‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 159 sur 190 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Découverte de la trahison de Judas.

Après que Jésus eut institué de cette manière le sacrifice de la nouvelle alliance , a il fut troublé dans son es- (( prit; il dit et il affirma : En vérité, en vérité, je vous U le dis, un de vous me trahira. Les disciples se regar- « dèrent les uns les autres, inquiets de qui il parlait, Mais « l’un d’eux, celui que Jésus aimait, était couché près de w la poitrine de Jésus, Simon-Pierre lui fit signe de voir « quel était celui dont il parlait. » Car, dans la position oîi était Pierre, il n’aurait pu parler en secret à Notre-»

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Seigneur sans se mettre sur son visage. C’est Pierre qui cherche le premier à découvrir celui qui doit trahir son maître; et ce soin, il l’a transmis à tous ses successeurs; car c’est lui qui, comme administrateur de la maison de Dieu, porte les clefs et gouverne l’Église. « Là-dessus, « celui-ci s’approcha plus près encore de la poitrine de « Jésus , et lui demanda : Seigneur, qui est-ce ? Jésus ré- « pondit : C’est celui à qui je trempe et donne cette bou- « chée. Il trempa la bouchée et la donna à Judas Iscatt riote, fils de Simon.» Il ne s’agit point ici du pain consacré , mais probablement de ce second gâteau dont nous avons parlé plus haut, ou de cette bouchée que le maître de la maison trempait dans le charoseth. Or les anciens, comme encore aujourd’hui les Orientaux, n’avaient, on le sait, Ipoint de fourchettes,, et ne se servaient que de leurs doigts. «Et après cette bouchée, Satan entra en lui;

tt après quoi Jésus lui dit : Ce que tu veux faire , fais-le

a bientôt. » C’est qu’en effet un crime commis à la hâte est jugé moins sévèrement que celui qui a été longtemps médité. « Cependant aucun de ceux qui étaient à table « avec lui ne savaient pourquoi il disait, cela. Car quel- (( ques-uns pensaient que. Judas ayant la bourse, Jésus U avait voulu lui dire : Achète ce qui nous est nécessaire {( pour la fête , ou bien qu’il avait quelque chose à don- « ner aux pauvres. »

Comment les apôtres pouvaient-ils avoir cette pensée? Ne venaient -ils pas de manger l’agneau pascal? Nous avons vu plus haut que ce repas qu’ils venaient de prendre n’était point au fond le repas de la Pâque, mais qu’il en était seulement une anticipation. Les apôtres pouvaient donc hésiter à le regarder comme le festin pascal propre-

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