Mais ce témoignage ne suffisait point
18. Alors le grand prêtre, se levant au milieu de l'assemblée, dit a Jésus : Vous ne répondez rien à ce dont ces hommes vous accusent?
19. Mais Jésus garda le silence, et ne répondit rien. Le grand prêtre l'interrogea de nouveau , et lui dit : Je vous adjure, au
* y 13. Caïphe et Anne, et peut-être encore plusieurs autres qui portaient aussi ce nom. Anne, après avoir renvoyé Jésus de son audience , s'était immédiatement rendu au conseil des Juifs dans les appartements de son gendre.
* f 16. Jésus n*avBlt pas dit d*une manière affirmative et eo quelque sorte menaçante : Je détruirai le temple, comme les témoins le supposaient faussement; il avait seulement dit liypotliéliqucment : Détruisez ce temple; c'est-à-dire, supposez que ce temple suit détruit, et Je le rebâtirai en trois jours. (M. Dupiif.)
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c. ci.rîsio» FUios Deî, noiïi du DIgu vivaut , de nous dire si vous êtes le Chrisl, Fils de Dieu (béni soit-il)*.
je«.aniemdîxiiimt gO. Jésus lui dit .' Oui , je le suis; et umTd«,rri«o'ÛD"; vous verrez le Fils de l'homme assis à la bwcodi, droite de la vertu de Dieu , et venant sur
les nuées du ciel.
•TuncprîncepsMcer- 21. Alors le grand prêtre déchira ses Z'q^riùh^c'^l^m vêlements S et dit : Il a blasphémé ! Qu'a- *"^'^"*^ vons-nous encore besoin de témoins?
k Audfciis busphe. 22. Vous avez entendu le blasphème :
ini«in : quid vobis %'ide-
!iYvl^l°«r«e''^am fl"^ ^'^^^ ^^ scmblo? Et tous prononcèrent qu'il méritait la mort.
mort».
* f 19. Jo vous adjure I je vous prends à serment! grave infraction à cette règle de morale et de jurisprudence, qui ne permet pas de placer un accusé entre le danger du parjure et la crainte de se charger soi-même et d'empirer sa situation.
(M. DupiR.)
^ f il, En déchirant ainsi ses vêtements, Calphe, sans le savoir, s'est dépouillé lui-môme de sa dignité sacerdotale, oubliant cet ordre donné au grand prêtre : Il notera point la tiare de sa tète, et il ne déchirera point ses vêtements. Ainsi, <) Caïphe I vous êtes devenu l'artisan de votre propre honte; et par cette exécution volontaire, vous témoiguez que l'ancien sacerdoce, et avec lui l'ancienne loi, ont cessé. (Saint LAor.)
8 Un des satellites qui étaient présents lui donna un soufflet. ^ Quand je pense, quand je réfléchis à cette action infâme ^ je frémis de tous mes membres, ma chair frissonne et la terreur pénètre mes os. Dieu, notre Père, Dieu, le créateur du monde, apparaît devant un pon. tife, comme un voleur. Et Tun des satellites lui donne un souffletl Quand je pense à cette action infâme, ma chair frissonne et la terreur pénètre mes os. Le serviteur trône sur son siège, et le Maître est debout, devant lui. Les deux furent épouvantés, la terre fut ébranlée jusque dans ses fondements , les anges et les archanges se cachèrent ' sous leurs ailes, les chéiiibins, les séraphins, consternés d'épouvante, se heurtèrent les uns les autres, quand cet homme d'iniquité, cet homme d'infamie osa donner un soufûet, au Sauveur du monde. mon Dieu, comment Tunivers entier ne s'est-il pas abîmé dans les ténèbres quand il a vu son Créateur soufCrir un tel outrage? bonté
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souveraine! douceur incompréhensible! le Seigneur n'en fut point irrité. Quand j'y réûéchis , Tadmiralion consterne mon âme et la terreur pénètre mes os. Le Créateur, qui tira Thomme d'un peu de poussière, reçoit un sourflet de la main qu'il fornia. Oh! prenons bien garde de n'écouter ceci que comme un récit ordinaire; qu'il soit au contraire l'objet de nos plus profondes réflexions, de nos méditations les plus pieuses. Dis-moi^ homme d'iniquité, homme d'infamie , voué à l'exécration des siècles , dis-moi , homme sans pudeur, ignoble tissu de perversité, quel motif, quel esprit infernal t'a poussé à outrager ainifi le Seigneur ton Dieu? On donne un soufflet aux esclaves quand on les affranchit. Mais Dieu, le libérateur du monde, était-il ton esclave? Et quelle récompense atlendais-lu du pontife pour donner ce soufflet? N'avais-tu pas entendu, ne savais-tu pas que celui sur qui tu levais la main est le Fils de Dieu , le souverain Maître de l'univers? Infâme! ma langue se refuse à parler plus longtemps de ton crime; sois maudit dans le feu éternel; tu seras l'esclave du plus abject des hommes, l'opprobre et l'abomination de tous, la honte même des réprouvés ! Et Judas indigné repoussera ta main ! Seigneur, mon Dieu, Votre douceur est un mystère.pour nous. Votre serviteur vous donne un soufflet, et vous lui répondez avec calme, avec déférence. Le serviteur exerce sa colère, le maître sa patience; plus le serviteur s'irrite, plus son maître fait preuve de douceur. A ce récit, qui pourrait contenir son indignation et sa colère? mon doux Sauveur! votre patience est un mysière. (Saint Eparem.)
8. Et di'S qu'il eut dit cela^ un des satellites qui étaient présents lui donna un soufflet , en disant : C'est ainsi que vous répondez au grand prêtrp? — Qu'avait donc répondu le Sauveur du monde, interrogé par le grand-prêtre, et qu'avait-il dit qui dût lui attirer un tel outrage? Anne lui demandait compte de sa doctrine, et, pour la justifier devant ce pontife, il l'avait renvoyé à ses disciples, et voulait que sur ce point ils fussent ap[)elés en témoignage. Était-ce là un crime, et fatlait-il pour cela l'insulter et lui meurtrir le visage d'un soufflet? Mais ne raisonnons point ici selon les lois de la justice : elles y sont toutes violets; et le moyen que le bon droit eût quelque part dans un jugement où la passion domine, et l'une des plus violentes passions, qui est l'envie? Ce que nous devons uniquement considérer, comme le sujet tout ensemble de noire admiration et de notre imitation, c'est l'invincible constance du Fils de Dieu dans une circonstance capable dedéconcer-
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ter et de troubler rhomme le plus ferme et le plus maître de luimême. Voilà ce qu'il avait prévu et sur quoi il s'était déjà si clairement expliqué quand il disait par la bouclie de son Prophète : Je n'ai point détourné mon visage pour me mettre à couvert des coups de mes ennemis , et de toutes les extrémités où ils se portaient contre moi. Voilà par où il a prétendu nous former nous-mêmes aux injures, et nous apprendre comment nous devons les recevoir : leçon si nécessaire dans le commerce de la vie ! (Bourdaloue.)
8. Un des satellites qui étaient présents donna un soufflet à Jésus ^ en lui disant: (Test ainsi que vous répondez au grand prêtre?— Quelle épreuve pour la patience de Jésus-Christ I un soufflet reçu, et reçu devant une nombreuse assemblée , reçu comme un châtiment et une correction, reçu de la main d'un homme méprisable 1 Le Sauveur du monde n'a qu'à prononcer une parole , et le feu du ciel descendra pour foudroyer cet audacieux qui l'a frappé. Je dis plus : et non-seulement il est en pouvoir de se venger sur l'heure d'un tel affront, mais, selon toute raison, il semble y être engagé et le devoir. NéanmoinSi iln'en fait rien. S'il répond à cet insolent qui l'outrage, ce n'est point en 8'élevant ni en se récriant, mais avec une modestie et une douceur que rien n'altère. Si j'ai mal parlé, lui dit-il, faites voir en quoi; sinon, pourquoi me frappez-vous? Voilà où il s'en tient, et toute la satisfaction qu'il demande. Il voulait nous doimer un modèle sensible de la patience qu'il exige comme législateur de la loi nouvelle» Après cet exemple , il faut, se taire et céder : il s'est fait semblable à nous , et de même nature que nous , afin de nous ôter tout prétexte ; et comme il est Dieu en même temps qu'il est homme , son exemple est la plus haute condamnation de nos délicatesses infinies, de nos sensibilités extrêmes sur tout ce qui concerne le faux honneur du siècle ; de nos impatiences et de nos vivacités , que rien n'apaise , que rien ne modère, que rien ne peut satisfaire. Dans le monde on se fait un point de conduite et de sagesse de n'être pas si bon ni si endurant; on s'applaudit d'avoir accoutumé les gens à nous craindre et à nous ménager. Il n'y a pas jusqu'aux âmes saintes, ou prétendues telles, dont la conduite en ce point ne soit trop souvent en contradiction avec l'exemple que donue Jésus-Christ. Ce sont de hautes montagnes, des montagnes élevées presque jusqu'au troisième ciel par la sublimité de leurs sentiments et de leurs vues; mais allez tant soit peu heurter contre elles; qu'il vous échappe une parole, un geste, un air de mépris, une
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légère contradiction qui les choque : ce sont des montagnes fumantes et embrasées ; ou si elles ne produisent rien au dehors , c'est pour nourrir en secret un venin cachée mais qui n'agira, selon les rencontres, que plus efficacement et plus malignement. Écueil fatal à Tinnocence de tant d'âmes du reste les plus irréprochables. (Bourdaloue.)
12. Et les 9atell%tes j prenant Jésus, le conduisirent à la demeure de Caïphey ie grand prilre, où les Scribes et les anciens du peuple s'étaient i-ûssemblés.^ Voilà le premier tribunal où le Fils de Dieu fut présenté, et où les hommes portèrent contre lui un jugement que j'appelle j ugement de passion. C'étaient les ennemis de Jésus-Christ qui siégeaient; et, contre toutes les lois de Téquité, ils se déclarèrent alors ses juges. Les mêmes qui rayaient hautement persécuté, les mêmes qui par un dessein formé avaient entrepris de le faire péiir, les mêmes qui étaient connus dans Jérusalem par leur animosité et leur haine contre lui: ce furent ceux qui prirent séance pour décider sa cause. Ils avaient la rage dans le cœur, une maligne envie les piquait et les irritait ; possédés de ce démon, ils méditaient une vengeance d'éclat, et c'est dans cette disposition qu'ils tinrent conseil. A quoi pensons-nous? disaient-ils, on ne parle plus que des miracles de cet homme; tout le monde court après lui ; le peuple l'écoute comme un prophète; si nous le souffrons plus longtemps, il nous détruira : il vaut donc mieux le prévenir; et puisque sa ruine est le seul moyen nécessaire pour empêcher la nôtre, il faut nous bâter de le perdre... Mais il fallait un prétexte. Ah ! la passion en manque-t-elle jamais? et quand elle n'en aurait point d'autre, le masque de la piété n'a-t-il pas été de tout temps le voile spécieux dont elle a su se couvrir? Ils font passer cette conjuration pour un vrai zèle : Caïphe la leur propose comme un expédient nécessaire pour le bien et le salut du peuple; et Jésus-Christ sera jugé et condamné à mort, le jour même que Ton célébrait la Pâque, sans respecler la solennité, sans déférer à la coutume, sans garder nulle bienséance.
(BOURDALOUB.)
13. Or^ les grands prêtres et tout le conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le livrer à la mort , et ils n'en trouvaient point. — Quelle procédure, quelle forme observa-t-on dans ce jugement? Point d'autre que celle que la passion leur suggéra. Au défaut de la vérité, ils emploient l'imposture et la calomnie d'un grand nombre d'accusateurs , qui ne parlaient ni conséquemment ni à leur gré ; ils en subornent deux dont l'accusation vaine et frivole est reçue
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avec applaudissement. Us pressent le Sauveur de répondre s'il n'est pas vrai qu'il se soit vonlé de délruire le temple de Dieu et de le réliblir trois jours après ;et, quoiqu'il se fût expliqué d'une manière à faire entendre aux plus grossiers que c'était du temple de son corps qu'il s'agissait^ ils lui font de celte marque qu'il avait voulu donner de son pouvoir un prétendu crime. Le grand prêtre lui commande par le Dieu vivant de déclarer s'il est en effet le Christ ^ Fils de Dieu ; et sans autre examen, ayant tiré de lui cet aveu, il crie au blasplième, il déchire ses vêtements, et déclare que Jésus est digne de mort. Jamais la passion prononça-t-elle un jugement plus irrégulier? Mais elle ne se contente pas de l'avoir prononcé , puisqu'au même instant, malgré toutes les lois de l'humanité, elle en vient à l'exécution. A peine Caïphc a-t-il conclu au nom de tous contre Jésus-Christ, que chacun d'eux, oubliant sa qualité de juge , ne pense plus qu'à l'outrager et à l'insulter : les uus lui crachent au visage, les autres le chargent de coups, ceux-ci lui donnent des soufflets, ceux-là lui bandent les yeux, et, en le frappant, le déflent de dire celui qui le frappe. (Bolrdaloie.)
14. // y en eut beaucoup qui rendirent contre lui de faux témoignages. — Que ne disent-ils poinlcontre Jésus-Christ, et sous quels traits le dépeignent-ils! Cet homme dont toute la conduite fut toujours la plus droite el la plus irréprochable ; cet homme qui , dans ses paroles et dans ses actions, fut toujours la douceur même, la patience, la charité, l'humilité, la sainteté même; cet Homme-Dieu, pour qui le fontils passer? Pour le plus méchant des hommes; pour un perluibaleur du repos public, qui veut changer le gouvernement, et révolter toute la nation; pour un usurpateur qui prétend se faire roi; pour un impie, qui blasphème la loi de Moïse , et qui ]ftrle même de renverser le temple de Dieu. Une parole qu'il a dite dans le sens le pins juste , et avec l'intention la plus pure et la plus innocente , ils la relèvent , ils l'empoisonnent, ils l'interprètent à leur gré, el lui en font un sujet de condamnation. Ne nous en étonnons pas 4 c'est que ce sont des gens prévenus; c'est qu'ils ont le cœur envenimé , et que , dans cet état, on aiguise sa langue, afin de porter les coups les plus douloureux et les plus mortels. (Bourdaloie.)
19-20. Je vous abjure, au nom du Dieu vivanty de nous dire si vous êtes le Chrislj Fils de Dieu... Jésus lui dit: Oui, je le suis; et vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la vertu de Dieu, et venant sur les
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nuées du ciel. — Celait leur dire : Vous ne voulez pas me reconnaître dans ma bassesse ; tous me reconnaîtrez un jour, lorsque je paraîtrai sur une nuée de gloire, environné de puissance^ de terreur et de majesté. Je parais ici comme un criminel; je serai alors votre juge et celai de toutes les nations assemblées. Il parle en Dieu, tout chargé qu'il est de chaînes et d'opprobres ; mais il nous fait aussi entendre que dans le siècle à venir tout changera de face; que le pauvre et Taffligé seront assis sur des trônes de lumière et de gloire; que ces hommes justes^ qu'on foule aux pieds, et dont on méprise tant ici-bas la faiblesse d'esprit et la prétendue médiocrité, brilleront alors au milieu des airs comme des astres purs, et jugeront l'univers avec Jésus-Christ; tandis que les grands et les puissants, ceux qui jugent la terre, qui paraissent ici-bas les arbitres de la fortune et de la destinée des peuples et des empires, ne paraîtront plus couverts que de leur orgueil et de leurscrimes. Cependant un aveu si terrible, et si capable de ralentir la fureur de ces juges, est pour le Sauveur une réponse de mort. Ce pontife indigne déchire ses vêtements sacerdotaux, et prophétise, sans le savoir, par cette action, que le voilà dépouillé pour toujours de la dignité de son sacerdoce, dont Jésus-Christ, nouveau pontife, va prendre possession à la droite de son Père, dans le sanctuaire véritable, où il sera toujours vivant afin d'intercéder pour nous, lia blasphémé, s'écrie-t-il ; nous n'avons plus besoin de témoin. Ce juge corrompu devient l'accusateur; toutes les règles de l'équité sont ici violées : il n'attend pas les suffrages, il les inspire. Pas un seul dans celte assemblée, autrefois la {ilus vénérable du monde, n'ose se déclarer prolecteur de l'innocence ; tout entre lâchement dans la passion du chef; il ne se trouve pas même un seul Gamaliel, qui, par des conseils de modération, tâche du moins de suspendre l'iniquité de cette sentence; et sans qu'aucune délibération ait précédé, il s'élève du milieu de celte assemblée inique des voix tumultueuses qui prononcent que Jésus-Christ est digne de mort: Reus est morlis. (Massillon.)
21. Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, et dit: Il a blasphémé/ QijC avons-nous encore besoin de témoins^ — Un juge qui s'irri(c, qui s'emporte au point de déchirer ses vêtements; qui impose à l'accusé un serment redoutable, et qui incrimine ses réponses : il a blasphémé. Et dès lors il ne veut plus de téuioignoge, quoique pourtant la loi les exige 1 II ne veut plus d'une enquête dont il a reconnu l'impuissance l II s'eflbrre d'y suppléer par des interrogatoires nu 19
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captieux ! Il ireut, ce que la loi des Hébreux défendait encore^ que Paccusé soit condamné sur sa seule déclaration^ telle qu'il Ta traduite luimême et lui seul ! Et c'est au milieu du plus \iolent transport de colère que cet accusateur^ lui grand prêtre, qui croit parler au nom du Dieu vivant^ opine le premier pour la mort^ et qu'il entraine subitement les autres suffrages... A ces traits hideux je ne puis reconnaître cette justice des HébreuXj dont H. Salvator trace un si brillant tableau dans sa Théorie. (M. Dupin.)
ÉLÉVATION
A peine quelques jours se sont écoulés^ Seigneur^ depuis votre entrée triomphante à Jérusalem, que ce même peuple qui allait au-devant de vous en s'écriant : a Gloire et honneur au fils de David^ d vous poursuit aujourd'hui de ses outrages et demande à grands cris voire mort. L'un d'eux même, voulant plaire à un juge corrompu en outrageant l'innocent traduit à son tribunal , ose porter sur vous une main sacrilège: vous pouviez l'anéantir. Seigneur, et vous vous contentez de représenter à cet homme grossier Tinjuslice de l'action qu'il vient de commettre. Vous vouliez nous apprendre que la vengeance ne nous appartient pas, et que si vous, qui étiez sans péché, vous avez voulu supporter ainsi avec calme et dignité les outrages des hommes, à plus forte raison, nous qui sommes coupables, devons-nous les accepter, puisque vos humiliations n'expieront nos fautes qu'autant que nous unirons nos propres abaissements à ceux auxquels vous vous êtes soumis. Bon Sauveur, comme vous étiez ^nu en ce monde pour rendre témoignage à la vérité, vous répondez au grand prêtre, quoique vous sussiez bien qu'il espérait trouver dans votre réponse un motif de vous condamner. Vous nous apprenez par-là que s'il est des circonstances dans lesquelles la sagesse permet ou autorise le silence, il en est d'autres où nous manquons à nos devoirs de chrétiens, quand la crainte ou le respect humain retient en nous la vérité captive. En nous montrant ainsi. Seigneur, toute l'étendue de nos devoirs, vous nous engagez de la manière la plus puissante à les accomplir. Qu'il en soit ainsi. Seigneur I
KKi'iOTii-; in;:s'^ IMKHHK
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