‹ La vie de n. s. Jésus-ChristChapitre 47 sur 141 · Et le Fils de l'homme est venu sauver ce qui avait péri · texte numérisé non relu

Et le Fils de l'homme est venu sauver ce qui avait péri

25. Dites-moi, si un homme a cent brebis, el qu'une d'elles vienne à s'égarer, ne laisse-t-il pas dans les montagnes les quatre-vingt-dix-neuf autres, et ne s'en va-til pas chercher celle qui s'est égarée?

' ^ 21 . Seront conservés par le feu ; le feu les garantira de fa destruction, comme le sel garantit de la corruption.

, s ]^ 22. Ce qui préserve de la corruption est une bonne chose, ce qui conserve un coupable, afin qu'il souffre éternellement, est une chose terrible; gardez donc soigneusement le sel de la grâce ; ayez-en toujours en vous ; mais, pour cela, vivez en paix entre vous, sans vous disputer les premières places.

CB.LiY. LA VIE DE N. S. JÉSUS-€HRIST. 131

Et si oontigerit m i». 26. Et s'îl parvîeiitàlaretrouver, jc VOUS

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Iîmm!Su ÇS^m "pS ^^ ^^^ ^^ vérîlé, cllc lui cause plus de joie î!îrSS?erî?r^ ''^ que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se

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* f 27. Les humbles et les petits sont plas particulièrement les objets de la soîli"* oitude de Dieu, et c^est l'oCTenser plus grièvement que de devenir pour eux une occasion de chute et de ruine.

6. Si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n^entrerez point dans le royaume des cieux. — Non pas que nous devions revenir aux imperfections de nos premières années; mais il y a dans Tenfance des qualités qui conviennent à toutes les époques de la vie, et qui en font le plus bel ornement Dans Tenfance, comme les querelles passent \ite, et comme bientôt la paix a repris son empire ! A cet âge de candeur, aucun souvenir d'une injure reçue, aucun désir de dominer; mais, au contraire, la réciprocité d'affection^ Fégalilé naturelle, et cette douceur de caractère qui ne sait pas même ce que c'est que de nuire» Ce sont ces quaUtés précieuses que Jésus-Christ veut que nous imitions ; et c'est en ce sens qu'il nous recommande de devenir comme de petits enfants. (Saint Lbon.)

7. Mais quiconque, s'^abaissantj se rendra comme cet enfant^ celui-là sera le plus grand dans le royaume des cieux. — On accuse la religion chrétienne d'isoler l'homme, et de paralyser ses moyens en lui faisant un devoir de l'humilité. Montrons à l'incrédule qu'en ce point encore il calomnie cette religion, comme il en ignore l'esprit. L'humilité isoler l'homme ! Hais n'est-ce pas cette yertu précieuse, au contraire, qui rapproche les rangs de la société, et qui remplit les intervalles désespérants qu'avaient établis les institutions humaines? Gomment ravirait-elle à l'homme l'estime de lui-même, une religion qui lui donne une si haute idée de son êti*e, en lui développant ses grands rapports avec la Divinité? Comment lui interdirait-elle le désir de cette estime publique qu'elle lui ordonne de mériter? L'édification du prochain es< un de nos devoirs; le soin de la réputation^ un de nos préceptes. ...

iSi LA VIE DE N. S. JÉSUS-CHRIST. en. Lir.

L'humilUé ne rend Thomme indilTérent ni à sa propre estime ni à celle du public; elle l'empêche seulement de s'en applaudir, en lui apprenant que ce n^est point à son propre mérite qu'il les doit. — La jouissance du chrétien est de reconnaître que ces biens lui viennent de Dieu et de lui en rendre hommage, en les reportant a leur source sacrée. Il n^en ressent que plus vivement le prix; il peut même désirer que sa gloire s'accroisse, pour que la bienfaisance de Dieu soit plus manifestée. Le parfait modèle de l'humilité chrétienne tressaille de joie en pré* voyant que toutes les générations célébreront son bonheur, parce que le Tout-Puissant a fait en sa faveur de grandes choses.

(De la Luzerne.)

13. Et quiconque scandalisera un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât au cou une meule de moulin, et qu'on lejelât au fond de la mer. ^Les pasteurs boivent Teau la plus limpide lorsqu'ils puisent avec intelligence aux sources de la vérité; mais ils troublent cette même eau avec leurs pieds lorsqu'ils détruisent le fruit de leurs saintes méditations par une vie non exemplaire. Les brebis boivent l'eau ainsi troublée, lorsque, sans tenir compte des instructions qui leur sont adressées, elles se laissent entraîner par l'exemple de leur guide, lequel devient alors, pour le dire avec le prophète, comme un piège destructeur, et une occasion funeste de scandale et d'iniquité. Rien de plus fatal dans l'assemblée des fidèles, qu'un homme joignante un nom vénérable et à des fonctions saintes une conduite dépravée : car, d'un côlé, personne n'ose le reprendre ; et de l'autre, son exemple est d'autant plus contagieux que l'on respecte davantage son caractère et sa dignité. Ces guides indignes reculeraient devant la responsabilité redoutable qu'ils assument sur eux-mêmes, s'ils méditaient sérieusement cette parole du Fils de Dieu : Quiconque scandalisera un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât au cou une meule de moulin, et qu'on le jetât au fond de la mer. Ici celte meule signifle le cercle et la vicissitude des travaux et des inquiétudes de la vie du siècle; le fond de la mer indique réiernelle damnation. Celui donc pour qui l'édification est un devoir plus spécial, et qui entraine ses frères dans la mauvaise voie, soit par ses discours, soit par ses exemples, serait moins à plaindre s'il était replongé dans la vie séculière : car, se perdant seul, il aurait moins à souffrir dans les enfers. (Saint Grégoire, pape.)

li. Malheur à Phomme par qui le scandale arrive! — Outre le scandale de ces personnes déhontées qui semblent se disputer la palme

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de rinfamie, il en est un autre plus mesuré, plus retenu en apparence, mais qui n'en est souvent que plus funeste. Votre bouche n'a point prononcé de paroles, mais tout votre extérieur les fait entendre; vos lèvres se sont tues, mais votre démarche a parlé ; vous n'avez pas invité de la voix, mais le langage des yeux a été plus expressif. Votre corps est resté pur^ peut-être, mais non pas votre âme. Comment seriez-vous à Fabri de tout reproche, quand c'est vous qui avez fait tout le mal? Vous avez aiguisé le fer, vous en avez armé votre main, vous en avez dirigé la pointe vers le cœur de votre frère, comment pourriez-vous échapper à la peine des homicides? Et, dites-le-moi, quel est celui qui mérite notre haine et notre exécration^ celui que punissent les tribunaux? est-ce le malheureux qui a bu la coupe empoisonnée, ou rinfame qui Ta remplie, qui Ta présentée etdontraltenlat a causé la mort d'un autre? Vous avez préparé le breuvage mortel^ vous Tavez porté aux lèvres d'un innocent, et lorsqu'il a succombé, vous croyez n'avoir rien à vous reprocher, parce que vous n'avez pas bu vous-même tout en abreuvant votre victime? Votre punition sera celle des empoisonneurs, et avec un nouveau surcroit, parce que la mort que vous avez causée a été plus funeste. Ces malheureux ne tuent que le corps; vous, vous avez tué l'âme; ils cèdent à la vengeance, à la colère, à la misère; vous, vous n'aviez aucun de ces prétextes. Vous n'aviez pas d'injure à laver^ d'inimitié à éteindre, ni la misère à repousser; c'est par un simple motif de coquetterie que vous vous jouez du salut des âmes; la mort de vos semblables fait votre joie : Malheur à celui qui agit ainsi ! vous crie le Sauveur. (Saint Jean Chrisostôhe.)

14. // est nécessaire qu'il y ait des scandales; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive t — Ce ne sont pas d'ordinaire les esprits médiocres qui excitent les divisions dans l'Église : ce sontdes hommes d'un caractère élevée mais bouillant et impétueux, qui ont causé les tempêtes dont nous sommes aujourd'hui tourmentés. Non pas que je prétende condamner cette magnanimité et cette noble ardeur qui conviennent si bien à des chrétiens, et sans laquelle il est impossible de rien faire d'héroïque dans la religion , ni même de pratiquer aucune vertu; je veux dire seulement qu'ils se sont livrés, sans des lumières suffisantes^ à l'impétuosité de leur tempérament, et qu'ils ont joint à ce défaut de lumières une hardiesse inconsidérée. Cette sorte de hardiesse est toujours l'efiPet de l'ignorance ou de Taveuglement.... J'avoue donc que la générosité et la grandeur de courage sont un puissant secours pour les œuvres de vertu; mais il faut que le courage^ pour

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être propre aux actions grandes et saintes , soit réglé par une raison droite et éclairée. Autrement^ loin d'être utile, il deviendra aussi pernicieux qu'il aurait pu être salutaire. Cest là, en effet, ce qui a le plus souvent déchiré TÉglise de Jésus-Christ, soulevé les frères contre les frères, bouleversé les villes, répandu un esprit de fureur parmi les peuples, armé nations contre nations^ les rois contre les rois, les pères contre leurs enfants et les enfants contre leurs pères. Cest là ce qui a détruit et anéanti tous les noms et tous les titres qui servaient à cimenter Tunion et la concorde parmi les hommes ; c'est là, enfin, ce qui a violé toutes les lois de la pudeur, et donné un cours effréné à Taudace de la licence. (Saint Grégoirb de Nazianzc.)

14. Malheur à Vhomme par qui le scandale arrive! — Écoutez cette parole, ô vous tous qui êtes pour vos frères une occasion de chute dans le péché, et vous surtout dont l'emploi semble n'avoir pour but que de perdre les âmes, qui consacrez vos talents et vos veilles à cette œuvre d'iniquités; écoutez, et hfitez-vous d'abjurer cette profession criminelle.— Je n'ai pas d'autres moyens d'existence, me diCes^vous. Eh bien, vous serez pauvre; vous serez de ceux que Jcsus-Ghrist appelle bienheureux. Vous n'aurez pas de quoi manger? Dieu y pourvoira, a Ne vous inquiétez pas, » nous dit-il; c de votre subsistance. t> Vous n'aui'ez pas de quoi vous couvrir? pensezaux lisdes campagnes. — Jene suis qu'un ouvrier aux ordres de qui le paie. — Personne ne peut servir deux maîtres à la fois; on n'est le disciple de Jésus-Christ qu'à la condition de porter sa croix ; vous n'avez pas à la chercher bien loin^ votre corps vous en présente l'instrument. — Je me dois à mes enfants, à ma famille. — Dieu avant toutl les apôtres n'ont- ils pas tout quitté pour suivre le Seigneur? En voyez-vous un seul qui ait répondu à l'appel de Jésus-Christ, Je n'ai pas de quoi manger ? La foi ne craint pas de mourir de faim; la faim n'est qu'une mort comme une autre; et toute espèce de mort doit être bravée pour Jésus-Christ. Il condamne tout attachement à la vie; à plus forte raison toute sollicitude pour le lendemain. Mais comment arriver à une aussi haute perfection? -- Ce qui est difficile à l'homme abandonné à lui-même devient facile à celui que Dieu soutient. (Tertullien.)

15. // wtut mieux pour vous entrer dans la vie , avec une seule main , que d^en avoir deux, et être jeté dans la Géhenne, dans le feu qui dure toujours* — Le dogme d'une autre vie est, sans contredit, le motif le plus puissant pour retenir l'homme dans la voie de la vertu et dans la

pratique de tous ses devoirs. Sans lui , les lois humaines soot impuissantes, surtout lorsque Tabsence de témoins fait espérer rimpunité. Cest à Jésus-Christ que Tunivers a Tobligalion de voir enfla le dogme important de la vie future rendu à sa pureté primitive. Il a banni tous les doutes, en ajoutant au principe de Timmortalité des fimes le dogme de la résurrection des corps; il a dissipé toutes les obscurités, en fixant la nature et Péternité de ses récompenses et de ses peines. La conscience est sans douie un tribunal, où Thomme devient tout à la fois à soi-même son accusateur, son témoin, son juge, son bourreau. Mais dans nos principes , ce tribunal intérieur a une relation nécessaire à celui où Dieu s'asseiera un jour pour peser nos actions. Ce sera le même jugenient, prononcé sur la même loi, d'après le même témoignage. QuHl est redoutable ce témoignage pour Tâme qui sait quMl la suivra devant le juge suprême ! On comprend aisément la tranquillité de l'espérance, et le trouble de la terreur; le calme de celui qui voit dans son juge un rémunérateur, et les agitations du malheureux qui a sans cesse devant les yeux des supplices éternels. Hais ôtez aux remords la religion, il ne porte plus sur rien; c'est un mobile sans point d'appui. Voilà ce que n'ont point compris ces législateurs aveugles qui ont imaginé des lois purement humaines. La loi humaine manque nécessairement d'une partie de la sanction que renferme la loi religieuse.

(De la Luzerne.)

15. Si votre main vous scandalise ^ coupez-la. — Pourquoi pensez* vous que le Fils de Dieu se servit de cet exemple du pied, de l'œil, de la main? C'était, répond saint Gbrysostôme, pour nous faire entendre que les choses même les plus nécessaires, celles qui nous touchent de plus près, et dont il semble que nous puissions moins nous passer dans rusage de la vie, nous doivent être interdites, dès là qu'elles nous font ^omberen quelque sorte que ce puisse être, et qu'elles nous conduisent au péché. Soit qu'elles soient la cause directe et immédiate du péché, soit qu'elles en soient seulement l'occasion, il n'importe. Cause du péché, occasion du péché : distinctions subtiles, mais inutiles. Si jo pèche par occasion, je pèche, et je me damne aussi bien que si j'avais autrement péché. Dieu m'oblige donc aussi étroitement à fuir l'occasion du péché que la cause du péclié, quelque avantage d'ailleurs et quelque raison même de nécessité qite celte ûccasion puisse avoir pour moi. Rien dans l'orde naturel ne m'est plus précieux que mon œil, riea ne m'est plus utile que ma main pour les actions de la vie; c'est mon pied qui mesoutientiît qui me conduit; mais afin de me garantird'une chute mortelle, dont je serais menacé en les conservant, il n'y a ni œîl^

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ni pied; ni main que je doive ménager : il faut sacrifier tout pour sauver Tessentiel et le capital, qui est la vie de l'âme. (Bourdaloue.)

19. Si votre œil vous scandalise, arrachez-le, et Jetez-le loin de vous. — C'est à tort qu'on, a prétendu que le législateur des chrétiens voulait anéantir les passions : Dieu ne détruit point son ouvrage. L'Évangile n'est point la mort du cœur : il en est la règle. Il est à nos sentiments ce que le goût est aux arts : il en retranche ce qu'ils peuvent avoir d'exagéré, de commun ; de trivial; il leur laisse ce qu'ils ont de beau, de vrai, de sage. La religion chrétienne,bien entendue, n'est que la nature primitive, lavée de la tache originelle. (De Chateaubriand.)

22. Ayez du sel en vous. «— Le sel assaisonne les viandes; il en relève le goût; il en empêche la fadeur; il en prévient la corruption. Ainsi la conversation du vrai chrétien doit ranimer dans les autres le goût de la piété : c'est ce qui a fait dire à saint Paul : Que votre discours soit plein de grâce, et assaisonné de sel. Et c'est de quoi sont bien éloignés ceux qui n'ont que de la langueur et de la mollesse dans toute leur conduite. Il faut dans les paroles du chrétien une sainte vivacité; il faut reprendre avec force et quelquefois piquer jusqu'au vif, comme fait un grain de sel. Mais ne mettez point trop de sel ensemble : au lieu de piquer la langue pour réveiller l'appétit, vous mettriez en feu toute la bouche. (BossuET.)

22. Ayez du sel en vous. — Souvenez-vous que la mollesse énerve tout , qu'elle affadit tout, qu'elle ôte leur force et leur sève à toutes les vertus et à toutes les qualités de l'âme, même suivant le monde. Un homme livré à la mollesse est un homme faible et petit en tout : il est si tiède que Dieu le vomit. Le monde le vomit aussi à sou tour, car il ne veut rien que de vif et de ferme. 11 est donc le rebut de Dieu et du monde : c'est un néant; il est comme s'il n'était point; quand on en parle on dit : Ce n'est pas un homme ! (Fénelon.)

22. Conservez la paix entre vous. — Ce n'est pas seulement, par sa parole, mais encore par tous ses ouvrages, que le Fils de Dieu nous recommande de faire régner entre nous la paix et l'harmonie. Les cieux, soumis aux lois de la Providence, accomplissent en paix leurs révolutions. Le jour et la nuit achèvent la course qui leur est prescrite, sans jamais se faire obstacle l'un à l'autre. Le soleil, la lune, les chœurs des astres, parcourent sous ses ordres, et dans une parfaite harmonie.

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les espaces qu'il leur a marqués^ sans jamais causer aucun trouble. La ferre, toujours féconde, fournit avec abondance, dans les différentes saisons, toutes les choses nécessaires à la nourriture des hommes, des animaux et de tout ce qui respire, sans jamais reprocher ses bienfaits, ni cesser de les répandre selon Tordre de Dieu. Les abîmes, devant lesquels s'arrête Tinvestigation la plus obstinée ; les profondeurs de la terre, que Tœil de Thomme n'a point vues et que sa langue ne saurait décrire, observent la même loi. La mer, qui nous étonne par son étendue et parce qu'elle peut contenir, soulève et amoncelé, et pousse, selon l'ordre de Dieu^ ses flots tumultueux; mais elle ne dépasse pas les bornes de son empire ; docile à la voix de Dieu^ elle ne cherche point à envahir la terre. L'Océan, cette barrière formidable, et les mondes qui sont encore au-delà, suivent la même loi. Les diverses saisons, le printemps, l'été, l'automne, l'hiver, se succèdent paisiblement l'un à l'autre. Les vents, aux temps marqués, se livrent sans obstacle à leur impétuosité. Les sources produites pour l'usage et la santé des hommes, coulent toujours sans jamais refuser de les rafraîchir et d'élancher leur soif. Enfin, les plus petits animaux vivent ensemble dans une union parfaite. Le grand Ouvrier, le souverain Maître de toute chose, a voulu que toutes les parties de son ouvrage demeurassent en paix et en harmonie, se montrant par là bienfaisant envers toutes ses créatures, et plus que prodigue envers nous qui avons recours à sa mi« séricorde, par Jésus-Cbrist notre Seigneur, à qui sont dus l'honneur et la gloire dans les siècles des siècles. Amen. (Saint Clémknt, pape.)

22. Conservez la paix entre vous. — La paix a été définie, la tranquillité de l'ordre. La tranquillité dans le désordre, n'est point la paix, bien qu'on lui en donne trop souvent le nom. La paix, dans sa véri-« table acception, suppose donc l'ordre, le désintéressement, la droiture, la convenance en toute chose, la pureté de cœur et d'intention. La paix est un premier pas vers le bien; il en est un second, c'est la bonne htirmonie. Pour cela, outre qu'il né faut jamais paraître se préférer à personne, il faut encore certaines manières simples, naturelles, ingénues, un visage ouvert, quelque chose de complaisant dans le commerce passager : que tout marque de la noblesse, de l'élévation, un cœur libéral, officieux, bienfaisant, touché du mérite; de l'industrie pour obliger; du regret quand on ne le peut pas; de la délicatesse pour prévenir les gens de mérite, pour les entendre à demi mot, pour leur épargner certaines peines, pour dire à moitié ce qu'il ne faut pas achever de dire; pour assaisonner un service de tout ce qui

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peut le rendre obligeant sans le faire valoir. L'orgueil cherche la gloire par ce chemin^ el il faut que la religion dierche parce chemin la vraie bienséance par des motifs tout divins. Rien n'est si grand , si noble, si délicat, si héroïque, que le cœur d*un vrai chrétien; mais en lui rien de faux^ rien d'affecté, rien que de simple, de modeste, de doux et d'efectif en tout. (Féihelon).

ÉLÉVATION

0 orgueil, que tes racines sont vivaces et profondes ! Qui n^en serait effrayé s'il voulait y réfléchir sérieusement, et examiner ensuite avec sincérité les plis et les replis insondables de son propre cœur. Comment, Seigneur, nous défendre des funestes effets de ce vice qui dès Forigine des temps a perdu l'homme el nous a entraînés dans saruine^ quand nous voyons qu^auprès de vous^ le Dieu de Thumilité^ ceux que vous aviez élus et préférés à tous, s'abandonnent à ses pernicieuses inspirations? Oh ! qui nous donnera cette heureuse simplicité de l'enfance tant louée par vous, Seigneur, et sans laquelle le royaume des cieux ne nous sera point ouvert! Vous seul le pouvez, mon Sauveur; votre exemple seul peut nous donner le courage d'entrer dans la voie si difficile delà véritable humilité, de reconnaître avec une grande sincérité de cœur que tous les germes des vices et surtout de l'orgueil se livrent en nous une lutte incessante; que tous nos penchants nous entraîneraient à l'oubli de votre loi, si votre main paternelle et vigilante ne nous retenait sur le bord de l'abîme où, livrés à nos seules forces, nous serions précipités à chaque instant. Seigneur, donneznous cette vraie humilité qui a sa source dans la connaissance réelle *de notre faiblesse, détournez de nous le malheur £i souvent irréparable d'être pour nos frères une pierre de scandale; donnez-nous le courage d'arracher, découper, d'immoler tout ce qui pourrait nous séparer de vous, et nous précipiter dans lagéhenne effrayante, où le ver qui ronge ne meurt point, où le feu qui brûle ne s'éteint jamais.

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