‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 19 sur 179 · Car beaucoup sont appelés, mais · texte numérisé non relu

Car beaucoup sont appelés, mais

peu sont élus.

Maltl eoim iOAt toctli.paidTerbflectj.

7. Peut-être qu'en voyant mon FilSy ils le respecteront. — Il avail de quoi se faire respecter par sa doctrine admirable et par ses miractes. Mais^ cependant, ils Font tratné hors de la vigne, hors de Jérusalem, sur le Calvaire, et ils Tout inhumainement tué par les mains de Ponce- Pilate et des Gentils. Admirez combien vivement Jésus les presse, comme il leur découvre ce qu'ils machinaient, ce qu'ils allaient accomplir dans deux jours. Ne devaient-ils pas être attendris et déconcertés^ d'autant plus qu'ils venaient de prononcer eux-mêmes sur la conséquence de ce crime?... Écoute, chrétien! lis ta destinée et celle des Juifs; mais lis et écoute dans ton cœur; tu succèdes aux Juifs dans la vigne du Père de famille; sois fidèle à rendre à ton Maître les fruits de vertu que tu lui dois. (Bosscjbt.)

13. Oui^ reprit Jésus ^ il viendra; et il perdra ces vignerons y et il louera sa vigne à d'autres. — Comme la vengeance divine s^est appesantie sur le peuple juif depuis que les perOdes vignerons, à qui le père de famille avait confié le soin de la vigne, ont tué les serviteurs qu'il leur avait envoyés, et jusqu'au Fils de Dieu lui-même ! Chassés de leur ville, ils n'ont la liberté d'entrer dans Jérusalem que pour un seul jour. Ils n'y viennent que pour déplorer la perte qu'ils en ont faite : encore faut-il qu'ils achètent à prix d'argent la permission de pleurer la ruine de leur patrie. Comme autrefois ils ont acheté le sang de Jésus-Christ, ils sont maintenant contraints d'acheter leurs propres larmes; et jusqu'à leurs pleurs, tout leur est vendu. A. l'anniversaire du jour où Jérusalem fut prise et ruinée par les Romains, on voit accourir les restes m. 4

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de ce malheureux peuple avec les marques du deuil : les femmes courbées sous le poids de Vâge^ les vieillards chargés de haillons^ comme d'années, se mêlant dans la foule ^ portant sur leur corps, et presque sur leur visage, Pexpression visible de la colère divine. Cette multitude lugubre déplore la ruine du temple, pendant que la croix du Sauveur, placée sur le sommet de l'église du Calvaire , brille à tous les yeux; pendant qu'au-dehors comme ao-dedans de TAnastasie , église de la résurrection du Sauveur, Tor éclate de toutes parts, et que, de tous les endroits de la ville de Jérusalem, on aperçoit l'étendard de Jésus- Christ déployé sur le mont des Oliviers. Ce double spectacle iait sentir la profonde misère de ce peuple ingrat; mais il n*excite poinl la compassion, dont son opiniâtreté le rend indigne; ses larmes seraient intarissables ; et les femmes, dont les cheveux sont épars et les bras livides à force d'en frapper leurs poitrines, ne cesseraient pas de s'affliger, si le soldat avare ne comptait ces moments, et ne mettait une nouvelle taxe sur de nouvelles larmes. (Saii«t Jérôme.)

13. Oui, reprit Jésus, il viendra, et il perdra ces vignerons; et il donnera sa vigne àd' autres. Ce qu'ayant entendu, les Princes des prêtres lui dirent : A Dieu ne plaise t — Us avaient en horreur ce qu'ils faisaient. Hs étaient ceux qui, après avoir tué les prophètes, voulaient encore tuerie Fils; et néanmoins, quand on leur dit qu'ils le voulaient faire, ils s'écrient : Â Dieu ne plaise! ne se connaissant pas eux-mêmes et ne voulant pas croire que celui quUls faisaient mourir pût être le Christ^ ni que sa mort pût attirer la réprobation de la nation ; car ils ne connaissaient pas que la contradiction et la souffrance était un des caractères du Messie dans son premier avènement. Mais le Sauveur leur ouvrait les yeux par deux prophéties : La pierre quMls ont rejetce en bâtissant est devenue la pierre de l'angle, la pierre principale, le nœud et le fondement de tout l'édifice. Cette pierre principale était sans doute le Christ. Or celte pierre devait être rejelée : le Christ devait donc être rejeté, par qui sinon par ceux à qui il venait de parler? 11 n'y eût rien eu de merveilleux qu'il ne fût pas écouté ni reçu de ceux à qui il ne parlait pas^ tels qu'étaient les Gentils. Hais les Juifs qui devaient bâtir l'édifice spirituel réprouvèrent cette pierre, qui devint par ce moyen la pierre de l'angle qui unit dans un seul bâtiment les Juifs et les Gentils. Et c'est ce qui nous a paru merveilleux et un ouvrage que Dieu seul pouvait accomplir. Voici encore un passage d'un autre prophète^ ou plutôt deux passages prononcés par le même esprit^ et pour cela

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unis en un : « Je poserai dans les fondements de Sion une pierre, une pierre choisie et éprouTée^ une pierre angulaire, précieuse, fondée sur le fondement^ sur Dieu même. » El celte pierre si précieuse et si inn portante pour construire Tédifice n'y sera pas mise sans contradiction. Car pour tous, 6 enCants de Dieu^ tirés des Gentib selon les conseils de la prédestination étemelle y ce tous sera une pierre de sanctiflcalion semblable a celle sur laquelle Jacob avait dormi de ce sommeil mysté* rieuz, et qu^l sacra avec de l'huile pour être un monument de la gloire de Dira* Mais ce sera une pierre contre laquelle on se heurtera ; et une pierre de scandale aux deux maisons dlsraël^ et qui les fera tomber ; un pîége et une ruine aux habitants de Jérusalem : plusieurs s'y heurteront et ils tomberont, et ils seront brisés, et ils seront pris dans la pîége, et ils seront enlacés. » Le Christ devait être cette pierre unique et fondamentale, et néanmoins en même temps il devait être un scan« dale à Jérusalem; scandale aux Juifo, disait saint Paul. Celui qui sa heurtera contre cette pierre et qui tombera dessus sera brisé, et celui sur qui elle tombera sera écrasé et mis en poudre de scm poids, dit I* SauTeor. Jésus -Christ est notre règle et notre juge. On tombe sur cette pierre, et on se heurte contre cette règle quand on pèche; ell» tombe sur nous quand il nous punit : Fun suit l'autre. Le pécheur qui s'est venu briser, et a perdu toute sa force en transgressant la loi de Jésus-Christ, est écrasé par sa juste et éternelle Tengeance. (Bossim.)

16. Celui ftfî tombera sur celte pierre sera brisé; et celui sur gui eU$ tanU^era sera réduit en poudre. ^ Que sont devenus et ces rois «t ces peuples, et ces puissants et ces sages du siècle, que Ton a vus autrefoisdéclarer i l'Église une guerre & outrance t Us ont été vaincus, disper^ ses, réduits au silence, anéantis. A quoi ont abouti et Torgueil, et la sanguinaire audace, et les révoltes continuelles de la nation juive f Ok est ce Simon le Magicien, qui ouvrit la carrière à l'hérésie et les voies à l'Antechristl A la suite de ce maître d'erreur, qu'est devenu son disciple Hontan, ce trop fidèle imitateur de ses sacrilèges séduciionst Où sont Harcion et Yalentin, Manès et Basilide? Où est aujourd'hui Néron avec ses bûchers. Valence avec ses proscriptions ? Tant d'autres maîtres du monde qui les ont égalés dans leur haine contre l'Église^ un Julien entre autres, transfuge de ses drapeaux pour passer à ceux de l'idolfttrie/où sont-ils t Que sout devenus Arius, Ammonius et les autres fabricaleurs d'hérésies; tous ceux, en un mot, qui résistèrent opiniâtrement aux progrès de la vérité? Us ne sont plus^ Tous ont été

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jetés au vent en punilion de leurs blasphèmes; l'Église seule subsiste, s'élevant immuable sur tous les débris. Si vous ne croyez pas à ce que je vous dis, croyez du moins à ce que vous voyez. Combien de tyrans ont essayé d'anéantir TÉglise I que de tortures employées contre elle t cheyalets, chaudières ardentes, animaui dévorants, glaives homicides, tout a été vain. Que sont devenus ceux qui lui avaient déclaré la guerre ? Ds ne sont plus; leur nom n'a pu se sauver de Foubli. L'Église, où est-elle? Elle brille d'un éclat plus vif que celui du soleil. Les édits des persécutions ont passé ; les promesses faites à FÉglise sont impérissables.

(Saint Iean-Chrysostômb.) 20. Le royaume des deux est semblable à un roi qui fit les noces de son fils. — On voit avec quelle convenance la sagesse éternelle arrange les choses. Rien n'était plus convenable dans le temps qu'on machinait la mort du Sauveur, que de parler comme il a fait aux chefs d'une si noire conspiration, en leur faisant voir quels en seraient les effets et combien funestes à eux-mêmes et à toute la nation. Il était bon aussi de prévenir le scandale de la croix, et faire voir que si le Sauveur était rejeté, s'il devenait un scandale aux Juifs, il n'en serait pas moins, selon les anciennes prophéties , la pierre de l'angle, le fondement de tout l'édifice et l'espérance du monde. Le Fils de Dieu enseigne toutes ces vérités deux jours avant celui de sa mort. Rien n'était plus capable ni de corriger la malice de ses ennemis ni de prévenir le scandale de ses disciples. Ce qu'il va encore ajouter n'est pas moins à propos. Et Jésus répondant leur dit. Ce mot de répondre pourrait marquer qu'il continuait sou discours. Le Fils de Dieu qui voyait le fond des cœurs, répondit souvent aux pensées secrètes de ceux qui l'écoutaient, comme il parait par plusieurs endroits de l'Évangile. Après avoir dit qu'il se choisirait un autre peuple, il n'y avait rien de plus naturel que de rechercher en soi-même les causes les plus générales qui feraient abandonner les Juifs et les moyens qu'il aurait pour remplir sa maison. C'est ce qu'il explique par la parabole suivante : a Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fait à son fils un festin de noces. » Jésus-Christ était l'époux de cette noce, a Celui qui a l'épouse esl Tépoux, » disait saint Jean-Baptiste en parlant de lui : c'est lui qui était venu pour épouser son Église, la recueillir par son sang , la doter de son royaume, la faire entrer en société de sa gloire. 11 fait un grand festin quand il donne sa sainte parole pour être la nourriture des âmes, et qu'il se donne lui-même à tout son peuple comme le pain de vie éternelle, a II envoya ses serviteurs pour appeler aux noces ceux qui y

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étaient conTiés^ mais ils refusèrent d'y venir; il envoya encore d'autres serviteurs avec ordre de dire : Tout est prêt, venez aux noces. » Ceux qui étaient invités, et qui refusaient de venir, étaient les Juifs qu*il avertit par lui-même et qu*il fit avertir par ses apôtres : que Theure du festin était venue, qu'ils vinssent promplement ou qu'il en appellerait d'autres. Cela regardait les Juifs; mais cela nous regarde aussi. Nous sommes à présent les invités et nous devons apprendre ce qui empêche les hommes de venir à ce céleste festin. La cause la plus générale, c'est Toccupation et pour ainsi dire Tenchantement des aflfaires du monde. Jésus ne rapporte pas les affaires extraordinaires qui surviennent dans la vie. C'est le train commun des affaires qui occupe et qui enchante les hommes, de manière qu'ils ne se donnent pas le loisir de penser à leur vocation ni d'écouter Jésus-Christ qui les appelle à son festin. Tous négligeaient sa parole : l'un allait à sa métairie^ l'autre à son négoce, et personne ne l'écoutait (Bossuet.)

24. lyautres se saisirent des serviteurs j et, après les avoir accablés d^ outrages, ils les tuèrent. — C'est en effet ce qui arriva au Sauveur» Les uns ont résisté ouvertement à la prédication de l'Évangile; mais la cause la plus générale de le rejeter fut la négligence. Ils négligèrent : négligence causée par l'occupation des affaires de la vie. Il avait déjà fait cette parabole en une autre occasion , et saint Luc qui nous la rapporte, nous rapporte en même temps les vaines excuses de ceux qui ne venaient pas au festin. Les uns disaient, j'ai acheté une métairie ; les autres, j'ai acheté des bœufs pour le labourage; les autres, je me suis marié. Ceux-là ne méprisaient pas ouvertement la parole; mais^ occupés des soins du monde, ils allaient et venaient sans songer à rien qu'à leurs affaires. Us ne disaient pas : je n'ai que faire de vous, ni de voire festin ; ils s^excusaient avec une espèce de respect. Je vous prie, disaient-ils, excusez-moi pour cette fois. C'était plutôt un délai qu'un refus. Telle est la vie humaine. On venait dire aux Juifs, aux Romains, à tout le monde : une grande chose est arrivée à Jérusalem, la vérité s'y est manifestée et la voie a été ouverte pour le bonheur de la vie future. Que m'importe! Chacun passait son chemin et allait à ses affaires : l'un à la ville, l'autre à la campagne; chacun avait son plaisir ou son petit intérêt. Combien plus étaient enchantés ceux qui n'étaient pas seulement occupésde leursdomestiques comme les pai ticuliers^ mais qui, attachés à ce qu'on appelle les grandes affaires du monde, ne disaient das seulement : J'ai acheté une métairie, ou j'ai pris une femme;

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mais f ai une pnrvince J^ai une armée, f ai une importante négociatioD, fai Tempire entier à conduire. Qui se souciait en cet étal de ce quV Tait dit Jésus-Christ? Ou qui se mettait en peine de s'en informer? Telle est la parabole que Jésus-Cbrist avait déjà faite et qu'il trouva à propos de répéter peu de jours avant sa mort. Il 7 ajouta pour les Juifs Pendroit qui les regardait et les noires machinations qu'ils faisaient entre eux pour le perdre. «Quelques-uns firent mourir les serviteurs qui les appelaient au festin, et le roi en colère envoya ses armées et perdit ces meurtriers, et mit le feu à leur ville qui fut réduite en cendres.» Encore une fois, appliquons-nous cette parabole. Tout ce qui conspire contre la justice en quelque manière que ce soit, conspire contre Jésus-Clhrist. Qui opprime les pauvres, Tattaque; qui n'est pas avec lui est contre lui ; qui néglige ses commandements et les foule aux pieds, le crucifie et tient son sang pour impur. Lisez saint Paul^ vous en trouverez la sentence dans son épttre aux Hébreux. (Bossuet.)

30. Mon ami, comment iles-vous entré ici sans la robe nuptiale? — C'est au Seigneur Jésus seul qu'il appartient d'adresser cette question aux pécheurs. Pour nous, ministres de son temple, nous accueillons tous ceux qui se présentent; préposés à la garde de la porte, nous la tenons ouverte. Peut-être étes-voas venus ici avec une ftme souillée parle péché, peut-être vos intentions sont-elles coupables; vous êtes entrés cependant, vous avez été admis, votre nom est inscrit sur le registre. Voyez-vous cette vénérable enceinte! Voyez-vous Tordre et la régularité de nos saints exercices 1 Voyez- vous comme on lit ici avec recueillement les saintes Écritures? Voyez-vous la suite et Tenchatuement des instructionsi Que cet aspect touche votre cceur et qu'il éclaire votre esprit t Si vos sentiments ne sont point en harmonie avec ce qui 6e passe dans ce saint lieu, sortez aujourd'hui sans honte* et de vouSr même ; demain vous reviendrez mieux disposé. Si vous portez la robe de Tavarice, changez-la pour venir au milieu de nous ; quittez, quittez tout vêtement impur. Déposez vos passions honteuses, prenez la robe blanche de Tinnocence et de la pudeur. Je vous en avertis avant que l'époux de nos âmes, Jésus-Christ, ne soit entré dans la salle et qu'il ne remarque vos vêtements souillés par la fange du péché. Vous avez assez de temps ; passez quarante jours dans la pénitence. Vous pourrez^ dans cet intervalle, vous dépouiller de tout ce qu'il y a d'impur en vous, vous laver de vos fautes, prendre un vêtement sans tache, puis vous revendrez sans crainte à la table du grand roi. (S. GnuLU db JAbusauev.}

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31. Lieg'Uti les pieds et les maint, et jeteX'U dans les ténèbres exti^ rieures; là seront des pleurs et des grincements de dents. — Par le» eotraves de la seoteoce, on lie les pieds et les mains à ceux qui n'ont pas Toolu être retenus dans les règles d'une vie meilleure* Ceux qui se sont affranchis des bonnes œuvres, sont maintenant liés dans la peine* On lie les pieds de ceux qui n'ont pas visité les malades, et les mains de ceux qui ont refusé l'aumône i l'indigent. Geux qui se lais* sent maintenant lier dans le vice, seront alors liés malgré eux dans les supplices et les tourments. Remarquez cette expression, Jetez*ledans les ténèbres extérieures. Cest qu'il y a des ténèbres intérieures que nous appelons l'aveuglement du cœur, et des ténèbres extérieures qui sont la nuit de la damnati<Mi éternelle. Alors le damné sera jeté, n<»i dans les ténèbres intérieures, mais dans les ténèbres extérieures; après être tombé par sa volonté dans l'aveuglement du cœur, il sera, à son grand regret, précipité dans la nuit de la damnation. Là, nous dit l'Évangile, seront des pleurs et des grincements de dents : il faut que dans l'enfer les dents grincent à ceux qui dans cette vie ont élé les esclaves de la gourmandise ; que là les yeux pleurent, pour avoir ici dévoré tant d'objets de concupiscence. Il faut que chaque membre ait son tourment, comme chaque vice a eu son esclave. Après cette sentence particulière, le Seigneur en prononce une générale : Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. Quelle parole terrible l Pour le présent nous sommes tous appelés par la foi, et nous venons tous aux noces du Roi céleste ; nous croyons de cœur et nous confessons de bouche le mystère de son incarnation; nous prenons tous part au festin de sa divine parole; mais au jour du jugement le Roi entrera pour voir ceux qui sont à sa table. Que nous soyons appelés, nous le savons; mais sommes-nous élus 7 nous ne le savons pas. Quoi de plus propre que cette ignorance à nous abtmer dans notre néant! Le plus grand nombre ne commencent pas même à faire le bien; beaucoup, après avoir commencé , ne persévèrent pas. L'un, après avoir passé sa vie dans f égarement, revient enfin par la pénitence à des voies meilleures; Tautre, au contraire, termine par une chute déplorable une vie qui pa* raissait excellente. Un autre commence le bien avec ardeur et le continue avec plus de courage encore; un autre qui a mal commencé, se plonge chaque jour plus avant dans Tabtme du vice. Que chacun de nous donc cndgne pour lui-même, parce qu'il ignore ce qui Tattend.

(Saitvt GatGoniB, pape.)

32. Beaucoup sont appelés^ mais peu sont élus. — N'entrons point

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dans ces questions impénétrables de la grftce et dans ce ténébreux mystère de la prédestination, mais tenons-nous-en à ce qu'il a plu à Dieu de nous révéler. C'est un myslère qui a servi de fonds aux hérésieSy faisons-en pour nous un mystère de foi ; c^est un mystère où l'on a donné aisément dans Terreur^ attachons-nous aux décisions de l'Église; c'est un mystère dont les libertins se sont prévalus pour demeurer dans leurs dérèglements, servons-nous-en pour nous exciter à la pratique des bonnes œuvres. Dieu me commande d'espérer en lui, puisqu'il m'a obligé de l'invoquer comme mon Sauveur , puisqu'il m'invite à la pénitence^ puisqu'il me punit si je ne la fais pas, et que par là il m'apprend que je puis la faire, si je le veux, et mé sauver. Voilà ce que je ne puis ignorer, ce que je reconnais, et ce qu'il me suffit de connaître pour me soutenir, pour m'animer, pour m'encourager.

(BOUEDALOCE.)

ÉLÉVATION

Ce festin nuptial auquel tous sont appelés. Seigneur, c'est le ciel: vous connaissez notre faiblesse et l'inconstance de notre nature, mobile comme l'onde; vous savez que ce qui frappe nos regards attire notre cœur et Tentraîne; aussi ne vous lassez- vous pas de nous rappeler, par les images les plus saisissantes, que nous ne sommes que des voyageurs, qu'au terme du chemin il y a une patrie où nous sommes attendus, désirés, et que des biens dont nulle chose ici-bas ne saurait nous donner l'idée, seront éternellement la récompense de quelques jours de fatigues et de travaux. Et rien ne nous touche; nous marchons, car il ne dépend pas de nous de nous arrêter; mais ce n'est point vers la salle du festin que nous dirigeons nos pas : les affaires, les plaisirs, les hommes nous entraînent tour à tour par des routes opposées, mais dont le terme est le même. Nous remettons au soir, auquel nous sommes si incertains de parvenir, à nous préparer au banquet où nous avons été conviés; aussi combien trouveront fermées les portes du palais et entendront le maître justement irrité leur dire : Vous n'avez pas trouvé le temps de vous revêtir de la robe nuptiale qui devait vous faire admettre dans la salle des noces, il est trop tard maintenant, éloignezvous, je ne vous reconnais plus. Mon Dieu ! mon Dieu I préservez-nous d'un si grand malheur! Nous sommes sûrs d'être appelés; notre volontéi aidée de votre grâce, fera de nous des élus.

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