‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 25 sur 190 · LE CHRIST ET HEELZEBLL · texte numérisé non relu

LE CHRIST ET HEELZEBLL

« ce dernier lui prend toutes ses armes, ou il mettait sa U confiance^ et distribue ses dépouilles. Lorsque l’esprit K impur est sorti d’un homme, il s*en va par des lieux « arides, et cherche le repos. Ne le trouvant point, il « dit : Je retournerai dans ma maison, d’oii je suis sorti. a II y vient donc, et, la trouvant nettoyée et ornée, il <c s’en va prendre sept autres esprits plus méchants que « lui; et entrant chez lui , ils y établissent leur demeure. « Et le dernier état de cet homme devient pire que le « premier. 11 eu sera ainsi de cette race mauvaise. »

Le Fils de Dieu était descendu du ciel pour renverser de son trône le prince de ce monde. Il l’avait vaincu dans le désert , et nous avait ainsi tirés des sombres abîmes de Fenfer. Mais lorsque l’ennemi chasse de nouveau l’esprit de Dieu de l’àme régénérée , et l’entraîne dans les voies de la perdition , les liens par lesquels l’enfer la lient enchaînée deviennent sept fois plus étroits, et le salut lui est par là même* plus difficile. Il en avait été ainsi de Madeleine. Après être revenue de ses égarements, elle était retombée dans le péché. En punition de son ingratitude , elle avait été possédée par sept esprits mauvais, jusqu’à ce que le Seigneur , par une grâce toute spéciale , la retira de nouveau de ses égarements.

L’apôtre des Gentils , dans son Épître aux Hébreux (vi, 4; X, 26), nous fournit un commentaire terrible, mais, hélas! trop vrai, de ces paroles de Notre-Seigneur quand il dit : » Il est impossilde que ceux qui ont été une « fois éclairés, qui ont goûté la grâce céleste et sont deii venus participants du Saint-Esprit , qui de plus ont « ressenti la douceur de la parole de Dieu et la vertu du a monde futur, cl qui après cela sont tombés, se ré-

« veillent en passant à d’autres sentiments, parce qu’ils «

(( crucifient de nouveau et tournent en dérision le Fils de « Dieu. Car si nous péchons volontairement après avoir (( reçu la connaissance de la vérité , il n’y a plus désor- « mais d’hostie pour les péchés; mais un jugement ter- « rible nous attend , et l’ardeur du feu qui doit dévorer « les contradicteurs. » Mais lorsque ces hommes, non contents de courir à leur perte, veulent encore entraîner avec eux les autres, oh ! alors, au lieu d’un seul démon qu’ils prétendaient chasser, ils tombent au pouvoir de sept autres, et les désordres d’une telle réforme sont pires que ceux auxquels elle voulait remédier. Luther luimême confirme et développe celte pensée quand il dit , dans son second sermon du premier dimanche de l’Avent : « Les hommes sont aujourd’hui possédés de sept diables, « tandis qu’auparavant ils n’en avaient qu’un seul. Le « diable entre maintenant chez eux par troupes; de sorte (( que, au milieu de la claire lumière de l’Évangile, ils « sont plus avares, plus perfides, plus dures, plus impu- (( diques, plus violents, plus audacieux et plus méchants « qu’ils n’étaient auparavant sous le papisme, [lena, i 565.)

La Judée elle-même était a cette époque comme possédée de l’esprit malin ; car le peuple juif avait forcé Dieu de s’éloigner de lui. Jésus, il est vrai , avait chassé Satan dans le désert; mais les Juifs ne voulurent point de la rédemption que l’ Homme-Dieu leur apportait. A peine le rideau du temple se déchira- t-il après sa mort que sept démons plus mauvais encore s’emparèrent du peuple déicide. L’obsession devint une véritable possession. Dès lors le monde païen fut lâché contre lui : un plus fort que lui le vainquit , lui prit ses armes en qui il mettait sa

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