‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 91 sur 190 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Question des pharisiens sur le divorce. De la dignité du célibat.

« 11 se rassembla de nouveau autour de lui beaucoup « de peuple qui l’avait suivi; et il les enseignait selon sa « coutume, et les guérissait en ce lieu. Les pharisiens re- « vinrent alors vers lui , et le tentèrent avec cette ques- « tion ; Est-il permis à un homme de congédier sa femme « pour quoi que ce soit? » Par cette question insidieuse, les pharisiens espéraient le surprendre, et trouver occasion de l’accuser auprès d’Hérode Antipas, qui avait renvoyé sa femme injustement. Au reste , ce désordre était devenu si commun que l’historien Josèphe raconte de lui-même que sa première femme le quitta, puis qu’il renvoya la seconde parce qu’elle lui déplaisait, pour en épouser une troisième, quoiqu’elle lui eût donné trois fils. Si le mal était si grand chez les Juifs, que devait-ce donc être chez les païens? Nous le savons en partie par ce que les historiens profanes nous racontent des mœüi*s de la Grèce et de Rome , et de la dissolution dont les femmes et les filles des empereurs eux-mêmes n’étaient pas exemptes. 11 suffit de se rappeler ici les noms d’Agrippine, de Poppée, de Julie, fille

(l’Auguste, de Messaline, de Fausline, etc., et ce que dit Senèque, à savoir, que les femmes ne comptaient plus leurs années par les consuls, mais par le nombre des hommes qu’elles avaient eus. Le mariage, qui est le fondement de la société civile , était tombé par là dans un tel mépris, qu’à Rome personne ne voulait plus se ma-

rier, et que l’on fut obligé d’établir un impôt sur les célibataires. Le monde, se trouvait donc alors à peu près dans le même état qu’avant le déluge, lorsque, selon l’expression des livres saints, les fils de Dieu s’unirent aux filles des hommes,' et qu’il sortit de cette union une race mauvaise et corrompue. Nous ne pouvons lire sans étonnement la peinture que saint Paul nous fait des mœurs de son temps dans le premier chapitre de son Épître aux Romains. Strabon (xii , 5 , 8 ) ne nous raconte-t-il pas que, dans la ville de Comane en Cappadoce, six mille femmes se prostituaient pour honorer Vénus. 11 fallait, pour sauver l’humanité, que Dieu descendit sur la terre, et nous laissât sa vie comme modèle et son sang comme remède.

Notre - Seigneur, quoiqu’il vît bien où les pharisiens voulaient en venir avec leur question, leur répondit franchement : « N’avez-vous pas lu que le Créateur, au com- « mencement, créa l’homme et la femme. A cause de a cela, l’homme quittera son père et sa mère, et s’atta- « chera à sa femme, et ils seront deux dans une seule « chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule (( chair. Or l’homme ne doit pas séparer ce que Dieu a « uni. Ils lui dirent alors : Pourquoi donc Moïse a-t-il or- « donné de lui donner une lettre de congé et de la rentt voyer? » On voit que les pharisiens étaient disposés à tt prendre l’exception pour la règle, et une simple per-

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