‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 42 sur 141 · CH. LUI · texte numérisé non relu

CH. LUI

Et ÛBterragaTÎt patr ejns : Quantum temporia eat ez qau ci hoc accidit?

At ille ait i Ab mf^ntià i

Et fréquenter enm in ignem et in aqnaa misil, ut eom perderel s aed ai quid potea, adjura nos , miaertos noatrl.

I«ni wtem ail illt t Si potes credere, omnia poaaibilia sont credentL

Il CDntinn^cKbnMnv pater pneri , cum lacry- ■kia aicbat : Credo « Do* mine ; adjnva incredu)itatemmeam.

El flOBv ▼lOBret Jcwis concarrentem tnrbam t comininatna est ap iiitai iœmundo • dicem illi i Sude «tmota spiriCuSf «go pnecipio tibi, exi ab «o, et «mpliba na iolBO-

i« mal* tam diaoerpens «nm , enit ab eo, el factna eat aient mortnnst ita nt

7. El je Tai présenté à vos disciples, les priant de le délivrer, et ils n'ont pu le guérir.

8. Jésus répondit : 0 race incrédule et perverse! jusques à quand serai-je parmi vous? jusques h quand aurai-je à vous souflFrir? Apportez-le ici, devant moi.

9. Et ils le lui apportèrent. Et, sitôt qu'il vil Jésus, il fut comme broyé par le démon ; et, jeté violemment contre terre, il s*y roulait écumant.

10. Jésus demanda au père : Depuis combien de temps cela lui arrive-l-il? El le père dit : Depuis son enfance;

1 1 . Et bien des fois l'esprit l'a jeté dans le feu et dans l'eau pour le faire périr. Si vous y pouvez quelque chose, ayez pitié de nous et secourez-nous^.

12. Jésus lui dit : Si vous pouvez croire, tout est possible pour celui qui croit.

13. Et aussitôt le père de l'enfant s'écria, disant avec larmes : Je crois, Seigneur; aidez à la faiblesse de ma foi.

14. Et Jésus, voyant le peuple accourir en foule, menaça l'esprit impur, lui disant ; Esprit sourd et muet, je le le commande, sors de cet enfant, et ne reaire plus en lui.

15. Et poussant un grand cri, et torturant le jeune homme avec violence, le dé-

' ^ M. 6e. /b4Ai«M V^y^ nXvfxn^Qû^ Ifl i^&ç, tueeur^noèit, ti9Cêribu$ commeiu$ tuper nos. Secourez-nous étaot ému du» les eotnilles sur nous.

CH. un.

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dioMPeat t ^W

muiam vyu , elevatit «oin, et sorrexit \ * et reddidit iUam palri ejo*»

Stopebuil «ilem om^ nés in magoitadîne Dei ; •nnilMnqae miranlibas In omnibus quai facie" bat , k et cIhd i^IroiiMl in domam.

* Tune aeoMgeruM dia> ■cipuli «jiu et ^Mcrelb inierrogabant wm i •Qaare noa non potoimoi ejicec* enui ?

•OisHinbJeoMsPr».

pler incretlalilatem vêtira m* Amen qntppè dÎM vobis, si babueritis fi'lem, Mcnl ^amun sinapisj illcereib naonti boio « Transi bine illbc , et iranaibit, et nihil iiupoiubiie Tobia.

Hoe ■ antem ^ genos ■in noilo polest exïre, niai m oMÂune, «t jejvnio.

et Indè fmUai pnatergradiebanlor Âaii« Xi'am ; neo vdlebtft qnr

* GoBvanatibus anism llli^s in GaliisA, doctbat diaâpàlos socs t <t dieebal iilis ; 'PmUlpin

LA YIE DE N. S. JÉSUS^HfifST. 149

mon sortit de lui, le laissant comme mort, de sorte que plusieurs disaient : Il est mort. 4 6. Mais Jésus le prenant par la main le fit lever ; et il se leva, et il était guéri; et Jésus le rendit à son père.

17. Et tous étaient saisis d'étonnnement à la vue de eette puissance divioe ; et pendant que l'on était dans l'admiration de tout ce qu'il opérait, Jésus entra dans une maison.

18. Alors ses disciples s'approchèrent de lui, et lui demandèrent en secret : Pourquoi n'avons-nous pas pu chasser ce démon?

49. Jésus leur dit ; A cause de votre in« crédulité. Car, je vous le dis en vérité , si vous aviez de la loi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne, Passe d'ici là, et elle passerait, et rien ne vous serait impossible^.

20. En outre, ce genre de démon ne se chasse Jamais qu'avec la prière «et le jeûne.

2L Elaoi partis de lài, ils traversaient la Galilée^ et Jésus voulait que personne ne le sût.

22. Et, durant ce voyage, il enseignait ses disciples, et leur disait : Gravez cespa-

^ f i9, Is mot foi aé&u acoepUons : .dans la premiènv ^^^^ entendons cette feî aooonpi^ée de la .polssance d'en haut, et gui opère des miracles : cf est dans ce sensqtte JéM»-Chrlst parle en ce moment 'k ses apôtres. Dans la seconde acception^ •noQs entendons cette vertu qui nous Tait croire en Diea, et en conséquence de laqueHe nous méritons le nom de fidèles : <fest de celle-ci que parlait l^pôtreqeand fi écrivait aux Romains : Je rends jgrftce à Dieu pour vous tous, de oeque votre fol «st citée part(.ut avec éloge. (Saikt Jiar-Gbiusostôve.')

liO

dlbos Teslris seruiones iiios , ^ Quoniam Filins bonaîois tradetur in manu» hominam, et occident eom, et occiios tertià die resurget*

^ Al illi ignorabant Terbom i&tud , et erat velalum anlc eos, ol non sentirent illod ; * et con« trislati sont veliemcnteri * et tirnebanl eum interrogare de boc verbo.

* In (ravit aatem cogitalio in eos , qnis eomm mnjor esMt.

* Et cùm venl'sent dpliarnaum , acccssnronl qui didrachma accipiebanl, ad Pelrum, et dixtrnnt ei : Magister Tester non solvit didrachma?

Ait : Etiam. El cùm Jnlràssenl in domam , pncvenit cam Jesos , diccns : Qaîd libi videtur, Simon ? Beges terre à quibus accipiunt tribu-

LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. CH. tiii.

rôles dans voire cœur : Le Fils de rhomme sera livré entre les mains des hommes, et ils le mettront à mort, et le troisième jour il ressuscitera.

23. Us ne comprenaient point celle parole : elle était comme voilée pour n'être point sentie par eux*; néanmoins ils en furent profondément affligés , et ils n'osaient faire à Jésus aucune question à ce sujet*.

24. Et il leur vint à Tesprit de penser lequel d'entre eux serait le premier.

25. Lorsqu'ils furent arrivés à Capharnaiim, ceux qui recueillaient le didrachme s'approchèrent de Pierre, et lui dirent : Votre maître paie-t-il le didrachme*?

26. Pierre répondit : 11 le paie. Et comme il entrait dans la maison, Jésus le prévint ^^ et lui dit : Que vous en semble, Simon ? De qui les rois de la terre reçoivent-ils le tribut

' f 23. Cependant la plupart des prophètes avaient annoncé les souffrances et la mort du Christ; et l'un d'eux avait écrit ces lignes terribles : « Sachez et remarquezle : Depuis la sortie de i*édit pour la reconstruction de Jérusalem , jusqu'au Christ coi, il y aura sept semaines, et soixante-deux semaines (d'années). Les places et les murailles seront réédifiées durant le nombre moindre de semaines (^uaranfe-ti^u/ ans). Et après les soixante-deux semaines, le Christ sera mis à mort; et le peuple qui doit le renier ne sera plus son peuple; et an peuple avec un cher qui doit venir mettra en poussière la ville et le temple; et la fin de cette ville sera un carnage; et après la fin de la guerre, une désolation qui persévérera jusqu'à la consoinmation et à la fin. » (Daniel, cli. IX.)

* f ^Z. Lq mystère de la croix entre difficilement dans les esprits. Ils n'entendaient pas , parce qu'ils ne voulaient pas entendre. Ils virent bien qu'il faudrait suivre leur maître , et, dans la crainte de participer à ses souffrances, ils ne voulaient pas les savoir. (Bossuet.)

* f 25. Tribut ou impôt de deux drachmes que l'on payait par tète pour l'entretieD et le service du temple. Deux drachmes étaient, à ce que l'on croit, équivalentes au demi->8icl6 d'argent, qui valait de notre monnaie environ 76 centimes

CH. Lni. LÀ VIE DE N. S. JESUSCHRIST. 121

lamTeicensam? fc fiiib OU le ccDS? clc IcuFS enfaiits ou des étran-

bsis, an abalitnis?

gers?

El iiie dixît : Ab aiic 27. PicFre répoudit : Des étrangers, Je-

nia. Diiit illi Jenis : Er:g6 ^ ^ '

liberi .ont niii. g^g |yj j^ . j)q^ç |^ eufauls CD soiit affran-

chis

n auiem non sran- 28. CeDcndant, DOUF UQ Doint les scan-

dnllxemas eos, vade ad \

mare, ei initte hamam ; daliseF, allez à la HieF et jetez un hameçon :

et enm piscem, qui pri- ' ' • '

r^r.^"''"u"in«»i2 et le premier poisson que vous tirerez, ou-

alalereiu ; illom somen-s i • i i^ i * ^__

daeiapromeette. vrcz-lui la bouche, VOUS y trouverez un

stalèrc : et vous le leur donnerez pour moi

et pour vous

< f S7. LeFilsdeDieadevaU,pla8 que personne, être exempt de celte obligation.

* f 28. Remarquons en passant ce privilège de saint Pierre. Le Fils de Dioa Ycut

qu'il soit traité comme iui-méme, tandis qu'ii ne fait pas mention des autres apôtres.

2. El aussitôt toute la fouUy saisie de respect et de frayeur en voyant JésuSy courut au-devant de lui, lui témoignant sa vénération. — Pour comprendre ce respect mêlé d'élonnement et celte frayeur involontaire qui s'emparent de tous les cœurs à la vue de Jésus-Christ, il ne faut que se rappeler les circonstances merveilleuses et jusque-là inouïes qui composent tout le cours de sa vie mortelle. Je sais qu^il esl venu dans le dépouillement et dans la bassesse ; mais, à travers ces dehors obscurs et méprisables, quel éclat les ennemis même de sa divinité ne sont-ils pas forcés d'y reconnaître ? Quoiqu'ils le regardent comme un homme semblable à nous, ils le croient cependant formé par l'opération invisible du Très-Haut dans le sein d'une vierge de Juda, contre la loi ordinaire des enfants d'Adam. Secondement, à peine est-il né» que des légions célestes font retentir les airs de cantiques d'allégresse^ et nous apprennent que cette naissance rend gloire au Très-Haut, et apporte une paix éternelle sur la terre. Quelle est donc cette créature qui peut rendre gloire à Celui qui ne trouve sa gloire qu'en lui-même? Peu après, un astre nouveau appelle des sages du fond de l'Orient, et, guidés par cette lumière miraculeuse, ces hommes justes viennent des extrémités de la terre adorer le nouveau roi des Juiis. Suivez toutes les circonstances de sa vie. Si Marie le pré-

i%% LA YI£ DE K. S. lÉSUS-CHRIST. cq. un.

sente ao templei un juste et une sainte femme annoncent sa grandeur future; et transportés d^une joie sainte, ils meurent avec plaisir, après avoir vu celui quMIs appellent le salut du monde. Les docteurs assemblés dans le temple voient avec frayeur son enfance plus sage et plus éclairée que toafe la sagesse des Tieillards. A mesure quUl avance, sa gloire se développe : Jean-Baptiste , eet Homme le plus grand des enfants des hommes, s^abaisse devant lui, et se dit indigne de lui rendre les plus vils ministères. Le ciel s^ouvre plusieurs fois sur sa tète, et déclare que c'est là le Fils bien aimé. Les démons, effrayés , fuient devant lui, ne peuvent soutenir la présence seule de sa sainteté, et confessent qu'il est le saint de Dieu. Hais ce ne sont encore ici que de faibles préludes de sa gloire. SUl se retire à Técart sur le Thabor, accompagné de trois disciples, sa gloire impatiente, si j'ose le dire, d'avoir été jusque-là comme retenue captive sous le voile de Thumanité^ éclate au dehors : il paraît tout resplendissant de lumière ; le Père câeste déclare que c'est son Fila bieu-aimé en qui il a mis toutes ses complaisances, et qu^ainsi, il ne met point de bornes aux hommages qu'il veut qu'on lui rende. Si du Thabor nous passons sur le Calvaire : ce lieu où devaient se consommer tous les opprobres du Fils de l'homme, ne laisse pas d'être encore le théâtre de sa gloire et de sa divinité. Toute la nature en désordre l'y reconnaît comme son auteur; les astres qui se cachent; les morts qui ressuscitent; les pierres des tombeaux qui s'ouvrent et se brisent; Tincrédulité elle-même qui le confesse parla bouche du centenier; on sent bien que ce n'est pas un homme commun qui meurt, et quMl se passe sur cette montagne quelque chose de nouveau et d'extraordinaire^ comme on a dû le sentir dans toutes les circonstances de sa vie. (Missillon.)

8. 0 race inarédule €t pernenei jusqwt à quand serai-je avec vous? jusquesà qwimd auirai-je à wm$ eupparterf Amenez ici votre ^to.— U ne pouvait plus souffrir les Joifo, et il ne pouvait s'empêcher de leur bien faire, de leur donner des marques de son aflèctton. c Race infidèle et maudite, amenez ici votre fils. > 0 Dieu^ que ces paroles semblent mal suivies! I^i parait une juste indignation; et ici, une tendresse incomparable; là, l'ingratitude des Juifs, qui contraint la patience même à se plaindre ; ici la charité, qui ne peut être vaincue ni âri*étée par aucune injure. Cest ainsi qu'agit la charité. Gomme elle sait l'importance de cette dette mutuelle des dirétiens, elle la rend volontiers, et elle plaint celui qui la refuse; elle l'exige de lui pour son bien; et ce qu'on ne lui donne pas de bonne grâce, elle tftche de le mériter par ses bienfaits. (Bossicr^)

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12. Si vans pcmmx croire: tout at possible pour celui qui croit. -* Il y a des persomes ponr qui le mot de foi chrétienne est ane moquerieii Elles ne pea^enl pas croire, disent-elles, et ne conçoif»t pas com* ment on pent, sans témérité, commander à des hommes raisonnables de croire à des choses que Ton ne voit pas. Nous ne prétendons pas, il est vrai, que les objets sur lesquels porte notre foi soient susceptibles d'être prouvés par le témoignage des sens; mais nous disons que la raison elle-même nous engage, tous les jours et à toute heure, à croire sans celte démonstration sensible. Vous ne voyez pas ce qui se passe dans votre ftme; voyez-vous mieux ce qui se passe dans Tâme de votre ami ? L'affection qu'il vous porte au fond de son cœur vient-elle frapper vos regards? Comment donc y croyez-vous? car autrement vous n'y répondriez point par un sentiment réciproque. Vous m'allez dire qu'elle se manifeste par ses œuvres. Mais s'il venait à vous tromper? Cela est-il rare parmi les hommes? Vous y avez donc cru sans la voir. Ainsi agit-on tous les jours et à toute heure dans le commerce de la vie. Olez celte foi de la société humaine, il n'y a plus parmi les hommes que désordre et confusion; plus de concorde, plus de lien entre les époux, plus de famille, plus d'amitié. S'il faut voir pour y croire, tout est problême et mensonge. Je ne crois plus à l'histoire, puisque je n'ai pas vu ce qu'elle raconte; ni à la parole d'aucun homme n'ayant pas été témoin de ce qu'il avance; ni à l'existence de tel lieu, où jamais je ne suis allé. Je ne développerai pas toutes les conséquences d'une si monstrueuse opinion. La ruine de la société tout entière en deviendrait l'infaillible résultat. Si donc, pour les choses purement humaines, la foi est tellement nécessaire, à plus forte raison l'est-elle dans les choses de la religion, qu'il est impossible d'ébranler sans entraîner en même temps les plus déplorables calamités. (Saint Augustin.)

19. Si vous aviez de la foi comme u% grain de séneoé^ tous diriez à cette montagne , Passe d^ici lày et elle passerait. — Transporter les montagnes, c'était» au temps de Jésus-Christ,, un proYcrbe commua chez les Juits, pour exprimer une puissance et une force coosidéraUe. Ainsi, la légende rapportait que le grand Og avait lancé une montagne contre ks enfanls d'Israël, et que Samson avait arracfaé de la terre les collines de Zora et d Estaol,et les avait roulées l'nnepar-dessus l'antre. Jésus, en prononfant ces paroles, montrait sans doute i ses disciples k Tlàabor et la mer de Galilée. Le. Thabor, en effet, est de 2fl0 pieds niH«it!rsiis des montagnes environnantcsi. Il s'élève à 1,306 pieds an* dessHs de la vallée; à 1,748 pieds au-dessus du niveau de la Méditer-

iU LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. un.

ranée, et à 2,300 pieds au-dessus du lac de Génésareth. De sorte que l'image dont Jésus se sert en cette circonstance, quand il dit que la montagne se jetterait dans la mer« n'avait rien que de très-natureL

(Le D' Sepp.)

25. Le Fils de l'homme sera livré entre les mains des hommes^ et ils \e mettront à mort. — Pourquoi donc, nous demande-t-on, cet abaissement de THomme-Dieu? pourquoi ces souffrances et ces ignominies de sa croix? Ne valait-il pas mieux imposer ses lois avec Tau torité d'un DieUy à laquelle tous les hommes se seraient soumis sans effort? Pourquoi être venu sur la terre dans un état de faiblesse qui le livrait à leur mépris et à leur brutalité? Pourquoi en sortir avec cette abjection, et ne pas avoir fait preuve, au moins au dernier moment, de cette force supérieure qui élève un Dieu au-dessus de tout? Je réponds qu'il y a eu ici, dans la conduite du Fils de Thomme, la plus haute sagesse. (Test un principe incontestable que, pour avoir le droit de donner des lois aux hommes et de réformer les mœurs, il faut justifier par ses propres mœurs la doctrine que l'on prêche : autrement on décrédite ses préceptes. Car, s'ils sont bons et utiles, le législateur peut-il s'isoler de ceux auxquels il les donne? et doit-il vivre d'une manière difiérente de celle qu'il veut établir? Il n'y a personne qui, dans ce cas, ne répondit au réformateur : Je ne puis me résoudre à faire ce que vous médites, car la chose est impossible d'après votre exemple si évident. Vous me recommandez de fuir la colère, la mollesse, l'oisiveté, les mouvements des passions; de ne craindre ni la douleur, ni la mort : tout cela est au-dessus des forces de la nature : la preuve, c'est que vous-même vous n'en faites rien. Et de quel droit venez-vous contraindre ma volonté, et mettre à ma liberté des entraves dont vous êtes le premier à vous affranchir? Commencez donc par apprendre ce que vous venez enseigner, et mettez- vous à la réforme avant d'y soumettre qui que ce soit. Aussi, voyez les plus renommés des philosopher > qui est-ce qui les écoute? on veut moins des paroles que des faits : ce ne sont pas les discours qui coûtent, ce sont les œuvres. Que ce soit un homme qui s'érige en réformateur, on le récuse comme étant sans autorité. Que ce soit un Dieu, on lui oppose la fragilité humaine; et pourtant c'est du ciel que doivent descendre la sagesse et la religion : autrement, nulle force, nulle sanction, et le législateur manque sou effet s'il ne réunit dans sa personne tous les caractères de perfection qui subjuguent et déterminent la confiance. Je suppose donc, avant de le démontrer, que l'œuvre de la réforme s'agite dans les conseils de la «agesse éternelle . 11 y est arrêté qu'un Messie viendra sur la terre qui

eu. LUI. LA VIE 1>£ N. 8. JÉSUS^HEIST. 125

Taliend. Mais dans quelle forme y parailra-t-il? Sous une forme purement humaine? ce ne sera donc qu'un philosohpe comme un autre, un sage, plus parfait peut-être, que les autres^ mais tenant toujours au limon de la terre par l'imperfection inévitable de ses connaissances et de ses vertus ; un prophète comme Moïse, par exemple, mais dont la puissance, souveraine sur les éléments, échouera contre les cœurs : ce ne sera toujours qu'un homme comme un autre. Se montrera-t-il sous une forme toute divine î Mais comment prêchera-t-il la vertu, sMl n'en connaît pas les épreuves? Il faut donc un législateur particulier unissant tous les droits de la divinité à tous les caractères de Phumanité : vraiment homme par son abaissement volontaire à toutes les misères humaines ; vraimentDieu par la toute-puissance de ses œuvres ; naissant, vivant, mourant comme le dernier des hommes; naissant, vivant, et mourant comme un Dieu seul a pu naître, vivre, et mourir; pratiquant tout ce qu'il enseigne, et, par l'autorité de son propre exemple, consacrant, facilitant l'observation de ses préceptes; ôtant tout prétexte à la révolte, toute excuse à la mollesse, en même temps que, par l'attrait des récompenses divines, il environne ces mêmes lois des motifs les plus énergiques qu'un Dieu puisse proposera Fémulation de ses serviteurs. Voilà tout le secret de la crèche et du Calvaire; et le scandale de la croix devenu, en etTet, le chef-d'œuvre de la sagesse divine. (Lactance.)

28. Cependant, pour ne point le^ scandaliser j allez à la mer y jetez un hameçon^ etc. — On dit quelquefois dans le monde : Que nous importe ce qu'on pense de notre conduite? Nous ne sommes pas obligés de nous soumettre aux caprices de l'opinion ni de soufTrir de la sottise de celui qui se scandalise de rien... 11 n'est qu'une circonstance où il soit permis de se mettre au-dessus de l'opinion des hommes, c'est lorsqu'il doit en résulter évidemment plus de bien que de mal; mais quand le mépris de l'opinion n'a d'autre résultat que le scandale, celui qui se met au-dessus d'elle, à tort ou à raison, s'expose à toute la sévérité de la justice divine. Jésus-Christ a déterminé lui-même daus quel cas le mépris de l'opinion est juste, comme aussi dans quel cas il est coupable, et sa conduite doit être la règle delà nôtre. Un jour qu'il expliquait à la foule assemblée que les aliments par eux-mêmes ne souillent point Thomme, ses disciples s'élant approchés lui dirent : Maître, les Pharisiens sont scandalisés. Laissez-les, répondit-il ; et non-seulement il méprisa l'opinion des Pharisiens, mais encore il les condamna avec sévérité. 11 détruisit ainsi la distinction établie par

ii6 LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. un.

Moïse entre les aliments purs et les aliments impurs. Un autre jour^ ceux qui levaient l'impôt pour Pentretten du temple, dirent k Pierre : Votre maître n'a. point payé Timpôt. Alors Jésus n^agit plus comme dans la première circonstance; il Toulut éviter le scandale. Ainsi une fois il se met au-dessus de Topinion et une autre fois il la respecte. Cest que, dans ce dernier cas, il n*y avait plus une instruction utile, mais seulement un scandale à donner. Pour éviter ce mal^ Jésus ne balance pas à opérer un mirade dont Pierre sera seul le témoin.

(Saint iBAR-CHmTSosrÔn.)

Seigneur, pendant votre passage sur la terre, vous étiez toute douceur et toute palience^ et cependant vous avez toujours à regard de vos disciples des paroles sévères pour leur reprocher leur incrédulité et la dureté de leurs cœurs. Nous qui croyons marcher dans les voies de la foi, 8<fiOQS-«ous sérieusement réfléchi à la nécessité , la force et la puissance de eette vertu? Vous en êtes, mon Sauveur^ le vrai et solide fondement; vous êtes le rocher sur lequel elle s'appuie sans crainte d'être jamais ébranlée : c'est donc de vous seul que nous attendons et que nous pouvons espérer d'obtenir ce don précieux qui est comme Tœil de la conscience, parce que c'est la foi seule qui nous communique toute lumière qui éclaire nos pas dans ce long pèlerinage de la vie. Seigneur, donnez-nous^ augmentez en nous la foi ; qu'elle vivifie toutes nos actions, qu'elle nous donne le courage de suppoHer les tristesses et les découragements, d'embrasser avec persévérance la mortification et la pénitence. Donnez-nous la foi ; que par elle nos prières vous soient plus agréables , qu'elle nous apprenne à vous aimer mieux, et qu'elle accroisse en nous l'amour de nos frères. Avec la foi, nous ne nous laisserons plus abattre, puisque vous êtes la foroe^ le courage et la puissance; avec la foi, nous vous ouvrirons les portes de notre ftme ; nous les élèverons afin que vous puissiez y pénétrer. Quand vous y serez entré. Seigneur, fermez-les vous-même, afin que rien de terrestre ne puisse jamais en franchir le seuil. Amen.

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