RETOUR DU MESSIE EN GAULÉE
« chna mt^rite récompense; mais celui qui se livre à « rélude de la Gemara fait l’action la plus méritoire. » Schibta, démon qui tourmentait les enfants, était un épouvantail dont on menaçait celui qui négligeait les ablutions prescrites. Mais les pharisiens attribuaient ici à Notre -Seigneur un démon bien pire encore, Beelzebub, le démon de l’impureté; et, d’après le Talmud, il aurait dû être plongé en enfer, dans de la boue bouillante. Cartel était le châtiment dont les pharisiens menaçaient ceux qui violaient leurs prescriptions. Ainsi, les gardiens de ces traditions puériles , les pharisiens et les docteurs de la loi , étaient venus ensemble de Jérusalem en Galilée pour y épier les actions de Notre -Seigneur, et entraver , s’il était possible, son ministère et son influence, qui faisait tous les jours de nouveaux progrès. Ils espéraient y parvenir , soit en le réduisant au silence , avec leurs formules talmudiques, dans des disputes qu’ils se ménageraient â propos , soit en le dépréciant aux yeux du peuple par la calomnie, d’autant mieux que Jean -Baptiste n’était plus là pour lui prêter l’autorité de son nom.
« Et ils commencèrent à le presser vivement, et à « l’accabler d’un grand nombwî de questions; car ils lui « tendaient des pièges, et cherchaient à le surprendre « dans ses paroles, pour pouvoir l’accuser ensuite. Mais (( Jésus leur répondit en disant : Pourquoi violez -vous le a commandement de Dieu à cause de votre tradition? car a Dieu a dit expressément : Honore père et mère; et : « Quiconque maudit père et mère mourra. Mais vous « vous dites : Si quelqu’un dit à son père ou à sa mère : c( J’en fais le serment, ce que tu me demandes, j’aime <t mieux le léguer au temple, il n’a plus besoin d’honorer
« davantage son père ou sa mère. » Pour bien comprendre ce passage, il faut savoir que, dans Topinion des Juifs, celui qui promettait ou léguait quelque don au temple acquérait parla un nouveau degré dans le ciel, lors même que , par suite de ce don , son père et sa mère auraient été réduits à la misère et à la faim. Notre -Seigneur déclare ici, au contraire, que l’obligation de secourir son père et sa mère l’emporte sur celle d’acquitter les legs qu’on a promis à l’Eglise. De plus, lorsqu’un Juif déclarait cofban la dette de son débiteur, celui-ci devait payer aussitôt. Notre- Seigneur blâme encore celte règle. La Vulgale donne, avec quelques variantes dans la ponctuation et l’ordre des mots, la leçon que saint Jérôme semble avoir adoptée dans sa version ; et le texte porte : Munus est quodmmqae ex me tibi proderit. Ce que l’on peut traduire ainsi : « Ce « que je te donne pour te rendre service est un présent ,
« et non une dette. « La traduction française : « Tout don « que je fais à Dieu vous est utile, » ne présente aucun sens en cet endroit.
« Ainsi, vous détruisez avec votre tradition le coni- « mandement de Dieu. Et vous faites encore beaucoup « d’autres choses sembbbles. Hypocrites! Isaïe a bien a prophétisé de vous quand il dit : Ce peuple m’honore « seulement avec les lèvres, mais son cœur est loin de « moi. Leur culte est vain, car leui's doctrines ne sont « que des maximes et des ordonnances humaines. Puis , « ayant appelé le peuple, il leur dit : Écoutez- moi tous , (( et comprenez bien ceci. Ce n’est pas ce qui entre dans « la bouche, mais ce qui en sort qui souille l’homme. « Alors ses disciples s’approchèrent de lui , et l’interro- « gèrent à ce sujet. Mais il répondit : Toute plante que