Ils lui dirent : Où cela, Seigneur
19. Il répondit : En quelque lieu que soit le corps, les aigles s'y assembleront^.
20. Il leur adressait encore cette parabole, pour montrer qu'il faut toujours prier, et ne se lasser jamais :
21 . 11 y avait dans une ville un juge qui ne craignait point Dieu, et ne tenait aucun compte des hommes.
22. Et dans cette même ville était une veuve qui vint à lui, disant : Rendez-moi justice contre mon adversaire.
23. Et pendant longtemps, il s'y refusa. Mais ensuite il dit en lui-même ; Quoique je ne craigne point Dieu, et que je compte pour rien les hommes,
24. Cependant, parce que cette femme m'importune, je lui rendrai justice, de
* f 18. Les Pharisiens comprenaient bien que Jésus annonçait la ruine de Jéru-* salem et du peuple juif ; mais comme le Sauveur s*abstenait de le désigner, ses ennemis veulent ram<iner à se proDoncer, en lui adressant une question insidieuse*
* f 19. De même que les aigles savent bien trouver leur proie, ainsi les aigles romaines sauront bien trouver le peuple dont il est ici question. Par ce moyen le Fils de Dieu ajoute à ce qu*il vient de dire un nouveau trait de lumière, tout en éTitant le piège que lai tendaient les Pharisiens.
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Tiffino veiricAs ««iiit pcuF qu'à Id fin elle ne vienne me faire
quelque affîront.
Ait «ntem Dominu t 25. Vous eutendez, ajouta le Seigneur,
Aiiâit« qcrid «hidei laî- ,
qaiutts éicit : ce que dit le juge d'iniquité.
i>eo.«ateiDi>onf.ciet 26. Et Dieu ue veugera point ses élus, rom damâniiam «d se Qui iQur etnuitlui font eutenore leurs plain-
die BC nocle, rt patiea- ^ «I
tiambabebiiiniiii.? j^g^ gj j] différera sa justice à leur égard? Dico vobu quia cii6 , 27, Jc VOUS dis Quc bientôt il les ven-
raciclTindiolafliillonMii. *
^'rr^nVpXi^^^^ géra. Et malgré cela, quand viendra le Fils .enieifide-inurrâ? ^^ l'hommc, penscz-vous qu'il trouve la
foi sur la terre * ?
* f 27. Gr. ipoL tvfy/iw tjjv kIsuv ijri t*j{ y^ç; num inveniel fidem in terra ? trouvera-t-il la foi sur la terie?
7-8. // en sera mw jours du Fils de Phomme comme il en fut aux jours de Noé : ils mangeaient el buvaient, prenaient des épouses on se donnaient à des maris, jusqu^au jour où Noé entra dans Varche: et le déluge vint et les perdit tous. — Qui de nous n'a pas entendu parler du déluge? 11 ne remonte pas à une époque si éloignée de notre temps^ cet épouvantable désastre où Noé vit la terre submergée, engloutie dans les flots que la justice de Dieu précipita sur le monde. L'esprit alors n'avait pas moins de perspicacité ; l'œil de la raison n'était pas plus qu'aujourd'hui obscurci par les rayons da soleil. Les hommes de ces temps, les contemporains de Noé^ ne péchèrent point par ignorance, mes enfants; ils avaient été avertis plus d'une fois; ils furent punis de leur désobéissance. Une grande voie qui annonçait le déluge, s'était feii entendre; ils rirent de ses menaces, et appelèrent le courroux de Dieu sur leurs tètes. Le bruit des marteaux et des haches^ le cri rauque de la scie présageaient ce grand débordement des eaux; rien ne les toucha; ils virent tout avec mépris et dédain; l'arche fut enfin achevée. Alors la justice monta sur son trône, leur audace y fut condamnée* Soudain l'eau jaillitde toutes les souroes^soa bruissement épouvantable s'éleva contre leurs railleries, un déluge vint avec un horrible fracas accuser ce peuple insensé qui avait souri de pitié an bruit des marteaux et des haches. Le tonnerre gronda, et punit ces iosultantes mo-
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queries qif avait provoquées le frémissement de la scie déchiraitte ; les DiYages s^entre-cboquèrent^ et de lear sein enflammé s^élancèrent des éclairs dont les lugubres luears succédèrent à la clarté du jour. Alors on les vit, palpitants d^effroi^ accourir en foule vers cette arche, objet naguère de leurs dérisions et de leurs sarcasmes ; mais Noé, sur Tordre de Dieu^ ferma à ces impies la porte du vaisseau dont la construction les avait fait sourire de pîlâé... (EpHaeu.)
8. Ils mangeaient et buvaient^ prenaient des épouses ou st donnaient à des marU, jusqu'au moment ou Noé entra dans V arche: et le déluge vinly e1 les perdit tous. — Je me suis arrêté quelquefois à voir des moucherons, après la pluie^ danser en rond des espèces de baikts. Ils se divisent en quadrilles, qui s'élèvent, s'abaissent, circulent et s'entrelacent sans se confondre. Une vapeur qui sort de la terre est le foyer ordinaire de leurs plaisirs; mais souvent une sombre hirondelle traverse tout à coup leur troupe légère el avale à la fois des grou[)es entiers de danseurs. Cependant leur fête n'en est pas interrompue. Les coryphées distribuent les postes à ceux qui restent, et tous continuent à danser et à chanter. Leur vie, après tout, est une image de la nôtre. Les hommes se bercent de vaines illusions autour de quelques vapeurs qui s^élèvent de la terre, tandis que la moit, comme un oiseau de proie, passe au milieu d'eux, les engloutit tout à coup, sans interrompre la foule qui cherche le plaisir. (Bernardin de Saint-Pierre.)
20. // faut toujours prier j et ne se lasser jamais. — ftions, prions sans cesse^ et dans l'affliction et dans la prospérité. Dans la prospérité, pour que Dieu nous y maintienne^ et qu'il en écarte les dangers. Dans l'4ifflicUon, afin qu'il nous j envoie quelque favorable changemeut. Si vous voiyez une lempéte qui vousmeuace, demandez à Dieu qu'il la détourne de dessus vous et qu'il vous envoie la tranquillité. S'il vous exauce, remlez-lui-en grâces; s'il ue vous exauce pas^ continuez à le prier; et s'il diffère quelque temps à vous exaucer, ne croyez pas pour cela qu'il veuille s'éloigner de vous : mais soyez plutôt persuadé qu'il vous veut retenir plus loi^emps auprès de lui, semblable à ces pères Huij aimant leurs enfactSy diffèrent davantage de donner à ceux qu'ils voiejiit un j^u aégligentSj afin de les. retenir plus longtemps auprès d'eux pour les corriger. (Saint Jean-Gbrysostôme.J
M. tl faut tonjowrs prier, rtnêêi Ioskt jamais* — Vous vous mettes à Udde, pries; ^^^mis piveuez vciot pain, oemeccteK celui qui vous Ta
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donné; vous buvez du vin afln de soutenir votre faiblesse^ pensez à celui qui vous a fait ce présent pour réjouir votre cœur et réparer vos forces; vous êtes rassasié, pensez à la main libérale qui a pourvu à vos besoins. En vous habillant, que votre cœur reconnaissant s'élèvo avec amour vers le bienfaiteur dont la Providence vous ménage de quoi vous défendre contre le froid de l'hiver et les ardeurs de Tété. A la fin du jour^ rendez grâces à cette même Providence qui plaça dans les bauleurs du firmament un flambeau radieux pour éclairer vos travaux journaliers^ et qui créa le feu pour dissiper les ténèbres de la nuit, comme pour servir aux usages de la vie. Quand vos yeux viennent à se porter vers le ciel, priez le Seigneur, qui se manifeste dans les choses visibles; adorez le Créateur universel, dont la sagesse et la bonté sont empreintes sur toutes ses œuvres. .. Le moyen donc de prier sans relâche, c'est d'être^ dans tout le détail de ses actions, intimement uni à Dieu : par ce moyen, la vie tout entière devient une prière continuelle. (Saint Basile le Grand.)
20. // faut toujours prier y et ne se lasser jamais. — Qu'est-il besoin de passer en revue tous ceux qui, ayant prié comme il faut, ont obleuu de Dieu les faveurs les plus signalées, lorsque chacun peut facilement en trouver dans TÉcriture un grand nombre d'exemples? Anne mérita de devenir la mère de Samuel, qui fut comparé à Moïse, parce que, n'ayant pas d'enfants, elle crut et pria le Seigneur. Ézéchias, qui n'a* vait pas non plus de postérité, ayant appris d'Isaïe qu'il allait mourir, pria, et fut compté dans la généalogie du Sauveur. Un seul édit, provoqué par la perfidie d'Aman, allait anéantir tout le peuple juif, lorsque la prière d'Ësther et de Mardoctiée fut exaucée, et outre les fêtes établies par Moïse, le peuple célébra encore une fête en l'honneur de Hardochée. Judith, ayant adressé à Dieu de saintes prières, triomphe d'Holopherne, et une seule feqime de la nation juive imprime une tache honteuse à la maison de Nabuchodonosor. Ananias, Azarias et Misaël sont exaucés, et méritent que Dieu leur envoie une brise rafraîchissante qui les préserve de la violence du feu. La prière de Daniel brise la dent des lions dans les fossés deBabylone. Jonas, dans le sein même d'un monstre marin, ne perd pas l'espoir d'être exaucé ; Dieu le délivre, et il termine heureusement auprès des Ninivites la mission prophétique qu'il avait voulu fuir d'abord. Mais combien de grâces chacun de nous ne pourrait-il pas raconter, si sa mémoire fidèle et son cœur reconnaissant voulaient rendre gloire à Dieu pour tous les bienfaits qu'il en a reçus! Des âmes longtemps infécondes, ayant enfin reconnu l'impuissance de leur esprit et la stérilité de leur intelligence,
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ont mérité par une prière assidue d'être en quelque sorte fécondées pat rEsprit-Sainty et ont enfanté des paroles de salut pleines de science et de vérité. (Origènb.)
20. // faut toujours prier et ne se lasser jamais. — Cette prière perpétuelle ne consiste pas en une perpétuelle tension de Tesprit^ qui ne ferait qu'épuiser les forces, et dont on ne viendrait peut-être pas à bout. Cette prière perpétuelle se fait, lorsque ayant prié à ses heures, on recueille de sa prière et de sa lecture quelque vérité ou quelque mot que Ton conserve dans son cœur, et qu'on rappelle sans effort de temps en temps ; en se tenant le plus qu'on peut dans un état de dépendance envers Dieu, en lui exposant son besoin, c'est-à-dire en l'y remettant devant les yeux sans rien dire. Alors, comme la terre entr'ouverte et desséchée semble demander la pluie, seulement en exposant au ciel sa sécheresse ; ainsi l'âme, en exposant ses besoins à Dieu. Et c'est ce que dit David ; Mon âme, ô Seigneur, est devant vous comme une terre desséchée. Seigneur, je n'ai pas besoin de vous prier; mon besoin vous prie, mon indigence vous prie, ma nécessité vous prie. Tant que cette disposition dure, on prie, sans prier ; tant qu'on demeure attentif à éviter ce qui nous met en péril, on prie sans prier; et Dieu entend ce langage. 0 Seigneur, devant qui je suis, et à qui ma misère paraît tout entière, ayez-en pitié ; et toutes les fois qu'elle paraîtra à vos yeux, ô Dieu très-bon, qu'elle sollicite pour moi vos miséricordes ! Voilà ime des manières de prier toujours, et peut-être la plus efficace. (Bossuet.)
27. Quand le Fils de l'homme viendrUy pensez-vous qu'il trouve de la foi sur la terre ? — S'il venait maintenant, en trouverait-il en nous? Où est notre foi? où en sont les marques? Croyons-nous que cette vie n'est qu'un court passage à une meilleure? Pensons-nous qu'il faut souffrir avec Jésus-Christ, avant que de régner avec lui? Regardons-nous le monde comme une figure trompeuse, et la mort comme l'entrée dans les véritables biens? Vivons-nous de la foi? nous anime-t-elle ? goûtons-nous les vérités éternelles qu'elle nous présente? en nourrissons-nous notre âme avec le même soin que nous nourrissons notre corps des aliments qui lui conviennent? Nous accoutumons-nous à ne regarder toutes choses que selon la foi ? corrigeons-nous sur elle tous nos jugements? Hélas ! bien loin de vivre de la foi, nous la faisons mourir dans notre esprit et dans notre cœur. Nous jugeons en païens; nous agissons de même. Qui croirait ce qu'il faut croire, ferait-il ce que nous
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faisons? Craignons que le royaume de Dieu ne noas soit àté, et ne soit donné à d'autres qui en produiront mieux les fruits. Ce royaume de Dieu est la foi^ quand elle est régnante et dominante au milieu de nous. Heureux qui a des yeux pour voir ce royaume I La chair et le sang n'en ont point. La sagesse de Thomrae animal est aveugle làdessus^ et veut rêire. (FiNBLOS *)
Je suis saisi d'eff roi^ mon Dieu ! à la pensée de ce jour qui finira le temps et conunencera Téternité ; de ce jour redoutable où nous ne vous verrons plus^ comme dans votre premier avènement^ sous les traftfe d'un Sauveur, d'un Père ; où, avec la rapidité de l'éclair, et suivi d'un cortège innombrable de saints et d'anges, viendra siéger sur son tribunal suprême un juge équitable , mais rigoureux. Où fuir ? où se cacher ? Quel asile secret trouvera l'homme pour se soustraire au compte sévère qui lui sera demandé de toute sa vie I Ah I Sauveur Jésus I il en est un, un seul, et c'est vous-même qui nous l'offrez. Cest dans votre cœur que nous irons nous réfugier pour échapper à votre justice. Quand nous vous aurons choisi pour notre modèle et notre maître; quand, avec toute la sincérité et toute la force de notre volonté, nous aurons travaillé avec courage et persévérance à conformer notre vie à la vôtre si humUe et si sainte, ne pourrons-nous pas nous présenter devant vous avec confiance, et avec Tespoir d'entendre ces consolantes paroles sortir de votre bouche : Vous m'avez choisi pour refuge; vos prières incessantes sont montées jusqu'au ciel ; j'ai vu la lutte de votre cœur ; vos actions, vos paroles, vos désirs ont été inspirés par moi ; votre espérance ne sera pas trompée : venez, ne craignez point de trouver en moi le Juge, je suis encore votre Père et votre Sauveur ; venez, et prenez place dans mon royaume. Amen.