‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 42 sur 190 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

La Transfiguration sur le Thabor.

tt Six ou huit joui*s après ce discours , Jésus prit avec « lui Pierre, Jacques et Jean, frère de celui-ci, et les « conduisit à part sur une haute montagne pour y prier. « et comme il priait il fut transfiguré sous leurs yeux : « son visage brilla comme le soleil, et ses vêtements « devinrent blancs comme la neige, d’une blancheur tt qu’aucun foulon ne peut donner sur la terre. » C*est l’apolre saint Pierre lui -même qui le raconta depuis. « Et tt voici que Moïse et Élie parurent dans la gloire. » L’un était le plus grand législateur, et l’autre le plus grand des prophètes. L’un était le fondateur, et l’autre le réfoimateur de l’ancienne théocratie; de même que Jésus était le consommateur du royaume de Dieu sur la terre, et celui en qui s’accomplissaient la loi et les prophètes. « Et ils s’entrete- « liaient de la fin que devait avoir Jésus à Jérusalem. Ce- « pendant le sommeil s’était emparé de Pierre et de ceux -tt qui étaient avec lui : et se réveillant, ils virent sa gloire « comme celle du Fils unique du Père, et.ils virent aussi -tt les deux hommes qui étaient avec lui. Et comme ceuxtt ci se séparaient de lui, Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Maître, nous sommes bien ici; faisons -y trois tentes, '« une pour vous, une pour Moïse, et une pour Élie. Mais tt il ne savait ce qu’il disait, tant ils étaient effrayés, .tt II parlait encore lorsqu’un nuage léger les enveloppa, >i «omme il était arrivé déjà une fois lorsque Notre -Seigneur fut baptisé dans le Jourdain. « Et pendant que ces

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« deux personnages entraient dans la nue, il en sortit « une voix qui disait : Voici mon Fils bien -aimé en qui « j’ai mis ma complaisance; écoutez-le.

a Ses disciples ayant entendu ces paroles, tombèrent la

« face contre terre , et furent saisis d’une grande crainte.

« Mais Jésus, s’approchant, les loucha et leur dit : Levez-

« vous, ne craignez point. Et aussitôt, levant les yeux et

n regardant de tous côtés, ils ne virent plus personne, que

« Jésus seul avec eux. Mais ils gardèrent le silence. Comme

« ils descendaient de la montagne, Jésus leur commanda

« de ne parler à personne de cette vision, jusqu’à ce que

a -le Fils de l’homme fût ressuscité d’entre les morts. Et • »

(f ils tinrent la chose secrète, et s’enlre-demandaienl ce « que voulaient dire ces paroles : Jusqu’à ce que le Fils de « l’homme soit ressuscité d’entre les morts. » C’était la première fois qu’il parlait avec eux de sa mort. « Mais tt ils gardèrent le silence, et ne dirent alors rien à périt sonne de ce qu’ils avaient vu. » (Marc., ix, 1. — Matth., x\ii, 1. — Luc, ix, 28. — Jeûnai, 14.)

C’est là la transfiguration qui se fit sur le mont Thabor, et qui forme le point culminant de la vie du Messie. Nous trouvons ici trois témoins d'en-haut qui lui rendent témoignage : Le Père et les deux grands prophètes de l’ancienne alliance ; et trois témoins vivant encore sur la terre , à savoir les trois disciples que Notre -Seigneur avait pris avec lui. Tous forment ensemble le nombre sept, nombre mystérieux et sacré. Trois fois dans sa vie la voix du Ciel s’est fait entendre : la première au Jourdain , la seconde au Thabor, eUa troisième au Golgolha , à la fin de sa carcarrière, quelques instants avant sa mort. Jusqu’ici Jésus avait enseigné ; il va maintenant commencer à souffrir et

Là vie de K. -s. Jésus-christ.

se préparer à mourir. L’époque de sa transfiguration coïncide précisément avec le milieu de sa carrière publique; car elle eut lieu vingt et un mois après son baptême, le 6 du mois d’août de l’an 780, ou 27 de l’ère chrétienne : il avait alors trente -deux ans sept mois et douze jours.

Le Thabor, c’est-à-dire, d’après l’hébreu, le sommet de la montagne, ou bien encore sommet de V élection, servait au nord de limite à la tribu d’issachar : il était à une demi -journée démarché au sud-ouest de Gapharnaûm. Il s’élève de la plaine sous la forme d’un cône coupé, jusqu’à une hauteur de 1760 pieds au-dessus du niveau de la mer , tandis que du côté du nord il est inaccessible , tant il est escarpé. Ses flancs sont couverts de chênes, de pistachiers et de fourrés épais pleins d’oiseaux et de gibier, tandis que sa crête forme une plaine fertile d’un circuit de 20 stades, que l’historien Josèphe fit entourer d’un mur pendant la guerre des Juifs. Il v fortifia ensuite la citadelle d’Itabyrion à l’endroit ou était autrefois, du temps de Josué , le fort d’ Asenoth - Thabor. C'était là que Barac avait campé avec ses. dix mille lorsqu’il marcha contre Sisara. C’est là que plus tard les Sarrasins, au moyen âge, élevèrent une forteresse contre les Croisés. Aujourd’hui tout cela n’est que des ruines; mais la montagne elle-même est toujours là comme la montagne de Dieu , dominant toutes les autres, placée au milieu de la contrée, et offrant au spectateur un magnifique horizon, d’oii il embrasse la mer Méditerranée, les hauteurs du Carmel, la mer de Galilée, le fleuve sacré du Jourdain, les montagnes d’Hauran, le mont Liban au nord ave.c son sommet couvert de neige, et au midi les montagnes de la Samarie. A ses pieds sont Capharnaüm, et plus loin la montagne

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