CHAPITRE VI
L’A non de Bethphagé.
« Le jour suivant (c’est-à-dire le dimanche) , comme e( ils approchaient de Jérusalem , et qu’ils étaient arrivés a àBethphagé, près du mont des Oliviers, Jésus envoya « deux de ses disciples, en leur disant : Allez au village « qui est devant vous, et vous y trouverez en arrivant a un ànon lié, le petit d’une ànesse, qu'aucun liommc
238 LA VIE DE N.- S. JÊSCS-CHUIST.
« n’a encore monté; dëliez-le , et me l’amenez. Et si l’on « vous dit quelque chose, dites : Le maître en a besoin,
« et on vous le laissera sans diftlculté. Or tout ceci s’est « fait afin que cette parole du prophète fût accomplie :
« Dites à la fille de Sion : Voici votre roi , qui vient à « vous plein de douceur, assis sur une ûnesse, sur le « petit d’une ànesse. Les deux disciples, étant allés,
« trouvèrent l’ânon lié à la porte, et firent comme le tt Seigneur leur avait commandé. Pendant qu’ils déliaient « l’ànon, quelques personnes qui étaient là, les proprié- (( taires, leur dirent : Pourquoi déliez- vous cet àne? Ils « répondirent comme lè Seigneur leur avait commandé, « et dirent : Le maître en a besoin ; et ils leur laissèrent l’àne. Ils l’emmenèrent donc à Jésus, mirent leurs « habits sur son dos , et Jésus s’assit dessus. )>
D’après saint Matthieu, les disciples prirent avec l’ànon l’ànesse sa mère, peut-être parce que, n’ayant pas encore été monté, il n’aurait pas marché sans elle. Saint Justin voit dans l’ànesse l’image du judaïsme vieilli, et dans l'ànon celle des païens que le joug du Seigneur n’avait pas encore disciplinés. Les ânes, qui étaient une partie de la richesse des paüiarches, ont en Palestine une couleur rouge claire , et ne sont point paresseux comme chez nous. Ce sont, au contraire, des animaux vifs, adroits et persévérants. A la cour du roi, il y avait un officier chargé spécialement du soin des ânes. Quoiqu’il n’y eût rien d’humiliant à monter un âne, ce fut cependant par humilité que le Sauveur choisit de préférence cet aiiimal; et c’est ainsi que les Juifs eux-mêmes l’avaient entendu. Il y avait en effet chez eux une tradition populaire qui disait que : Si Israël persévéré dans le bien, le Messie