Mais celui qui persévérera jusqu'à la fin, sera sauvé
25. Et quand cet Évangile du royaume de Dieu aura été prêché dans le monde entier, et en témoignage à toutes les nations, alors arrivera la fin *.
* ftk. Cotte parole peut s'entendre des vflfes et même des nations anssi bien que des membres qui les composent. Toutes celles qui ont persévéré dans la foi en Jésus-Christ ont été sauvées, tandis que celles qui ont abjuré cette foi salutaire se sont perdus et ont bientôt disparu de la scène du monde.
^ f 25. Ces derniers versets doivent s^entendro de la fin du monde. Comme il 8*agit, dans toute cette propfiéiie, de deux événements distincts et pourtant liés entre eux par des rapports intimes, 11 ne faut pas s'étonner de voir le Fils de Dieu parler tantôt de l'un ou de l'autre séparément, et tantôt des deux ensemble.
cir. xa. LÀ TIC DE N. 8. lÉSUd-CHRISt. i(»
cùm aotem Tïderîiîs 26. Of, lofsque VOUS vcrrcz Jérusalem
Tppro !""*" îil'**iïïiî investie par une armée, sachez que sa des-
***'^"*- truction approche.
3-4. Et comme quelques-uns faisaient à Jésus cette réflexiony que le temple était bâti avec d'énormes pierres^ et ornéd*une infinité de dons^ il leur répondit : Je tous le dis en vérité, viendront des jours où, de toutes ces grandes constructions, tout sera détruit, et Pon n'y laissera pas pierre sur pierre. — Le ▼ingt-quatrième jour de juillet, les Romains mirent le feu à une galerie du temple^ qui communiquait arec la forteresse Antonia; et les Juifs en abattirent le comble.... Tandis que le feu déforait ce superbe temple, les soldats, ardents au pillage, tuaient tous ceux qu'ils y rencontraient. On ne saurait rien imaginer de plus épouvantable que le bruit dont Tair retentissait de toutes parts. Car, quel n'était pas celui que faisaient les légions romaines dans leur fureur? quels cris ne jetaient point les factieux qui se voyaient environnés de tous côtés de fer et de feut quelles plaintes ne faisait point entendre ce pauvre peuple qui se trouvait alors dans le temple, et dans une telle frayeur qu'il se jetait, en fuyant, au milieu des ennemis? et quelles voix confuses ne poussait point jusqu'au ciel la multitude de ceux qui, de dessus la montagne opposée au temple, voyaient un spectacle si affreux? Ceux mêmes que la faim avait réduits à une telle extrémité, que la mort était prête à leur fermer pour jamais les yeux, apercevant cet embrasement du temple, rassemblaient tout ce qu'il leur restait de force pour déplorer un si étrange malheur; et les écho» des montagnes d'alentour, et du pays qui est au-delà du Jourdain, redoublaient encore cet horrible bruit. Mais, quelque épouvantable qu'il fût, les maux qui le causaient Tétaient encore davantage. Ce feu, qui dévorait le temple, était si grand et si violent, qu'il semblait que la montagne même sur laquelle il était assis brûlât Jusque dans 9es fondements. (JOSÊPHE.)
3-4. Et comme quelques-uns faisaient à Jésus cette réflexion, que le temple était bâli avec ff énormes pierres^ et orné d'une infinité dedans^ il leur répondit : Je vous le dis en vérité, viendront des jours où, de toutes ces grandes constructions, tout sera détruit ^ et l'on n'y laissera
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pas pierre sur pierre. — La destruction de Jérusalem, la ruine de son temple^ le massacre d'une grande partie de ses habitantSi la dispersion de tous les autres, faisaient une profonde impression sur des paiens et même sur des Juifs qui savaient que tous ces malheurs avaient été prédits avec une précision étonnante par Jésus-Christ; et c'était pour les uns et pour les autres un puissant motif de conversion. L'empereur Julien en fut indigné^ et il résolut d'ôter au christianisme ce mo-yen de se propager. Gomment s'y prendra-t-il7 11 fera mentir l'Évangile , en rebâtissant le temple de Jérusalem. Celte idée flatte infiniment sa haine contre Jésus-Christ et contre sa religion. Il en fait donc part aux Juifs et aux païens; les uns et les autres la saisissent avec avidité. Des sommes immenses sont destinées pour cette entreprise. Les ennemis du christianisme y contribuent également de leur argent et de leurs bras. Des femmes juives y consacrent leurs bijoux et leurs pierreries. Elles ne se bornent pas là : elles portent l'enthousiasme jusqu'à recevoir dans leurs plus précieuses robes les terres provenant des décombres. L'un des confidents de l'empereur, Alypius, préside aux travaux, et ils vont à merveille. Les anciens fondements du temple sont arra* chés sans difficulté, et déjà l'on se croit assuré du plus heureux succès. Mais, hélas! que peut l'homme^ lorsqu'il entreprend de lutter contre les décrets de Dieu ? Dès qu'on veut placer les fondements du nouveau temple, de terribles tourbillons de flammes s'élancent des entrailles de la terre, consument les matériaux et dévorent les ouvriers qui s'opi* niâtrent à l'ouvrage. Ainsi, le feu s'obstinant à les repousser, le lieu devient inaccessible, et l'on est obligé d'abandonner l'entreprise. Ce fait nous est raconté par une nuée d'écrivains^ parmi lesquels se trouve le judicieux Ammieu-Marcellin, historien païen très-distingué et 1 un des principaux officiers de l'empereur Julien. L'intention de Julien , dans cette entreprise, était de faire mentir les Prophètes^ spécialement Jésus-Christ, et d'entraîner ainsi la ruine du christianisme. Combien il fut trompé dans son attente ! 11 eut la douleur d'apprendre que plusieurs Juifs, frappés de ce miracle, embrassaient la religion chrétienne, et de voir qu'en démolissant les anciens fondements du temple pour en bâtir un nouveau, on n'avait fait que mettre ledernier sceau àla prédiction de Jésus-Christ : 11 n'en restera point pierre sur pierre.
(Legoz.) 7. Le temps approche où plusieurs viendront en mon nom, et diront^ je suis le Christ. El, plusieurs seront séduits par eux, mais vous, ne les suivez point. — Parole bienheureuse qui nous empêche parles fausses
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apparences, et qui^ par la grftce de rEsprit-Saiiit, nous les fait décou* vrir^ fussent*elles cachées sous les voiles les plus épais : car le démon, cet implacable ennemi de la yérité, ce père du mensonge et de Terreur^ Toyant, lorsqu'il est découvert, qu^aussitôt tous le fuient comme un serpent^ comme un monstre horrible^ comme un lion cherchant qui enlever pour en faire sa pâture^ s'efforce de dissimuler et de cacher ce qu'il est^ se couvrant, le fourbe, le détestable^ du masque de ce qui plaît à la multitude, prenant même jusqu'aux noms les plus vénérés, afin de surprendre et d'enlacer de ses chaînes les malheureux que Vapparence aura séduits. Ces! ainsi qu'autrefois il a trompé Eve, non pas en employant sou propre langage, mais en abusant des paroles de Dieu, dont il faussait le sens; c'est ainsi qu'il s'était emparé de la femme de Job, et lui apprenait, sous le faux semblant de l'affection conjugale, à blasphémer contre le Seigneur; c'est encore ainsi qu'aujourd'hui^ par ses trompeuses illusions, il parvient a décevoir les hommes, h les attirer et à les plonger enûn dans le gouffre de la perversité. (Saint Athanase.)
7. Prenez garde que personne ne vous séduise. — Considérez, je vous prie, de quelle sorte le monde vous persuade et vous séduit. Ce maître dangereux n'agit pas à la mode des autres maîtres : il enseigne sans dogmatiser; il a sa méthode particulière de ne pas prouver ses maximes , mais de les imprimer dans le cœur sans qu'on y pense. Ainsi , il ne sufût pas de lui opposer des raisons et des maximes contraires , parce que cette doctrine du monde s'insinue plutôt par une insensible contagion que par une instruction expresse et formelle. Oui, certes , autant d'hommes qui nous parlent^ autant d'organes qui nous les in* spirent. Nos ennemis par leurs menaces, nos amis par leurs bons oU fices, concourent également à nous donner de fausses idées des biens et des maux. Tout ce qui se dit dans les compagnies, et l'air même qu'on y respire, n'imprime que plaisir et que vanité. Ainsi, nous n'avançons en rien de n'avaler pas tout à coup le poison du liberti* nage, si nous le suçons peu à peu, si nous laissons gagner jusqu'au cœur cette subtile contagion qu'on respire avec l'air du monde dans ses conversations et dans ses coutumes. Tout nous gâte, tout nous séduit : et le grand malheur de la vie humaine, c'est que nul ne se contente d'être insensé seulement pour soi, mais veut faire passer sa folie aux autres; si bien que ce qui nous serait indifférent, souvent, tant nous sommes faibles, excite notre imprudente curiosité par le
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bruit qu^on en fait autour de nous. Dans cet étrange empressement de nous entre-communiqoer nos erreurs et nos folies, l'esprit se corrompt tout à fait; et si nous demandions àTertnIlien ce qu'il craint pour nous dans le monde : Tout, nous répondra ce grand bomme, jusqu'à l'air, qui est infecté par tant de mauvais discours , par tant de maximes antichrétiennes. Ipsumque acrem... scelestis vocibus constupratum.
(BOSSCET.)
8. Lorsque vous entendrez parler de guerres ^ de combats y de séditions, gardez-vous de vous épouvanter, de vous troubler, et même de craindre. — Vous vous enquérez de ce ce qui se passe, non-seulement avec curiosité, mais encore avec frayeur : Que deviendront ces grandes armées en présence? Quel ravage, quel embrasement, quel carnage, quel déluge de maux, si une fois la digue est rompue I Vous n'êtes pas chrétiens. Le sort des empires est entre les mains de Dieu; ils meurent en leur temps, comme le reste des choses humaines. Priez pour votre patrie, humiliez-vous, faites pénitence ; mais ne craignez point, ne vous troublez pas : il faut que cela arrive. Il le faut, non par une aveugle et fatale nécessité, qui nous mettrait au désespoir, mais il le faut par une raison, par une sagesse, par une bonté qui prépare de grands biens par tous ces maux. (Bossuet.)
H. Du haut du ciel apparattront des signes terribles, et de grands prodiges. — Ce malheureux peuple (le peuple juif) s'était obstiné à se fermer les yeux et à se boucher les oreilles pour ne point voir et ne point entendre les signes frappants et les avertissements non équivoques par lesquels Dieu lui annonçait sa vengeance. Je rapporterai ici quelques-uns de ces signes et de ces présages. Une comète, qui avait la figure d^une épée, parut sur Jérusalem durant une année entière. Avant que la guerre fût commencée, le peuple s'étant rassemblé le huilième jour du mois d'avril pour célébrer la fête de Pâques, on vit, à la neuvième heure de la nuit, durant une demi-heure, autour de Fautel do temple, une si grande lumière, que l'on aurait cru qu'il était jour. Les ignorants l'attribuèrent à un bon augure ; mais ceux qui étaient instruits dans les choses saintes le considérèrent comme un présage de ce qui arriva depuis. Vers la sixième heure de la nuit, la porte du temple, qui regardait l'orient et qui était d^airain, et si pesante que Vingt hommes pouvaient à peine la pousser , s'ouvrit d'elle-même, quoiqu'elle fût fermée avec de grosses serrures, des barres de fer et des verroux qui entraient bien avant dans le seuil fait d'une seule pierre.
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Les gardes du temple en donnèrent aussitôt avh au magistrat. Il s'y rendit, et ne trouva pas peu de difOcullé à la faire refermer. Les ignorants rinlerprélèrent encore comme un bon signe, disant que c'était une marque que Dieu ouvrait en leur faveur ses mains libérales pour les combler de toutes sortes de biens. Mais les plus habiles jugèrent, au contraire, que le temple se ruinerait par lui-même, et que l'ouverture de ses portes étaii le présage le plus favorable que les Romains pussent souhaiter. Un peu après la fête, il arriva, le vingt-septième jour de mai, un événement que je craindrais de rapporter, de peur qu'on ne le prit pour une fable, si des personnes qui Tout vu n'étaient encore vivantes, et si les malheurs qui l'ont suivi n'en avaient confirmé la vérité. Avant le lever du soleil, on aperçut en l'air» dans toute celle contrée, des chariots pleins de gens armés traverser les nues et se répandre autour des villes comme pour les enfermer. Le jour de la fête de la Pentecôte, les sacrificateurs étant la nuit dans le temple intérieur pour célébrer le service divin, ils entendirent un bruit, et après ce bruit, une voix qui répéta plusieurs fois : Sortons d'ici! Sortons dHcil (Josèpee.)
12. Mais avant tout cela, ils se saisiront de vous et vous persécuteront. — Que de tempêtes excitées contre rÉglise! que de guerres, que de conjurations! quels effroyables supplices impossibles à décrire, impossibles encore, ce semble, à supporter I Quel déchaînement d'ennemis, non pas seulement étrangers, mais domestiques ! Qtoyens, amis, serviteurs, parents, tous armés contre elle: c'était une guerre civile qui partageait les familles, et plus encore que tout l'acharnement des guerres civiles. Toutefois , bien loin d'arrêter les progrès de cotte Église si violemment combattue , les persécutions mêmes n'ont fait que les accélérer. Et remarquez bien que c'était au moment de sa naissance que l'Église se voyait en butte à ces furieux assauts. Que les tempêtes fussent venues l'assaillir après qu'elle avait jeté de profondes racines, que la prédication évangélique s'était répandue par toute la terre, il y aurait peut-être de quoi moins s'étonner de la résistance; mais dans un temps où la semence de la foi chrétienne commençait à peine à lever, où les germes en étaient encore faibles et délicats, nonseulement n'être point affaiblie par tant d'orages, mais en recevoir un nouvel accroissement, c'est bien là , sans contredit, la plus étonnante de toutes les merveilles. Dieu l'a voulu ainsi, pour que Ton n'eût pas à dire que ce qui a affermi l'Église, c'était la paix que tes maîtres du monde lui ont donnée; non, puisque le temps où elle a été le plus vio-
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leiument attaquée^ c'est celui où elle était daus sa plus grande faiblesse, celui où elle ne faisait que de naître. (Saint Jean-Chrtsostôme.)
19-20. Beaucoup d'entre vous seront immolés, et vous serez en haine à toutes les nations à cause de mon nom ; mais pas un cheveu de votre tête ne périra. Par votre patience vous sauverez vos âmes. — Quand est-ce que rÉglise a yu des chrétiens dignes de ce nom? C'est lorsqu'elle était persécutée, lorsqu'elle lisait à tous les poteaux des sentences épouvantables contre ses enfants, et quelle les voyait à tous les gibets et dans toutes les places publiques immolés pour la gloire de l'Évangile. Durant ce temps y il y avait des chrétiens sur la terre; il y avait de ces hommes forts^ qui, nourris dans les proscriptions et dans les alarmes continuelles, s'éUiient fait une glorieuse habitude de soutTrir pour Tamour de Dieu. Ils croyaient que c'était trop de délicatesse pour un disciple de la Croix, que de chercher le plaisir en ce monde et en l'autre. Comme la terre leur était un exil, ils n'estimaient rien de meilleur pour eux que d'en sortir au plus tôt. Alors la piété était sincère^ parce qu'elle n'avait pas encore appris le secret de s'accommoder au monde. Simple et innocente qu'elle était, elle ne regardait que leciel, auquel elle prouvait sa fidélité par une longue patience. Tels étaient les chrétiens de ces premiers temps; les voilà daus leur pureté, tels que les engendrait le sang des martyrs, tels que les formaient les persécutions. Main* tenant une longue paix a corrompu ces courages mâles, et on les a vus ramollis depuis qu'ils n'ont plus été exercés. Le monde est entré dans l'Église. On a voulu joindre Jésus-Christ avec Déliai; et de cet indigne mélange quelle race enfin nous est née? une race mêlée et corrompue, des demi-chrétiens, des chrétiens mondains et séculiers, une piété bâtarde et falsifiée... piété d'aujourd'hui I viens que je te mette à l'épreuve. Voici une tempête qui s'élève; voici une perte de biens, une insulte, une disgrâce, une maladie. Quoi! tu te laisses aller au murmure, ô vertu contrefaite et déconcertée! Tu ne peux plus te soutenir, piété sans force et sans fondement. Va, tu n'étais qu'un vain simulacre de la piété chrétienne; tu n'étais qu'un faux or qui brille au soleil, mais qui ne dure pas dans le feu, mais qui s'évanouit dans le creuset. La piété chrétienne n'est pas faite de la sorte: le feu l'épure et l'affermit. (Bossuet.)
23. Et comme Viniquité aura abondé dans un grand nombre, la charité se refroidira. — Combien n'est-elle pas déjà refroidie parmi nous cette
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divine charité sans laquelle toute religion est Taine! Avons voir réunis comme vous Tètes dans ce temple, au pied des autels^ écoutant en si* lence la voix de votre pasteur^ ou faisant retentir ces voûtes sacrées des mêmes paroles et des mêmes accents^ ne dirait-on pas qu'un même esprit, un même sentiment de paix et de charité anime tous les cœurs? Mais à peine sortis de Téglise, quel contraste! On se disperse, on se sépare pour s'accuser^ s'injurier même les uns les autres. Dans celui-ci, jalousie secrète du hien qui ne lui appartient pas ; dans celui-là, projets de vengeance, machinations artificieuses, désirs impudiques sur la femme d^autrui. Si les cœurs se montraient à nu, quelles humiliantes révélations n'aurais-je pas à vous faire! Notre société chrétienne, dans ses temples et hors de ses temples, queprésente-t-elle? Pas autre chose que l'image d'un camp, où des soldats des deux armées ennemies viennent, durant les moments de trêve, se réunir sans armes les uns près des autres ; à peine la trêve a-t-elle expiré , que l'on se quitte pour s'égorger mutuellement. N'est-ce pas là être en guerre plutôt qu'en paix? Il faut être continuellement snr ses gardes, ne se parler qu'à Toreille , vivre dans une défiance réciproque les uns des autres, se condamner au silence, pour peu qu'il arrive un visage étranger. Où est la confiance qui devait régner entre des amis? Ce n'est point envie de nuire, me dites- vous, mais pure précaution. Hais, vous dirais-je à mon tour, ce besoin de précaution , que prouve-t-il , sinon que nous sommes environnés de pièges, toujours sur un champ de bataille, et que la charité est déjà considérablement refroidie parmi les chrétiens ? (Saint Jean-Chrysostôme.)
2*. Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. — Mais comment (jourrons-nous jamais persévérer ainsi, nous qui sommes si faibles et si fragiles? A cela je réponds : Appliquez-vous d'abord à vous bien affermir dans la pratique des devoirs que Jésus-Christ vous impose; ensuite, si vous tombez une fois, deux fois ou même davantage , ne vous découragez pas ; relevez-vous autant de fois que vous aurez failli ; reprenez toujours le combat , et continuez-le jusqu'à ce que la palme de la victoire soit entre vos mains , et que vous ayez placé le trésor de vos vertus là où les vers ne rongent point , et où les voleurs ne fouillent ni ne dérobant. Quand l'amour de la sagesse et de la vertu sera devenu pour vous une sainte habitude , alors vos fautes seront beaucoup moins fréquentes et moins graves ; car la seconde nature formée en vous rendra vos devoirs, non-seulement faciles, mais encore agréa-
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bles ; que dis-je? la pratique du bien finira par devenir pour tous un l>esoin comme celui de dormir^ de manger^ de boire et de respirer. Tous ne serez pas encore impeccables^ car Thomme ne peut pas Têlre sur la terre; mais, avec la grâce de Dieu , vous ne violerez plus ses commandements d'une manière notable ; vofis n'aurez plus à vous reprocher que les négligences inséparables de la fragilité humaîne. Persévérez donc; et la tristesse , qui maintenant remplit votre cœur, se changera en une joie toute céleste; après avoir lutté péniblement contre les orages et les tempêtes , votre ftme se trouvera comme sur une plage tranquille, en présence du rivage de l'éternité; et quand viendra le moment, tous entrerez dans le port, votre navire chargé de précieuses richesses. (SAiirr JEAif-GHKTSOSTÔu.)
ÉLÉVATION
CTesl en vain , bon Sauveur, que vos disciples appellent vos regards et voire admiration sur la magnificence et la solidité du plus beau des monuments de Jérusalem : votre divine prescience vous laissait voir, dans un avenir prochain , la destruclion de ce superbe édifice que la main des hommes vous avait consacré ; ce temple, qui avait eu le bonheur de vous voir dans son enceinte, ébranlé jusque dans ses fondements, et ses pierres énormes dispersées une à une sur le sol d'où s^élevait naguère Tencens de la prière et des sacrifices. A la vue de votre tristesse , bon Jésus, je pense à l'édifice de mon salut, et je me demande si les œuvres sur la solidité desquelles je fonde l'assurance de mon bonheur à venir, n'auront pas le sort de ces pierres dont aucune n'a pu échapper à la destruction. Cliacune d'elles ne renferme-t-elle pas quelque vice secret qui doit vous la faire écarter comme n'étant point digne de nous ouvrir l'entrée de votre royaume? Seigneur, Seigneur, purifiez de plus en plus notre intention ; que nos actions n'aient pour but que de vous connaître mieux, et d'aller plus sûrement à vous : faites que nous n'oubliions plus qu'en nous rangeant au nombre de vos disciples, nous nous sommes engagés à supporter avec courage les tribulations de la vie ; que, par la patience et la persévérance seulement, nous pourrons triompher de nous-mêmes, des ennemis de notre salut et arriver à Téternelle jouissance de votre vue» Amen.