JÉSUS MENACE LES JUIFS DU JUGEMENT DE DIEU
a lues VOS pères, qui ornez les monuments des justes, et a qui dites : Si nous avions vécu du temps de nos pères, a nous n’aurions pris aucune part au sang des prophètes « qu’ils ont versé. Ainsi, vous vous rendez témoignage à <c vous-mêmes que vous êtes les enfants de ceux qui ont tt tué les prophètes. Certainement vous louez et approuvez a ce qu’ont fait vos pères. Ils ont tué les prophètes, et « vous leur élevez des monuments. Oui, vous comblez la a mesure de vos pères. Serpents, race de vipères, coma ment pourrez-vous échapper au feu de l’enfer? C’est « pourquoi la sagesse de Dieu dit : Je vous enverrai des « prophètes et des apôtres, des sages et des prédicateurs a de la loi; mais vous tuerez et crucifierez les uns; vous tt fouetterez dans vos synagogues et vous chasserez de « ville en ville les autres , aûn que tout le sang innocent tt qui a été répandu sur la terre depuis le commencement tt du monde, retombe sur vous et soit redemandé à celle « race, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zatt charie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le tt temple et l’autel. En vérité, je vous le dis, tout cela tt sera redemandé à cette race. »
Ces paroles renferment contre Jérusalem une prophétie terrible, dont les rabbins nous donnent le sens. Une légende juive raconte que, lorsque le grand prêtre Zacharie, üls de Joiada, fut lapidé sous le roi Joas, il cria en mourant : tt Le Seigneur le verra, le Seigneur se vengera. » Son sang alors, de même que celui d’Abel, cria vengeance au ciel. On le vit s’enfler et bouillir sur le seuil du temple, où il resta jusqu’à la première destruction de Jérusalem , lorsque neuf cent quarante mille hommes furent immolés par Nabuzardan, général de Naliuchodonosor. Puis, à
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LA VIE DE >.-S. JÊ^US-tüRIST.
partir de ce moment, il disparut; car ü était vengé. Ce meurtre était encore proverbial chez les Juifs quand on voulait parler d'un jugement terrible de Dieu. Or c’est un châtiment semblable dont le Sauveur, qui se donne lui-méme pour la sagesse divine, menace les Juifs à cause du meurtre qu’ils vont bientôt commettre, sur le Messie d’abord, et plus tard sur ses disciples. Il leur annonce donc que le sang de ces justes ne cessera point de crier vengeance au ciel, jusqu’à ce que Jérusalem soit détruite de nouveau, et que ses habitants soient anéantis. Prophétie effroyable, mais dont la vérité a été scellée par le sang de un million cent mille Juifs, qui trouvèrent la mort sous les ruines de Jérusalem. Au reste Ig rapprochement entre le massacre des Juifs sous Nabuzardan et celui qui eut lieu sous Titus est si frappant que les rabbins eux-mêmes l’ont remarqué, comme on peut le voir dans le Zemach David, fol. xxvii, 1 . L’évangéliste saint Matthieu rend plus claire encore la prophétie du Sauveur en ajoutant au nom de Zacharie ces paroles : a Le fils de Barachie, que vous avez a tué entre le temple et l’autel. » Et nous y trouvons la preuve manifeste qu’il n’a écrit son Évangile que quarante ans au plus tôt après la mort du Sauveur. Ç’est alors, en effet, que Zacharie, fils de Barachie, accusé d’intelligence avec les Romains, et traduit comme traître devant le conseil
des Soixante-dix, assemblé à la hâte, fut traîné hors du
tribunal par deux hommes du parti des zéloles qui demandaient sa mort, et massacré entre le temple et l’autel. Après quoi commencèrent bientôt les horreurs du siège de Jérusalem et l’accomplissement de la prophétie du Sauveur.
Les tombeaux dont il parle ici étaient sans doute ceux
l’offrande de la pauvre veuve.
qu’il avait rencontrés sur sa route en venant à Jérusalem : ceux de Josué et de Samuel, par exemple. Sur la montagne de Sion était le tombeau de David, avec ceux des autres rois qui avaient été enterrés dans la ville de Jérusalem. Le tombeau de David avait été pillé, d’abord par le roi Hyrcan, et dernièrement encore par Hérode l’Ancien. Celui de Salomon, au rapport de Dion Cassius (79, 14), s’écroula peu de temps avant le dernier siège de Jérusalem, ce qui fut regardé par les partisans de Barcocheba comme un sinistre présage. 11 y avait encore sur le mont du Scandale , et du côté de Bethlehem, le tombeau de Zorobabel, celui de Josaphat, dans la vallée du meme nom, et les tombeaux des rois, au nord de la ville, que l’on peut y voir encore aujourd’hui. Près du tombeau de David était celui de la prophétesse Hulda, qui avait donné son nom à la porte méridionale du temple. Il y avait aussi le mausolée de la reine Hélène d’Adiabène, la célèbre néophyte. Le tombeau de Zacharie le prophète, bâti dans le style grec, et tel qu’il existe encore aujourd’hui, fut élevé dans la vallée de Josaphat, au temps même ou Jésus fit cette terrible prophétie.