CHAPITRE XII
Jean -Baptiste est fait prisonnier.
Pendant tout ce temps, le grand prédicateur de la pénitence avait continué son œuvre. Prévoyant la tempête qui le menaçait, il s’était retiré sur un terrain neutre, à Énon. Mais les choses ne changèrent point pour cela; et l’affluence du peuple qui accourait pour l’entendre était telle qu’un signe de sa part aurait sufû pour exciter une révolte contre Ilérode Antipas. Au reste , l’accusation de déchaîner le peuple contre ce prince n’était qu’une iiw vention perfide de la part des courtisans, comme il est arrivé tant de fois à d’autres époques, pour avoir un prétexte apparent de traîner en prison le courageux prédicateur. Cet Élie de la nouvelle alliance avait trouvé dans Hérode et sa femme un nouvel Achab et une autre Jésabel; et la voix du Précui’seur retentit jusqu’à la cour du tyran, avec ces paroles terribles pour les pécheurs endurcis : a 11 ne t’est pas permis. » Hérodiade, semblable en ce point, à Jésabel, avait mille fois juré à Jean - Baptiste , en lui disant comme celle-ci : « Que Dieu me punisse si « demain à cette heure je ne l’ai pas fait passer dans « l’autre vie. » Mais de, môme aussi qu’ Achab n’échappait aux menaces du prophète qu’en s’abaissant humblement devant lui , ainsi le lélrarque espérait gagner Jean par ses humiliations, et le décider à approuver son mariage avec Hérodiade. il fallait à celle-ci la sanction du Précurseur pour n’èire plus regardée par le peuple comme une courtisane et une adultère. Hérode lui- même vint le trouver