‹ La vie de N.-S. Jésus-ChristChapitre 92 sur 190 · QUESTION DES PHARISIENS SUR LE DIVORCE · texte numérisé non relu

QUESTION DES PHARISIENS SUR LE DIVORCE

mission pour un commandement. Notre- Seigneur revint donc à ce qu’il avait dit déjà dans le sermon de la montagne. « 11 leur répondit : A cause de votre dureté de « cœur, Moïse vous a permis de congédier vos femmes;

« mais il n’en était pas de meme à l’origine. Pour moi,

« je vous le. dis: Quiconque renvoie sa femme, si ce tt n’est pour adultère, et en épouse une autre, commet (( un adultère. Et quiconque épouse une femme séparée « de son mari commet aussi un adultère.

(( Ses disciples le questionnèrent de nouveau sur ce « sujet à la maison , et lui dirent : S’il en est ainsi des « rapports de l’homme avec sa femme, il n’est pas avan- « tageux de se marier. 11 leur dit ; Tous ne comprennent « pas cette parole , mais ceux-là seulement à qui il a été « donné de la comprendre. Car il y a des eunuques <( qui le sont de naissance ; il y en d’autres qui le sont « devenus par la main des hommes; et enfin il y en a « qui se sont faits eunuques eux-mêmes pour le royaume « du ciel. Que celui qui peut comprendre comprenne.» Ainsi parla le Sauveur, en cette circonstance, à ses apôtres; et comme chez lui la parole et l’action se confondent, on peut dire qu’en prononçant ces paroles il fonda le célibat dans son Église. Les Juifs n’avaient aucune idée de la dignité du célibat ; car, jusqu’à ce que le Messie fût né , toutes les bénédictions étaient attachées à la génération corporelle. Aussi regardaient- ils déjà comme un crime pour un homme de ne pas se marier. « Jusqu’à la « vingtième année de l’homme, dit le Talmud, Dieu re- (i garde s’il prend une femme ou non; mais après ce »( temps il le maudit. Celui qui se marie avant cet âge a « un grand avantage; car il donne ainsi, en quelque sorte.

«un coup de poing sur la figure du salan des désirs. » Le Sohar enseigne que Dieu ne descend que sur deux personnes ensemble, et qu’à cause de cela il est absolument nécessaire que lout homme, le grand pontife luimême, soit marié. Bien plus, celui qui ne se marie pas retarde la venue du Messie : car, d’après la doctrine des cabalisles, l’àme d'Adam, souillée par le péché, est purifiée par la propagation du genre humain. Là tachei originelle perd de son intensité en se communiquant; et à mesure qu’un plus grand nombre d’hommes prennent part à la lutte contre le mal, et à la réconciliation de l’humanité avec Dieu, l’apparition du Messie est hâtée. C’est pour cela aussi que le sacrifice d’un homme qui n’est pas marié, ou qui n’a pas d’enfants, n’est pas agréable au Seigneur. Cette règle , d’après la doctrine des cabalisles encore , ne souffre qu’une exception : c’est en faveur de ceux qui veulent se livrer à l’étude de la loi et à la considération des choses divines. « Ainsi parle l’Éter- « nel à propos des eunuques, qui observent le sabbat, « gardent mon alliance et cherchent à faire ce qui me « plaît. Je leur ferai un monument dans ma maison et « dans mes demeures, et leur donnerai un nom qui « vaudra mieux que des fils et des filles, un nom ineffa- « çable et éternel. »

Au reste , l’idée de la chasteté et de la continence n’était pas étrangère au peuple d’Israël. Ne dut-il pas vivre dans la continence pendant les trois jours qui précédèrent celui oîi la loi lui fut donnée sur le Sinaï? Les prêtres qui étaient de service dans le temple ne pouvaient paraître comme médiateurs entre Dieu et l’homme, ni manger dès victimès, s’ils ne s’y étaient préparés par la continence

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