LES HÊUODIENS ET LEUR ÉPOQUE
lui-meme. Le peuple salua donc en lui le dernier descendant de la famille des Asnionéens; de sorte qu’il partit pour Rome, oii il se présenta à l’empereur, suivi par une foule de Juifs, afin de se faire confirmer par lui dans.soiî royaume. Mais Auguste le devina sur-le-champ après avoir aperçu sur ses mains les marques d’un travail grossier et quotidien. Il lui demanda ce qu’était devenu son frère Aristobule, qui avait été égorgé en même temps que lui. Embarrassé par cette question, le faux prétendant avoua bientôt son imposture, et fut envoyé aux galères. Mais bientôt Judas de Gamala excita de nouveaux troubles à l’occasion d’un impôt qui venait d’être établi. C4’était dans le temps oii Notre-Seigneur, âgé de douze ans, commençait à se produire et à enseigner dans le temple. Et quoique Josèphe ait oublié de nous dire quel fut le sort de ce chef de révoltés ,ü nous apprend néanmoins que ses fils Jacques et Simon furent mis en croix par Tibère-Alexandre, gouverneur du pays, comme l’avaient été avant eux sous Cuspius Fadus, leurs compagnons d’infortune Annibas, Armaram, Éléazar et Ptolémée.
Les femmes elles -mêmes, ne voulant pas rester en arrière, avaient recours aux poisons; et l’art de les préparer, apporté d’Arabie, était en vogue à cette époque, comme il le fut depuis à la cour de France. Pheroras, frère d’Hérode, était mort empoisonné, et l’on avait attenté plus d’une fois, soit avec le glaive, soit avec le poison, à la vie du roi lui -même. De là des dénonciations, des tortures,
etc. ; et il fut enfin défendu, sous peine de mort, de prépa-
rer aucun poison. A la cour, les mœurs étaient tellement déréglées qu’Hérodiàde, Bérénice et Drusille, ne le cédaient guère en libertinage à Cléopâtre ni aux femmes des em-
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pereurs romains. Un des esprits forts de cette époque, le rusé diplomate Nicolas Daraascène , écrivit alors la Vie
d’Hérode le Grande dans un ouvrage qui n’avait pas moins
de 125 livres, et dans lequel il s’attachait à justifier tous les crimes de son héros. Pour flatter sa vanité, il lui avait trouvé une généalogie, et le faisait descendre de l’une des familles juives les plus considérables qui étaient revenues de Babylone, tandis que Josèphe le nomme expressément Iduméen, et que le peuple prétendait qu’il était le fils d’un serviteur du temple, et qu’il avait été volé par des aventuriers. Il paraît même que ce prince avait écrit ses propres mémoires, pour recommander à la postérité son gouvernement. Après la mort d’Hérode, le parti des hérodiens se répandit en Galilée sous le faible Antipas; et, malgré l’exil d’Archélaûs, digne fils de son père, il sut garder à la cour et dans le gouvernement l’influence politique dont il avait joui jusque-là, et faire tourner à son profit les embarras du peuple et des gouverneurs de la Judée.
Ces hommes donc, bien plus habiles encore que les
pharisiens, exercés dans l’art de la dissimulation et de la
perfidie> vinrent trouver Jésus, afin de l’embarrasser et
de le surprendre dans ses discours; ils lui adressèrent ces
paroles hypocrites : « Maître , nous savons qtie Vous ôtes
« véridique, et que vous ne regardes point aux pei’sonnef,
« mais que vous enseignez la voie de Dieu selon la vérité;
(( dites-nous donc ce que vous pensez : est-il permis , oui
« ou non, de payer l’impôt à l’empereur?» La loi con^ tenue au chapitre xvu du Deutéronome, *v. 15, défendait bien aux Juifs de reconnaître un gouvernement étranger. C’était sous Hérode l’Iduméen que ce cas s’était présenté