‹ La vie de n. s. Jésus-Christ: ou les saints évangilesChapitre 9 sur 179 · Le soir étant venu, ilsortitdelaville · texte numérisé non relu

Le soir étant venu, ilsortitdelaville

16. Bien qu'il eût fait tant de miracles devant eux, ils ne croyaient point en lui.

17. Ainsi fut accomplie la parole du prophète IsaVe, qui avait dit : Seigneur, qui a cru à ce qu'il a entendu de nous? et le bras du Seigneur, à qui a-t-il été révélé ?

18. Et ils ne pouvaient croire, à cause de ce qu'Isaïe dit encore * : Il a aveuglé leurs yeux et endurci leurs cœurs, afin que leurs yeux ne voient point, et que leur cœur ne comprenne point, de peur qu'ils ne se convertissent et que je ne les guérisse de leurs blessures.

19. Isaïedit ces choses, lorsqu'il vit la gloire de Jésus-Christ et qu'il parla de lui.

20. Cependant plusieurs, même d'entre les chefs, crurent en lui ; mais à cause des Pharisiens, ils n'en faisaient rien paraître, de peur d'être chassés de la synagogue^ ,

^21 . Et parce qu'ils mettaient les considérations humaines avant la gloire d'être à Dieu.

.22. Et chaque jour Jésus enseignait dans le temple ; et le soir, sortant de la ville, il

* f 18. Voici le tc^te d'Isaïe : « Aveugle le cœur de ce peuple, endurcis ses oreilles, ferme ses yeux, do peur qu'il ue voie de ses yeux, qu'il n'entende de ses oreilles, qu'il ne comprenne dans son cœur, qu'il ne se convertisse et que je ne le guérisse. Et j'ai dit : Jusques à quand. Seigneur? Et le Seigneur m'a répondu : Jasqa*à ce que les villes soient désolées et sans aucun habitant, que dans les maisons il n'y ait pas même un homme, que la terre soit complètement abandonnée et déserte. »

* f 20. Les chers du peuple redoutaient d'être frappés de cette note d'Ignominie qui était chez les Juifs ce qu*est chez nous rejLCommBQicatioii«

28 LA YIE DE N. S. JÉSUS^HRIST. eu. Lxxxr.

c*îûrôî!fTu."^*' **"'''*' ^''^*' passer la nuit sur la monlagne des

Oliviers *.

.^^^T:an1nx:Z 23. Et tout le peuple, de grand matin, pio audir. emo. ^^ fcndait au temple pour l'entendre.

cJ«tt?s"iCi"^^^^ 2*- ^^ '^^ Princes des prêtres , avec les 7«m ^y mI^^^^^ Scribes et les chefs du peuple, cherchaient a le faire mourir, car ils le craignaient , •Et non inTeniebant 25. Et ils tto trouvaicnt oas moyen de

poid Tacerenl illi. Omnb ^ **

cr.\T.ïdi^"u«r"'" "®" f^î^® contre lui, parce que le peuple était ravi d'admiration en Técoutant.

1 f S%. Sans doute après avoir pris son repas è Béllianie, soit ches Marthe, soit chez d'autres personnes.

2. Mais s'en étant approché ^ il ti'y trouva que des feuilles; car ce n'était pas le temps des figues. — C'est une parabole en aclion, comme tant de fois il s'était servi de paraboles en paroles. Il ne faut donc point demander ce qu'avait fait ce figuier^ ni ce quMl avait mérité : car qui ne sait qu'un arbre ne mérite rien? ni regarder celte malédiction du Sauveur par rapport au figuier , qui n'était que la matière de la parabole. Il faut voir ce qu'il représentait, c'est-à-dire la créature raisonnable qui doit toujours des fruits à son Créateur, en quelque temps qu'il lui en demande : et lorsqu'il ne trouve que des feuilles, un dehors apparent y et rien de solide, il le maudit , et justement. Car (lu'est-ce qu'un figuier sans fruits, et un homme sans bonnes œuvres ?

(BOSSUET

5. Et étant entré dans le temple, il se mit à chasser ceux qui vendaient et achetaient dans le lieu saint, et il renversa les tables des banquiers et les sièges de ceux qui vendaient. — Ce temple bâti par Salomon; réparé par Esdras et détruit par les Romains après la venue de Jésus- Christ, n'existe plus. Il nous représentait TÉglise de Dieu, nouveau temple, construit non pins avec des matériaux insensibles, mais avec des pierres vivantes. Or, qui croirait que certains membres de cette Église, loin d^y vivre spirituellement et avec pureté, font du temple de la prière une caverne de voleurs? Ils veulent retirer uu gain même

CH. LXUT* hk VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. U

de leur piété; loin de vivre de TÉvangiley en vrais serviteurs de Dieu, ils entassent trésor sur trésor, et ne 8'é|iargnent aucune sueur pour acquérir de nombreuses possessions. A cette conduite sacrilège, qui ne s'écriera que TÉglise est convertie en une caverve de voleurs? Qui ne frémira dMndignatîon contre ces hommes impies, en entendant les paroles nayrantes de Jésus-Cbrist : A quoi donc sert mon sang, puisqu'on me tait descendre dans une telle corruption? Quand il vit Jérusalem, il pleura. S'il a pleuré sur Jérusalem, que de larmes n'a-t-il pas dû verser sur son Église, qui devait èlre le temple de la prière, et dont on a fait par de honteux trafics une caverne de voleurs! Il entra dans le temple de Dieu, et il le purifia; il en chassa tousceux qui vendaient et achetaient; il renversa les tables des banquiers aussi bien que les sièges de ceux qui vendaient des colombes. Et maintenant tous ceux qui se rassemblent en son nom, tous ceux qui vendent et achètent dans le temple, il ne vient plus malheureusement les chasser. Heureux s'il venait à nous, pleurant sur nos péchés, nous reprendre, nous chfttier et nous recevoir dans ses bras comme des enfants de repentir ! Trop heureux s'il venait chasser du temple ceux qui vendent des biens précieux pour en acquérir de mauvais , ceux qui vendent aux princes ses colombes timides et sans défense, c'est-à-dire ces hommes sans pudeur qui, pour un peu d'argent, livrent sou Église à d'iniques traflcants! Oh! nous ne vendrions plus alors les coIombesduCbrist;nousles prendrions» aucontraire, sous notre protection, etnous veillerionsà leur salut. (Origenb.)

5. Et, étant entré dans le temple, il se mit à chasser ceux qui vendaient et achetaient. - Ecoutez ces paroles, vous qui trafiquez des choses saintes, écoutez ces paroles; ou cessez tout négoce, ou sortez du temple. Ce n'est point celui-ci, ce n'est point celui-là que le Seigneur vient chasser, mais sans distinction tous ceux qui vendent et achètent. 11 renverse les tables des banquier^, les sièges de ceux qui vendent les colombes: vous êtes les banquiers, c'est vous qui vendez les colombes; vous ne faites rien qu'à prix d'or, l'argent seul est le mobile de vos actions. Oui, c'est vendre les colombes que de mettre à prix les grâces de TEsprit-Saint, et c'est en vous chassant du temple, en renversant vos sièges que Dieu nous dit : Us ne sont point les vrais pasteurs. 11 a renversé vos sièges» car vous êtes des voleurs, vous qui entrez dans la bergerie par des lieux détournés; or Jésus-Christ est la porte de l'Église, et vous n'y entrez pas par lui. Sortez donc du temple de la prière, car votre présence et vos trafics en ont fait une caverne de voleurs» (Saint Bruno.)

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. 6. Et il ne souffrait pas que Von portât quoi que ce fût par le temple. -^Le temple allait périr^ et Jésas qui le ya prédire, comme nous Terrons, ne rignorait pas^ et cependant il en défend avec tant de zèle et d'dutorité la sainteté, pendant qu'il subsiste I C'est donc pour apprendre aux chrétiens ce qu'ils doivent aux nouyeaux temples, dont le temple de Jérusalem n'était qu^une figure faible , imparfaite, et infiniment au-dessous des mystères des chrétiens, dont Jésus-Christ fait le fond^ et où se trouve son saint corps et son sang précieux. Tremblons, trem* bloDS à la seule vue et à Vapproche de ce sanctuaire. Hais nous avons en nous un temple. Notre âme en est un, nos corps en sont un, respectons ce temple si saintement consacré et inséparable de nousmêmes. N'y laissons entrer, ni même passer rien dMmpur ni de profane. Gardons-nous bien de le faire servir à aucun indigne trafic Respectons ce temple et le Saint-Esprit qui y habile. (Bossubt.)

' 7. Ma maison est la maison de la prière. — C'est ce que Dieu avait dit par la bouche d'Isaîe. Il y ajoute le reproche : Et vous, dit-ii, vous en faites une caverne de voleurs, ainsi que Jérémie l'avait prédit. Alors donc fut accompli cet oracle de David : Et moi j'ai été établi de Dieu comme roi sur Sion , sa sainte montagne, annonçant et préchant ses préceptes. On vit dans son temple le dominateur et l'ange du Testament, q«e Halachie avait prédit. Jésus-Christ y exerce de plein droit toute l'autorité de son Père, n ne souffrit pas, dit saint Marc, qu'on passât avec un vaisseau par le temple, ni qu'on fit servir de chemin public un si saint lieu. L'Évangile ne dit pas quMl le défendait, mais qu'il ne le souffrait pas, et c'est-à-dire , à en juger par le reste de ses actions, qu'il les repoussait et les chassait, du moins quMl les reprenait avec menaces. S'il n'avait fait qu*ordonner, ce serait un acte d'autorité j mais il agit, il renverse , il frappe : ce qui est encore un acte de zèle. Ce qui fait aussi que saint Jean , et tous ses disciples appliquèrent à cette action cette parole de David : Le zèle de votre maison m'a dévoré. Le zèle est une ferveur de Tamour de Dieu, trop vif pour attendre le secours d'autrui, ni pour s'astreindre aux formes ordinaires, mais agissant par lui-même et au-dessus de ses forces avec une espèce d'excès, par une absolue confiance en la puissance de Dieu. C'est ce qui parait dans cette action du Sauveur. Remarquez ces paroles. Une caverne de voleurs , qui doivent faire trembler tous ceux qui trafiquent, puisqu'elles leur font sentir que , dans l'usage commun et si Ton n'y prend garde » le trafic n'est qu'un tissu de mensonge , de tromperie et de vol. Remarquez aussi avec tous les interprèles, que

€■• vaxf. • lA TIB VE N. S. JtSCSXHRIST. 3t

ce qa'on Tendait dans le temple était des bceofs , des brebis , des colombes^ toutes choses qui serTaient a« saerîâees, et néanmoins Jésas chasse tout. Non que ces ventes fussent mauvaises, m«ais parce que ce n'était pas le lieu de les faire. Que ferait-il des discours, des irrévérences et de tant de choses infâmes qu^on fait dans le temple? Remarquez encore qull parle en particulier à ceux qui vendent des colombes. Ce que les saints ont entendu des simoniaques qui vendent le Saint-Esprit et ses grâces, qui entrent par d'indignes commerces dans les emplois ecclésiastrques et spirituels, et qui, en quelque façon que ce soit^ négocient pour avoir tes Voix de ceux qui les donnent : Otez tout cela, dit le Sauveur (Bosslet.)

12« Celfri ftfî me méprise et ne reçoit pas ma parole, il a pour jnge ta parote même qne je vone ai dite; c^est elle qui le jugera au dernier fmtr»'— Il est dit ici que la parole jugera, comme nous dirons qtielquefois que la loi condamne. On entend bien que ce n'est pas elle qui prononce la sentence ; mais elle la dicte en quelque façon, en déclarant qu'une telle action est digne, ou sera punie de telle peine. Ainsi ce mot du Sauveur, Ma parole le jugera, bien loin d'exclure la personne du juge, h suppose an contraire, puisqu'il ne saurait y avoir de jugement, s'il n'y a, en outre de la loi, quelqu'un qui l'applique à telle action, à telle personne. Cette parole qui jugerales Juifs incrédules, c'est h prédicatioD de Jésus-Chri^^ en tant qu'elle était accompagnée de miracles qui en confirmaient la vérité. Cea miracles, qui prouvaient ^'elle venait de DieUj. prouveront également que ceux qui l'auront rejetée autont résisté à Diea Blême. Cette même parole jugera encore ceux qui auront em ki foi, mais qui auront pecbé contre les préceptes noraux. Les volnptueux seront jugés par ceUe-ci : a Celui qui aura regardé une Cemme avec ooncupiseesœ a déjà commis l'adultère dans son cœur » ; et les vindicatifs par cette autre : « Aimez vos ennemis, lûtes du bien à ceux qui vous haïssent, priei pour ceux qui vous persécutent., s On opposera aux avai'es cette courte et énergique sentence ; « Vous ne pouvez pas servir Dieu et l'argent ; » s'ils ont manqué de charité envers les pauvres, on leur ajoutera : « Le bien que vous n'avez pas fait au moindre de mes frères, c'est à moi qve vous avex loanquè de le faire, a On confondra les ambitieux par ce mot : « Si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n'eutrerez point dans k royaume des cieux; b et ceux qui se laissent emporter aui injures graves^ oo lanr répétera oelui-ci : < Si quelqu'un appelle sM' frère insensé, il sera digne de .la Gébenne du feu. a Que chacun se juge

$S LÀ VIE DE N. S. JÉSUS-CURIST. . en. lzxxt.

donc dès à présent sur ces paroles^ car les cieux et la terre passeront ; mais ces paroles ne passeront point. (de Lignt.)

16. Bien qu'il eût fait tant de miracles devant eux^ ils ne croyaient point en lui. — Lorsqu'une ame est ingrate, corrompue» et possédée par la passion de Tenvie, il n'y a point de miracle qui puisse la guérir : comme au contraire lorsqu'elle est simple et reconnaissante, elle a peu besoin de miracles pour se rendre à Dieu. Ne demandez donc pas ici pourquoi les Juifs n'ont pas cru; mais plutôt considérez si Dieu n'a pas fait tout ce qui était nécessaire pour les ramener à croire. Car c'est ce qu'il dit souvent par son prophète, comme pour se consoler de la peine qu'il éprouvait en Toyantce peuple endurci s'obslinerà périr sous les coups d'une justice d'autant plus inexorable qu'elle a été plus longtemps provoquée; comme pour justifier sa bonté et sa providence des châtiments terribles qu'il allait infliger. Qu'ai-je dii faire pour ma vigne^ s'écrie-t-il avec douleur , qu'ai-je dû faire et que je n'aie point fait? C'est là uniquement ce que nous devons ici considérer, et bientôt nous dirons nous-mêmes, avec le Sauveur du monde: Oui, si tous les miracles qui ont été opérés dans la Judée eussent été faits dans Sodome et dans Gomorrhe, ces villes malheureuses eussent fait pénitence et subsisteraient encore, (Saint Jean Chrtsosiôaib,)

19. Isaïe dit ces choses, lorsqu*il vit la gloire de Jisus-Christ, et qu'il parla de lui. — Voici la vision d'Isaie, à laquelle saint Jean fait ici allusion : «c Dans l'année de la mort d'Osias, » nous dit le prophète, a je vis le Seigneur assis sur un trône élevé et sublime ; les richesses qui étaient au-dessous de son trône remplissaient le temple. Debout près de lui étaient des séraphins ; ils avaient chacun six ailes, deux avec lesquelles ils voilaient leur face, deux dont ils recouvraient leurs pieds, deux qui leur servaient pour voler. El ils criaient l'un à l'autre, et disaient : Saint^ saint, saint est le Seigneur Dieu des armées; toute la terre est pleine de sa gloire. A la voix de chacun d'eux, les portes et le seuil du temple furent ébranlés, et le temple fut rempli de fumée. Et j'ai dit : Malheur à moi, à cause de mon silence! mes lèvres sont impures, j'habite au milieu d'un peuple souillé, et j'ai vu de mes yeux le Roi suprême, le Seigneur des armées. Et l'un des séraphins vola vers moi; dans sa main était un charbon ardent qu'il avait pris à l'autel avec un instrument de fer. Et il en toucha ma bouche, et il dit : Voici que ce charbon a touché tes lèvres, ton iniquité disparaîtra^ ton péché sera expié. Et j'entendis la voix du Seigneur, disant : Qui enverrai-je? qui ira pour nous! Et j'ai dit : Me voici^ envoyez-moi. » (Daniel^ vi.)

en. LixxT. LA TIE SE N. S. JÉSUS-CHRIST. 3S

20-21. Cependant plusieurs, mime d'entre les chefs, crurent en lui; mais... ils ne faisaient rien paratlre... mettant les considérations humaines avant la gloire ditre à Dieu. — User de ces timides ménagements avec le monde^ c'est n'être pas encore chrétien. Je sais qu'il est des bienséances inévitables, que la piété la plus attentive ne peut refuser aux usages; que la charité est prudente et prend différentes formes; qu'il faut savoir quelquefois être faible avec les laibles, et qu'il y a souvent de la vertu et du mérite à savoir être à propos^ pour ainsi dire, moins vertueux et moins parfait. Hais je dis que tout ménagement qui ne tend qu'à persuader au monde que nous approuvons encore ses abus et ses maximes , et qu'à nous mettre à couvert de la réputation de serviteurs de Jésus-Christ, comme d'un titre de honte et d'infamie, et une dissimulation criminelle, injurieuse à la majesté de la religion, et moins digne d'excuse que le dérèglement ouvert et déclaré. Quoi 1 vous ne reconnaîtriez Jésus-Cbrist pour voire Dieu qu'en cachette ! Vous affecteriez de le méconnaître devant les hommes I II ne serait plus que votre Divinité secrète, tandis que le monde aurait vos hommages et votre culte public et déclaré ! homme! le Dieu du ciel et de la terre ne serait donc plus qu'un Dieu domestique ; et, le confondant avec les idoles renfermées autrefois dans le foyer et dans l'enceinte de chaque famille, vous vous contenteriez, comme Rachel, de le cacher dans votre tente, et de l'adorer à Tinsu de vos frères? Quoi! vous auriez honte d'être l'objet de la clémence et de la bonté divine ! En outre, pourquoi dissimuler lâchement ce que vous ctes? Une âme née avec quelque élévation sait-elle ainsi se contrefaire? Si vous êtes ami de Jésus-Christ, pourquoi vous en cachez-vous? Quand même nous vivrions encore dans ces siècles infortunés où on le regardait comme un séducteur, et où les rois et les magistrats étaient soulevés contre lui et contre son culte, il serait si beau d'avoir le courage de se déclarer pour un ami persécuté et abandonné! et ici, où vous ne risquez rien, vous feignez de n'être point à lui ! (Massillon.)

24. Et les Princes des prêtres avec les Scribes et les chefs du peuple cherchaient à le faire mourir, car ils le craignaient. — Qu'avait fait le Sauveur pour encourir cette haine si acharnée? Il avait rendu la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la santé aux malades; il avait passé en faisant le bien , en répandant sans cesse autour de lui la lumière et la consolation ; et ce jour-là encore, il venait de rétablir le respect pour le temple. Hais , en même temps qu'il rassemblait les m. 3

M LA TIE me N. & JiSVS-anigT. <». lxxxt.

brebis dispersées de la maison d^terai^, il déToilait Torgneil et Phypocrisie de ceux qui s>n étaient constitués les pastevfs ; il démasquait leurs loaii)erie8; il ruinait leur aaiorité et leur foitune. Que fallait-il davantage! NVtHm f»as vn de tout temps, et ne Toyans*noas pas encore, dans les diffiârents camps de Fhérésie, la même haine contre les pontifes de Rome , et quelquefois contre leors collaborateurs? Us font le bien^ eux aussi; ils arrêtent, antaut quil lear est possible, les progrès du mal; les méchants les craignent : de là cette baine et cette guerre* (B.)

ÉLÉVATION

Vous seul. Seigneur, connaissez le moment où seront demandés à notre âme les fruits qui doivent apaiser votre faim : nous n^en saurions douter, vous avez faim de notre salut; c*est pourquoi vous voulez qu'incertains de rheure où se fera la récolte, nous ne nous contentions pas de donner ce riche feuillage qni peut bien tromper Tœil de Phomme, mais que notre fime ait une abondante réserve des bonnes œuvres sans lesquelles nous ne devons attendre de vous que de terribles malédictions. Ne comprendrons-nous donc Jamais nos seuls, nos véritables intérêts? Serons-nous toujours indifférents à un amour si persévérant et si désintéressé? Dieu n'a pas besoin de nous; c'est notre bonheur seul qu^il a en vue quand il nous presse de travailler pour Téternité, de veiller et de prier sans cessé, puisque nous ne savons ni le jour ni l'heure de sa venue. Ouvrez nos yeux, bon Sauveur; que nos cœurs si faciles à émouvoir quand la voix de TafTection s'adresse i eux, comprennent enfin qu'aucun dévouement de la terre , quelque complet qu'on le suppose, ne saurait égaler celui qui vous a fait naître, vivre et mourir pour nous. Aujourd'hui que nous entendons votre parole, nous n'endurcirons plus nos cœurs, nous vous aimerons comme vous nous aimez, et nous travaillerons avec zèle et promptitude à réparer la perte d'un temps précieux que nous n'avons pas su employer à vous connaître et à vous aimer.

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