Alors Pilate prit Jésus et le fit flageller
22. Ensuite les soldats du gouverneur le conduisirent dans la cour du prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la cohorte.
* y 20. L'accusation de Jésas, suscitée par la haine des prêtres jaifs et des Pharl* si3ns, présentée d'al)ord comme accusation de sacrilège, ensuite convertie en délit politique et en crime d'État, fut marquée, dans toutes ses pluises, des souillures de la violence et de la perfidie. C*est moins un jugement environné de formes légales^ qu'une véritable passion, une souffrance prolongée où l'inaltérable douceur de la victime rend plus manifeste encore racharnement de ses persécuteurs. (M. Ddpiii.A
S16 LA TIE DE N. S. JÉSUS-CHBIST. eu. crx.
•El eiaentes enm, 23. Et raVdDt dépOUÎllé de SCS vétC-
•luaaijfnem coccinecm * *■
ciriuii,dede.iioiei; mciits , lls le couvrireiit d'un manteau de
pourpre.
dc^;p?i!ifî'"î2.«^"'«. 2i. Et tressant une couronne d'épines *, S^em'^^ifejl'^u"^^ ils l'enfoncèrent sur sa tête, et lui placé-
VA sinn fleio «nie eum, . . • i • < « • i
iiiujeb.nl ei, diceoies: rent daus Id maiu droite un roseau; et ils
Av«i Ru Jodsoram.
se mirent a le railler, à s'incliner devant lui en disant : Salut, roi des Juifs.
.cc'lVTnri:;^ 25. Et ils crachaient sur lui , et ils pre-
eijcrcaiieb.nl capui ^^j^^j ,^ ^^^^,^^ ^^ ^^ frappaîeut sa tête.
bii poneniM gcoua 26. Et, fléchîssant le cenou , ils l'ado-
a<lorabtnl eum, *eld«- ' O '
bani ei tiap... Taicut et lui donnaient des soufflets.
* f 24. Selon la tradition latine à Jérusalem, la couronne de Jésas-Christ fut prise mr l'arbre épineux lycium ipinosum. Mais le savant botaniste Hasselquist croit qu'on employa pour celte couronne le na6Aa des Arabes. Lu raison qu'il en donne mérite dêtre rapportée: « Il y a toute apparence, dit-il, que lenabka fournit la cou<* ronne que l'on mit sur la tète de Notre- Seigneur : il est commun dans rOrient. Oo no pouvait choisir une plante plus propre ^ cet usage ; car elle est armée de piquants, SCS branches sont souples et pliantes, et sa feuille est d'un vert foncé comme celle du lierre. Peul-étre les ennemis de Jésus choisirent-ils, pour ajouter l'insulte au châtiment, une plante approchant de celle dont on se servait pour couronner les empereurs et les généraux d'armée. » (Db Château briand.)
1-2. PilalCy ayant convoqué les Princes des prêtres, les magistrats et le peuple, leur dit: Vous m'avez présenté cet homme comme soulevant la nation; et voilà que Vinterrogeant devant vous, je n'ai trouvé en lui rien de ce dont vous Paccusez. — Pilale était trop éclairé pour ne pas voir la fausseté des accusations que formaient les Juifs contre le FUs de Dieu. Après l'avoir interrogé lui-même, il ne trouvait rien qui lui parût digne de mortj et, selon un reste d'équité que son cœur ne pouvait démentir, il pensait aux moyens de sauver le juste opprimé par la calomnie^ et de le délivrer des mains de ses persécuteurs. C'était une coutume depuis longtemps établie et constamment observée, qu'à la solennité de Pâque on élargit un prisonnier, et qu'on en laissât au peuple le choix. Or, entre les autres, il y en avait un plus connu par sescrimes : c'était Barabbas, homme convaincu de meurtre.
en. eu. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 317
de séditions, des attentats les plus noirs, et pour cela réservé au dernier supplice. Que roccasiou, ce semble, était favorable au dessein de Pilate! 11 ne la manqua pas : il s'adresse en particulier aux Princes des prêtres et aux anciens de la synagogue; il s'adresse en général à tout le peuple assemblé devant lui. Qui des deux, leur dit-il, mettrai-je en liberté à cette fête, et qui voulez-vous que je renvoie, ou de Barabbas, ou de Jésus. S^il eût eu à traiter avec des esprits moins prévenus et moins possédés de leur barbare envie contre le Sauveur des hommes, y avnit-il lieu de douter qu^ils ne se déclarassent en sa faveur, et que, dans une telle comparaison, ils ne prissent au moins des sentiments assez équitables pour ne pas le rabaisser au-dessous d'un scélérat et d'un infâme? Pilate l'espérait, il se Tétait promis ; mais que peut-on se pronîetlre d'une populace émue, conjurée, furieuse, surtout quand de faux docteurs secondent ses emportements, et qu^elIe se voit autorisée des mêmes chefs qui devaient l'arrêter et la réprimer? Ce n'est donc de toutes parts qu'une même voix, qu'un mêmecri^ pour demander le coupable et pour condamner l'iunocent. Ne nous parlez point de cet homme, répondent-ils; mais donnez-nous Barabbas. Quelle surprise pour Pilate! et une si éîrange résolution ne dut-elle pas le troubler et le déconcerter? En vain, pour calmer cette émotion populaire, fait-il de fortes instances, et veut-il, pour les convaincre, entrer en raisonnement avec eux. Dans l'ardeur forcenée qui les transporte, ils sont incapables d'entendre aucune raison, et de s'y rendre. S'il leur dit. Que prétendez-vous que je fasse de Jésus qui porte la qualité de Christ? sans hésiter un moment et sans autre procédure , ils prononcent l'arrêt de sa mort, et concluent qu'il le fiiut crucifier. Si, prenant une seconde fois la parole, il exige d'eux qu'ils produisent ce qu'ils ont ù déposer, et (|n'ils en viennent à la preuve de leurs dépositions, en répliquant, Mais quel mal a-t-il fait? ils croientce détail inutile, et ne daignent pas s'y engager ; il faut que le juge s'en rapporte à leur droiture et à leur dôsinlére. sèment: Si ce n'était pas un méchant, lui disent-ils, nous ne l'aurions pas amené à votre tribunal. Sur cela nouveaux mouvements, nouvelles poursuites , nouvelles clameurs: Qu'on le mette en croix, et qu'il périsse ! Enfin Pilate ose leur remontrer que c'est le roi des Juifs, et que d'atlenler à sa vie c'est pour eux le crime le plus énorme, ils protestent hautement qu'ils ne le reconnaissent point, qu'ils n'ont point d'autre roi que César. (Bourdalole.)
2-3. Vous m'avez présenté cet homme comme soulevant la nation; et voilà que l'interrogeant devant vous^ je n'ai trouvé en lui rien de ce dont
318 LA TIE DE N. S. JÉSUS CHRIST. en. cix.
VOUS l' accusez; ni Hérode non plus. — Vous voyez ici deux hommes, dont l'un gouverneur el Tautre roi, rendant le même témoignage sur rinnocence de Jésus-Christ. Ni moi, ni Hérode non plus, dit-il. A cela que diront les Juifs? Les juges sont d'accord que cet homme n'est point coupable; les Juifs ne peuvent prouver contre lui. A qui faul-il croire, grand Dieu? Comme la vérité sait bien se faire jour I Jésus garde le silence^ ses ennemis témoignent en sa faveur. Les Juifs l'accusent à grands cris; personne ne souscrit à leurs clameurs. Mais Pilate était faible; un sentiment de crainte pouvait chez lui triompher de la vérité, il redoutait que la calomnie ne l'accusât d'avoir absous un rebelle; il chercha à se réconcilier les Juifs en leur accordant quelque chose : Je le renverrai après Vavoir fait flageller, leur dit-il. Or, au jour de la fête le gouverneur avait coutume de délivrer aux Juifs le prisonnier qu'ils voulaient. Trois fois Pilate leur demanda, lequel voulezvous de Barabbas ou de Jésus? et trois fois ils crièrent contre Jésus^ préférant un homicide au saint et au juste. C'est ainsi que l'avait prédit le Seigneur par la bouche d'Osée: Malheur à eux parce qu'ils se sont retirés de moi I ils seront désolés. Us m'ont outragé et je les ai rachetés, et ils ont publié des mensonges contre moi ; leurs princes périront par le glaive, à cause de la fureur de leur parole. (TnÉoPHiLACTB.)
9. La coutume est que je vous délivre un criminel à la fêle de Pdque. — Cette coutume s'était introduite dans les derniers temps, comme on lo voit dans le Talmud et dans les Évangiles. En efifet, depuis que les pères du grand conseil, en partie par un ménagement mal entendu pour les malfaiteurs, en partie à cause du nombre toujours croissant des criminels, en partie aussi par suite du pouvoir exorbitant des gouverneurs romains, avaient perdu le droit déjuger les procès criminels, en cessant de tenir leurs séances dans la salle nommée Gazith, ce qui arriva 40 ans environ avant la ruine de Jérusalem, ils avaient obtenu du gouverneur la faculté de délivrer à la fête de Pâque l'un des malfaiteurs condamnés à mort. Us obtinrent d'autant plus ce privilège que les Romains eux-mêmes, dès les temps les plus anciens , dans leurs bacchanales et dans certaines autres fêtes, délivraient les malfaiteurs, ouvraient les prisons, suspendaient ou arrêtaient les procès commencés, en souvenir de ce que les dieux étaient autrefois descendus parmi les hommes, les avaient délivrés delà barbarie, et avaient institués ces fêtes joyeuses. Cet usage existait aussi chez les Grecs et chez les Égyptiens à la fête d'Amun^ chez les Tyriens à celle d'Hercule Helcarthe,
€B. cix. LA YIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 319
chez les lUIiotes à la fête de Saturne, au mois de septembre. Pour rappeler cette indulgence prophétique et typique à la fois^ qui existait chez les Juifs à la fête de Pâque, les empereurs Yalentinien, Théodore etArcadeavaientcoutumed'ac^order le premier jour de iafètc une amnistie générale pour tous ceux qui avaient commis quelque délit peu considérable. Et vraiment ce serait un beau spectacle si quelque prince chrétien avait la sainte pensée de délivrer chaque année, le vendredi saint ou le jour de Pâque, un criminel repentant , en souvenir de ce que THomme-Dieu a délivré en ce même jour du péché et de Tenfer le genre humain tout entier. (D' Sepp.)
12. Or^ pendant que Pilate était assis sur son tribunal, sa femme M envoga dire: Ne vous mêlez point de ce qui concerne cejusle^ car f ai beaucoup souffert aujourd'hui en songe à cause de lui. — D'après le témoignage de la tradition^ la femme de Pilate s'appelait Claudia Procula» il est probable qu'elle était atfranchie de la famille Claudia, d'où Fempereur Tibère était issu, et que c'est à cette circonstance qu'elle devait son premier nom. C'est peut-être elle aussi qui, par son alliance avec cette puissante famille» avait poussé son mari et lui avait obtenu la place de préteur, de même que plus tard Félix fut nommé gouverneur parce qu'il était affranchi de l'empereur Claude* La famille des Pontius avait pris peut-être le nom de Pilatus de Parme romaine nommée ptVa, javelot. Ce qu'il y a de certain, c'est que Virgile et Martial emploient ce mot comme adjectif. Claudia eut un songe. Le paganisme tout entier vivait comme dans un monde de songes et d'illusions, et les païens se laissaient diriger, dans leurs actions les plus inijiortantes, par des présages et des visions de cette sorte. Dans le sommeil, les deux mondes, celui de la réalité et le monde des illusions, se reflètent l'un dans l'autre. Mais ici, dans cette nuit mémorable de la PassioH du Sauveur, l'événement qui allait s'accomplir se présente dans son affreuse réalité à l'imagination de la femme de Pilate. Et de même que Calpurnia, avertie par un pressentiment mystérieux, voulut empêcher Jules César de se rendre au sénat le jour où il devait y être assassiné, ainsi Procula veut épargner à son mari une démarche Inconeidérée. (D' Sepp.)
21. Alors PikUe prit Jésus et le fit flageller. — Si le gouverneur n'attendit pas la réponse à cette «queslîoin, Qu^esl-ce que La vérité, c'est sans doute parce qu'il se rappela au même instant qu'il avait coutume de délivrer, le jour delà fête, le criminel que les Juifs lui demundaie nt.
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et il sortit pour leur demander s^ils voulaient délivrer Jésus. Mais cotiinie les Juifs ne consentirent pas à sa proposition, il est à croire qu'il ne le fit flageller que pour apaiser leur fureur^ pensant qu'après cette punition, ils ne demanderaient pas sa mort. 11 le fit donc fla^el* 1er; mais ordonna-t-il aux soldats de le couvrir d'un manteau de pourpre, d'enfoncer sur sa tête une couronne d'épines, de le railler, de lui donner des soufflets, de lui cracher au visage? L'évangéliste se horne à raconter les atrocités des soldats. Il est pourtant difûcile de croire qu'ils se fussent portés à de pareils excès si le gouverneur ne les y avait au moins autorisés. Par sa douceur et par sa patience, Jésus- Ctirisl trace une route aux martyrs, et leur apprend à ne point faillir, quelque atroces que soient les douleurs, quelque humiliants que soient les outrages qu'ils auront à subir pour son nom. Lui, dont la puis<ance n'a pas de limites; lui, dont la royauté n'est pas de ce monde et qui n'a qu'à faire un signe pour ébranler et détruire tous les empires, il vent vaincre ce monde superbe par sa patience et par son humilité. Il jeta la semence en un champ d'opprobre, pour l'y faire grandir dans la gloire. (Saint-Augustin.)
21. Alors Pilote prit Jésus et le fit flageller. — Jésus est donc livré à la fureur des soldats; et c'est ici, chrétiens, où je veux que voire foisupplce à mon discours : il servirait de peu de vous attendrir sur les souffrances du Sauveur; il vaut bien mieux que vous fassiez de Jésus-Christ souffrant le modèle de vos mœurs et le motif de votre pénitence. Des bêles féroces se jettent sur son corps sacré; on le dépouille; celui qui était roêlu de la lumière comme d'un vêlement n'est plus ici couvert que de sa propre confusion: et, par la honte profonde de sa nudité, il répare vos scandales. On le meurtrit et on le déchire par celte exécution barbare : ce n'est plus qu'une plaie hideuse qui le couvre; mais la force manquera plutôt aux soldats sacrilèges que la patience à cet. Agneau divin. Puis on le détache du poleau infâme; on le revêt d'une robe de pourpre; on met en ses mains accoutumées à lancer la foudre, un fragile roseau; on enfonce profondément sur son chef sacré une couronne d'épines; on jette sur son visage un voile ignominieux; on se prosterne pour lui rendre des hommages de dérision et d'insulte. Ah ! dérobons à notre douleur les indignités que la suite de son histoire oflfre à notre souvenir : détournons les yeux des soufflets sacrilèges dont on le charge, des crachats infâmes dont on couvre le Fils unique de Dieu. (Massillon.)
cn.cix. LA TIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. 5Î1
21. Alors Piîate le prit et le fit flageller. — Comment se fait-il que 'es évangélistes n'aient écrit que ce peu de paroles au sujet de cette flagellation, le plus douloureux comme le plus humiliant des mystères de la passion de Jésus-Cbrisl? Pourquoi ont-ils voulu dérober à noire foi et à notre piété la connaissance de toutes les circonstances qui durent raccompagner? Et s'ils n'ont rien voulu dire, ni des instruments employés à déchirer la chair sacrée de TAgneau divin , ni du nombre des coups quil reçut, ni de l'abondance du sang qu'il répandit, ni de la fureur brutale des bourreaux , pourquoi nous cacher encore les dispositions admirables dans lesquelles la victime devait se trouver pendant qu'elle était immolée pour notre salut d'une manière si atroce? Savez-vous la raison de ce silence? C'est parce que toutes ces choses se trouvaient déjà , depuis bien des siècles , rapportées d'une manière très-détaillée dans les livres de l'Ancien-Testament, qui contiennent non-seulement les prédictions générales , mais encore les récits circonslanciés de plusieurs faits de la vie du Sauveur. Les évangélistes se taisent donc sur les particularités de la flagellation de Jésus, par la raison qu'elles avaient déjà été désignées avec le soin le plus minutieux parles prophètes, que Jésus-Christ lui-même appelle ses historiens anticipés, puisqu'ils ont écrit sa vie avant même qu'il parût sur la terre. (Le R. P. Ventura.)
22. Ensuite les soldats du gouverneur^ ayant emmené Jésus dans la cour du prétoire^ rassemblent autour de lui toute la cohorte^ etc. — Jamais la barbarie fut-elle plus ingénieuse à satisfaire son aveugle fureur? Ils avaient entendu dire que Jésus prenait la qualité de roi; et pour se jouer de cette royauté prétendue, selon leur sens, le dessein qu'ils iorment est de lui en déférer avec une espèce de cérémonie et d'appareil, tous les honneurs, et d'observer à son égard tout ce que l'on a coutume de pratiquer envers les rois. Après Tavoir conduit hors du prétoire , on lui présente un siège qui doit lui servir de trône, on lui commande de s'asseoir; tous se rangent autour de lui. Ce n'est pas assez : afin de le revêtir des marques de sa dignité, on le dépouille de ses vêtements, collés sur son corps déchiré et ensanglanté i)ar la cruelle flagellation qu'il a endurée; ou lui jette sur les épaules un manteau de pourpre, comme son manteau royal; on lui met à la main un roseau qui lui tient lieu de sceptre. On fait plus encore : pour dia* dème on prend une couronne d'épines qu'on lui enfonce sur la lêle... Les épines appliquées avec force le percent de toute part; autant de pointes, autant de plaies; le sang coule de nouveau ; et depuis la plante
ni. 21
Sis LA VIE DE N. 8. JÉSUS-CHRIST. ch. ax.
des pieds jusqu'au sommet de la tête, il n'y a plus rien en cet homme de douleur qui n'ait eu son tourment et son supplice. Voilà comment la Synagogue a traité son Roi; voilà comme elle a traité votre roi et le mien; voilà comme on a traité le Maître et le Roi de toute la nature : indignité que nous détestons; mais, tandis que nous la détestons dans les autres, que ne la délestons-nous dans nous-mêmes I Car nousmêmes, n'en avons-nous pas usé cent fois de la sorte à Tégard de Jésus- Christ? (BOURDÀLOCE.)
ÉLÉVATION
Les hésitations et la faiblesse de Pilate doivent être pour nous l'objet de sérieuses méditations, bon Sauveur; elles doivent nous convaincre de la nécessité de résister à Tesprit du mal dès le commencement de son attaque, car celui qui hésite est déjà vaincu. Notre ennemi, dontla ruse égale la malice nous conduit dans Tabime en nous affaiblissant peu à peu par des prévarications dont il a soin de nous déguiser les suites, mais qui nous mènent presque toujours au but qu'il s'était proposé. Nous nous indignons. Seigneur, de la préférence accordée par les Juifs à un meurtrier , sur vous qui aviez rempli leui*s villes et leurs bourgades de vos bienfaits : mais nous aussi nous vous préférons Barabbas, lorsque, pour suivre de malheureux penchants , nous étouffons la voix de notre conscience. Vous voulez recevoir de notre libre choix rhommage que nous vous devons, et nous faisons usage de notre liberté pour nous donner à notre ennemi. bon Sauveur, vous souffrez en silence la plus douloureuse flagellation, les outrages sans nombre dont vos ennemis vous accablent, et par votre exemple vous condamnez les vives plaintes que nous faisons éclater quand nous sommes appelés à prendre part au calice d'amertume que vous avez bu jusqu'à la lie. Ahl n'oublions plus que vous êtes entré dans votre gloire par les douleurs et par les opprobres, et que nous ne pourrons y arriver qu'en nous faisant un honneur en regardant comme un triomphe d'avoir été jugés dignes d'être associés à vos ignominies.