‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 5 sur 179 · H. LXXXIT. LA VIE DE N. S. J£SUS-€HR1ST · texte numérisé non relu

H. LXXXIT. LA VIE DE N. S. J£SUS-€HR1ST

Ini donna, ponr ainsi parler, la mission par cette Toix: Gelai*ci est nionTllsbien-aimé, dans lequel j'ai mis ma complaisance; on, comme te rapporte saint Lnc : Yous êtes mon Fils bienniimé^ f ai mis ma complaisance en TOUS. La même Yoix fut ouïe encore à la Transfiguration^ et pendant que Moïse et Élie entraient dans une nuée lumineuse qui les euTironna , cette voix sortit de la nuée : Celui-ci est mon Fils bien-aimé^ dans lequel j'ai mis ma complaisance, écoutez-le. Cette parole, écoutez-le, fut ajoutée à ce qui avait été ou! dans le baptême* La troisième voix est celle que nous lisons aujourd'hui dans saint léan : Je Fai glorifié et je le glorifierai encore. J'ai glorifié mon nom de Père, en honorant mon Fils unique ; je l'ai glorifié dans réternitd, je le glorifierai dans le temps; je Tai glorifié lorsque j^ai fait éclater tant de merveilles dans sa naissance, dans son baptême, dans le cours de son ministère , maintenant même en inspirant tant d^admiration pour lui aux Juifs et aux Gentils qui commencèrent déjà à le vouloir voir; et je le glorifierai encore, lorsque jelui donnerai, après sa résurreclion, la gloire dont il a joui dans mon sein avant que le monde lût, et que, Fexaltant comme Dieu au-dessus des cieux, je remplirai toute la terre de son nom. (Bossuet.)

20. Bienlât le prince de ce MOfiitf sera jeté, dehore. — Le prince da monde, c'est le démon qui a'en était emparé et le tenait asservi... Qui pourrait douter de l'accomplissement de la parole de Jésus, en voyant ce qui se pane aujourd'hui dans le monde entier? Déjà ces dieux qui. recevaient les hommages des nations n'ont plus d'autre asile que les greniers qu'tb habitent avec les oiseaux nocturnes. L'étendard de la eroix flotte avec lionnenr parmi nos légions ; et ce signe du salut relève la pourpre des rois et l'éclat de leur diadème. L'Egypte, devenue chré* tienne, a consacré au vrai Dieu les dépouilles de Sérapis; le dieu Marnas se lamente vainement à Gaza, où il est détenu captif , pressentant sa destruction. Peuplées de solitaires, FInde, la Perse, l'Ethiopie , ré» pandent au loin ces saintes colonies. L'Arménien a déposé soncarquois; les Huns font retentir leurs déserts du chant de nos cantiques sacrés; les saintes flammes de la charité brûlent au milieu des glaces de la Scythie. Les Gêtes se rassemblent sous leurs tentes, comme dans autant d'églises, pour chanter les louanges du Seigneur, et peut-être qu'ils ne nous disputent la victoire dans nos combats que parce qu'ils croient au même Dieu que nous. (Saint Jébôxb.)

" 21^ Et moi, quand fêurai été ikvé4e tem^f attirerai tout à moi.

» LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. Lxxxir.

— O pouvoir admirable de la croixl ô gloire ineffable de la Passion du Sauveur! Sa croix est le tribunal d'où il juge le monde, le trône où il fait éclater sa puissance. Oui , 6 mon Dieu , tous avez attiré à vous taules choses, quand, après avoir tenu durant tout un jour vos bras étendus vers un peuple opiniâtre dans son incrédulité, vous avez forcé l'univers tout entier à se courber sous le joug de votre Evangile, et à rendre hommage à votre majesté souveraine. Vous avez attiré tout à vous, quand la nature entière bouleversée a témoigné par son deuil Fborreur dont le crime des Juifs la pénétrait; quand les astres qui éclairent le monde s^éclipsaient, que le jour se changeait en un» épaisse nuit, que la terre s^agitait ébranlée par de violentes secousses, et que toutes les créatures refusaient leur ministère à des impies. Vous avez attiré tout à vous, lorsque le voile du temple s'est déchiré et qve le Saint des saints s^esl dérobé à des pontifes sacrilèges ; quand les figures ont fait place à la réalité, les ombres à la manifestation , et la loi à l'Évangile. Votre croix est devenue pour tous une source féconde de bénédictions : par elle la faiblesse s'est changée en force, Topprobre en un titre de gloire, la mort en un principe de vie. Plus de victimes cfaaruelles : l'univers tout entier ne connaît plus d'autre sacriAce que Toblation pure de votre corps et de votre sang. Parce que vous êtes le véritable Agneau de Dieu, qui ôteles péchés du monde, vous avez rassemblé en vous tous les mystères , comme le sacrifice nouveaa remplace tous les anciens sacrifices: ainsi toutes les nations du monde ne font plus aujourd'hui qu'un seul royaume. (Saint Léon.)

21. Et moij quand f aurai été élevé de terre ^ j* attirerai tout à moi. — Ce même dogme, la croix prèchée par quelques ignorants Ta persuadé à tout l'univers. Elle a ouvert une école où se traitent, non des ques* lions oiseuses, mais où Ton apprend tout ce qu'il y a de plus relevé, la divine essence, et la vraie religion, la règle des mœurs, la future résurrection et le compte que chacun de nous aura à rendre au jour du dernier jugement. Elle a fait des philosophes des hommes les plus étrangers à toute espèce de science. Combien donc sa prétendue folie est plus sage que la sagesse des hommes 1 Combien son apparente faiblesse plus forte que tout ce que les hommes estiment de plus fort l Oui, certes, de plus fort, puisque c'est cette prétendue folie qui a entraîné la persuasion de tout l'univers; c'est cette apparente faiblesse qui a triomphé de toutes les résistances. Vainement les obstacles et les ennemis se sont succédé pour anéantir le nom de Jésus crucifié; ils n'ont fait que l'étendre. Ce qu'il y avait de plus contraire aux pro^

CB. LiuiT. LÀ VIE DB H. B. lÈSUS-GHRlST. SI

grès du christianisme est précisément ce qui a servi les progrès du christianisme. Ceux qui Pont combattu, où sont-ils? ils ne faisaient que courir à leur perte. Cette guerre opiniâtre qu'ils faisaient à un nom^ à quoi a-t-elle abouti? A leur propre ruine. Tous leurs efforts ont été impuissants. La croix s'est élevée plus brillante du sein même des persécutions ; et la conjuration de tout ce qu'il y avait de vivant contre un mort n'a pu le vaincre. (Saint JBAif-GHETSosTÔME.)

21. Et moi, quand f'aurai été élevé de terre, j'attirerai tout à moi. — Le mystère de la Rédemption est le centre où viennent aboutir toutes les parties de la religion. Du haut de sa croix, Jésus-Christ embrasse tous les temps et les rapproche. Il réunit les oracles des prophètes et la prédication des apôtres, les vœux des patriarches et les actions de grâces de nos saints, les cérémonies de la synagogue et les sacrements de l'Église, les antiques holocaustes et le sacrifice de nos autels. Sur la croix viennent se manifester et se rejoindre tous les attributs divins. La sainteté offensée y trouve une réparation proportionnée, la justice suprême y reçoit une satisfaction suffisante, la miséricorde infinie y épuise ses trésors, et la sagesse éternelle concilie tous ces grands intérêts par d'ineffables moyens que déploie k toute -puissance.

(Db la Luzerne.)

21. Et moi, quand j'aurai été élevé de terre^ j'altirerai tout àmot. — Certes, on ne dira pas que Jésus-Christ parlait ainsi sur des apparences humaines. Qu'au milieu du sénat romain, sous Auguste, un prophète eût raconté les changements qui se préparaient : qu'eussent pensé ces graves magistrats? Ils auraient pris en pitié le prophète, et ils se se-> raient amusés entre eux de ses extravagantes rêveries. Quand on réfléchit à ce qu'était alors la société païenne, à Tesprit d'incrédulité et h toutes les erreurs introduites par une philosophie qui avait érigé en système l'impiété, le doute, et le vice même; et qu'à ce désordre de l'intelligence, à cette profonde corruption du cœur, on voit succéder tout à coup une foi docile et simple, les mœurs les plus sévères, les plus pures vertus, on conçoit clairement que cette étonnante régéné* ration de la nature humaine n'a pu êlre l'ouvrage de l'homme : puisque tous les efforts de sa raison dans les siècles les plus éclairés, toute sa science, toutes ses découvertes, ses arts, ses institutions, ses lois n'avaient servi qu'à le plonger dans une dépravation sans exemple. Il a fallu qu'il fût tout ensemble aidé surnaturellement, pour sortir de cet abîme de dissolution et de misère. Et afin qu'il ne pût en aucun

tt LA TIE DE N. S. JËSOS-CHRIST. : es. LZXXiv»^

cas s'tftttribQer son propre sahit, Diefa voulut que les instruments de sa miséricorde, dénués de tout ce qui contribue au succès des desseins de l'homme, fussent éridemment par cela même les ministres d'une puissance au-dessus de la sienne. Il a ctioisi, dit saint Paul, ce qui était insensé selon le monde pour confondre les sages ; ce qui était faible selon le mondée pour confondre les forts ; ce qui était bas et méprisable selon le monde, et ce qui n'était point, pour détruire ce qui était, afin que nulle chair ne se gloriQe en sa présence. (De Lamennais.)

21. Et moi, quand f^aumi été élevé de terre, f attirerai tout à moi. — ^ Arrêtons-nous ici pour faire une réflexion* Nous voyons, depuis le CMumencement des siècles, les rms, les héros, les hommes éclatants devenir les dieux des nations. Hais voici que le fils d'un charpentier^ dans tin petit coin de la Judée, est un modèle de douleurs et de misères. 11 est flétri publiquement par un supplice ; il choisit ses disciples dans les rangs les moins élevés de la société ; il ne prêche que sacrifices^ que renoncement aux pompes du monde, au plaisir, au pouvoir; il préfère Tesclave au maître, le pieuvre au riche, le lépreux à Tbomme sain; tout ce qui pleure, tout ce qui a des plaies, tout ce qui est abandonné du monde fait ses délices ; la puissance, la fortune et le bonheur sont au contraire menacés par lui. 11 renverse les notions communes de la morale ; il établit des relations nouvelles entre les hommes, un nouveau droit des gens, une nouvelle foi publique. 11 élève ainsi sa divinité, triomphe de la religion des césars, s^assied sur leur trône et parvient à subjuguer la terre. Non, quand la voix du monde entier s'élèverait contre Jésus-Christ, quand toutes les lumières de la philosophie se réuniraient contre ses dogmes, jamais on ne nous persuadera qu'une religion fondée sur une pareille base soit une religion humaine. Celui qui a pu faire adorer une croiXj celui qui a offert i)0ur objet de culte aux hommes rhumanité souffrante , la vertu persécutée, celui-là, nous le jurons, ne saurait être qu'un Dieu. (Chateaubriand.)

2L Marchez, tandis que vous aves la lumière. —Voilà, homme du monde, voilà, pécheur qui m'écoutez,ceque jepuisbien vous appliquer à vous-même. La foi est languissante dans votre cœur, et même elle y paraîl absolument éteinte, il est vrai; mais après tout, jusque dana votre infidélité, si vous voulez Ken sonder le fond de votre conscience, et prêter Toreille à sa voix, vous trouverez qu'il y a toujours certains remords intérieurs que vous sentez au moins de temps en temps, et qui font naître malgré vous mille objets dont vos yeux sont frappés.

CD. uoonr. LA Tff DB K. S. itSUS- CHRIST. SS

Tans tnufenes qv'il y « toujours cerfams reftotm qui Toas piquent^ œrfaHiB dMtes qui toob tMmUent, certaines înqmétudes que TCfta portei dam le secret de Tâme, tHqat ta dissipaCoa d« monde nepeirt ÉeB ea Mrtaeeoapiry qtfeliesne se rétetHent qneiqueîois, eilorsqneTons mmg y atteadei le awins; toos trourerei qu'il y a tonjoitrs eertaines \ues ^ Toas surprennent à certains moments et qui tous sainssent tout à coup; certaines frayeurs subites qui vous alarment au milieu même ou de tos affaires humaines ou de vos divertissements les plus profanes ; c'est ce que tous avez éprouvé et que tous éprouvez encore, et là-dessus je ne veux point d'autre témoin que vous. Or, qu'est-ce que tout cela^ que des principes de foi, quoique éloignés, dont il ne fient qu'à vous de profiter?... n ne faut rien davantage, avec la grâce qui Be vous manquera point, pour rendre à ces premières racines toute leur vertu : elles s'étendront, elles croîtront, elles pousseront peu i peu de nouveaux fruits; la foi revivra dans vous, et vous revivrez avec

la foi. (BOUKDAIOUE.)

21. Celui qui marche dans les ténèbres ne sait od t7 va. — Élrango état que celui où l'on se trouve quand le bandeau de Terreur ou le nuage de la convoitise empêche de voir la lumière divine I On va : car D faut aller, et notre âme ne peut pas demeurer sans mouvement. On va donc, et on ne sait où Ton va. On croit aller à la gloire, aux plaisirs^ à la vie, au bonheur : on va à la perdition et à la mort. On ne sait où Ton va, ni que Ton s'éloigne jusqu'à Tinfini de la droite voie ; et on ne voit plus la moindre trace ni la moindre route par où Ton y puisse être ramené. Aveugle, où allez-vous?... Quel abîme lui est réservé! Quel précipice l'attend? De quelle bête sera-t-illa proie? Sanssecours, sans guide, que deviendra-t-il? Hélas ! hélas I (Bossuet.)

24. Celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. — Aveugles donc tous ceux qui se croient sages, et qui ne le sont pas de la sagesse de Jésus-Christ, seule digne du nom de sagesse I Us courent, dans une profonde nuit, après des fantômes. Ils sont comme ceux qui, dans un songe, pensent être éveillés, et qui s'imaginent que tous les objets du songe sont réels. Ainsi sont abusés tous les grands de la terre, tous les sages du siècle, tous les hommes enchantés parles faux plaisirs. Il n'y a que les enfants de Dieu qui marchent au rayon de la pure vérité. Qu'est-ce qu'ont devant eux les hommes pleins de leurs pensées vaines et ambitieuses? Souvent la disgr&ce, toujours la mort, le jugement de

2i LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHKIST. em.zmtr.

Dieu et réternité. Voilà les grands objets qui s'avancent et qui viennent au-devant de ces hommes profanes ; cependant ils ne les voient pas ; leur politique prévoit tout^ excepté la chute et Tanéantissement inévitable de tout ce qu'ils cherclient. insensés! quand ouvrirez-vous les yeux à la lumière de Jésus-Christ^ qui vous découvrirait le néant de toutes les grandeurs d'ici-bas ? (Férelon.)

ÉLÉVATION

Mon Sauveur, si vous étiez aujourd'hui sur la terre comme aux jours de votre humanité sainte, ne pourrions-nous pas craindre de voir se renouveler l'indignation qui vous fit chasser du temple ceux qui le déshonoraient par un trafic profane? Bien plus heureux qu'Israël, puisque nos temples sont vraiment le sanctuaire de la Divinité, la véritable maison de Dieu, la porte du ciel^ nous en approchons-nous toujours avec le respect, le recueillement qu'un lieu si auguste doit nous inspirer? Avant d'en franchir le seuil^ avons-nous soin de laisser au dehors toutes nos préoccupations terrestres^ eX d'apporter au pied de l'autel un cœur simple^ droit, adorant en esprit et en vérité le Dieu qui sonde les cœurs, et que l'hommage des lèvres seul ne peut satisfaire? Mon Dieu, rendez-nous vos véritables adorateurs; du fond de ce modeste tabernacle auquel les plus brillants trônes de la terre ne sauraient être comparés, attirez-nous à vous, élevez nos esprits et nos cœurs vers vous; c'est de là que nous vient la lumière qui doit nous éclairer de peur que nous ne soyons surpris par les ténèbres. Bon Sauveur ! portez vos regards sur nous, mais ne nous quittez point; sanè vous où porterions-nous nos pas incertains? Inspirez-nous le goût des choses du ciel, aQn de nous détacher des biens et d^ jouissances qui ne sont pojpt dignes d'occuper des cœurs faits pour l'éternité*

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