autrefois la place d’armes des Chananéens, et elle était encore entourée de fortilications. Pornpée, il est vrai, avait détruit dernièrement les deux forts de Thrax et de Taurus, comme les appelle Strabon, qui étaient à l’entrée de la ville ; mais elle avait encore l’ancienne citadelle nommée Dagon, construite par Simon Machabée , qui y avait été tué avec scs deux fils , et le nouveau fort de Cypros, que le roi Hérode venait de faire bâtir. Puis au-dessus de ces forts s’élevaient les montagnes, qui formaient un vaste amphithéâtre autour .de la vallée délicieuse au milieu de laquelle était Jéricho. Nulle part on ne respirait un air plus pur. Des sources abondantes , dont les eaux , distribuées avec art par des canaux infinis, portaient partout la fécondité et la vie, faisaient de ce lieu le paradis de la Judée. C’est là aussi qu’Archélaüs avait fait planter ce bois de palmiers célèbre dans le monde entier. Là croissaient le figuier et l’arbuste qui fournit le baume ; le palmier qui donne le miel, et presque toutes les autres productions des climats les plus chauds; la canne à sucre, l’indigo, etc. C’est que la plaine du Jourdain,, près de Jéricho, avec le lac Asphallite, était, par un phénomène singulier de la nature , • située à six cents pieds au-dessous du niveau de la Méditerranée , ce qui donnait au pays le même climat que celui de la basse Égypte. C’est dans le bassin de Jéricho que croissait le produit le plus précieux de la Judée et la source principale de son commerce, le baume. Les anciens auteurs, Théophraste, Diodore de Sicile, Strabon, Pline, etc., en vantent la perfection. Les Égyptiens et les Arabes eux-mêmes avaient, au rapport de Strabon eide Tacite, des comptoirs.
ZACRÉK.
H Jéricho. C’était donç dans celte ville que sé payaient les di^oits énormes qui avaient fait monter si haut le prix do celte substance , devenue pour les Juifs riches une chose presque nécessaire. Aussi y avait* il à Jéricho une multitude d’employés chargés de percevoir cet impôt. Ces hommes étaient , en général , méprisés et haïs du peuple, qui souffrait beaucoup de leurs vexations. Se lier avec eux n’était guère le moyen par conséquent de s’attirer la faveur de la multitude. Mais Jésus n’était point un chef de parti : U cherchait la gloire de son Père , et non la faveur des hommes; et ce qu’il voulait principalement c’était d’atti-» rer à lui, pour les convenir, les pécheurs même les plus méprisés.