‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 66 sur 190 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Jésds quitte Capharnaiim , et maudit les villes qui n’avaient pas reçu

sa parole.

« Jésus se mit à faire des reproches aux villes où il « avait fait la plus grande partie de ses miracles , parce « qu’elles n’avaient point fait pénitence. H s’écrie : Mal- « heur à loi , Chorozaïn ! Malheur à toi , Bethsaïda ! Si « Tyr et Sidon avaient vu les miracles dont vous avez été « témoins , elles auraient depuis longtemps fait pénitence « dans le sac et la cendre. Mais, je vous l’assure, le sort . tt de Tyr et de Sidon, au jour du jugement, sera plus « supportable que le vôtre. Et toi, Capharnaûna, qui as <( été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusqu’à l’enfer ; « car si Sodome avait vu les miracles dont tu as été té- « moin , elle serait peut-être encore debout aujourd’hui. « Mais , je te le dis , le pays de Sodome sera mieux traité « que toi au jour du jugement. » Telles furent les dernières paroles que Jésus adressa à ces villes ingrates , qui n’avaient pas profité des bienfaits de sa divine présence. L’heure arrivait oîi il allait quitter la Galilée. Capharnaûm , où il habita pendant trois ans, n’existe plus ; deux palmiers seulement qui croissent au milieu des ruines et l’emplacement du port sont tout ce qui reste de cette ville , qu’il appelait sa seconde patrie. Chorozaïn et Bethsaïda ont entièrement disparu , et on ne sait même plus de quel côté du lac elles étaient situées. Ce n’est qu’au péril de sa vie que l’on peut trouver, à travers des sentiers déserts, les ruines de Gadara et de Gérasa, qui ont chassé le Sei-

JESUS QUITTE CAPHARNAUM.

gneur de leur enceinte. Déjà au temps d’Origène il ne restait plus aucune trace de Dalmai\utha et de Béthanie sur le Jourdain. Naïm n’est plus qu’un monceau de ruines, et l’on ne voit plus de Cana que quelques pierres avec de pauvres cabanes. Sarepta n’a plus un seul pied de vigne. La délicieuse contrée de Gennésareth est habitée aujourd’hui par les Arabes du désert, qui vivent à demi nus sous des tentes. Le palmier, ce signe de la victoire, a disparu de ce pays , que Dieu a livré comme une proie à tous les peuples de la terre ; et il ne reste plus qu’un seul palmier de la forêt célèbre qui s’élevait près de Jéricho. Une tour construite par les Sarrasins ou les croisés et quelques huttes arabes indiquent d’une manière douteuse l’endroit où était située cette ville , fameuse par son amphithéâtre et ses palais. On n’aperçoit plus çà et là que des cyprès qui ombragent les tombeaux d’un peuple étranger. Les ronces et les épines ont remplacé l’arbuste qui fournissait le baume.

Cinq villes, dans l’ancienne alliance, ont été frappées de la malédiction du Seigneur: Ninive, Sodome et Gomorrhe, Tyr et Sidon. Cinq a toujours été chez les Orientaux un nombre maudit , de même que sept est un nombre de bénédiction. Ils considèrent comnâe une malédiction de présenter à quelqu’un les cinq doigts. Cinq villes aussi sont maudites au jour du Messie; mais la malédiction qui pèse sur elles est mille fois plus terrible encore que celle qui a frappé les cinq premières. La prédication de Jonas avait suffi pour convertir Ninive. La mort du Messie n’a pu ramener Jérusalem à des sentiments meilleurs. Trois messagers célestes étaient entrés à Sodome au temps de l’ancienne alliance. Nazareth , comme un autre So-

dôme, avait vu dans ses murs le Fils de Dieu ; et ses habitants s’étaient montrés si ingrats à son égard , que pour ! échapper vivant d’entre leurs ntains il avait dû les frapper ' de cécité. Encore aujourd’hui ce proverbe : Peut-il sortir I quelque chose de bon de Nazai’eth ? se vérifie de la ma- j nière la plus complète et Ja plus effrayante. Capharnaûm \

s’est conduite comme Gomorrhe : le doux rayon de la '

grâce divine est tombé sur cette ville ingrate sans l’é- ^ chaufler; c’est pour cela qu’elle a disparu de la terre sans 1 laisser de trace après elle. Bethsaïda ou Beth Sidon et Cho- ^ rozaïn avaient imité Sidon et Tyr. Toutes ces villes de la Décapole , situées sur le lac béni de Gennésareth, ont été plus coupables que celles de la Pentapole, situées sur la ‘ mer Morte; car elles ont outragé non-seulement les mes- I sagers de Dieu, mais Dieu lui-même. C’est pourquoi le j Fils de l’homme, secouant la poussière de ses souliers sur ces villes, appela sur elles la justice du Ciel, et abandonna le pays de Gennésareth. Et cette contrée, qui était ,

autrefois un Eden délicieux où le Fils de Dieu conversait j délicieusement avec les enfants des hommes, comme il | avait fait avec nos premiers parents dans le paradis terrestre, est devenu un désert qui porte visiblement les ; traces de la malédiction divine. !

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