Et, le prenant à part, Pierre lui dit
' f 12. Par conséquent toute société religieuse qui n'est point appuyée sur saint Pierre ou sur les pontifes de Romo, ses successeurs dans Tapostolat, n'est pMntr Eglise ^e Jésus-Christ. Où est Pierre là est l'Eglise et non point ailleurs.
' f 12. Les portes de l'enfer. Entendons ici les efforts de la puissance des ténèbres; ou bien le torrent des passions, précipité par le souffle de l'enfer, et rompant ses digues b Tendroitde l'Eglise; on bien encore, en admettant une métonymie : les assemblées perverses, les conciliabules de Terreur ; car autrefois c'était aun portes des villes que l'on s'assemblait pour discuter, juger et prononcer les sentences.
* f 12. L'Eglise sera inébranlable, parce qu'elle sera fondée sur Pierre : tel est le privilège du chef des apôtres, privilège tout divin que partageront ses successeurs sur le biége de Rome*
' y^ 13. De même que les clefs d'une ville, offertes à un prince, sont un signe de son pouvoir sur cette ville, ainsi les clefs du royaume de Jt^sus-Christ sur la terre, ces clefs spirituelles, données à saint Pierre, indiquent qu'il est établi chef visible do toute l'Eglise, tandis que Jésus<Cbrist en est le chef invisible, parlant et agissant, pour ainsi dire, par l'organe de son apôtre privilégié.
* f 13. Chez les Juifs, les verbes lier et délier, employés aiosi en opposition et ciaiis un sens métaphorique, signifiaient toujours défendre et permettre: en voici mn exemple entre mille : Quare hune seniorem ad me adduxistis? Quodeumque ego êolvo, ille ligai; çttotfcumgne ego ligo, iUê solvk. Pourquoi m'avex-vous amené ce
coin, *t1icens: Absit & te, Doiaine, non eril libi hoc.
^ Qui conTrr.li:> et TÎdcns (liscipi-los suos, *dlxil Pciro ; Vade post me, Salana, scandaiDm es mihi, quia son .>apis ea qnac Dci suni , ted ea k quac sont hominum.
El ccnrocatâ larbA coin discipul's sui.*, di:iit * ad oinocs : Si quis vult post me venire, obnegel semetipsum, tollal cruceni »uain * qnolidiè * et seqoatur me.
Qui enim volucrit oni* ma m suam salvam fa> cere , pcrdet eam ; qui autem pcrdiderit «nimam suiiin propter me k et cTangeliumf sakam fa ciel «a m.
*Qiiid enlœ prnderit homini »i mnndum uni- Ter&um lucrctur, animas Terb ftusc dctriinenlum paliatiir? Aul quam da* bit homo commutation ticm pro anima suâ.
LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. CH. Ll.
avec véhémence : A Dieu ne plaise, Seigneurl non, il ne vous arrivera point ainsi^.
18. Mais Jésus se tournant vers ses disciples, dit à Pierre : Laisse-moi, Satan ^ : tu te places devant moi comme une pierre d'achoppement , parce que tu n'as pas le goût des choses de Dieu , mais des choses humaines*.
1 9. Et ayant appelé le peuple avec ses disciples, il dit à tous : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix tous les jours, et me suive.
20. Celui qui voudra sauver sa vie la perdra; et celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Evangile, la sauvera^.
21 . Que sert à l'homme de gagner le monde entier s'il perd son âme? Quel échange l'homme peut-il faire pour recouvrer son âme^?
sénateur? Tout ce que je permets, il le défend; et tout ce que je défends, il le permet (Jom Tobh fol. 6, i). Donc, par les paroles de Jésus-Christ, saint Pierre est établi souverain législateur de l'Eglise : nouveau privilège que ses successeurs sur le siégo do Rome partageront encore.
' f 17. Saint Pierre craignait beaucoup la mort pour lui*méme; et comme il aimait ardemment Jésus-Christ, il la craignait aussi pour lui. Lorsque le Sauveur annonce qu'il doit aller à Jérusalem pour y soufTrlr la mort, le timide apôtre lui répond, du moins d'une manière équivalente : Mais, Seigneur, vous n*irez pas, je Tespère? Alors Jésus, par une dure réprimande , essaie de lui faire surmonter sa timidité.
^ f 18. Satan signifie adversaire ; c'est donc comme si Jésus-Christ disait à son apôtre : Laissez-moi, vous qui vous opposez aux desseins de miséricorde que je viens accomplir.
* ^ 18. Vous n*avez de goût que pour la vie présente; vous ne pensez qu'à être avec les hommes, et le bonheur de voir Dieu dans le ciel ne vous touche pas.
* f 20. C'était une instruction pour tous, mais probablement aussi une leçon que Jésus-Christ adressait à saint Pierre, en attendant celle qu'il lui adressera plus tard, quand il lui dira : Un Jour, un autre vous ceindra et vous conduira où vous na voulez pas aller (à la mort).
* t Si* I^ien en ce monde ne peut compenser la perte de la vio temporelle; et
eu. LE.
* Nam qui me ernliaei il cl mcos aeraiones, ^ in gcneralione bli adnlteri et peccatr'ce , * hune Filius homiou erobcscet c&m venerit in roajcatale &uà , et Palris k cam aiigelis suit "Mnclis.
2:2. Celui qui aura rougi du Fils de rhomme et de ses paroles au milieu de celte génération adultère et pécheresse, le Fils de rhomme aussi rougira de lui lorsqu'il viendra dans la gloire de son Père avec ses anges saints.
23. Car le Fils de l'homme viendra dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres.
24. En vérité, je vous le dis, il y en a, parmi ceux qui maintenant m'environnent, qui ne mourront point avant d'avoir vu le royaume de Dieu s'établissant avec puissance, et le Fils de l'homme venant avec les insignes de sa royauté*.
rien en l'autre ne peut racheter la perte de la vie éternelle dans les splendeurs des saints.
' j 3-i. Jésus-Ciirist prédit ici que le temps d'une générution ne passera point qu il ue soit adoré et servi dans un royaume spirituel sans bornes et sans fin, ce qui arriva du temps même des apôtres, dont la voix se fit entendre par toute la terre.
'Filioa eniin hominis vent unis est in glorii Pairie atii cum angelis •aiâ; et tune reddel anicuique sccnDcIum opéra eja5.
k El dicebat illls :
Arorn dîco vobia , quia ftunl quidam de hic stan> tiliuft qui non gnstabunt morte m , doncc vidcanl regnnm Dei venicns in virlnle («<} * Filinm hominis Tenienlem in regno suo.
It. Vous êtes heureux^ Simon^ fils de Jona^ car ce n'est ni la chair ^ ni le sang qui vous a révélé ceci. — Comme s'il disait : Croire en moi n'est pas peu de chose; et on a besoin pour cela du secours de la grâce du ciel. Partout le Sauveur établit cette vérité que Tàme généreuse que Dieu attire à lui a besoin de foi. Peut-être on me dira : Si pour aller à Jésus-Christ il faut être attiré de Dieu^ ceux à qui il ne fait pas sentir ce mouvement de sa grâce sont donc exempts de péché? Je réponds que ce n'est là qu'une objection vaine. Il faut aussi le concours de notre volonté, puisqu'il dépend d'elle de recevoir l'instruc. tion nécessaire, comme il dépend d'elle de croire. La foi ne s'acquiert donc point par des raisonnements humains, sans doute; mais elle ne dépend pas non plus uniquement de Dieu : pour qu'elle existe dans l'homme, il faut la révélation d'en haut, et une âme pieuse qui la reçoive. (Saint Jean-Chrysostôme.)
i« lA TIB l>E ir. S. JlSirS-GilRlST. ch. lu
i2.£t moi, je 90us dis : Vous étst Pierre y et sur cette pierre f élèverai l'édifice de mon Église, et les portes de Venfer ne prévaudront point contre elle. — C'est là pour l'Église un remparl impénétrable. Examinez bien la force de ces paroles : ce ne sont pas les hommes seulement qui attaqueront l'Église sans pouToir Tentamer ; mais l'enfer et les démons^ avec toutes leurs manœuvres, ne prévaudront jamais contre elle. L'oracle ne dit pas qu'ils ne la combattront points mais qu'ils n'en triompheront jamais. Pourquoi les portes de l'enfer? C'est par les portes d'une ville que l'on entre dans son enceinte. Les portes de Fenfer^ ce sont les séductions diverses qui y conduisent. Comme s'il disait : Toutes les conjurations auraient beau se déchaîner contre TÉglise et en entraîner plusieurs dans les enfers, pour l'Église, elle subsistera toujours immobile. Pourquoi permettre ces épreuves^ qu'il aurait pu empêcher s'il l'eût voulu? Il ne l'a pas voulu, pour manifester sa force en la sauvant des portes de la mort, au moment même où elles semblaient assurées de la victoire ; il permet à la tempête de se soulever, il ne permettra pas au navire d'être englouti. Nous admirons peu l'art du pilote, lorsque^ dans un temps calme et après une navigation dirigée sans péril sur une mer tranquille^ il a ramené son vaisseau dans le port ; nous l'admirons bien davantage quand il Va sauvé de la fureur des flots et de la violence des tempêtes. Jésus-Christ, à la tête du vaisseau de son Église, ne commande pas aux flots de s'apaiser^ il l'arrache à leurs fureurs^ il laisse la mer irritée gronder et mugir autour de ce vaisseau : il a pourvu à sa solidité. Et tandis que les peuples s'unissent de toutes parts pour la combattre, que les démons se déchaînent avec le plus de rage pour la renverser et l'engloutir, que les vagues mutinées de tant de conjurations diverses fondent à la fois sur elle, non seulement vous la voyez inébranlible au milieu des attaques qui lui sont portées, mais c'est elle qui triomphe de tous ses ennemis, qui en calme les fureurs. Chose étonnante 1 non-seulement les persécutions n'ont pu l'abattre, c'est elle qui a abattu les persécutions. Vous l'avez vu vous-mêmes dans ces derniers temps : que de bras levés sur sa tête ! que d'ennemis furieux 1 quelle haine profonde I quelle rage I quels assauts l quelle barbarie I et ne sont-ce pas les ennemis de l'Église^ qui encore une fois ont été vaincus? Où sontils maintenant tous ces ennemis si avides de sang et de destruction? Tous n'ont-ils pas succombé dans leur projet aussi impie que téméraire? tant la force de cette parole divine a Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle, d est invincible I Que d'efforts le pagaganisme n'a-t-il pas faits pour démentir la prédiction I Tous ces efforts
ca. u. LA TIE DE N. S. JÉSUS-CHEIST. 1Û3
ont échoué» Ainsi Dieu ravaikril résolu. Telle qu^une tour fortement cimentée résiste au fer qui l'attaque^ telle a été jusquMci TEglise bâtie {fôf Jésus-Christ et soutenue par sa puissance : tous les efforts de Funivers sont venus se hriser et mourir à ses pieds.
(Saint Jean-Ghrtsostômi.)
12. Et moiy je vous dis : Vous êtes Pierre^ et sur cette pierre jélêverai Védifice de mon Église , et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. — Dieu lui-même a établi une autorité yivanie pour enseigner et maintenir le vrai et légitime sens de sa céleste révélationi et pour terminer^ par un jugement infaillible, toutes les controverses en matière de foi et de mœurs ; afin que les fldèles ne tournent pas à tout vent de doctrine, entraînés dans les pièges de Terreur par la perversité des hommes. Or» cette autorité vivante et infaillible n'existe que dans cette Église que Jésus-Christ Notre-Seigneur a bâtie sur Pierre^ chef, prince et pasteur de toute TÉglise, et dont il a promis que la foi ne défaillirait jamais; Église qui a toujours vu ses pontifes se succéder sans interruption depuis Pierre, assis dans sa chaire comme héritier et défenseur de sa doctrine, de sa dignité, de son honneur et de sa puissance. Et parce que là où est Pierre, là est TÉglise ; et parce que Pierre parle toujours par le pontife romain ; qu'il vit toujours dans ses successeurs, juge par eux^ et offre la vérité à ceux qui la cherchent : par tous ces motifs, il est nécessaire d'entendre les divins oracles dans le sens qu^y attache et y a toujours attaché cette chaire de saint Pierre, laquelle mère et maîtresse de toutes les Églises, a toujours conservé pure et inviolable la foi reçue de Noti e-Seigneur Jésus-Christ, et l'a enseignée aux fidèles^ montrant à tous le chemin du salut et renseignement d'une vérité exempte de corruption. Là est cette Église principale d'où sort Tunité du sacerdoce ; là est cette métropole delà piété, dans laquelle se trouve la pleine et parfaite solidité de la religion chrétienne,, dans laquelle a toujours subsisté dans sa force la primauté de la chaire apostolique, à laquelle, à cause de sa prééminence^ toute TÉglise, c'est-à-dire les fidèles, quelque part qu'ils se trouvent, doivent recourir,, et avec laquelle quiconque i^efuse de recueillir est par là convaincu de dissiper. (Sa Sainteté Pie IX»)
13. Tout ce que nous lierez sur la terre sera lié aussi dans le ciel — De là pour les premiers pasteurs le droit et Tobligalion de sévir quelquefois contre certains- pécheurs.. Comme il s'agit de blâmer ou de con^* damner, il peut en. résulter des murmures et des plaintes injustes» Maîs^ ce que vous pecmettea à votre ami, dans la chaleur de l'affection
i04 LA VIE DE N. S. JÉSUS^HRIST. eu. Lt,
qu'il VOUS porte^ pourquoi le condamner dans le pasteur, qui d'ailleurs s'exprime moins avec Fautorité d'un juge qu'avec les ménagements d'un père? Il n'est point dans mon caractère de pencher vers ce pouvoir qui m'est confié : je ne sais que gémir. Hais si l'on nous y forçait... Pardonnez-moi, mes frères; il m'en coûte de vous tenir ce langage; mais pourtant^ que personne ne méprise les censures de l'Église : ce n'est point un homme qui lie^ c'est Jésus-Christ lui-même, c'est lui du moins qui nous a conféré ce pouvoir. Âh ! plût au ciel que nous n'eussions pas même le pouvoir de délier^ puisqu'il suppose la nécessité de lier! Quand nous le faisons^ ce n'est assurément pas de gaité de cœur. Dieu nous est témoin qu'il nous en coûte à nous-mêmes plus encore quelquefois qu'à ceux que nous frappons. Hais si l'on persiste à nous mépriser, il ne nous reste plus alors qu'à renvoyer le rebelle au tribunal du souverain Juge. Là, qu'il discute sa cause en présence de celui de qui je tiens ma puissance. (S. Jean-Chrysostôme.)
19. Si quelqu^un veut venir après moiy quHl se renonce lui-même^ qu'il prenne sa croix tous les jours, et me suive. —Voici le sens de cette exhortation du Sauveur : Le service de Dieu ne veut pas une vie molle et délicate. On n'est chrétien qu'au prix de son sang. Pour gagner son âme dans la vie future, il faut la perdre dans la vie présente. Pas de jour où le fidèle disciple de Jésus-Christ n'ait à porter sa croix, à se renoncer soi-même. Vous fûtes adonné au plaisir : devenu chaste, refusez-vous à tout plaisir. Vous étiez timide, pusillanime : la force nouvelle dont vous êtes revêtu doit absorber jusqu'au souvenir de votre ancienne faiblesse. Ce qui est vrai, non-seulement pour les temps de persécution et quand il faut prouver sa foi par l'effusion de son sang mais dans toutes les circonstances. (Saint Jérôme.)
19. Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce lui-même, qu'il prenne sa croix tous les jours, et me suive. — Us ne connaissent pas mieux l'esprit de l'Évangile, ceux qui l'accusent de rendre ses disciples étrangers à tous les intérêts temporels : c'étaient les récompenses terrestres que cherchait le peuple de Dieu dans l'observation de sa loi, et notre divin Législateur ne dédaigne pas de joindre ces motifs aux sublimes espérances qu'il propose. Placé au sein de la société, le chrétien ne s'isole point de ses semblables; fils, père, époux, magistrat, guerrier, négociant, dans quelque état que la Providence l'ait établi, toujours il a des intérêts humains, ou personnels ou étrangers, à régler, à peser, à concilier, à défendre; et toujours sa religion met à
en. Li. LA VIE DE N. S JÉSUS CHRIST. 105
la tête de ses devoirs ceux de sa profession. Loin d'interdire les biens temporels, elle en règle Fiisage; loin de foire un crime de leur possession, elle apprend à en faire des mérites. Ainsi elle uniiles intérêts de la terre à ceux du ciel; elle ne sacrifie pas les uns aux autres; mais elle les subordonne; et celte subordination n^est-elle pas juste, raisonnable et utile? Quel rapport, quelle mesure commune, quel terme de comparaison peut-il y avoir entre les richesses, les honneurs, tous les biens de la terre réunis ensemble, et le bonheur auquel nous tendons? Et voilà le fondement de l'abnégation que le christianisme commande. Elle ne nous sépare point des biens terrestres, mais elle nous en détache; elle nous enseigne à les attendre sans impatience, à les recueillir sans avidité, à les posséder sans attachement, à les perdre sans regretta jouir ainsi que s'exprime Papôtre, de Tombre passagère de ce monde, comme n^en jouissant point. (De la Luzerne.)
21 . Que sert à V homme de gagner le monde entier, s'il perd son âme? — L'Écriture compare les jouissances de la vie présente aux songes menteurs qui viennent tromper l'homme durant son sommeil. Séduit par ces illusions artificieuses, on croit tenir ce que l'on voit, on est riche, on commande aux autres hommes, on les surpasse par la magnificence de ses vêtements, comme par retendue de ses domaines; en un mot, on est ivre de bonheur. Le jour vient, on se réveille, tout a disparu : ce n'était qu'un vain songe, pas la moindre trace de ces prospérités imaginaires. De même, au grand jour de rélernité, l'âme, réveillée de son assoupissement, ouvre les yeux, cherchant en vain autour d'elle les songes flatteurs qui la séduisaient. Mais quel effroi cruel succède à sa crédulité, lorsqu'elle entend cette voix qui lui crie : Que rimpie disparaisse, qu'il ne voie point la gloire du Seigneur! Où ira-t-ildonc, puisque tout dans la nature célèbre son auteur et révèle sa gloire? Les éléments, tout muets qu'ils sont, n'ont-ils pas une voix pour raconter ses merveilles? la terre, les mers, tout ici-bas ne publie-t-il pas sa grandeur? Il n'y a pas jusqu'à l'insecte caché sous l'herbe, qui ne rende un éclatant témoignage à sa puissance et à sa bonté. En quel endroitdu monde se retirera-t-il ? Dans quelle contrée, si reculée qu'elle soit, peut-il s'enfoncer, pour ne point y voir l'empreinte de la grandeur de l'Eternel? Chassé de toute Tenceinte de ce vaste domaine, il ne lui reste plus que le séjour affreux des ténèbres extérieures, et l'abîme de souffrances que saint Jean appelle la seconde mort. Que lui servira-t* il d'avoir obtenu sur la terre l'objet de sa convoitise, maintenant qu'il s'est perdu lui-même pour toute l'éternité ! (Saint Éphrem.)
i( B LÀ VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. CB. u.
ÉLÉVATION
Mon Sauveur^ quand sérieusement recueilli, je médite votre saint Évangile, je suis moins frappé des prodiges si nombreux qui, en font lieu et à toute heure, signalaient votre passage au milieu des populations de la terre de la promesse^ que de rétablissement si merveilleux de votre Église. Dans un coin obscur de la Judée, je vois se former une source dont les eaux , d'abord (roubles et ignorées, se creusent enr peu de temps, et à travers les terrains les plus fangeux ou les plus abruptes, un lit qui s^étend, s'élargit et devient un fleuve rapide dont tontes les nations de l'univers se rendent tributaires. Rien ne résiste à la puissance vivifiante de ses ondes; rien ne peut ralentir sa course majestueuse; s'il semble disparaître un moment au souffle des tempêtes, c'est pour se montrer bientôt entraînant avec lui tous les obstacles qui s'opposaient à son passage. En vain quelques cours d'eau s'en sont échappés, ils ne sauraient féconder les terres qu'ils arrosent; on y voit bien des fleurs, des fruits même, mais remuez le sol, il tremble sous les pas; ce ne sont que des sables mouvants que le vent le plus léger peut disperser. 0 sainte Église de mon Dieu ! nous nous attachons à vous de toute la force de notre volonté; les portes de l'enfer ne prévaudront point contre vous, cette promesse est faite aussi à chacun de nous, si, suivant la voie que nous a tracée notre divin chef, nous marchons armés de sa croix, heureux de perdre biens, honneurs, jouissances, tout ce qu'on appelle la vie dans le langage du monde^ et nous disant sans cesse cette parole qui a fait tant de saints : Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il vient à perdre son âme t