JÉSUS PASSE A TRAVERS UN CHAMP DE BLÉ
le second jour de Pâques tombait un jour de sabbat , parce que dans ce cas la fête de la Pentecôte arrivait sept sabbats après. La pâque ayant donc été mangée celte année-là le jeudi soir 14 du mois de nisan, le vendredi se trouvait le premier jour de la fête ; et c’est le jour suivant, c’est-à-dire le samedi 16 du mois de nisan, que Jésus avait guéri miraculeusement le paralytique à la fontaine de Bethsaida. Huit jours après, ou, comme s’exprime l’Écriture, le second sabbat après, le premier jour de la Pâque, Jésus passait par un champ de blé. « Or ses « disciples, ayant faim, se mirent à détacher des épis, a et, les froissant dans leurs mains, ils les mangeaient. » Ils s’en retournaient de Jérusalem après les fêtes, et passaient alors par la vallée de Cédron ou par la plaine de Jéricho, qui était la contrée la plus chaude de la Palestine, et où le blé mûrissait plus tôt qu’ailleurs. En effet, nous voyons, par ce passage de l’Évangile, que les épis étaient déjà mûrs dans les champs après la semaine de la Pâque, ou au 23 nisan , c’est-à-dire le 21 avril de l’an 27 de notre ère. Mais les épis qu’ils froissèrent dans leurs mains étaient des épis d’orge ; car le froment ne mûrissait qu’un mois plus tard, et il paraît qu’on ne cultivait point d’autres grains dans le pays. La température est toujours chaude dans le bassin de Jéricho, écrit l’historien Josèphe, lors même qu’il neige dans les autres contrées et sur les montagnes. Cependant, comme il n’était pas peimis de faire plus de 2,000 coudées de chemin le jour du sabbat, il est plus probable qu’ils étaient dans la vallée de Cédron, ou la moisson commençait précisément dans celte semaine. Détacher des épis avec la main était permis d’après la loi [Deuteron., xxiii, 25); mais c’était
un crime de les arracher le jour du sabbat; cl celui qui l’avait fait avec l’intention de transgresser la loi , et sans être pressé par le besoin, était lapidé. L’hvpocrisie pharisaïque des Juifs posait à ce propos une grave question, à savoir, si ce n’était pas faire subir aux épis une sorte de cuisson que de les rompre et les frotter dans la main lorsqu’ils étaient en pleine maturité. Aussi, « lorsque lespha- (I risiens virent ceci , ils lui dirent : Voyez, vos disciples « font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat.
« Mais il répondit : N’avez-vous pas lu (c’est-à-dire n’avez- ’tt vous pas entendu lire dans les synagogues) ce que fit (( David lorsque lui et ses compagnons eurent faim? Comw ment, au temps du grand prêtre Abiathar (Achimélech),
« il entra dans la maison de Dieu , prit et mangea les « pains de proposition , et en distribua à ses compagnons,
K quoique ni ces derniers ni lui ne pussent en manger,
« mais seulement les prêtres? Ou n’avez-vous pas lu dans « la loi que les prêtres, au jour du sabbat, dans le temple ,
« violent le sabbat sans se rendre coupables? Mais je vous tt le dis, il en est un ici qui est plus grand que le temple.
« Si vous saviez ce que signifie cette parole : Je ne veux a point de victimes , mais la miséricorde , vous n’auriez tt pas condamné des innocents; mais, je vous le dis, le « Fils de l’homme est maître du sabbat même. » Ordinairement on plaçait des gardiens dans les champs avant la récolte , pour les préserver contre les oiseaux* , les autres bêtes et les voleurs. Mais on avait déjà passé le sabbat d’avant la fêle, où l’on.présensait au Seigneur l’offrande qui consacrait la récolte : autrement les pharisiens auraient eu un second prétexte bien plus fondé encore en apparence que le dernier pour blâmer les disciples de.