LE CHRIST DEVANT HÉRODE
de la ville, sur le mont Sion, oü était autrefois la forteresse de David, et oii l’on voit encore son tombeau. C’est là que son père, peu de temps auparavant, avait fait construire un nouveau palais sur la place Xystus, où se tenaient les assemblées populaires et où s’élevait déjà l’antique château des asmonéens. Si nous en crovons Thistorien Josèphe, rien ne surpassait la magnificence de ce palais, qui pouvait être comparé au Bruchion d’Alexandrie. Tout ce que la Judée et les pays voisins renfermaient de pierres rares et de bois précieux avait été employé pour la construction de cet édifice, bâti sur le modèle des chefsd’œuvre de l’architecture grecque. Un mur haut de trente coudées, flanque de tours gracieuses, en formait l’enceinte. Des bosquets délicieux, des jets d’eau et mille autres agréments de cette sorte rappelaient au milieu du tumulte de la ville l’image et les charmes de la belle nature. Des colonnes innombrables formaient autour du palais de magnifiques péristyles, et des portiques majestueux conduisaient à l’intérieur. Ici des niches artistement travaillées renfermaient des statues sans nombre, et une longue suite d’appartements décorés avec un luxe éblouissant réunissait tout ce qui peut flatter les sens. Mais c’était surtout la salle des Empereurs et la salle d’ Agrippa que l’on admirait dans ce palais merveilleux. Là l’œil était comme ébloui par l’or, les marbres des nuances les plus variées, et les mosaïques, qui formaient comme un pavé de pierres précieuses, pendant qu’une galerie de colonnes soutenait les plafonds de ces riches appartements. Ce château, célèbre dans tout l’univers, fut habité par les hérodiens jusqu’à la ruine de Jérusalem; et le dernier d’entre eux, le roi Agrippa, y avait même
ajouté quelques constructions; de sorte que de la terrasse supérieure on apercevait, dans un magnifique panorama, non-seulement la ville tout entière, mais encore le temple jusque dans ses portiques intérieurs. Aussi les prêtres firent -ils construire un mur pour fermer la vue du côté du château.
Jésus, cet homme dont Hérode avait tant entendu parler, approchait donc , conduit par les pharisiens et les scribes.. « Or Hérode se réjouissait beaucoup de voir « Jésus. Car il le désirait depuis longtemps déjà, parce « qu’il avait entendu beaucoup parler de lui, et il espérait tt le voir faire quelques miracles. Il lui fit donc plusieurs « questions. Mais il ne lui répondit pas une seule syllabe. « Cependant les princes des prêtres et les scribes se' pré- « sentèrent aussi, et l’accusèrent avec violence. »