‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 162 sur 190 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

Pi*icrc do Notre- Seigneur pour les fidèles de son Église.

« Après que Jésus eut dit ces choses, il leva les yeux tt vers le ciel et dit : Père, l’heure est venue; glorifiez « votre Fils, afin que votre Fils aussi vous glorifie ; comme ft vous lui avez donné puissance sur toute chair, pour tt qu’il donne la vie éternelle à ceux que vous lui avez c( remis. Or la vie éternelle pour eux, c’est de vous con-. tt naître, vous le seul vrai Dieu, et Jésus-Christ, que vous <( avez envoyé. Je vous ai glorifié sur la terre; j’ai accom- <( pli r œuvre que vous m’aviez donné à faire. Et maintenant, ô Père! glorifiez -moi aussi en vous -môme de « cette gloire que j’avais en vous avant que le monde fût. a J’ai manifesté votre nom aux hommes que vous m’avez tt donnés dans le monde. Ils étaient à vous, et vous me les avez donnés, et ils ont gardé votre parole. Ils savent « maintenant que tout ce que vous m’avez donné est de U vous; car ' les paroles que vous m’avez données, je (( les leur ai communiquées. Ils les ont reçues, et ont K vraiment reconnu que je suis issu de vous; et ils ont cru c( que vous m’avez envoyé. Je prie pour eux; non pour tt le monde , mais pour ceux que vous m’avez donnés ;

a car ils sont à vous. Tout ce qui est a rqoi çst à vous, <( et tout ce qui est à vous est à moi; et je suis glorifié « en eux.

« Je ne suis plus pour longtemps dans le monde; mais

« ils sont encore dans le monde; et je viens à vous. Père

(( saint, conservez en votre nom ceux que vous m’avez

a donnés, afin qu’ils soient un comme nous. Pendant que

« j’étais avec eux dans le monde, je les ai gardés en votre

U nom. Ce que vous m’avez donné, je l’ai gardé; et aucun

(( d’eux ne s’est perdu, si ce n’est le fils de la perdition,

« afin que l’Écriture fût accomplie. Mais maintenant je

(( viens à vous, et je dis ceci dans le monde, afin qu’ils

« aient ma joie parfaite en eux. Je leur ai donne votre

(( parole, et le monde les hait, parce qu’ils ne sont pas du

« monde, comme aussi moi je ne suis pas du monde. Je

« ne demande pas que vous les ôtiez du monde, mais que

a vous les préserviez du mai. Ils ne sont pas de ce monde,

tt comme aussi moi je ne suis pas de ce monde. Sanctifiez-

(( les en votre vérité ; votre parole est vérité. Comme vous

a m’avez envoyé dans le monde, je les envoie aussi dans

tt le monde. Je me sanctifie pour eux, afin qu’eux aussi

tt soient sanctifiés dans la vérité. Je ne prie pas pour ceux-

(( ci seulement, mais encore pour ceux qui croiront en «

tt moi par leurs paroles , afin que tous soient un , comme tt vous êtes en moi, ô Père, et comme je suis en vous ; « afin qu’ils soient un en nous, et que le monde croie tt que vous m’avez envoyé. La gloire que vous m’avez tt donnée, je la leur ai donnée aussi ; afin qu’ils soient un, tt comme nous sommes un, moi en eux et vous en moi ; tt afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde contt naisse que vous m’avez envoyé et que vous les aimez

PRIÈBE; de NOTRE-SEIGNEim. 379

« comme vous m’avez aime. Père, je que là où je (( suis soient aussi avec moi ceux que vous m’avez remis, c( afin qu’ils voient la gloire que vous m’avez donnée déjà c( avant que le monde fut fondé. Père juste, le monde ne « vous connaît pas; mais moi je vous connais, et ceux-ci a connaissent que vous m’avez envoyé. Et je leur ai an-r « nonce votre nom, et je l’annoncerai encore, afin que « l’amour dont vous m’avez aimé soit en eux, et que je tt sois eu eux. »

Le moment solennel approchait où le Fils de Dieu allait accomplir son sacrifice. Jésus donc, après avoir achevé celte divine prière, entonna le chant de louanges. C’était le grand Alléluia de la délivrance, que l’on chantait au festin pascal; car en celte mémorable journée tout est prophétique, typique et mystérieux : aussi les évangélistes nous en donnent le détail minute par minute. Ce cantique de louanges se chantait à toutes les grandes fêles, comme à la

Pentecôte, et particulièrement à celle des Tabernacles ; et

il comprenait les six psaumes joyeux dont le premier commençait par ces paroles du .psaume cxiv ; a Non à nous , tt Seigneur, non à nous, mais à votre nom donnez la tt gloire; afin que les peuples ne disent pas : Où est leur tt Dieu?» et dont le dernier finissait par ces paroles du psaume : « Béni soit celui qui vient; » et après quoi l’assemblée répondait : « Au nom du Seigneur, » Les deux premiei's psaumes se chantaient avant que l’on bût le vin de la bénédiction, c’est-à-dire entre la seconde et la troisième coupe du festin pascal. Loi'sque les Juifs récitaient ces psaumes, le plus ancien prononçait chaque verset ; après lequel tous les autres répondaient : Alléluia; de sorte que nous trouvons en quelque sorte dans cet usage l’origine des

litanies chrétiennes, et même jusqu’à un certain point du rosaire. Les Juifs attribuaient une grande valeur à celte parole : Amen, qui terminait leurs prières. Ils croyaient qu’elle l’emportait sur toutes les autres, et que celui qüi disait avec dévotion ; « Loué soit le saint nom, » échappait à la damnation, eût- il été le plus grand pécheur, et trouvait les portes du paradis ouvertes; et que, lorsque l’Église elle -même disait cette prière, les âmes qui languissent dans les limbes obtenaient le pardon et le repos éternel.

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