CHAPITRE VIII
Guérison de l’homme à la main desséchée.
« Il arriva à un autre sabbat que Jésus , étant entré « dans une synagogue, y enseigna. Or il y avait là un « homme dont la main droite était desséchée. » Si nous en croyons une ancienne tradition, rapportée par l’évangile des Nazaréens et des Ébionites, et qui pourrait bien être fondée,' l’homme dont il est ici question était tailleur de pierres ou maçon. Saint Jérôme voit ici une image du judaïsme, qui, ayant perdu toute sa sève et sa vertu, était devenu inutile et incapable de coopérer à l’édificà- (ion du temple de Dieu, a Or les docteurs de la loi et les
GLÊRISON DE l’hOMME A LA ^MAIN DESSÉCHÉE. 29
« pharisiens T observaient, pour voir s’il le guérirait le « jour du sabbat, afin d’avoir sujet de l’accuser. Ils lui « posèrent donc une question , et lui dirent : Est -il per- « mis de guérir le jour du sabbat? » Dans leur impatience de le trouver en faute, ils ne purent attendre ce qu’il allait faire , et se hâtèrent de l’interroger, afin de trouver dans sa réponse un sujet de plainte contre lui , conformément au désir de leurs chefs.
Us écoles de Hillel et de Scharamée étaient divisées même sur cette question : Est -il permis de consoler les malades le jour du sabbat? Ils pouvaient donc bien, à plus forte raison , le consulter pour apprendre de lui s’il était permis de les guérir. « Mais, connaissant leurs « pensées, il dit à cet homme, qui avait la main dessé* « chée : Lève-toi, et tiens-toi là au milieu. Et se levant, il se tint debout. Puis Jésus leur dit : Je vous demande
« s’il est permis de faire du bien ou du mal , de sauver « la vie ou de l’ôter le jour du sabbat. Et les ayant tous « regardés, il dit à cet homme : Étends la main. Il l’é- « tendit, et elle devint saine comme l’autre. Ils ne « lui répondirent rien. Mais Jésus leur dit : Quel est « parmi vous l’homme qui, ayant une seule brebis, et la « voyant tomber dans un fossé le jour du sabbat, ne « court après et ne la retire ? Or de combien un homme « l’emporte- 1- il sur une brebis? Il est donc aussi permis « de faire du bien le jour du sabbat. Les pharisiens de- « vinrent furieux; et, étant sortis, ils parlèrent en- « semble, et tinrent conseil contre lui avec les hérodiens « sur les moyens à prendre pour le perdre. Mais Jésus « se servit à leur égard de cette comparaison, et dit: 'ï Laissez -les, ce sont des aveugles qui conduisent des
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« aveugles; or lorsqu’un aveugle montre à un autre le « chemin^ ils tombent tous les deux dans le fossé. » La question que pose ici Notre -.Seigneur, à savoir ce qu’il faut faire lorsqu’un animal tombe le jour du sabbat dans un fossé ou dans un puits, nous la retrouvons proposée et éclaircie dans les ouvrages des rabbins. Ce fait nous prouve une fois de plus encore que toutes les paroles de Notre -Seigneur étaient puisées dans la réalité même et dans la vie du peuple au milieu duquel il vivait.