CB. CI. LA YIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST
tonssaintPaulledigae interprète de cette parole duSaaveur: Pourquoi est-ce quedansie tempsquc nous étions malades et dans le péché^ Jésus- Christ est mort pour les impies? A peine trouve-t-on quelqu'un qui Teuille mourir pour les justes^ peut-être pourtant qu'il se trouyerait quelqu'un qui le ferait. Hais lui il est mort pour les impies,.c'est -à-dire pour nous tous, et c'est en cela qu'il fait éclater son amour, en ce qu'il est morl pour des ennemis, pour des pécheurs. Voilà donc quel estrami que nous avons trouvé eu la personne de Jésus-Christ. C'est un amt de ses ennemis , un amî qui nous a aimés lorsque nous lui faisions de toutes les forces de notre âme et de notre corps une guerre perpétuelle. Comprenons donc l'immensité de son amour en ce qu'il nous a aimés étant ennemis. Mais saint Paul sur ce fondement pousse plus loin : Si lorsque nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés par l'amour de son Fils, à plus forle raison étant réconciliés, nous serons sauvés par sa vie. S'il a été notre ami jusqu'à donner sa vie pour nous pendant que nous étions ses ennemis, combien plus le sera-t-il après que l'ami lié étant réconciliée de part et d'autre, on est ,ami de deux côtés! Mais que conclut de là le même saint Paul? Qu'ayant un tel ami, nous n'avons rien à craindre : Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? s'il n'a pas épargné son Fils, que nous pourra-t-il refuser, et comment nous l'ayant donné, ce nous donnera* t-il pas en lui et par lui toutes choses? Qui accusera les élus de dieu ? C'est Dieu qui les absout et les justiQe. Qui les condamnera? C'est Jésus- Christ qui est mort pour eux, qui non-seulement est mort, mais qui est ressuscité, qui est monté aux deux, et a pris sa place à la droite de son Père, qui intercède pour eux. 11 n'y a rien à ajouter à ce commentaire de saint Paul : Nous y entendons parfaitement tout l'amour que nous devons à celui qui nous a aimés étant ses ennemisjusqu'à donner sa vie pour être notre rédempteur, notre Sauveur, notre intercesseur, et il ne reste qu'à conclure avec le même apôtre : Que ni Taffliction ni la persécution, l'épée et la violence, ni la vie, ni la mort, ni les maux présents, ni tous ceux que nous avons à craindre, ni le ciel quand il serait conjuré contre nous, ni l'enfer quand il lancerait contre nous tous les démons, et enverrait contre nous toutes ses peines, ni quelque autre chose que ce soit, ne sera capable de nous séparer de Jésus- Chiist. (BossuET.)
1. Ce que je vous recommande ^ c'est que vous vous aimiez les uns les autres. — Voilà le précepte et le mystère de la croix dans toute son étendue; c'est là qu'est renfermé le précepte de la charité fraternelle,
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qu'on est obligé de pousser jusqu'à mourir pour ses frères, selon ce que dit saint Jean , autre interprète admirable du précepte de la charité : En cela nous connaissons Tamour de Dieu, parce qu'il a donné sa Tie pour nous, et nous devons aussi donner notre vie pour nos frères. Autrement nous n'observons pas le commandement d'aimer comme il a aimé, c'esUà-dire jusqu'à donner sa vie. Le précepte de la croix est donc encore dans la charité fraternellOi et quoique l'occasion de donner sa vie pour son frère soit rare, néanmoins l'amour fraternel sera dans la croix si nous pratiquons ce que di t sai nt Paul : De ne nous regarder pas nous-mêmes, mais ce qui est de rintérél des autres. Ainsi l'amour fraternel sera un sacrifice continuel, non-seulement de son ressentiment^ lorsqu'on croit être offensé , mais même sans avoir aucun sujet de plainte de son humeur, de son intérêt, de son amour-propre, et c'est à quoi nous oblige l'amour fraternel. (Bossust.)
2. Si le monde vous hait , sachea qu'il m'a haï avant vous. — Après avoir montré à ses disciples combien ils doivent s'aimer les uns les autres et aimer tout le monde, parce que tout le monde est des nôtres par la grâce que Dieu fait à tous de les appeler à notre unité, Jésus- Christ leur apprend que s'ils doivent aimer tout le monde, ce n'est pas dans l'espérance d'être aimés eux-mêmes, puisqu'au contraire ils seront haïs de toute la terre, et c'est la vérité qu'il leur explique à fond dans tous ces versets. 11 commence à leur découvrir la source de cette haine par ces paroles : Si le monde vous hait , sachez qu'il m'a haï le premier. On ne peut assez admirer la bonté de notre Sauveur, n n'y a rien de si fâcheux à un bon cœur, ni en soi rien de plus triste à la nature, que d'être haï. On a besoin d'être prémuni contre un mal qui en soi est si dur et dont aussi les efTets sont si étranges. Hais c'était pour les apôtres la plus grande de toutes les consolations que cette aversion de tout le genre humain leur fût commune avec Jésus- Christ. Si le monde vous hait , dit-il , il m'a haï le premier. La cause de cette haine nous est expliquée par cette parole : Celui qui fait mal hait la lumière. Le monde me hait parce que je lui découvre ses mauvaises œuvres. Les Apôtres associés à la prédication du Sauveur devaient aussi encourir la haine du monde dont ils reprenaient les crimes et les ignorances. (Bosslet.)
3. En vous choisissant f je vous ai séparés du monde. — Bénissons le Sauveur de nous avoir tirés de cette région de ténèbres et d'aveuglement.. Que pouvait nous olTrir ce monde frivole, qui fût capable de