‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 82 sur 179 · CE. CL LA YIE DE N. 8. JÉSUS-GHEIST · texte numérisé non relu

CE. CL LA YIE DE N. 8. JÉSUS-GHEIST

nous rendre heureux?... Des richesses? Maïs que de peines pour les acquérir! que d'alarmes et de sollicitudes pour les conserver I et que de regrets quand on \ieut à les perdre ! Quelle déchirante séparation quand vous en serez dépouillé! enfants des hommes! jusqu'à quand poursuivrez-Tous la vanité, et rechercherez-vous le mensonge? Que peut-on nous offrir encore sur la terre? Les honneurs? J'admets que TOUS parveniez à les obtenir. Vous voilà dans un poste éminent : c'està-dire exposé à plus de regards Jugé avec plus de rigueur, en butic à la malignité de tous. Dans la profession des armes, que de veilles, que de fatigues au service du prince ! et toujours plus près de la mort que de la récompense l... Mais la gloire? me dites-vous. — Il nous sied bien de parler de gloire , à nous cendre et poussière ! D'ailleurs qu'est-ce que la gloire humaine, sinon un vain bruit, qu'il est bien difficile d'obtenir sans éveiller l'envie? Vous n'arriverez qu'en supplantant des rivaux , qu'en provoquant leurs jalousies. Votre élévation fait leur tourment et le vôti e. (Saint BiaNABD.)

3-4. Si vous étiez du monde , le monde aimerait ce qui serait à lui. — Le serviteur n'est pas plus grand que son mattre. — Ce n'est pas que les hommes du monde s'aiment les uns les autres, c'est tout le contraire, et tout le monde est rempli de haines et de jalousies. Mais c'est que les plaisirs et lesintérêts du monde font des liaisons etdes commerces agréables; m\is les disciplesde Jésus-Christ n'ont rien qui plaise au monde. Le monde veut des flatteurs, on n'y vit que de complaisances mutuelles^ on s'applaudissant l'un à l'autre. A quoi est bon un chrétieutUest inu' tile, il n'entre ni dans nos plaisirs ni dans nos affaires, qui ne sont que fraudes. Défaisons-nou^-en, disent les impies dans le Livre de la Sa« gesse, car il nous est inutile; sa vie simple et innocente est une censure de la notre} il faut le faire mourir, puisqu'il ne fait que troubler nos joies. Chrétiens, innocent troupeau, c'est ce qui vous vaut la haine du inonde l Vous ne savez point vous faire craindre, ni rendre le mal pour le mal, vous serez bientôt opprimés. Quelque paisibles que vous soyez, on ne laissera pas de vous reprocher que vous faites des cabales contre l'État, pour lequel vous levez sans cesse les mains au ciel, et vous serez les ennemis publics. Parce que Je vous ai choisis du milieu du monde, le monde vous hait. Dans votre séparation, on ne vous croit pas de même espèce que les autres. On croit que vous voulez vous distinguer^ et on vous accable. (Bossuet.)

10. Lorsque viendra l'Esprit de vérité qui procède du Pire, il rendra

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témoignage de moi ; et vous aussi vous me rendrez témoignage. — ^ï Jésus-Christ étiit demeuré dans la mort, ou que sa résurrection n'eût pas été conflrmée de manière à ne laisser aucune réplique^ les Juifs n'auraient pas été conyaincus et confondus dans les vains prétextes de leur incrédulité. Hais le Saint-Esprit descend visiblement sur les apô* très, les remplit de courage, leur donne des paroles qui fermaient la bouche à leurs adversaires, opère par leurs mains des miracles qui ne le cèdent en rien à ceux de Jésus-Christ, et même qui les surpassent en certaines circonstances, comme il Tavait prédit lui-même. Tous ces ouvrages admirables du Saint-Esprit prouvent que Jésus-Christ a dit la vérité, en assurant que ce même Esprit convaincrait de nouveau et d'une manière encore plus concluante l'incrédulité du monde. Voilà donc le témoignage du Saint-Esprit dans les apôtres; et ces derniers, en confirmant la résurrection de Jésus-Christ , ont pu dire : nous sommes les témoins de ces choses^ et avec nous le Saint-Esprit que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. C'était le dernier et le plus clair témoiguage que Jésus-Christ leur réservait: et c'est pourquoi, prévoyant que le cœur de la plupart serait assez dur pour résister encore à ce témoignage et à cette conviction, il les avait avertis d'éviter ce crime comme celui qui, à la fin, leur attirerait une inévitable punition , et deviendrait irrémissible pour eux. Dieu ayant déterminé de ne le remettre jamais à ceux qui l'auraient porté à de certains excès qui lut étaient connus. C'est peut-être ce qui donna lieu à cette sentence du Sauveur : Que les blasphèmes contre le Fils seraient remis; mais que ce* lui qui blasphémerait contre le Saint-Esprit ne recevrait aucun pardon^ mais serait coupable d'un éternel péché. Ajoutez à toutes ces choses la sainteté que le Saint-Esprit étabh'ssait dans TÉglise, par des effets si éclatants; et cette parfaite unité de cœurs, qui était son véritable ouvrage et le caractère sensible de sa présence. Ajoutez la redoutable autorité que Dieu mettait dans l'Église, en sorte que mentir à Pierre, c'était mentir au Saint-Esprit. On voit assez, par toutes ces choses, l'efficace du témoignage de ce même esprit pour convaincre l'incrédulité. II faut aussi remarquer que Dieu, qui avait supporté les Juifs après le crucifiement de son Fils, résolut enfin de faire éclater sa justice d'une manière étonnante, et jusqu'alors inouïe, après que ce peuple ingrat eut continué de résister avec une opiniâtreté, et une dureté sans exempie, au témoignage des apôtres et à celui du Saint-Esprit. (Bossuet.)

13. Ils vous banniront des synagogues; et vient Pheure ow quiconque

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VOUS mettra à mort croira faire une œuvre agréable à Dieu. — Partout les disciples de Jésus-Cbrist sont poursuivis comme des bêtes féroces : les supplices ordinaires paraissaient trop doux pour des hommes regardés uniTcrselIement comme les ennemis des dieux et de la patrie. On renouvelle^ on épuise, on invente des tourments qui font frémir. Partout les chrétiens sont battus de verges, écorchés par des ongles d'airain ; on les déchire par le fer; on les consume parle feu; on les suspend sur des chevalets, on les cloue sur des croix; on se fait un jeu barbare de les voir mettre en pièces par les chiens, dévorer par les lions. Us sont couverts de lames embrasées, assis sur des chaises ardentes, plongés dans l'huile bouillante, brûlés à petit feu. On les brise sous des meules; on les submerge dans les flots, on les enterre tout vifs, on les coupe par morceaux. Dans leurs corps couverts de blessures on ne déchire plus que des plaies; on ménage avec cruauté les moments qui leur restent à vivre; on choisit parmi les supplices ceux qui font mourir le plus lentement, on les guérit par des soins barbares, pour les mettre en état de souffrir de nouveau. La pitié est éteinte pour eux dans les cœurs des hommes; et le peuple, qui voit presque toujours avec quelque mouvement de compassion les plus grands criminels sur réchafaud, applaudit aux tourments des chrétiens par des cris d'allégresse. La mort même ne les met point à couvert de la rage de leurs persécuteurs. On s'acharne sur les tristes restes de leurs corps; on les réduit en cendres, et on les jette au vent pour les anéantir, s'il est possible. L'horreor qu'on a contre eux n'est pas satisfaite du supplice de quelques particuliers. Rome s'enivre de leur sang; elle en fait couler des fleuves; elle en inonde la terre. On n'épargne ni âge, ni sexe, ni rang, ni condition. Ce n'est point une persécution de quel« qucs jours, de quelques mois, de quelques années; c'est par des siècles qu'il faut compter le temps des souffrances de l'Église. On ne peut la suivre durant trois cents ans qu'à la trace du sang de ses martyrs. »

(BUILET.)

25. // prendra de ce qui est à moi, et il vous Pannoncera. — L'Esprit-Saint prend du Père dont il procède primitivement; et en prenant du Père, il prend ce qui est au Fils, puisque tout est commun entre le Père et le Fils, excepté sans doute d'être Père ; car c'est cela qui est propre au Père, et non pas commun au Père et au Fils. Le Fils a donc tout ce qu'a le Père, excepté d'être Père ; il a donc aussi d'être principe du Saint-Esprit : car cela n'est pas être Père; le Fils prend cela du Père ; et le Père, qui, en l'engendrant dans son sein, lui communique tout excepté d'être Père, lui communique par conséquent d'être le

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principe productif du Saint-Esprit. C'est pourquoi le Saint-Esprit est l'Esprit du Père comme du Fils, envoyé en unité de Tun et de Tautre, procédant de l'un et de l'autre, comme d'un seul et même principe : parce que le Fils a reçu du Père d'être principe du Saint-Esprit. Et pourquoi Jésus-Christ ne dît pas, Il prendra de moi, c'est parce que ce serait dire, en quelque façon, quMl en serait le seul principe, et que le Saint-Esprit procède du Fils, comme le Fils procède du Père : c'est-àdire de lui seul. Hais il n^en est pas ainsi: car le Saint-Esprit procède du Père radicalement; et s'il procède du Fils, c'est du Père que le Fils a pris de le produire : et c'est pourquoi il dit plutôt. Il prendra du mien; que de dire, // prendra de moi. Parce qu'encore qu'en effet il prenne de lui, il ne prend de lui que ce que lui-même a pris du Père. L'Espril- Saint procède donc du Père et du Fils; mais il procède du Père parle Fils; parce que, par cela même que le Saint-Esprit procède du Fils, le Fils Ta reçu du Père, de qui il a tout reçu. (Bossuet.)

ÉLÉVATION

Pourquoi doue, Seigneur, nous tant préoccuper d'obtenir la louange et les applaudissements des hommes? Vous avez dit que le serviteur n'est pas plus grand que le maître : le monde vous a persécuté; réjouissons-nous donc si nous devenons aussi Tobjet de sa haine ou de son mépris. Craignons surtout quand il applaudit à nos actions, à nos paroles, que ce ne soit parce qu'il nous compte au nombre de ses sectateurs. Seigneur, nous ne préférerons plus à l'avenir les voies tortueuses du péché au chemin que vous nous avez vous-même tracé, et qui peut seul nous conduire à un bonheur sans fin comme sans mesure. Nous veillerons sans cesse et ne nous rassurerons point sur ce que nous ne sommes pas au nombre de vos ennemis; pour diminuer notre confiance en nous-mêmes et nous rendre plus humbles, nous nous rappellerons qu'il sera beaucoup exigé de celui qui, par une providence spéciale, avait reçu plus de grâces, parce que la résistance aux bonnes inspirations annonce une plus grande perversité de cœur. Jésus! qui devez être la gloire et la couronne de ceux que vous avez rachetés, que vos souffrances ne soient pas la cause de notre ruine 1 Nous ne nous contenterons plus de dire de bouche que nous vous appartenons; nous le dirons du fond du cœur, et surtout nous le témoignerons par nos œuvres.

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