LA VIE DE K. S. JESUS-CHRIST. S
43. Et il dit ; Mou père, tout vous est possible : si vous le voulez , éloignez de moi ce calice : cependant que votre volonté se fasse, et non la mienne.
14. Ensuite il vint à ses disciples , et, les trouvant endormis, il dit à Pierre : Simon, vous dormez? Ainsi, vous n'avez pu veiller une heure avec moi?
16. Veillez et priez pour ne point entrer en tentation : car l'esprit est prompt, mais la chair est faible*.
16. Il s'en alla une seconde fois, et pria de nouveau en répétant les mêmes paroles :
Mon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive! néanmoins que votre volonté se fasse.
17. Et il vint de nouveau, et les trouva endormis , car leurs yeux étaient appesantis, et ils ne savaient ce qu'ils lui répondaient.
18. Et, les laissant, il s'en alla encore, et pria, disant, une troisième fois: Mon Père, si vous le voulez, éloignez de moi ce calice ; néanmoins que ce ne soit pas ma volonté , mais la vôtre qui s'accomplisse.
19. Alors un ange venant du ciel, lui apparut et le fortifiait^. Et étant tombé en agonie, il priait plus loûguement*
* f i5. Avis % ces téméraires qai s'Imaginent ponvoir tont oe quMls vealeni. Autant nous présumons de l'activité de notre esprit, autant nous devons être en
'déOance sur la fragilité do la chair. (Saiht Jérôme.)
* f 19. Jésus-Christ B*avait pas besoin de ce secours; il a voulu cependant être rassuré et consolé par an ange, comme il a voulu sfabandonnçr à la crainte et à la
264 LA VIE DE N. S. JÉSUS-GHRIST. CB. cir-
El r.ei» «i sQdor 20. Et il cut uoe sueur, comme de
cjus, ficut gntta songai*
ab^drcorreni» ii> icr- gQuttes de SBug * qui découlail juque sur la
terre.
ora^ijliîr: ^T^tTeKiô 21. Et, s'étaut levé après sa prière, il f^ôsii^ZtMè,''llmi!!i^ revint pour la troisième fois à ses disciples^
tiliâ, 'el dicll illb : dor- j • . * i • t * • é
mite jbai et requioscii«. ct los trouvanl eodormis par la tristesse.
kSuflîcii «Eccè apjpro- *^
EÔSsiriîîîi^u'rl^^^^ ^' '^"^ ^^^ ' Dormez maintenant et reposez- »ui";c^.t".uT""' ^^yg2^ niais non, voici Theure où le Fils
de rhomme doit être livré entre les mains des pécheurs :
surpiic. c.mu.:accè 22. Lovcz-vous , allous .' voicl venir ce-
•ppropinqoavit qot me '
lui qui doit me livrer.
tradet.
trlstosso, pour noas apprendre par son exemple à vaincre nos répugnances ct âi^ attendre de Diea la consolation au milieu de nos souffrances.
* f &0. Arrivé au terme de sa carrière, ie Messie est accablé par les péchés do genre humain tout entier, et son corps, succombant sous ce poids humiliant, laisse couler sur Iq terre une sueur de sang. La possibilité de ce phénomène ne peut plusêtre contestée, depuis que des exemples récents et nombreux l'ont mis hors de doute.
* f Si. C'est une espèce d'ironie, par laquelle il leur reproche leur lâcheté.
11. Jtion âme est triste jusqu'à la mort. — En me levant, j'aperçus près de moi un arpent d'étendue ^ touchant d'un côté à la rive élevée du torrent de Cédron^ et de l'autre^ s'élevant doucement contre la base du mont des Olives ; un petit mur de pierres sans ciment entoure ce champ y et huit oliviers^ espacés de trente à, quarante pas les uns desautreSy le couvrent presque tout entier de leur ombre... Je m\issis sur les racines dii plus vieux de ces oliviers; je fermai un moment les yeux et je me reportai en pensée à celte nuit^ veille de la rédemption du genre humain, où le messager divin avait bu jusqu'à la lie le calice de la souffrance , avant de recevoir la mort de la main des hommes^ pour salaire de son céleste message. Je demandai ma part de ce salut qu'il était venu apporter au monde à un si haut prix; je me représentai l'océan d'angoisses qui dut inonder le cœur du Fils de l'homme quand il contempla d'un seul regard toutes les misères, toutes les ténèbres, toutes les amertumes, toutes les vanités, toutes les iniquités des enfants
en. CIT. LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. f 65
d'Adam; quand il voulut soulever seul ce fardeau de crimes et de malheurs sous lequel l'humanité tout entière passe courbée et gémissante dans celte étroite vallée de larmes; quand il vit qu'on ne pouvait apporter même une vérité et une cbnsolalion nouvelle à Thomme, qu'au prix de sa vie; quand, reculant d'effroi devant l'ombre de la mort qu'il sentait déjà sur lui y il dit à son Père : a Que ce calice passe loin de moi. » Je me relevai, et j'admirai combien ce lieu avait été divinement prédestiné et choisi pour la scène la plus douloureuse de la passion de Thomme-Dieu ; c'était une vallée étroite, encaissée^ profonde, formée au nord par des hauteurs sombres et nues qui portaient les tombeaux des rois , ombragée à l'ouest par Tombre des murs sombres et gigantesques d'une ville d'iniquités^ couverte à TOrient par la cime du mont des Oliviers, et traversée par un torrent qui roulait ses ondes amèrcs et jaunâtres sur les rochers brisés de la vallée de Josapbal. (De Lamartine.)
12-13. Et s'étant prosterné le visage covtre terre, Jésus priait que cette heure , s'il se pouvait y s'éloignât de lui, et il dit: 31 on Père, tout vous est possible : si vous le voulez, éloignez de moi ce calice; cependant que votre volonté se fasse, et non la mienne. — 11 ne parle plus à Dieu avec cette douce familiarité , avec cette conûance d'un Fils unique qui se re|iose sur la bonté de son Père, a S'il est possible , » dit-il ; et qu'y a-t-il d'impossible à Dieu? a Si vous voulez; x> et peut-il ne pas vouloir ce que lui demande un Fils chéri? Toutefois écoutez la suite : a Détournez de moi ce calice; et toutefois faites, mon Père, non ma volonté, mais la vôtre. » Jésus ! est-ce là le langage d'un fils bien-aimé? Vous disiez autrefois si assurément : a Mon Père, tout ce qui est à vous est à moi, tout ce qui est à moi est à vous ! p et lorsque vous priiez autre* fois, vous commenciez par l'action de grâces : aO mon Père I je vous remercie de ce que vous m'avez écouté, et je le savais bien que votre bonté paternelle m'écoute toujours, i» Pourquoi, Seigneur Jésus, parlez-vous en ce moment d'une autre manière? pourquoi entends-je ces tristes paroles : a Non ma volonté, mais la vôtre?» Depuis quand cette opposition entre la volonté du Père et du Fils? Ne voyez-vous pas qu'il parle en tremblant, comme chargé des péchés des hommes? Ne voyez-vous pas qu'ayant l'apparence du pécheur, il est délaissé par son Père, et sous le poids de sa divine justice? Comme on voit quelquefois dans un grand orage : le ciel semble s'éclater et fondre tout entier sur la terre ; mais en même temps on voit qu'Use décharge peu à peu,
266 LA VIE DE N- S. JESUS-CHRIST. CB. m.
jusqu'à ce quMl reprenne enfin sa première sérénité, qu'il soit calme^ apaisé, si je puis parler de la sorte, par sa propre indignation : ainsi la justice divine, éclatant sur le Fils de Dieu dans toute sa force^ se passe peu à peu en se déchargeant, la nue crève et se dissipe. Dieu commence à ouvrir aux enfants d'Adam celle face bénigne et riante, et par un retour admirable qui comprend tout le mystère de notre salut^ pendant quMl délaisse son Fils innocent pour Tamour des hommes coupables, il embrasse tendrement les hommes coupables pour l'amour de son Fils innocent. (Bossuet.)
13. Mon Père, tout vous est possible; si vous le voulez y éloignes de moi ce calice. — Seigneur , mon Dieu ! c'est pour moi que vous avez souffert, car vous n'aviez en vous aucune faute à expier. Vous avez pris ma tristesse pour me donner votre joie. C'est par moi que vous êtes descendu jusqu'à la mort, c'est par vous que je renais à la vie. Dieu, votre Père, nous apprit par Joseph à ne pas redouter les cachots, îl nous apprend par vous à vaincre la mort, et, ce qui est bien plus, à surmonter l'appréhension de cette mort qui nous attend. Comment pourrions-nous vous imiter, Seigneur Jésus, si nous ne suivions dans votre vie humaine vos souffrances, vos blessures et votre mort? Vos disciples eux-mêmes auraient-ils cru à votre mort prochaine, s'ils n'avaient vu et compris votre tristesse profonde? Encore se livraientils au sommeil au moment où vous alliez souffrir pour eux. Oui, Seigneur, vous avez souffert non point à cause de vos blessures, mais à i^ause des nôtres. Vous subissiez notre mort et non la vôtre Ce n'est pas pour vous, c'est pour nous, pour nos péchés que vous avez souffert. Dieu, votre Père, ne vous avait pas condamné à la douleur, vous l'avez acceptée par amour pour nous. C'est en vous seul que nous devions trouver la paix , c'est votre sang qui devait laver nos blessures. Et en effet, qu'y a-t-il d'étonnant que notre Sauveur soit triste pour nous tous, lui qui s'est attristé même pour un seul homme, lui qui pour la mort passagère de Lazare versa des larmes de compassion ?
(Saint Ambroise.)
15. L'esprit est prompt, mais la chair est faible. — Iol chmr est faible ! N'ayons donc aucune complaisance pour une chair condamnée à la faiblesse; conservons à l'esprit son empire. Que le plus faible cède au plus fort, et tire de lui la force qui lui manque 3 qu'ils se soutiennent l'un et l'autre par la pensée , non des épreuves, mais du
CH. civ. 'LA VIE DE M. S. JÉSDS-CHBIST. S67
terme qui les réunit dans un saint commun. La chair pourra s'nlnrmci' à I» -voe d'an glaÏTC prêt à s')q>pesanUr , d'une croix qui l'attend avec ses supplices , d'animaux rugissants qui appellent leur victim*, d'un bûcher avec la mort la plus douloureuse, et de tout ce que l'art <\ei tortures pourra faire inventer à nos bourreaux; mais qu'aussi l'esprit réponde aux faiblesses de la chair, que ces épreuves, toutes cruelles qu'elles sont» ont été non-seulement supportées souvent avec courage, mais recherchées par le simple désir de renommée et d'une gloire humaine. (Tbrtdixieii.)
15. la chair est faible. —C'est ici qu'il faut entendre les faiblesses, les blessures, la captivité de notre nature vaincue par le péché. Tout ce qu'il y a de meilleur en nous se tourne en excès, le courage en fierté, l'aclivité en empressement, la circonspection en incertitude. Que deviendrai-jet où' me tournerai-je ? homme misérable! que feraije de ma volonté toujours affaiblie par la contrariété de ses désirs? Ou la paresse l'engourdit, ou la témérité la précipite, ou l'irrésolution la suspend, oa l'opiniâlrelé U tient engagée et ne lui permet plus de rien entendre. Tantôt le péril l'étoone, tantôt la sûreté la relâche, tantôt la présomption l'égaré. pauvre cœur humain! de combien d'erreurs es- tu la proie ! de combien de vanités es-tu le jouet! de combien de passions es-tu le théâtre ! Étrange misère de l'homme, que ses ignorances aveuglent, que ses lumières confondent ; à qui sa propre sagesse est un piège, et sa vertu même un écueil contre lequel ses forces se brisent, parce que son humilité y «ucoooibe. Dans cette faiblesse dé. plorable, chrétiens, je me sens pressé de vous exciter à lemoigner au- Sauveur votre reconnaissance, non pas tant pour les péchés qu'il vous a remis que pour ceux dont sa grâce vous a préservés : car il n'y a erreur si extravagante, ni passion si désordonnée, dont nous n'ayons en nous le principe: que Dieu seulement laisse aller la main pour nous livrer à nous-mêmes , comme dit saint Paul j qu'il lève tant soit peu la digue, et notre âme sera inondée de toute sorte de péchés.
^ (BOSSCKT.)
18. C^endant qw ce ne soit pas ma volonté, mais la vôtre qui s'acwmplisse. — Jésus-Christ se soumet , et en quelles conjonctures? Ah l chréUens, en pouvons-nous imaginer de plus tristes et de plus désolantes? C'est dans un soulèvementgénéral de toutes ses passions contre lui-même; c'est au milieu des plus rudes combats que lui livrent tour à tour tanlôt la douleur la plus mortelle, tantôt l'ennui le plus pro
268 LA TIE DE N. 8. JÉSUS-CHRIST. CH. cit.
fond , tantôt la crainte et les plus vives frayeurs. C'est au plus fort de son agonie ; et dans une telle défaillance, que le sang coule de tous les membres de son corps , et que la terre en est arrosée. C'est, à ce qu'il semble, dans un délaissement total, et de la part du ciel, et de la part des hommes. 11 s'adresse à son Père, et son Père ne lui répond rien. Les trois apôlres qui l'ont accompagné s'endorment , et le laissent seul dans la plus sombre nuit et la plus affreuse solitude. De là donc il se soumet sans recevoir aucune consolation , surtout aucune consolation humaine. S'il persiste dans la prière, ce n'est pas en vue d'y trouver un soulagement à sa peine, mais dans le dessein d'y prendre de nouvelles forces pour la supporter : aussi range que le ciel lui envoie ne lui rend-il point d'autre office que de le soutenir et de l'encourager : confortans eum. Observez cette parole, dit saint Augustin : l'Évangile ne nous fait pas entendre que l'ange le consola, mais seulement qu'il le fortifia. Enfin il se soumet, et à quoi? à tout : c'est-à-dire non-seulement à la chose , mais à toutes les circonsfances qui y doivent être jointes; non-seulement à la substance de ce que Dieu veut, mais à la manière dont il lèvent; non-seulement à la croix, mais à ious les opprobres et à toutes les ignominies particulières de la croix : de là vient qu'il ne se contente pas de dire : Que ce que vous voulez se fasse; mais il ajoute : Qu'il se fasse et qu'il en soit comme vous le voulez. Voilà le vrai modèle de la soumission chrétienne. Voilà en quoi consiste cette conformité de cœur et de sentiment qui nous tient toujours unis à Dieu, quoi qu'il ordonne de nous, et en quelque situation qu'il lui plaise de nous mettre. (Bourdaloub.)
19. Alors un ange, venant du ciel ^ lui apparut et le fortifiait. — Anges du ciel, ce n'était point là autrefois votre ministère. Vous ne vous approchiez de lui que pour le servir et l'adorer : aujourd'hui , il est abaissé au-dessous de vous; lui qui soutient tout par sa parole ne peut plus se soutenir lui-même : il est entre vos mains faible, tremblant, expirant presque, et ne trouvant de ressource que dans la force que vous lui prêtez; car ses disciples sont endormis : le spectacle de son agonie ne les touche pas ; sans vous, il souffrirait seul, et il souffrirait sans consolation aucune... Dans ces moments extrêmes rame affligée ne doit plus compter sur les hommes. 11 faut un ange consolateur, il faut un ministre de Dieu pour nous soutenir et nous rendre quelque force, en nous exposant la sagesse et la justice des ordres du ciel sur nous. (Missillox.)
CB. CIT. LA VIE DE N. S. JÉSUS^HRIST. t69
20. Et il eut une sueur comme de gouttes de sang qui découlait jusque sur la terre. ~ L^âme sainte du Sauveur, pleine de grâce^ de vérité et de lumière» ah ! elle voit dans le péché toute son horreur : elle en Toit le désordre, Tinjustice, la tache immortelle; elle en volt les suites déplorables : la mort, la malédiction, Tignorance, l'orgueil, la corruption, toutes les passions, de cette source fatale nées et répandues sur la terre. En ce moment douloureux, la durée de tous les siècles se présente à elle : depuis le sang d'Âbel jusqu'à la dernière consommation, elle voit une suite non interrompue de crimes sur la terre; elle parcourt cette histoire affreuse de l'univers, et rien n'échappe aux secrètes horreurs de sa tristesse ; elle y voit les plus monstrueuses superstitions établies parmi les hommes; la connaissance de son Père effacée; les crimes infftmes érigés en divinités; les adultères, les incestes, les abominations avoir leurs temples %t leurs autels; Fimpiéte et Tirréligion devenues le parti des plus modérés et des plus sages. Si elle se tourne vers les siècles chrétiens, elle y découvre les maux futurs de son Église, les schismes, les erreurs, les dissensions qui doivent déchirer le mystère précieux de son unité, les profanations de ses autels, Tiudigne usage des sacrements, Textinction presque de sa foi, et les mœurs corrompues du paganisme rétablies parmi ses disciples... Aussi cette âme sainte, ne pouvant porter le poids de ses maux, et retenue d'ailleurs dans son corps par la rigueur de la justice divine ; triste jusqu'à la mort, et ne pouvant mourir ; hors d'état de flnir ses peines, et de les soutenir, semble combattre par les défaillances et les douleurs de son agonie, contre la mort et contre la vie; etune sueur de sang qu'on voit couler à terre est le triste fruit de ses pénibles efforts I (Hassillon.)
22. Levez-vous, allons : voici venir celui qui doit me livrer. — Quel prodige et quel changement merveilleux! Quelle intrépidité dans cet homme auparavant si timide^ à ce qu'il paraissait, et saisi do mortelles alarmes! Qu'est-il arrivé, et qui a pu faire de la sorte comme un autre honune? Voici le mystère, et l'une des plus salutaires instructions pour nous. L'heure est venue où il faut enfln accomplir le commandement de Dieu : c'est alors que celle soumission se montre dans fout son éclat, et qu'elle déploie toute sa vertu. A ce moment, toutes les frayeurs de Jésns-Christ se dissipent, toutes ses inquiéludes se calment, toutes ses répugnances s'évanouissent, rien ne Tétonne, rien ne l'arrête; à ce moment, toutes les puissances de son âme se réveillent et se fortifient. Suivons-le, Toyons-4e marcher vers ses apôtres, écoutons-
«70 LÀ TIE DE N. S. JÉSCS-GHRIST. ca. cit.
le parler. Il ne leur dit pins : Ne vous endormez pas, obsenrez exactement toute chose , et ne me quittez point, comme sMl eût voulu qu'ib fussent toujours attentifs à sa défense; mais. Dormez maintenant, leur dit-il, et reposez ; voulant ainsi leur donner à connaître qu'il ne comptait point sur eux , que c'était là son jour, et qu^il ne cherchait point à réviter. Il ne leur témoigne plus ni tristesse, ni crainte, ni irrésolution; Levez-vous, leur dît-il, et avançons : pourquoi ? c'est que le per* flde qui doit me trahir n^est pas loin ; c^est que la troupe qu'il conduit va bientôt paraître. (Bodrdaloue.)
ÉLÉYATIÛN.
Mon Sauveur, si les paroles d'un juste mourant ont quelquefois une si grande majesté , quelle force, quelle-grandeur , quel attrait ne doit pas avoir pour un chrétien la voix d'un Dieu mort pour nous ! Quelle admirable modèle de résignation divine I Vous ne défiez point la douleur; au contraire, vous dites à vos disciples que votre âme est accablée de tristesse; vous leur reprochez avec douceur de vous abandonner dans vos angoisses; vous demandez des consolations au cielj et, en vous soumettant aux rigoureux décrets de la sagesse éternelle, TOUS priez cependant votre Père de retirer le calice amer qui vous est présenté, pour nous faire comprendre que, dans les grandes afflictions, ce n'est pas des lM>mmes, même de nos plus intimes amis, qu'il faut espérer du secours , vous vous éloignez un peu des trois disciples que vous vouliez rendre témoins des humiliations du Calvaire , comme ils avaient été témoins de votre gloire sur leTbabor, et là vous priez; Seigneur, dans nos chagrins, nous nous appuierons sur vous, comme sur un père attentif à nos souffrances, prêt à nous délivrer ou à nous donner la force de les supporter. Nous veillerons et nous prierons avec vous dans la crainte des tentations auxquelles nous sommes exposés en ce monde. Hélas! si souvent nous dormons, et notre ennemi meti profit notre imprévoyance; et ce n'est qu'après être tombés d'une grande chute que nous nous réveillons pour voir ce que devient celui qui néglige cet avertissement paternel : a Priez et veillez afin que vous n'eatriez point en tentation, v Qu'il n'en soit pas ainsi. Seigneur I
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