LES HÉRODIENS ET LEUR ÉPOQUE
contravention, il était transporté dans le fort Hyrcania, et on n’entendait plus jamais parler de lui. Le roi ne se contentait pas seulement de ces agents secrets que l’on rencontrait dans toutes les rues et sur tous les chemins, même hors de la ville; mais lui -même se déguisait la nuit, et se mêlait au peuple, afin d’entendre ce qu’on disait de lui et de son gouvernement. Ceux qu’il trouvait rebelles aux réformes qu’il voulait introduire étaient traités avec la plus grande sévérité. 11 croyait retenir les autres dans l’obéissance en exigeant d’eux un serment religieux. La révolution descendait ainsi du trône, et, comme en ce genre un abîme appelle toujours un autre abîme, elle devait à la longue fomenter dans le peuple l’esprit révolutionnaire. C’est là ce qui explique ces émeutes et ces révoltes par lesquelles le peuple cherchait à secouer le
joug odieux qui pesait sur lui ; de sorte que le roi s’entoura d’une garde composée de Thraceset de Germains, et entre* tint une armée permanente.
Lorsque Judas Sariphei et Mathias Margalothi, les grands docteui*s de la loi, eurent péri sur le bûcher pour avoir osé enlever l’aigle de la porte du temple, on vit s’élever un certain Judas fils d’Ézéchias, qui, pendant la dernière maladie d’Hérode, s’entourant à Séphoris, capitale de la Galilée, d’une poignée d’hommes désespérés, s’eitipara de l’arsenal, fournit des armes au peuple , et chercha à së faire reconnaître pour roi. Presque en même temps, et lorsqu’à peine le tyran avait fermé les yeux, Simon, un des sei^viteurs du palais , s’empara du diadème , promit au peuple le pillage, incendia le palais de [Jéricho pendant qu’une autre, bande mettait le feu au château royal d’Amalhcc, au delà du Jourdain; et il s’acquit une telle con-
LA VIE DE N. -S. JESDS-CURIST.
sidération que Tacite lui-même le cite comme roi de Judée après la mort d’Hérode. Cependant après une résistance opiniâtre, il fut vaincu et décapité par le gouverneur (iratus. Mais déjà un autre prétendant s’était montré. C’était Athronges, qui, né dans une coiiditon infime, mais doué d’une grande force de corps, sut se maintenir assez longtemps au pouvoir. 11 avait quatre frères, dont chacun commandait un corps d’armée. Un détachement d*’infanterie romaine fut détruit par lui près d’Emmaüs, elle mouvement devint si général que les troupes romaines qui étaient dans le pays ne suffirent plus à l’arrêter. On dut faire venir de Syrie Quinctilius Varus avec deux légions et quatre escadrons de cavalerie. Celui-ci établit son quartier général à Ptolémaïs, obtint des secours des habitants de Bérylhe et des Arabes, dont le roi Arétas était devenu ami des Romains par haine contre Hérode. 11 prit et brûla Séphoris, traversa la Samarie, livra tout le pays au pillage, mit à feu et à sang les villes fortifiées de Sampho et d’Emmaüs, dont les habitants avaient pris la fuite. A Jérusalem, les révoltés, qui voulaient d’abord se défendre, s’enfuirent aussitôt à la vue des troupes considérables qui marchaient contre eux. Dix mille néanmoins furent pris et mis en croix : dix mille se livrèrent à discrétion ; on envoya leurs chefs à Rome, et l’on mit ainsi fin pour un moment à la sédition.
Mais à peine était-elle apaisée, à peine Archélaüs avait-il pris le gouvernement de la Judée, pendant la retraite du Fils de Dieu en Égypte, qu’un jeune Sidonien parut et se donna pour Alexandre, fils de Marianne, que son père avait fait égorger avec d’autres enfants à lui. Il lui ressemblait si bien en effet qu’il trompa les gens d’ilérode