JÉSUS PASSE A TRAVERS UN CHAMP DE BLÉ
Jésus. Les Juifs avaient coutume de ne prendre aucune
nourriture avant la prière du matin , et même souvent
avant la prière du soir. Mais le sabbat formait une exception sous ce rapport. C’était le jour de fête de la semaine : et c’était à la fois un mérite et un devoir pour tous les Juifs de le célébrer en faisant trois repas copieux pendant la journée.
Nous pouvons juger ici, comme en plusieurs autres circonstances que nous ont racontées les Évangélistes, jusqu’à quel point Notre -Seigneur et ses disciples étaient pauvres et dénués de tout, puisque, pour apaiser leur faim, ils étaient obligés de cueillir des épis dans un champ , même le jour du sabbat, et que Notre-Seigneur, pour disculper ses apôtres de la transgression qu’on leur reproche, invoque la nécessité et la compassion de ceux qui les accusent. Cette pauvreté ressort de toute la vie de notre divin Sauveur, comme par exemple, lorsqu’il demande à la Samaritaine un ven’e d’eau; lorsque, pour payer l’impôt du temple, il est obligé d’avoir recours à un miracle, et d’envover Pierre chercher dans la bouche d’un poisson la pièce de monnaie qu’on lui demande ; lorsqu’il s’approche d’un figuier qu’il trouve sur la route pour y chercher probablement quelques fruits, ou lorsque enfin il n’a plus avec ses disciples qu’un seul pain à manger.
I^es maîtres et les sages chez les Juifs, de même que chez les Grecs et les Romains, étaient entretenus par leurs disciples. Mais il n’en était pas de ceux de Notre- Seigneur comme des disciples des autres maîtres; ce n’étaient pas eux qui l’avaient choisi, c’était plutôt lui qui les avait appelés, comme il le dit en saint Jean (xv, 16).
LA VIE DE N.- S. JESÜS-CHhlST.
Ils ne pouvaient lui offrir que ce qu’ils avaient euxmêmes, c’est-à-dire du pain, des poissons et ce qu’un pêcheur peut gagner dans sa profession : car ils ne l’avaient point quittée; mais seulement, au lieu de l’exercer eux -mêmes, ils avaient des senriteurs qu’ils payaient et qui faisaient la pêche à leur compte. En effet, à partir du moment où ils furent appelés par Notre- Seigneur, ils ne se séparèrent plus de lui. Ils ne furent choisis qu’une fois, et non pas deux ou trois fois, comme quelques-uns l’ont cru, d’après une fausse interprétation des Évangiles. Et si les trois premiers Évangélistes racontent à plusieurs reprises le choix que Notre -Seigneur fit de ses apôtres, c’est uniquement pour faire ressortir davantage leur nombre et leur vocation.