‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 4 sur 179 · CHAPITRE LXXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIV

1*5 Jënn «nm d«M J^msaleoi au •eclamaiioDs d'an p«apl« inaneiiMt il chaiM do lieu Mintl«t ▼•ndean qui le prufaneient, et guérit Ire infirmes qa*on lai préiente. — tt-15. Mnrmnre de» Pberi" •iem ; des Genli'» demeodeat k voir 3i$nu — Itt 30> Tend» q«*il ÎDStmit le people» une Toit célerte M fait entendre; Jëaot ae retire h Bétkeaie (le diminche, 5 jooft «rtnl U Pâque, quatrième aania de la vie pobliqae dn Saufeor)*

Math., XXI, 10-17; lUic, Xl^li; Uc, XIX, 45-46; Jue, XII, 19-36.

*Btcèminlrâ«etJer^ •ol^roea, commola efll nnirersa civilai, dicene i Qoiaeatliic?

Popoli aolem die*»

bent : Hic e»t Jeaos prophète à ^aaareth Gali-

Et intravit Jem in teinplom Deî, et ejiciebat omnes vendent*^ et ementea in tetiiplo, et nenaee nutnmalario* mm, et caiheKas ven»

dentinm colombea ererlitl

El dicit eii : Scriplam cet ! Domns mea domua Orat'Onis Tucabitnr ; Toa aniera feciatis i!laà »pebacam laltoanm*

Et acerMenml ad enm CBci et < hadi ia temple ; •t «aaaril eoa.

1 • Lorsque Jésus entra dans Jérusalem , toute la ville futémue, et l'on demandait:

Qui est celui-ci ?

% El toute la foule disait : C'est Jésus, le prophète de Nazareth en Galilée ^

3. El Jésus entra dans le temple de Dieu, et se mit à chasser tous ceux qui vendaient et achetaient dans le lieu saint*, et il renversa les tables des changeurs et les sièges de ceux qui vendaient des colombes ' ;

&. Et il leur dit: il est écrit: Ma maison est une maison de prière ^; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs.

5. Et des aveugles et des boiteux s'approchèrent de lui dans le temple, et il les guérit.

* f ^m Gr. Moç ivm Inv^ i KfiOfityii i inb RaeÇà^ir t^« T»ltX%Ui^ hic êii JêiUê iUê propheta , ille à Nazareth Galilœœ , celui - ci est Jésus le prophète (par excellence) le venant de Naiareth (du séjour de la sainteté) de Galilée. — Ici, nous dit saint Jérôme, le mot é np^^rm indique évidemment le prophète annoncé par Uoïse dans le Deutéronome.

* f Z. Gr. di rà it^oà^, in loeo tancto, dans le lieu saint, dans une enceinte extérieure du temple.

' t 3. Voir, au chapitre XV, la réflexion de saini JérdoM êJiu cet acte de puissance de la part du Sauveur.

* ^ 4. Donc, eu aucun cas, et sous quelque prétexte que ce soit, la maison de Diea ne peut être transrormée en un lieu de trafic.

Yiilentes aatem prind* pcsMcerdolum elScrilMB mirabilia que fecit, et poeros clamantes in tem< p'o, et dicentes : liosanna iilîo Dav'd * indignatl ranU El diierani ei ; Aodis qnid iali di-

CIMt?

JesDS «otem dixil cw :

Cliqae. Namqaid legtstit, Qaia ex ore inCantium et lactentinm perfecisli laodem? El reiktis illis.

,* Phari58ei ergb dixernnt ad semelipaoe : Videtia qaia nJhil proGcîmxa ; eccè mandua toloa port eam abiit.

Erant aoiem quidam Gentiles, ex hisqoi ascenderani nt adorarenl in diefealo.

Ht erg6 acceisenint ad Philippam, qui erai k Belhsaidfl Galilœat, et ro« gabant «om, dicentes t Dominci Tolumos Jewm Tidere.

Venit Pkilippar, et di« cit Andreae : Andréas mraèm et Pilippos dixenmt Jera.

lenu «ntem refpofodil eie, dicena i Vcnit kortf nt clariiicetnt Filial bo« minis.

LA VIE DE N. S. JESUS-CHRIST. ca.LxiLxiv.

6. Or, les Princes des prêtres et les Scribes, voyant les merveilles qu'il faisait, et les enfants qui criaient dans le temple :

Hosanna an fils de David ! en furent indignés, et lui dirent : Entendez-vous ce que disent ceux-ci?

7. Jésus leur dit ; Oui, je Tenlends. N'avez-vous donc jamais lu cette parole, Vous avez mis la louange dans la bouche des eii« fants et de ceux qui sont à la mamelle*?

Et il les quitta.

8. Alors les Pharisiens se dirent entre eux : Vous voyez que nous ne gagnons rien ; voilà que tout le monde court à sa suite.

9. Or, il y avait plusieurs païens * parmi ceux qui étaient montés au temple pour adorer au jour de la fête :

10. Ils s'approchèrent de Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et ils le priaient, disant: Seigneur, nous voudrions voir Jésus.

11. Philippe vint le dire à André; puis André et Philippe le dirent ensemble à Jésus.

12. Jésus leur répondit : L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié.

' f 7. Ces paroles se trouvent dans le psaume VUI ; or, comme les psaumes étaient d*an usage quotidien cbex les Juifs, c'était da la part de Jfésos-Christ une réponse à laquelle on ne pouvait rien répliquer.

i ' 1 9* 6r. ^nct 9kTtnçÙX'H'»u ^ tAv àitvtousôrettff erani mHem quidam Grœei ex ascendentibus, or il y avait quelques Grecs parmi les montant (au temple). On voU souvent dans saint Paul le mot tXïrivti employé pour désigner les païens en général*

CB. I.XXXIT.

Amen, uaem dko fo»

l>if, bÛ grairam fr«menti cadena in terrain morlvom faeriti

IpAUB solam maBêt; •i «Qlem roortaom faerît, looUam fiQctam affert.

Qai août anioiam anaia, perdct eam ; «l qai odit uunam nam in boe mondo , in ? iUm cler- BAiD cwtodit MB.

Si <i«k aabi moiîatrat, ma seqnator ; et vh\ ittiB ego, illlc et minlater mens eril. Si quia mlhi ninistxaTeril, hoDorificabit en

LA VIE DE N. 8, JÉSUS-CHAtST. I5

13. En vérité, en vérité, je vous le dis; si le grain de froment ne tombe dans la terre, et n*y meurt ,

1 4, Il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit ^. Celui qui aime sa vie la perdra , et celui qui hait sa vie en ce monde la conserve pour la vie éternelle.

4 5. Si quelqu'un me sert, qu'il me suive; et où je suis, là sera aussi mon serviteur.

Si quelqu'un mesert, mon Père l'honorera.

1 6. Et maintenant mon âme est tioublée. Et que diraî-je?Mon Père, sauvezmoi de cette heure * ; mais c'est pour cela, pour la subir que je suis venu.

<7. Mon Père, glorifiez votre nom. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles :

Je l'ai déjà glorifié, etjele glorifierai encore.

4 8. Dans la foule qui était là et qui avait entendu, les uns prenaient cette voix pour le bruit du tonnerre; les autres disaient:

C'est un ange qui lui a parlé.

4 9. Jésus reprit, et dit ; Ce n'est pas pour moi quecette voix est venue, mais pour vous.

20. Bientôt la cause du genre humain sera jugée, et bientôt le prince de ce monde * sera jeté dehors.

^fi4. Par celte parabole, le Fils de Dieu indique à ses disciples qoe c*est après sa mort qae les païens le connaîtront ; et, par ce qui sait immédiatement, 11 Insinue qneses apôtres devront lear porter sa parole au prix de leur sang et de lear vie.

* 1 16. Jésas-Christ indique ici le temps de sa PassioDf et c*esl Tkorrear de son supplice <iQi déjà le trouble.

» f SO. L'Évangile ne dit pas le prince de la ferre, parce que, dit le psalmiste, la terre et tout ce qu'elle renferme sont au Seigneur, mais le démou est dïi prince de ce monde, c'est-à-dire des pécheurs qui lui obéissent.

Nmic anima mea lorbata est. Et qaid dicam?

Pater , saWifica me ca hae borà. Sed proptecek Teoi in àoram hanc

Pater, cUrifieaBOmeB tQQm. Veoit ereè rox de cœlo : Et clarificafi, et iicriMciariftalio.

Tarba erg6 qaa elabat •taadierat, dicebat toni« troam eam factnm. Alii dicebant s Asgdasai k>catwcaU

Bespandît Jetw et dizit : Non propter ma baec TOI venit, sed prop« ter TOI.

jndiemm «it mnndi t naoe priocepa buJQs Brandi eficietiir

El «go li exalUlas farro k terra, oinnia Irabaiu ad meipMa.

(Hoc antcm dicebat , •i^'iulican» qui morlo tmti morilnriM.)

Rcspondil ei torba :

No4 andiviiDos et l^e, quia CJiri»lQt maucl in «pternoRi : et qnomoclb ta dici» : 0|>or(i>L cxaltari Filiam homin'ft? Qu'a «ai iale Filiua homiiiû?

Dîiît ergb eîs Jean» t Adliiie m(>dicain lumen in Tobifl est. Ambulalo dùm luceiD biibciia , ot Bon v<M II nebne comprehendant; et qui arabnlal in lenebris, ncscit qut vadal.

Dbm lœeœ habetis, crédite In lucem, ni filil lucia Ntia.

Urne locnlna eal Jena , k circuu»pfclb omnibus cùm jam respere etai-t, *ab»comlit le ab eis, ^et exiil in Bel ha* niam cum duodecin, *iLl^ue manait.

LA YIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. cb. lxxxit*

21 . Et moi , quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tout à moi.

22. Or , il disait cela pour indiquer de quelle mort il devait mourir.

23. Le peuple lui répondit : Nous avons appris par la Loi * que le Christ demeure éternellement. Comment donc dites-vous, il faut que le Fils de Thomme soit élevé?

Qui est ce Fils de Thomme?

2i. Jésus leur dit: La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous*.

Marchez, pendant que vous avez la lumière, afin que vous ne vous trouviez point dans les ténèbres. Car celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va.

25. Pendant que vous avez la lumière , croyez en la lumière , afin que vous soyez des enfants de lumière.

26. Après ces paroles, Jésus porta ses regards sur tout ce qui était autour de lui ; et comme la nuit commençait, il les quitta, et s'en alla secrètement à Bélhanie avec les douze , et il y passa la nuit.

* f S3. Les Juifs appelaient soavenl la Loi tout Tensemble des saintes Écritures

* f 24. in fiwfià'» x/»^vov rb pâ« /uff ûfjL&v, adhùc modicum temput lumen vobiêcum. encore pour peu do temps la lumière est parmi vous c*est-è-ilire le soleil de justice va bienlôt se coucher pour vous. Jésus-Ctirist parle ici de sa mort.

2. Et toute la foule disait : Cest Jésus , le prophète de Nazareth en Galilée. — Regardez , je vous prie, le Sauveur en cette Iriomphante Journée en laquelle il fait son entrée dans la ville de Jérusalem , peu de jours avant qu'il mourût. Jetez les yeux sur ce concours de peuples de toutes les conditions et de tous les âges qui accoururent au-devant

en. Lxxxir. LA VIE B£ N. 8. JiSUSCHRIST. 17

de luiy des palmes et des rameaux à la main, en signe de réjouissance; et qui, pour témoigner leur zèîe à ce nouveau prince , dans une si sainte cérémonie, font retentir les airs de leurs cris de joie : Béni soit le fils de David ! vive le roi d'Israël l Et, parmi ces bienheureuses acclamations, il entre dans Jérusalem. Quel est ce nouveau procédé, si éloigné de sa conduite ordinaire? et depuis quand aime-t-il les applaudissements, lui qui, étant recherché autrefois par une multitude immense résolue de le faire roi, s'était retiré tout seul au sommet d'une haute montagne pour éviter leur rencontre! Il entend aujourd'hui tout ce peuple qui rappelle hautement son roi ; les Pharisiens, jaloux, Tavertissent d'imposer silence à cette foule ardente et pleine d'enthousiasme: «Non, non, répond le Sauveur: les pierres le crieront, si ceux-ci ne le disent pas assez haut. » Que dirons-nous d'un changement si inopiné? Il approuve ce qu'il rejetait; il accepte aujourd'hui une royauté qu'il avait autrefois refusée. Ah! n'en cherchez point d'autre cause: c'est qu'à cette dernière fois qu'il entre dans Jérusalem, il 7 entre pour y mourir ; et mourir, pour le Sauveur, c'est régner. (Bossoir.)

10. Ils t'approchèrent de Philippe, et ils le priaient, disant: Sei^ gneur, nous voudrions voir Jésus. — Ce n'était pas simplement le voir : car tout le monde l'avait assez vu dans cette journée, et tout le monde le voyait quand il prêchait : mais ils le voulaient voir en particulier, et jouir de son entretien , qui est proprement ce qu'on appelle venir voir un homme. A cet approche des Gentils qui voulaient le voir, Jésusarrête aussitôt sa pensée sur la vocation des Gentils qui devait être le fruit de sa mort. Ces grandes prophéties où les nations lui sont données comme son héritage et sa possession lui sont présentes : dans le petit, il voit le grand. Ce que les mages avaient commencé dès sa naissance, qui était la conversion des Gentils en leurs personnes, ceuxci le continuent, et le figurent encore vers le temps de sa mort. Et le Sauveur voyant concourir dans les Gentils le désir de le voir avec celui de le perdre dans les Juifs, voit en même temps, dans cet essai, commencer le grand mystère de la vocation des uns par l'aveuglement et la réprobation des autres. C'est ce qui lui fait dire : L'heure est venue, que le Fils de Thomme va être glorifié. Les Gentils vont venir, et son royaume va s'étendre par toute la terre. Il voit plus loin, et il voit selon les anciennes prophéties, que c'était par sa mort qu'il devait acquérir ce nouveau peuple et cette nombreuse postérité qui lui était promise. C'est après avoir dit: Us ont percé mes pieds et mes mains m/ i

1» LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. Lxxxnr.

que Dtvid amt ajouté : Toutes les contrées de la terre se ressouYiendrottt et se contertîront ta Seigneur.* C'est après qu'il aurait lÎTrè SCO ftme à la mort qo^Isaie loi promettait : Qn'il ¥erFait une longue suite é'enfauBts^ El eoeorer Qui racoolera sa génération? qui pourra compter sa postérité, parée qnH a été retranché des vivants? Je L'ai frappé pour les péchés de mon peuple. Et encore : Je lui donnerai la dépeuille des forts , et il en partagera le Imtki,. parce qu'il a donné son àroe à la mort. fBosscn)*

13. Eu, vériiéf en véritiyf4 Mi&i U dis^ êi le grain de froment tombé eurla teirre M'y wêewrtj il rt^êèmii; mais ïil meurt, il parte beauùoup defimit^ — Toute action de la Vie de Jésus-CbrisLest un sujet de triomphe pour l'Église; maÎB sa gloire la plus éckiante, c'est U croix. Voilà pottrqnoè saint Paal disait r A Dieu ne plaise que je me glorifie en au* tre chase qu'tMi hicroii de Jésus 1 Cest un grand prodige, sans doute, {fÊê htguéffîson 4e l'aYengle-né, i la fontnne de Siloé; mais, «ini'est-ce qnece nirade, coaforé i celui du monde entier guéri de son aveoglement? Tout grand, tout miraculeux qu'il soit d'avoir dit efâcaeement à un homme depuis quatre jours dans la tombe : Lazare, venez dehors! c^est autre chose encore d'avoir étendu à tons lès hommes ensêvefîs dans le péché une grâce qui se bomail à un seul d'entre eux. Cest une merveille, assurément, d'avoir trouvé dans cinq pains une source abondante de nourriture pour cinq mille hommes; mais quel plus grand miracle de nourrir , par toute la terre, ceux qui avaient faim de la justice et de la vérité î Cest une chose admirable encore dV voir délivré une femme que le démon tenait comme enchaînée depuis dix-huit ans; mais, qu^est-ce après tout, si nous considérons qu'il nous a délivrés tous des liens du péché et de l'esclavage de l'enfer? C'est après être mort que le grain de froment se multiplie, nous dit le Sauveur; et c'est principalement alors, que lui-même nous étonne par la fécondité et la grandeur de ses miracles; et que par là il attire à lui non plus seulement quelques disciples, mais tous les peuplèsdn monde. La splendeur de son sacriflce a éclairé les ténèbres de Tignoranœ ; sa croix a brisé toutes les entraves du péché, et racheté tout le genre humain . (Saint Cyrille de Jérusalem.)

17. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: JeTai déjà glorifié, et je le glorifierai encore. — Trois voix sont venues du ciel et de la part du Père céleste pour honorer le Fils de Dieu. Le jour de son baptême, avant qu'il commençât son ministère, le Père le Qt connaître et

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