‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 137 sur 190 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Ppcdiction de la mine de Jériisîdem et de la fin du monde.

tt Et comme il était assis sur le mont des Oliviers , vis- « à-vis du temple, ses disciples, à savoir: Pierre, Jactt ques, Jean et André, lui demandèrent encore en tt particulier : Maître, dites -nous donc quand ces choses tt arriveront, et quel sera le signe qui annoncera leur U accomplissement? Quel sera le signe de votre arrivée « et de la fin du monde? » Jésus jeta les yeux alors du côté de Sion et du mont Moria, sur lequel était bâti le temple , dont la porte orientale était précisément en face de lui ; car du côté de Torient les murs du temple étaient plus bas, parce que le prêtre qui offrait le sacrifice de la vache rouge immolait et bnilait celle-ci sur le sommet du mont des Oliviers , et devait pendant ce temps-là regarder la porte du temple et le sanctuaire , ce qui n’était pas sans une signification prophétique. D’après le témoignage de la Mischna et du rabbin Abraham Sachut, la cendre de la première vache dura depuis Moïse jusqu’à Esdras, qui brûla la seconde. Puis, le nombre des souillures légales venant à augmenter, Simeon le Juste en brûla déjà deux à lui .seul, ainsi que Jean, père de Mathias. Élionée en brûla une , Hanamel aussi , et enfin Ismaël, qui venait d’être déposé du souverain pontificat et avec qui s’éteignit toute la splendeur du sacerdoce. La légende juive rapporte que la dixième vache sera brûlée aux jours du Messie; et ceci s’est accompli d’une manière spiriluelle sur lé mont des Oliviers dans la pei'sonne du

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Sauveur, lorsqu’il s'offrit comme victime à la justice de Dieu , son Père.

Jésus était donc assis sur le sommet de cette montagne , comme un autre grand prêtre; et c’est là ce que veut nous faire entendre l’évangéliste saint Marc lorsqu’il nous dit qu’il était assis en face du’ temple. A côté de lui s’élevait le mont du Scandale, la pointe méridionale du mont des Oliviers, où Salomon après sa chute avait consacré des l)0squets et des statues à l’Astarté des Sidoniens, au Chamos des Moabites et au Moloch des Ammonites. Au fond de l’horizon s’élevait la fumée de l’étang de Sodome. Devant lui était la vallée des Morts, et au couchant les trois collines sur lesquelles était bâtie Jérusalem, à savoir : Moria, la montagne sacerdotale , Sion , la montagne royale , avec les palais du roi et les tombeaux des princes depuis David jusqu’au temps des Machabées, et enfin Acre, la montagne du peuple. C’étaient ces collines qui, avec celles des Oliviers, de Bezetha, d’Ophel et de Golgotha, avaient donné à Jérusalem le nom de la ville aux sept collines. Mais en face de ces hauteurs s’élevaient sept autres montagnes, sur lesquelles les Chananéens avaient autrefois élevé des autels et sacrifié aux idoles. C’était le mont Casius au sud-ouest, puis le Carmel, l’Ëbal, le Garizim, le Thabor, le Liban, l’Hermon, où, d’après la légende, les anges avaient été précipités après leur chute ; puis au sud le Nebo, avec toute la chaîne des monts Abarim , où , d’après une autre légende, l’archange saint Michel lutta avec Satan au sujet du corps de Moïse. C’est sur cette même montagne probablement que le démon tenta le Sauveur, et lui montra la Palestine et les contrées voisines.

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Au milieu de toutes ces hauteurs, profanées autrefois par le culte des idoles, s’élevait le mont Moria, où, d’après une tradition populaire, Caïn et Abel, et plus tard Noé avaient dressé des autels au Seigneur, et où Abraham avait été sur le point de lui immoler son fils. C’était le mont sacré des Hébreux, le lieu où le Très- Haut avait placé son trône, et dont il avait fait l’escabeau de ses pieds. Mais le temple où Dieu , pendant mille ans , avait daigné habiter visiblement dans le tabernacle, avait été pro^jjné par cette race adultère, qui s’était souillée du sang des prophètes. Aussi ce n’est point sur le mont Moria, mais sur le Golgotha , la plus petite de toutes les collines de Jérusalem, que Dieu plaça le siège du nouveau culte qu’il allait fonder. C’est sur le Golgotha que s’accomplit le sacrifice de la nouvelle alliance, et que fut élevé le temple du corps sacré de Jésus - Christ , qui, démoli par les Juifs, fut reconstruit trois jours après par l’Esprit-Saint. Quant au mont Moria, qui portait la maison du Seigneur, il devait être bientôt détruit de fond en comble, et livré aux païens. En effet, semblable au Capitole, il disparut dans la grande ruine de Jérusalem, et remplit la vallée de Tiropéon, pour servir enfin de temple aux musulmans. Le Sauveur, embrassant dans sa pensée et la gloire du passé, et les soufirances du présent , et les calamités que l’avenir réservait à Jérusalem, s’écria pénétré d’une douleur profonde : « Jérusalem , Jérusalem , (( qui lapides ceux qui ont été envoyés pour ton salut! oh « si tu avais connu les jours de la visite! Combien de « fois ai -je voulu rassembler tes enfants comme une « poule ramasse ses petits sous ses ailes! mais tu ne l’as (t pas voulu. » Isaïe avait dit : k Le Seigneur des armées

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